Parole de paysan au sujet du jatropha : « Il n'y a pas de bénéfice dedans ! »

De passage à Boni, le 8 février 2012, ayant appris que la société Agritech avait commencé à acheter les graines de jatropha, je me suis arrêté pour en savoir un peu plus. Je pensais bien que j'aurais du mal à trouver des paysans enthousiastes. Mais ce que j'ai vu dépasse tout ce que je pouvais imaginer.

graines de jatrophaPour commencer, un paysans m'a invité à prendre la route de Bansié, village au nord de Boni. J'ai découvert un spectacle de désolation : une plaine calcinée (voir la photo ci-contre). Le mécontentement envers la société Agritech est tel que le feu a été mis dans une de ses plantations de jatropha.

Parmi les mécontents, on trouve des employés de la société Agritech qui se plaignent de ne pas avoir été payés pendant plusieurs mois (ils ont finalement été payés entre le 9 et le 11 février, après mon passage), comme des paysans qui ont le sentiment d'avoir été trompés. On leur a fait croire que la culture du jatropha allait être rentable pour eux. Or il n'en est rien ! Ils ont le sentiment d'avoir été pris dans un piège et d'être les victimes d'une vaste escroquerie.

Ce que j'ai vu, en effet, a toute l'apparence d'une escroquerie.  (lire la suite)

 

Il ne suffit pas de construire un barrage pour offrir l'accès à l'eau !

Le 6ème Forum mondial de l'Eau s'est déroulé à Marseille (France) du lundi 12 au vendredi 17 mars. Le jour de l'ouverture, le président du Conseil Mondial de l'Eau, Loïc Fauchon, s'est exprimé dans un discours chargé d'émotion. Loïc Fauchon était présent à Marrakech pour le premier Forum mondial de l'eau, il y a quinze ans. « Que de chemin parcouru. Et que de chemin encore à parcourir pour venir à bout de l'absence d'eau, cette "lèpre des temps modernes" selon sa propre expression. »

Dans un discours chargé de convictions maintes fois affichées mais encore plus porteusbarrage de Koubries d'émotion dans le contexte, Loïc Fauchon a notamment lancé avec gravité : "Il en va de l'eau comme des libertés : à quoi sert le droit de vote si l'on n'a pas le droit de vivre. Et le droit de vivre, c'est d'abord le droit d'accéder à l'eau!"

Il se trouve que ce samedi 18 mars 2012, le lendemain de la clôture de ce forum, répondant à l'invitation d'un groupement villageois, je me trouvais à Koubry, à 30 km environ au sud de Ouagadougou. Les paysans de ce groupement réunissant des hommes et des femmes n'avaient pas entendu parler de ce forum mondial ! Pourtant, très vite nos échanges ont porté sur l'eau, ou plutôt sur le manque d'eau, le manque d'accès à l'eau. Le quotidien de ces paysans mérite d'être connu. (lire la suite)

               
                Merci à Maurice Oudet et au SEDELAN pour ces réflexions.