Vu au Sud - Vu du Sud

Burkina : première visite de Roch Marc Christian Kaboré en Côte d’Ivoire à la fin du mois de juillet

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré effectuera sa première visite en Côte d'Ivoire, fin juillet, dans le cadre d'un traité d'amitié et de coopération entre les deux pays.

« Aujourd’hui les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina sont excellentes. La preuve : nos gouvernements vont se retrouver au grand complet à la fin de ce mois à Yamoussoukro dans le cadre du traité d’amitié et de coopération. Ce sera une rencontre au sommet », a affirmé le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Alpha Barry, en visite en Côte d’Ivoire.

La rencontre se tiendra du 27 au 29 juillet. Ce sommet régulier entre les deux voisins n’avait pas eu lieu en 2015 en raison de tensions diplomatiques.

Exil de Compaoré

Depuis la chute du président Blaise Compaoré en octobre 2014, plusieurs dossiers ont empoisonné les relations entre Ouagadougou et Abidjan, très imbriqués économiquement et démographiquement.

Ancien fidèle soutien du président Alassane Ouattara lors de la crise ivoirienne, Blaise Compaoré est exilé à Abidjan, alors que la justice burkinabè avait lancé contre lui un mandat d’arrêt dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Thomas Sankara.

Blaise Compaoré a aussi été mis en accusation par le Conseil national de transition – organe législatif sous la transition démocratique – pour sa gestion lors de ses 27 ans de règne.

Alpha Barry a précisé que les autorités burkinabè n’avaient aucun contact avec l’ancien président burkinabè.

Affaire Soro

Autre affaire qui plombait les relations : la justice burkinabè enquêtait sur l’enregistrement d’une conversation téléphonique supposée entre Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne et ancien chef de la rébellion soutenue par Compaoré.

Dans cette conversation, les deux interlocuteurs parlaient du putsch de septembre 2015 au Burkina, mené par l’ancienne garde prétorienne du président Compaoré, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

La présence d’anciens membres du RSP en Côte d’Ivoire avait aussi contribué à tendre les relations.

Lutte contre le terrorisme 

« Nous avons réussi à surmonter ces problèmes », a déclaré le ministre Alpha Barry, indiquant qu’il y avait déjà des rencontres régulières entre les deux présidents en marge des sommets et de nombreuses rencontres ministérielles.

Il a souligné qu’il y a une « union sacrée » et une coopération très forte entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme. En janvier et en mars, le Burkina et la Côte d’Ivoire ont respectivement fait l’objet d’attaques terroristes causant 30 morts à Ouagadougou et  18 dans la station balnéaire de Grand-Bassam.

« Il y a eu des arrestations. Il y a des échanges d’informations. Avec le Mali aussi. Ça a permis de remonter des filières jihadistes, de Bassam jusqu’au nord du Mali en passant par Ouagadougou et le nord du Burkina », a précisé Alpha Barry.

« Presque tous les jours, nos polices et nos forces de sécurité travaillent à déjouer les coups. La préoccupation numéro un de nos États ce sont ces questions de terrorisme, de jihadisme. C’est cela qui est prioritaire, le reste devient secondaire », a-t-il conclu.

L'Europe rate une occasion unique de construire une nouvelle relation avec les pays africains.

Nous venons de recevoir un excellent article de Maria Arena, membre de La Commission du commerce international (INTA) du Parlement européen pour le groupe socialiste. Il traduit exactement la pensée du SEDELAN, ce que depuis plus de dix ans nous essayons de faire comprendre. Nous sommes heureux de vous le proposer ci-dessous.


Assemblée

Aveuglée par une politique de libre-échange poussée à l'extrême, la Commission européenne s'apprête à imposer à plusieurs États africains, dans l'indifférence quasi-totale, des Accords de Partenariat Économique (APE) déséquilibrés par un rapport de force à l'avantage du continent européen.

Malgré les mises en garde nombreuses et répétées sur les effets dramatiques de tels accords sur le développement de la plupart des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), une partie de la classe politique, des négociateurs et États-membres, mettent en sourdine leur impact sur les populations au nom d'un ultralibéralisme débridé, mais censé profiter à tous.

