« Le pape des voyages impossibles »

chronique
  • Loup Besmond de SennevilleEnvoyé spécial permanent de La Croix à Rome

LETTRE DU VATICAN. François ne cache pas sa volonté de voyager dans des pays où tout lui semble fermé. Chaque samedi, l’envoyé spécial permanent de « La Croix » au Vatican vous dévoile les coulisses du plus petit État du monde.

  • Loup Besmond de Senneville (à Rome), 
« Le pape des voyages impossibles »
 
Loup Besmond de Senneville.MAXIME MATTHYS POUR LA CROIX

« Ça paraît fou, mais je sens qu’il a envie de venir. » La confidence vient d’un évêque en poste dans l’un des pays les plus sensibles au monde pour l’Église catholique. Et celui qui évoque avec vous, ce jour-là, sa rencontre récente avec le pape n’en revient pas lui-même. « J’ai l’impression que rien n’arrête François, c’est un peu le pape des voyages impossibles. »

Ces derniers temps, tout semble venir confirmer cette analyse d’un pape prompt à vouloir se rendre dans les pays où tout paraît lui être fermé. Quelques années après Bangui, la capitale centrafricaine où il avait dit qu’il était prêt à sauter en parachute si aucun pilote ne voulait y poser son avion, ou à Bagdad, les projets de voyages« impossibles » se poursuivent d’ailleurs au Vatican.

Outre le Soudan du Sud, où François souhaite effectuer un voyage avec le primat de la Communion anglicane, Justin Welby, dès que les négociations de paix auront avancé, le pape veut plus que tout se rendre à Beyrouth. « Le Liban, il l’a ici », dit une source vaticane en se frappant le crâne avec le point. Comme pour décrire ce pape têtu que rien ne dissuade.

Ce n’est un secret pour personne non plus que le pape rêve d’aller à Pékin ou à Moscou, capitales vers lesquelles François envoie de constants signes d’ouverture, quitte à se faire traiter de naïf. Depuis quelques semaines, la nomination d’un évêque coréen à la tête de la Congrégation pour le clergé a même fait renaître des rumeurs sur un très hypothétique déplacement en Corée du Nord. Mgr Lazarus You Heung-sik est en effet l’un des responsables catholiques les plus engagés dans les discussions de réconciliation intercoréenne. Et il plaide depuis trois ans pour ce voyage à Pyongyang qui serait, selon lui, « un pas gigantesque pour une péninsule coréenne pacifiée ». Un voyage qui semble, malgré tout, plus lointain que jamais. Mais qui provoque ce commentaire d’un fin observateur de la Curie : « Enfin, avec ce pape, vous savez, on ne sait jamais… »

 

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