Vu au Sud - Vu du Sud

Gambie: Adama Barrow rentre au pays ce 26 janvier

Adama Barrow, désormais président de Gambie, ici, lors de la campagne pour l'élection présidentielle, fin novembre 2016.
© MARCO LONGARI / AFP
 

La question qui intéresse toute la Gambie a désormais une réponse. Le nouveau président du pays, Adama Barrow, va rentrer à Banjul jeudi 26 janvier dans l'après-midi.

Adama Barrow sera sur le sol gambien ce jeudi 26 janvier, précisément à 16 h (heure locale). L’information a été confirmée par Halifa Sallah. Le porte-parole de la coalition indique que tout est réuni pour permettre ce retour, que les conditions de sécurité - notamment - sont réglées. Le président gambien va rentrer en Gambie avec un vol spécial, entouré de ses proches et de ses conseillers.

A Banjul, l’annonce de son retour n’est pas encore connue, et lorsqu’on le dit aux Gambiens croisés dans la rue, ils sont heureux, les sourires sont immenses : « Vous êtes sûr, vous êtes sûr qu’il rentre en Gambie ? », demande Lamine qui est jardinier. « C’est génial », conclut-il.

« C'est un soulagement »

L'attente des Gambiens: écoutez les témoignages recueillis par notre envoyé spécial
26-01-2017 - Par Guillaume Thibault

« Enfin, il arrive, c’est un soulagement. Notre nouvelle Gambie va commencer », commente Awa, une jeune femme. Une ultime réunion de sécurité s’est tenue à Banjul entre les états-majors de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’armée gambienne. Elle s’est terminée à la mi-journée.

Le général François Ndiaye, commandant de la force ouest-africaine, a donné son aval pour ce retour. Cela veut dire que la capitale, Banjul, est désormais sécurisée, que le dispositif est en place pour permettre le retour du chef de l’Etat.

Un accueil triomphal se prépare

Adama Barrow quittera donc Dakar à 15h30 pour arriver à l’aéroport de Banjul à 16 heures. Nous n’avons pas encore d’information sur le déroulé, ni sur le protocole qui sera mis en place. Des informations qui seront données ce jeudi. Mais une chose est certaine, l’accueil sera triomphal. La foule sera sans aucun doute massée à l’aéroport comme en ville pour saluer l’arrivée du président Adama Barrow. « Je conseille aux supporters de la coalition d'essayer de donner le meilleur. La Gambie est connue pour sa spontanéité... tout est donc possible !», nous explique Halifah Sall.

Celui-ci n'ira pas à la présidence. Pillée par le clan Jammeh, le bâtiment n'est plus fonctionnel.  « Ce qui est certain, c'est qu'il faut faire un inventaire de la Présidence pour savoir ce qu'il y a dedans... et en raison de cette évaluation, toujours en cours, il va s'installer dans sa résidence. Et jusqu'à un nouvel avis, c'est là qu'il résidera », poursuit Halifah Sallah.

Dès son arrivée, Adama Barrow aura du travail : il lui faudra former un gouvernement et s’attaquer aux premières urgences du pays. « Les caisses de l’Etat sont virtuellement vides », s’inquiète Mai Ahmad Fatty, un conseiller du président. D’après ce responsable, la priorité sera d’élaborer un programme de relance de l’économie.

 
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[Reportage] Gambie: retour à la normale sur le port de Banjul   http://www.rfi.fr/afrique/20170125-reportage-gambie-retour-normale-le-port-banjul
Gambie: Adama Barrow veut maintenir la Micega pour des raisons de sécurité   http://www.rfi.fr/afrique/20170124-gambie-adama-barrow-veut-maintenir-cedeao-micega-raisons-securite
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Côte d’Ivoire: vers une sortie de crise dans la fonction publique

Une vue du quartier résidentiel de Cocody à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
© AFP/SIA KAMBOU
 

En Côte d’Ivoire, les négociations gouvernement-syndicats semblent progresser. Un comité technique mixte vient d’être mis en place pour s’accorder sur les montants et sur les fonctionnaires pouvant bénéficier des bonus indiciaires.

Ce n'est pas encore la fin du conflit, mais au moins les deux parties se sont mises d'accord sur un mode opératoire, ce mercredi, au ministère de la Fonction publique. Puisqu'il fallait s'entendre sur les chiffres, le montant des stocks d'arriérés, une commission technique mixte gouvernement-syndicat s'est mise en place pour qu’on parle et que l'on négocie autour des mêmes bases.