En coulisse, la Commissaire au Commerce Cécilia Malmström est donc sur le point de réussir un véritable coup de force : faire ratifier par les pays ACP des accords de libre-échange dont la majorité ne veut pas ! De son côté, le Parlement européen doit se prononcer mi-juillet, en commission de commerce international, sur l'accord conclu avec le groupe du SADC (Botswana, Lesotho, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud et Swaziland) alors que la Commission européenne espère signer l'APE avec les pays de la Communauté d'Afrique de l'Est (Kenya, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Rwanda) dans les prochaines semaines.

L'agenda s'accélère, poussé et alimenté par des Commissaires brandissant des accords soi-disant profitables pour tous les signataires. Il n'en est rien.

L'Union européenne, première puissance économique mondiale représentant près d'un tiers du commerce mondial des biens et services, a "subtilement" réussi à obtenir l'ouverture du marché d'un bloc de pays non-industrialisés, parmi les plus pauvres au monde, et ne couvrant ensemble qu'à peine 1% du commerce mondial... Une aubaine pour le puissant commerce européen !

Négociés depuis déjà 2002, les APE visent avant tout à mettre définitivement fin aux préférences commerciales unilatérales accordées par l'UE aux pays ACP depuis 1975 dans le cadre des Conventions de Lomé.

Certains prétendent aujourd'hui que ces préférences unilatérales étaient une concession faite par l'UE aux pays ACP. C'est une réécriture grossière de l'histoire. Soyons clairs: ces préférences n'ont été accordées par l'Europe que dans l'unique but de maintenir une relation exclusive avec ses anciennes colonies et de répondre aux besoins d'importations en matières premières à tarif préférentiel.

Alors que l'Accord de Cotonou juin 2000 prévoyait la conclusion des APE pour 2007, il a fallu attendre 2014 pour que la majorité des accords soient signés pour les sept régions délimitées (Afrique de l'Ouest, Afrique de l'Est, Afrique Centrale, Communauté de développement d'Afrique australe, États d'Afrique orientale et australe, États des Caraïbes et les États du Pacifique). Et entre-temps, seul l'accord avec les Caraïbes a été conclu et ratifié.

Un autre monde est possibleCette lenteur des négociations est le signe que, contrairement à ce qu'affirment les Commissaires européens, les ACP ne sont pas tous demandeurs de ces APE, certainement pas aux conditions proposées.

Décidée à étouffer les réticentes, la Commission use et abuse de mesures de pression, entre ultimatums et menace de fermeture du marché européen à tarif préférentiel pour les pays hors PMA (Pays les Moins Avancés).

La nouvelle date butoir imposée par la Commission est ainsi désormais fixée au 1er octobre 2016, date à laquelle six pays africains (Ghana, Côte d'Ivoire, Kenya, Botswana, Namibie et Swaziland) perdront leurs accès préférentiels au marché européen si l'APE n'a pas été signé et ratifié.

"La camisole de force des APE", comme l'avait si bien décrit l'ancien directeur du Monde Diplomatique Ignacio Ramonet, se fait donc plus pressante que jamais sur les pays africains. Les "accords de partenariat économique" n'ont jamais aussi mal porté leur nom, car de partenariat, d'accord négocié entre deux parties sur un même pied d'égalité, il n'en est nullement question.

Ce ne sont ni des partenariats, ni des "outils de développement" comme le prétendent la Commission européenne ou la DG Trade.

Les APE priveront les pays africains signataires de plusieurs milliards de recettes douanières, réduiront leur marge de manoeuvre dans l'orientation de leur politique de développement, les contraindront à échanger selon les termes imposés par la Commission européenne, et ce sans considération pour leur situation économique réelle, leurs besoins et leurs priorités. Quant aux exportations africaines, elles resteront fortement soumises aux règles d'origine européenne très contraignantes.

Finalement, en quoi ces APE seraient-ils davantage bénéfiques au développement africain puisqu'ils n'apportent rien de plus que ce que l'Europe accorde aux ACP depuis plus de 40 ans ?

