Vu au Sud - Vu du Sud

Une denrée rare et chère ; ainsi se comporte le riz sur le marché local. Les causes de ce phénomène sont plus ou moins connues. Malgré les récentes mesures de suspension des droits de douane, une période d'incertitude s'ouvre pour les consommateurs burkinabè.

Nous avons réussi notre pari : 600 personnes se sont retrouvées au rendez-vous de Ouahigouya, en grande partie des producteurs venus de la région du Yatenga. Il est remarquable de constater comment les paysans peuvent prendre la parole (quand on la leur donne). Il est émouvant de voir les femmes se lever et dire leurs préoccupations. Il est réjouissant de voir tant d'organisations travailler dans un esprit altermondialiste.

La semaine dernière, nous avons fait un rêve : celui de voir tous les Burkinabè, mieux, tous les africains, enfin unis pour dire qu’ils étaient fatigués de dormir sur la natte des autres. Aujourd’hui, nous allons essayer de décrire une voie qui nous conduirait, dans un avenir pas trop éloigné, à dormir sur notre propre natte !

Alors qu’en Europe on se bat pour défendre son pouvoir d’achat, en Afrique, on manifeste contre la vie chère. Il n’y a pas besoin d’aller loin pour se rendre compte que la machine économique est déréglée. Il suffit d’aller voir le boutiquier du coin, ou d’échanger avec ses voisins. Les pauvres, qui mettent la quasi totalité de leurs ressources dans l’alimentation, sont obligés de sauter un repas par jour, de se passer de viande, de consommer du lait concentré sucré qui n’a de lait que le nom (les matières grasses du lait ont été remplacées par de la graisse végétale).

Depuis que nous avons assisté à la naissance de l’Union Nationale des Mini laiteries et des Producteurs de lait du Burkina Faso, nous nous intéressons davantage aux performances laitières des vaches de races locales. Nous avons également fait quelques recherches sur les possibilités qui s’offrent à un éleveur qui veut améliorer l’alimentation de ses animaux. Et nous avons été de surprise en surprise.