Et en matière de chiffres, le ministre de l'Economie et des finances Adama Koné sait très bien combien cela pourrait couter aux caisses de l'Etat : « Ce que je peux vous dire, c’est que les échanges se sont très bien passés. Sur tous les points nous avons quasiment les mêmes orientations, mais il faut tenir toujours compte des possibilités de l’Etat. Les négociations avancent, et j’allais même dire, avancent très bien ».

Juste après lui, le secrétaire général de la plateforme des organisations du secteur public Theodore Gnagna Zadi reste prudent, même s'il admet que l'on a enfin une base pour discuter : « Nous sommes dans la partie technique. C’est après cette partie technique et ce qui aura été retenu que nous pourrons maintenant parler, pavoiser ou nous plaindre. Mais l’essentiel pour l’instant pour nous c’est de ne pas mettre en avant notre satisfaction personnelle. Parce que c’est ce qui compte, c’est ce que les camarades pensent sur le terrain. Pour l’instant, ils ne sont pas satisfaits. La preuve, la grève continue. Donc nous travaillons pour qu’ils aient quelque chose au bout de cette longue lutte historique en Côte d’Ivoire ».

Selon les deux parties, la prochaine étape ce sera pour ce jeudi. En attendant, les écoles, les hôpitaux et les administrations fonctionnent encore au ralenti. La base des fonctionnaires ayant bien du mal à se soumettre au mot d’ordre de levée de grève de dimanche.


■ Mouvement de colère à Bouaké

C'est un symbole de la grogne sociale en cours. Alors que l'école est fermée depuis des semaines, des élèves de Djebonoua, près de Bouaké, ont bloqué l'axe reliant la grande ville du Nord à Abidjan. Ils exigeaient la réouverture des écoles, paralysées par la grève des fonctionnaires.

Très remontés, les élèves bloquent la route avec des troncs d'arbres, des parpaings, des pneus. Ils demandent au gouvernement d'accéder aux revendications des enseignants pour reprendre les cours.
Reportage dans la région de Bouaké
26-01-2017 - Par Sébastien Nemeth
 
 

Burkina : Yacouba Isaac Zida sera rayé de l’armée pour « désertion »

Par Jeune Afrique avec AFP
 

L'ancien Premier ministre burkinabè Isaac Zida sera "rayé des forces armées nationales" pour "désertion en temps de paix", a déclaré jeudi le président Roch Marc Christian Kaboré.

« Le général Zida n’est pas rentré (de son exil volontaire au Canada). Il sera passé en conseil de discipline et il sera rayé de l’effectif des forces armées nationales, c’est clair », a déclaré le chef de l’État, Roch Marc Christian Kaboré, dans un long entretien à la télévision nationale marquant son premier anniversaire au pouvoir, jeudi 29 novembre.

Yacouba Isaac Zida a rejoint en janvier 2016 sa famille au Canada à la fin de la transition, muni d’une permission délivrée par Roch Marc Christian Kaboré. Sa permission a expiré depuis le 15 février et le président Kaboré l’a sommé publiquement à maintes reprises de regagner le Burkina Faso. Devant le refus de l’ancien Premier ministre, le chef de l’État a alors ordonné le lancement de procédures contre lui pour « désertion en temps de paix ».

De putschiste à déserteur

Ancien numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), Yacouba Isaac Zida s’était emparé du pouvoir le 1er novembre 2014 au lendemain de la chute de Blaise Compaoré. Après de fortes pressions des partis politiques, d’une partie de la société civile et de la communauté internationale, il avait cédé le pouvoir au bout de trois semaines à Michel Kafando, qui l’avait aussitôt nommé Premier ministre.

Le régime de transition a pris fin après l’élection de Roch Marc Christian Kaboré, le 29 novembre 2015. Mais à quelques jours de la fin de la transition, Yacouba Isaac Zida s’est fait nommer général de division en vertu d’une loi, retoquée depuis par le nouveau parlement mis en place avec l’arrivée au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré.

Visé par un rapport de l’Autorité supérieure de lutte contre la corruption

En avril, un audit réalisé par l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption sur la « gestion de la commande publique » indiquait qu’au total 63,1 milliards de francs CFA (environ 96 millions d’euros), soit 55,33% du montant global des commandes publiques passées pendant la période de la transition, avaient été faites sur la base d’ententes directes et d’appels d’offres restreints « en violation massive des textes ».

Le rapport accuse nommément Yacouba Isaac Zida, ainsi que dix-huit membres de son gouvernement et des membres de leur famille de s’être fait attribuer des parcelles dans le quartier chic de Ouaga2000, dans le sud de la capitale. Il a depuis renoncé à ses terrains.