En imposant son rythme de travail et ses conditions, l'Europe rate une occasion unique de construire une nouvelle relation avec les pays africains, qui reléguerait enfin au passé cette position de dominant-dominé du XIXe siècle. C'est regrettable. Et déplorable.


Koudougou, le 8 juillet 2016

Maurice Oudet

Président du SEDELAN

UgeuxUn article du Père Bernanrd Ugeux, Missionnaire d'Afrique en R.D.C.

Un défi à la créativité malgré des moyens limités

L’Afrique représente un potentiel immense en termes de moyens de communication. Les grands opérateurs téléphoniques ont réalisé l’importance d’emporter des parts de marché et de territoire dans ce continent où les moyens de communication matériels – comme les routes ou les aéroports - laissent souvent à désirer. Le moyen actuellement le plus répandu et le plus abordable financièrement pour la plupart des populations est la radio. Que ce soit les radios locales à ondes moyennes ou en fréquences modulées, ou les grands réseaux internationaux en FM en ville et par les ondes courtes en milieu rural. Ce qui rend encore plus surprenante l’intention de Radio Vatican de sacrifier la radio au profit du numérique alors que la plupart des campagnes d’Afrique sub-saharienne ne sont pas électrifiées ! Ensuite, il y a le téléphone qui est devenu d’autant plus utile qu’il permet des transactions financières à bas prix. Par exemple, en RDC, véritable sous-continent, une étudiante qui ne peut payer ses frais d’examens à Kinshasa peut se les faire envoyer le jour même par sa mère de n’importe centre couvert par un réseau, même à 2000 km de là, via le système « money » d’une des compagnies de téléphone. Une petite révolution…

En outre, de nos jours, il existe le défi que représentent les médias sociaux sur lesquels se penchent de plus en plus les Eglises, de toute dénomination (cf. l’excellent petit livre de Meredith Gould, The Social Media Gospel, pas encore traduit en français). Un exemple, récent, le journal La Croix a lancé un site pour l’Afrique ( http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/). Par ailleurs, les Evêques africains veulent renforcer leur collaboration en termes de communication sociale. Les évêques participant à la rencontre du Comité épiscopal panafricain des communications sociales (Cepacs) ont demandé aux conférences épiscopales du continent, jeudi 9 juin 2016 à Accra (Ghana), « de revitaliser leurs bureaux de communication sociale de manière à répondre aux besoins de l’apostolat de la communication pour l’évangélisation ». Une des raisons de cette préoccupation est sans doute l’invasion de l’Afrique par toutes sortes de médias parfois de mauvaise qualité ou qui diffusent des idées « mondialisées » dont le contenu éthique pose problème (surtout dans le domaine de la bioéthique), sans oublier la propagande de Boko Haram ou d’ISIS.

La Société des Missionnaires d’Afrique a clôturé les travaux de son Chapitre Général ce 12 juin 2016. Un mois de réflexion et de partages a renforcé les relations entre les 44 délégués, permis un travail de réappropriation du charisme du fondateur et un engagement vers des chantiers nouveaux et plus adaptés à un monde, une Eglise et des sociétés africaines en changements de plus en plus rapides. Les médias ont été abordés dans toutes leurs dimensions. Tout d’abord dans la dimension concrète de la technologie puisque les plus de mille membres ont pu suivre quasiment en temps réel tous les événements du Chapitre vie Facebook et l’intranet de notre site. Lors d’une récollection, l’exposé fut aussitôt en ligne et 100 confrères l’avaient écouté dans les heures qui ont suivi, certains du fin fond de l’Afrique grâce à leur smartphone….

