Blaise Compaoré sur le point de rentrer au Burkina Faso

Selon plusieurs sources concordantes, l’ancien président, condamné à la prison à perpétuité dans l’affaire Sankara, doit arriver dans les prochaines heures à Ouagadougou pour y rencontrer le lieutenant-colonel Damiba.

Mis à jour le 6 juillet 2022 à 19:01
 

 

Blaise Compaoré à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, le 28 mars 2014. © ISSOUF SANOGO/AFP

 

Voilà des semaines que la rumeur bruisse, d’Abidjan à Ouagadougou. Et si, huit ans après avoir été chassé du pouvoir par ses compatriotes, Blaise Compaoré était bientôt de retour chez lui, au Burkina Faso ? Ce scénario encore improbable il y a quelques mois doit se concrétiser dans les heures à venir.

« Le principe d’un retour est acquis. Reste maintenant à peaufiner les dernières modalités », glisse un proche collaborateur de l’ex-président. « Nous avons bon espoir qu’il rentre très bientôt, nous attendons maintenant une confirmation officielle », ajoute un autre. Ce dossier est personnellement suivi, depuis plusieurs mois, par Alassane Ouattara. Selon une source située à Ouagadougou, le « cas Compaoré » a d’ailleurs été évoqué lors du sommet des chefs d’État de la Cedeao, à Accra, le 3 juillet.

Arrivée imminente

Dans l’entourage de Blaise Compaoré, condamné début avril à la prison à perpétuité dans l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara, les versions divergent encore sur sa date d’arrivée. Selon certains, il devrait rentrer ce jeudi 7 juillet à l’aéroport de Ouagadougou, tandis que d’autres évoquent plutôt le lendemain. Il sera reçu par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba et sera logé, le temps de son séjour, dans une villa résidentielle de Ouaga 2000.

Il ne restera que quelques jours au Burkina Faso et repartira ensuite à Abidjan, où il vit en exil depuis sa chute, en 2014. S’il se porte un peu mieux ces derniers mois, l’ancien chef de l’État de 71 ans reste affaibli et sujet à des absences.

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Le gouvernement pourrait confirmer la nouvelle de manière officielle ce 6 juillet dans l’après-midi, à l’issue du traditionnel conseil des ministres. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir par un putsch, le 24 janvier, le lieutenant-colonel Damiba a fait de la réconciliation nationale l’une de ses grandes priorités. Le 21 juin, il avait reçu au palais de Kosyam Roch Marc Christian Kaboré, qu’il avait renversé cinq mois plus tôt, ainsi qu’un autre ancien président, Jean-Baptiste Ouédraogo.

Émissaire à Abidjan

Lors de cet entretien, il avait été question de la participation de toutes les grandes figures politiques du pays à la réconciliation nationale, en vue de lutter contre la menace jihadiste qui n’en finit plus de ronger le Burkina Faso. Le président de la transition est en effet convaincu qu’il ne parviendra pas à rétablir la sécurité – sa grande promesse pour justifier sa prise du pouvoir – sans la participation de tous à cet effort national.

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Dans la foulée de cette rencontre entre les trois hommes, Jean-Baptiste Ouédraogo a été dépêché la semaine dernière à Abidjan pour rencontrer Blaise Compaoré et lui faire part de cette intention de l’inclure dans le dialogue national. « Il est venu avec la volonté de lever les derniers obstacles qui s’opposaient au retour du président », glisse un pro-Compaoré. Nul doute que des garanties judiciaires minimum ont dû être apportées à l’ex-chef de l’État pour le convaincre de fouler de nouveau le sol burkinabè.

Enfin, Yacouba Isaac Zida, l’ex-Premier ministre de la transition exilé au Canada depuis 2016, a été approché par les autorités burkinabè. Dans cette même démarche de réconciliation, il est également question de son proche retour à Ouagadougou.