RD Congo : libre sur le papier, l’opposant Moïse Moni Della se trouve toujours en détention à Makala

 

Plus de dix jours après la signature de l'accord politique de la Saint-Sylvestre qui, entre autres, acte sa libération, l'opposant Moïse Moni Della, reconnu comme l'un des sept prisonniers politiques emblématiques, est toujours en détention à Kinshasa.

Au ministère de la Justice, on évite le sujet. Impossible de prendre connaissance de l’évolution de la mise en oeuvre des mesures de décrispation décidées dans l’accord politique global et inclusif signé le 31 décembre au Centre interdiocésain de Kinshasa.

Ce jour-là pourtant, « les parties ont pris acte avec satisfaction que les cas d’Antipas Mbusa Nyamwisi, Roger Lumbala, Floribert Anzuluni et Moïse Moni Della ont déjà été traités par la [commission des hauts magistrats], laquelle a déjà décidé soit de l’arrêt des poursuites pour les trois premiers, soit de la libération pour le dernier », peut-on lire dans les dispositions du compromis politique conclu entre la Majorité présidentielle (MP), le Rassemblement, principal regroupement de l’opposition congolaise, et quelques signataires du premier accord du 18 octobre.

Trois « cas emblématiques » non réglés par l’accord

Trois autres « cas emblématiques » des prisonniers et exilés politiques, présentés par le Rassemblement lors des pourparlers pour obtenir des « gestes forts » du pouvoir, sont restés en suspens : celui d’Eugène Diomi Ndongala, condamné pour viol sur mineures, a « posé un problème de conscience dans un pays comme la RDC régulièrement présenté par ses détracteurs comme la capitale mondiale du viol », s’est justifié début janvier Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Le sort des deux autres,  Jean-Claude Muyambo et Moïse Katumbi, condamnés dans une similaire et rocambolesque affaire immobilière, a été confié aux évêques. Ces derniers poursuivront des contacts auprès des autorités pour tenter d’arracher une mesure de décrispation en leur faveur.

Inculpé d’atteinte à la sûreté de l’État dans une autre affaire, portant sur le recrutement de mercenaires, Moïse Katumbi avait d’ailleurs demandé au Rassemblement de ne pas faire de son cas un « point de blocage » lors des pourparlers avec le camp de Kabila, permettant ainsi la signature in extremis de l’accord.

Mais pourquoi Moni Della n’est-il toujours pas libéré ?

Moïse Moni Della, lui, a vu son cas réglé par l’accord. Pourtant, malgré sa libération annoncée dans ce dernier, il continue de croupir dans une cellule du pavillon 1 de la prison tristement célèbre de Makala, à Kinshasa.

« Ce n’est qu’une question de procédure, croit savoir une source judiciaire proche du dossier. Une mesure de décrispation sera bientôt prise en sa faveur et une fois le parquet notifié, les charges à son encontre seront abandonnées et il pourra quitter la prison. »

Moïse Moni Della a arpenté les couloirs de la mort

Mais dans l’entourage de Moïse Moni Della, l’on se dit « préoccupé » par cette lenteur. Interpellé le 19 septembre lors d’une manifestation réclamant la convocation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels, ce proche de Moïse Katumbi et président des Conservateurs de la nature et démocrates (Conade) est resté introuvable pendant plusieurs jours avant que sa présence ne soit signalée dans un premier lieu de détention.

« Moïse Moni Della a arpenté les couloirs de la mort : il a d’abord été détenu au camp Tshatshi avant d’être transféré à la première zone de défense, puis à Ndolo, au Casier judiciaire et au parquet. C’est depuis le 30 septembre qu’il a été finalement amené à Makala », raconte un proche de l’opposant qui dit également craindre que le leader des Conade ne soit « empoisonné durant sa détention ». « C’est un témoin gênant des bavures commises par les forces de l’ordre et de sécurité lors de la manifestation du 19 septembre », soutient-il.

Dans une correspondance datant du 5 janvier, le parti de Moïse Moni Della a saisi le procureur général de la République pour « solliciter [son] implication personnelle, en tant que patron de l’action et maître de l’action publique, aux fins de lever tout obstacle administratif et de rendre effective » la libération de son leader. Pour l’instant, rien n’y fait.