Mais ceci n’est pas le plus difficile. Il suffit de posséder les équipements nécessaires des deux côtés de la ligne de transmission. Dès notre fondation, le Cardinal Lavigerie, avait donné comme instruction qu’un missionnaire arrivant pour travailler dans une région dont il ne connaissait pas la culture devait prendre le temps (parfois plusieurs mois) d’apprendre la langue et les coutumes du peuple concerné avant de commencer son ministère. Dans une Afrique qui se mondialise rapidement, le langage numérique est la nouvelle langue à apprendre. En effet, aujourd’hui, tout au moins dans les villes, un nombre croissant de personnes (certes encore minoritaires) ont accès à internet – au moins dans des cyber-cafés – ou peuvent s’acheter un smartphone à des prix écrasés par les producteurs chinois comme Huawei. Ils ont ainsi également accès à WhatsApp, Facebook, Twitter, etc. En outre, il existe de plus en plus de lieux dans les quartiers défavorisés où pour quelques centimes on peut regarder des films sur des écrans plats de bonne taille. Le problème, c’est que ce sont souvent la violence et le porno qui emportent le plus l’intérêt. Il ne faut pas s’en entonner. Une étude récente indique qu’un pourcentage élevé de sites visités mondialement (!) sont les sites pornos. D’après le site gentelgeek.net, 35 % des téléchargements dans le monde sont du porno. Il faut donc apprendre non seulement à manier l’outil de la communication, mais aussi considérer comment en faire un instrument éducatif et, pour les Eglises, de formation religieuse, parfois à distance.

La question n’est pas de savoir si les médias sociaux sont une bonne ou une mauvaise chose, c’est un outil qui se répand à une vitesse fulgurante et dont, comme pour tout outil, l’utilité ou la nocivité dépendent de la façon de les utiliser. Il est donc nécessaire de se former aux médias sociaux, de les utiliser à bon escient en en faisant non seulement des plateformes d’information et de formation mais aussi des lieux d’interactivité où les gens peuvent poser leurs questions. Il existe aussi de nombreux éléments éthiques à prendre en compte. Dans ce domaine, il est nécessaire que les congrégations internationales collaborent avec les Eglises locales qui n’ont pas toujours les moyens ou l’expertise pour en tirer profit. Il faut aussi lancer des groupes de réflexion et de travail sur les réseaux sociaux pour donner une orientation sur l’esprit, l’optique et l’éthique de l’usage de ces médias. Il s’agit d’équiper les acteurs à tous les niveaux. Cela demande de gens formés en amont à cette expertise, qui possèdent les moyens pour former les acteurs pastoraux. Il faut aussi exploiter ou créer des contenus utiles et attrayants et, pourquoi pas, mettre en ligne de nouvelles apps comme vient de le faire le réseau de prière du Pape (Apostolat de la prière).

Au travail chers confrères !

Bernard Ugeux

Sur le site de Radio France internationale, cet article sur Ansar Dine

Abou Fadl (son nom de guerre), émir d’Ansar Dine.
© DR
D

En s'exprimant à la fois en arabe et en tamasheq, Iyad Ag Ghali a très probablement voulu atteindre un public plus large et ne pas se cantonner à son fief traditionnel de la région de Kidal, au nord-est du Mali. Malgré un turban de couleur blanche, son visage mangé par une barbe, on reconnaît sur la vidéo le leader touareg du groupe islamiste Ansar Dine. Derrière lui, on aperçoit également le drapeau noir des jihadistes.

Pendant dix minutes, il s'attaque à la France à mission de l'ONU au Mali, qu'il qualifie de « forces d'occupation ». La musique est connue : son objectif est de mobiliser contre les forces internationales. Mais il critique également le gouvernement malien pour avoir accepté cette présence sur son sol.

La vidéo a été enregistrée après la marche anti-forces étrangères organisée en avril dernier à Kidal. Et pour montrer qu'il a suivi ces événements au cours desquels trois civils ont été tués, Iyag Ag Ghaly affirme soutenir la jeunesse de Kidal. Tentative de récupération ? Peut-être. Si la vidéo a été envoyée ce week-end à des journalistes par des proches du leader du groupe Ansar Dine, elle circulait déjà depuis environ deux semaines.

Toujours sur le site de RFI, ce long article datant du 24 mars 2016 et donnant des détails sur tous les groupes
armés au Mali :

[Repères] Forces et groupes armés au Mali: qui est qui?

Mission de l'ONU au Mali
© Minusma

Alors que les attentats terroristes islamistes se multiplient à travers le monde, des mois après l’attaque de l’hôtel Radisson Blue de Bamako, et après les accords de paix d’Alger, des années après le début d’une guerre qui s’est enkystée dans le paysage du nord du Mali, les autorités tentent toujours de reprendre le contrôle du territoire. Le pays reste divisé, sous le contrôle de forces armées ou de petits groupes autonomes qui s’affrontent ou pactisent. Un échiquier dangereux et fragile, en constante mutation, qui menace toujours la réconciliation nationale et un véritable retour à la paix.

