Dialogue interreligieux: l’identité et l’histoire doivent être acceptées

 

Il est parfois tentant dans le dialogue de faire fi du passer, de vouloir repartir à zéro, pour éviter le poids d’une histoire parfois difficile à gérer. Or, cette histoire fait partie de notre identité. Et pour que le dialogue puisse se vivre, il est nécessaire que les interlocuteurs puissent être eux-mêmes.

Prenant l’exemple des juifs du Maroc, l’historien Marc Knobel développe cette idée:

« S’il te plaît, dis-moi qui tu es? Qui es-tu? »… Une simple question qui fait de nous des êtres humains, en conscience, de ce que nous sommes. Mais, ce que nous sommes n’est-il pas le fruit de tout ce qui fut, comme des touches à l’infini, construisant ainsi notre vie et nous reliant en mémoire à ce que nous fûmes et ce que nous sommes? […] Le passé ne passe plus, ne passe pas. […] Qu’est-ce qui est vrai dans les récits que nous entendons, les uns et les autres? Comment déforme-t-on les choses? Comment amplifie-t-on certaines choses? Qu’entendons-nous de ce qui fut, lorsque l’on nous raconte ce qui fut? À toutes ces questions, je réponds qu’il faut toute l’érudition de l’historien pour nous dire vraiment ce qui a été. Il ne s’agit pas d’inventer/enjoliver une histoire/l’histoire de… mais de retracer les faits et de les analyser. Et, surtout de ne pas nier, de ne pas nier qu’il y eut, qu’il fut, que cela a été, et que des ruines du passé, nous pourrons rendre hommage et (re)construire.

Lire l’article de Marc Knobel: Lorsque la splendide ville d’Essaouira célèbre son judaïsme, HuffPost Maroc, 31/10/17