Algérie: 60 ans après la proclamation de l’indépendance, le souvenir d’un 5 juillet euphorique

L'Algérie célèbre ce mardi 5 juillet le 60e anniversaire de son indépendance. Une parade militaire est prévue dans la capitale, la première depuis 33 ans. Alors que les Algérois se souviennent de l’euphorie dans les rues, certains questionnent l’enseignement jugé bancal de l’accès à l’indépendance.

 

Le 5 juillet 1962, Salim avait 12 ans. Il se rappelle les manifestations de joie à Alger pour célébrer l'indépendance de l'Algérie : « On a envahi le centre-ville. Parce que pendant un bon moment, les quartiers arabes étaient coupés des quartiers européens, au moment où l’OAS agissait : cela terrorisait tout le monde. Mais à l’indépendance, on a envahi la ville pour danser, pour rire, pour chanter. »

Au quartier Belcourt, à Alger, Mahdia était également dans la rue le 5 juillet 1962 : « On marchait avec mes parents, on est descendus en ville, je voyais des lumières et les gens étaient devenus presque fous dès l’indépendance. Maintenant, il y a des choses qui ne vont pas bien, mais nous sommes capables de relever le défi. »

Soixante ans après l'indépendance, Salim se dit optimiste quant à la possibilité de changement dans le pays. « On a eu le printemps 1980 [lors des manifestations réclamant la reconnaissance de la langue et identité berbères, NDLR], on a eu le 5 octobre 1984 [début de manifestations qui ont entraîné la fin du système du parti unique], on a eu les années 1990 [la décennie noire, où l’Algérie a fait face à une guerre civile], on a eu le 22 février 2019 [naissance du mouvement du Hirak], donc les Algériens marchent encore. Et c’est ça l’espoir : c’est quand un peuple ne s’arrête pas de marcher. »

 

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