Pour comprendre quelles sont les forces en présence, il faut s’interroger sur l’histoire de chacune de ces composantes et sur ce que chacune nous dit de la crise qui déchire le Mali. Hors, même si la situation actuelle est directement liée à la dernière guerre qui a embrasé le Nord en 2012 et à son évolution, les causes plus profondes sont à chercher dans l’histoire et les erreurs du passé qui ont permis la division entre les Maliens du fait, entre autres, du racisme, de la corruption, de l’affairisme, de l’impunité et des promesses non tenues comme ce fut le cas par exemple avec l’accord de Tamanrasset en 1991, le Pacte national en 1992 ou l’Accord d’Alger de 2006.

Entre guerre et paix

Pour mémoire, la guerre actuelle est née des suites d’une rébellion touarègue, qui a mis en déroute l’armée malienne, mais qui s’est faite, elle-même, dominer par des groupes jihadistes, liés à al-Qaïda, qui se sont emparés du nord du Mali en mars-avril 2012.

En janvier 2013, pour arrêter la progression des jihadistes vers le Sud, la France, à la demande du président du Mali, intervient militairement dans le cadre d’une opération internationale et se lance dans la reconquête du territoire, chassant de nombreux groupes armés du Nord. Les grandes opérations militaires internationales vont ensuite laisser la place aux casques bleus et à l’armée malienne, et aux forces spéciales, notamment françaises pour sécuriser le pays.

Dans le cadre du processus d’Alger, un accord de paix a été conclu entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali le 15 mai et le 20 juin derniers. Mais cet accord ne met pas un terme à la crise malienne. Les islamistes extrémistes, censés être définitivement isolés par cet accord, se sont redéployés et contrôlent des zones entières qui échappent toujours aux forces maliennes et étrangères. Depuis 2015, leurs actions se sont même étendues au centre et au sud du pays.
Pour encourager le processus de paix, la communauté internationale accompagne le Mali et multiplie les initiatives à travers des actions de la Minusma pour mettre en place des accords qui peinent encore à être appliqués. Dans cette perspective, une nouvelle initiative devrait rassembler à Kidal du 27 au 30 mars prochain un forum « pour la réconciliation » qui devrait réunir les ex-rivaux que sont les représentants de la plate-forme et du CMA, à savoir la coalition des mouvements armés soutenant le gouvernement et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), ex-rébellion à dominante touarègue.

Le contrôle du Sahara

En janvier 2013, pour arrêter la progression des combattants islamistes vers Mopti, dernier verrou avant la capitale, Bamako, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, demande une aide immédiate à la France, qui décide d’intervenir le 11 janvier 2013 avec l'opération Serval. De l'aide logistique venant de plusieurs nations arrive au fil des jours pour appuyer cette mission : c’est la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma). Le 25 avril 2013, la résolution 2100 du Conseil de sécurité des Nations unies crée la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) qui prend le relais de la Misma à partir du 1er juillet 2013. La mission de la Minusma, qui dispose de 10 000 casques bleus, est de soutenir la mise en œuvre de l’accord de paix signé le 20 juin, à la fois sur le plan politique et sécuritaire. Du côté de l’armée française, Serval laisse la place à l’opération Barkhane, un dispositif de 3 000 hommes, composé en grande partie de forces spéciales, dont le commandement est basées à Ndjamena, au Tchad, et qui est chargé de continuer le combat contre les cellules jihadistes sur un ensemble territorial qui rassemble plusieurs Etats sahélo-sahariens.

Mission de la Minusma dans le nord du Mali © MINUSMA/Marco Dormino

Dans le cadre de la lutte contre les divers groupes islamistes, des pays de la région (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) décident d’unir leurs efforts et créent en 2016 le G5 Sahel (la prochaine réunion annuelle du G5 Sahel est prévue à Bamako en janvier 2017). Début mars 2016, les membres du G5 Sahel ont décidé d’installer en Mauritanie un « Centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce (CSAMAP) » et de créer une école de guerre qui devrait s’appeler le « Collège de défense du G5 Sahel ».