Incompréhension chez les évêques

Du côté de la médiation, l’on ne comprend pas non plus pourquoi les premières mesures de décrispation annoncées, dont la libération de Moïse Moni Della et le retour des trois exilés politiques (Antipas Mbusa Nyamwisi, Roger Lumbala et Floribert Anzuluni) ne sont toujours pas effectives. « La question était même de nouveau sur la table des discussions hier [11 janvier] lors de la reprise des travaux sur l’arrangement particulier », renseigne une source au sein de la Cenco.

Aussi le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) ne peut-il pas encore se saisir du dossier. « Les évêques ont demandé à Étienne Tshisekedi [président désigné de la structure, ndrl] d’attendre sa notification avant d’entrer effectivement en fonction », confie à Jeune Afrique un proche collaborateur du président du comité des sages du Rassemblement.

 

RD Congo : le camp de Kabila lance sa centrale électorale, silence radio sur le candidat

 

La Majorité présidentielle (MP) a lancé lundi à Kinshasa sa "Centrale électorale", une structure technique devant l'aider à "gagner les élections à tous les niveaux" en RDC. Mais le nom du candidat à la prochaine présidentielle, désormais prévue avant la fin de l'année 2017, n'a pas été dévoilé.

À la manœuvre, un homme : Aubin Minaku. Le secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP) et président de l’Assemblée nationale a présidé, le 9 janvier sous le chapiteau de l’hôtel Pullman de Kinshasa, la cérémonie de lancement de la « Centrale électorale » de la MP en perspective des élections à venir.

L’heure presse en effet puisque l’accord politique conclu le 31 décembre 2016 a ramené l’organisation des scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux au plus tard à décembre 2017 alors qu’ils étaient prévus en avril 2018 à l’issue du premier compromis politique conclu avec une frange de l’opposition congolaise.

« En réalité, c’est depuis le 9 octobre dernier que le chef de l’État a instruit le bureau politique de la MP à mettre en place cette centrale électorale », tente de justifier Adam Chalwe, membre du cabinet d’Aubin Minaku et coordonnateur des jeunes de la majorité. « Il n’est pas encore question de personnes ou de candidats mais de la stratégie à mettre en place pour gagner », ajoute-t-il, fidèle aux éléments de langage adoptés en interne.

Qui sera le candidat de la Majorité présidentielle ?

Lors de son discours de lancement de la Centrale électorale lundi, Aubin Minaku est resté sur la même ligne, préférant botter en toucher sur la question du candidat de la MP à la prochaine présidentielle. « La Majorité présidentielle est une structure bien organisée, disposant indiscutablement du meilleur projet de société pour la RD Congo tel que porté par son autorité morale, Joseph Kabila Kabange », a-t-il martelé. Et d’assurer : « Comme dans le passé, la MP alignera des candidats à tous les niveaux ».

En attendant, la Centrale électorale fraîchement lancée sera dirigée par un coordonnateur assisté par trois adjoints, « tous des techniciens », selon une source interne proche du dossier. « Seuls les membres des points focaux seront des personnalités politiques », précise-t-elle. Là aussi, silence radio sur les animateurs de cette structure électorale. « Ça fait partie de notre stratégie, nous ne voulons pas, pour l’instant, dévoiler les personnes qui animeront la centrale électorale. Mais elles sont déjà là », soutient Adam Chalwe.


RD Congo

 

Un nouveau gouvernement pour la Côte d'Ivoire

L'ex-secrétaire général de la présidence ivoirienne, Amadou Gon Coulibaly, a été nommé Premier ministre par le président Alassane Ouattara, le 10 janvier 2017.
© REUTERS/Thierry Gouegnon
 

Après le nouveau vice-président, Daniel Kablan Duncan, après le nouveau Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, et la réélection du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, une nouvelle étape a été franchie ce mercredi 11 janvier avec l'annonce de la composition du nouveau gouvernement en Côte d'Ivoire.

Premier changement : Patrick Achi, l’ancien ministre des Infrastructures économiques, devient secrétaire général de la présidence. C'est lui qui a annoncé la composition de ce nouveau gouvernement : 29 ministres dans cette nouvelle équipe, contre 36 précédemment ; 14 sortants, 7 nouveaux entrants.

Pas de grand changements, en tout cas dans les ministères importants, puisque le ministère de l’Intérieur, celui des Affaires étrangères et celui de la Justice sont maintenus.

Deux nouveautés tout de même à signaler : Gaoussou Touré, ministre des Transports, cède sa place au profit d’Amadou Koné ; et Adama Toungara, le ministre de l’Energie qui avait été pas mal secoué par la crise de la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE) il y a quelques mois, quitte le gouvernement au profit de Thierry Tanoh.

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