L’armée et les milices

Les forces armées du Mali (Fama) comptent, depuis janvier 2015, entre 8 000 et 8 200 soldats. Une formation de l’Union européenne lancée en 2013 a permis de renforcer les capacités militaires de cinq bataillons et deux autres devraient l’être dans les mois à venir. Mais les Fama, principalement positionnées le long de la boucle du fleuve Niger, sont encore peu nombreuses sur les points chauds du Nord comme Kidal, Aguelhok ou la région de Taoudéni, seul un petit groupe est déployé sur Tessalit aux côtés des forces françaises.

Sur le terrain, à plusieurs époques, des milices d’autodéfense se sont créées et ont, dans certains cas, appuyé l’action militaire. On se souvient du Mouvement Patriotique Ganda Koi (MPGK) dirigé par Djibril Diallo, une milice songhaï de Gao, née lors de la rébellion touarègue de 1990-1996, par d’anciens soldats de l’armée malienne. Leur objectif : libérer le nord du Mali des mains d’AQMI, du MUJAO, d’Ansar Dine mais aussi du MNLA qu’ils considèrent comme des islamistes. Ils ne reconnaissent pas la réconciliation de 1992 mais restent fidèles au pouvoir de Bamako. En 2013, un rapport des Nations unies estime qu’ils sont 1842 combattants.
Autre milice Songhaï et Peule créée en 2012 près de Sévaré estimée à 1500 volontaires à sa création, c’est le Mouvement National de libération du Nord Mali plus connu sous le nom de Ganda IZO. Son chef Ibrahim Dicko, déclare : « Notre problème c'était le MNLA qui voulait créer un État dans lequel on ne se reconnaissait pas. Les islamistes, en revanche, ce sont des musulmans, comme nous ».
Le 21 juillet 2012, Ganda Koy, Ganda Izo et les Forces de libération du Nord (FLN) qui poursuivent les mêmes objectifs avec un groupe de 700 hommes se regroupent au sein de la Coordination des Mouvements et Front patriotique de résistance (CM-FPR).

Le 14 août 2014, après la défaite de l’armée malienne à Kidal, les combattants loyalistes de la tribu des Imghad (tribus touareg rivale des Ifoghas) annoncent la création du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia). Cette milice loyaliste, de 800 à 1000 hommes, dirigée par le général El Hadj Ag Gamou qui affirme disposer d’une base entre Gao et Kidal, est un mouvement opposé à l'indépendance ou à l'autonomie du nord du Mali. Le jour de l'officialisation de la création du mouvement, son secrétaire-général, Fahad Ag Almahmoud, déclare :« Nous venons de créer le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) pour défendre les intérêts de notre communauté dans le nord du Mali, notamment contre le MNLA. Nous sommes pour le processus de paix, nous reconnaissons l’intégrité territoriale du Mali, et nous ne réclamons pas d’autonomie. Nous voulons travailler avec le gouvernement malien pour amener la stabilité du pays. »

En janvier 2015, la Minusma constate que plusieurs miliciens du groupe, blessés au cours des combats de Tabankort et soignés à Gao, étaient des militaires de l'armée régulière malienne qui avaient suivi une formation de la Mission de formation de l'Union européenne au Mali à Koulikoro. Officiellement, le gouvernement malien nie être l'origine de la création du Gatia.

Alliée au GATIA, il y également la branche loyaliste du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA loyaliste) qui est un mouvement politique et militaire arabe, regroupant 500 combattants. Créé pendant la rébellion touarègue de 2012, il s’est d’abord appelé le Front de libération nationale de l'Azawad (FLNA) avant d'être rebaptisé vers la fin 2012 le MAA. En 2014, le mouvement est divisé en deux tendances : l'une alliée aux rebelles du MNLA et du HCUA, et une autre, appelée le MAA loyaliste, fidèle à l'Etat malien. Selon Mohamed Lamine Sidad, secrétaire général du FLNA, le mouvement est opposé à l'indépendance de Azawad et à l'instauration de la charia, il réclame « le retour à la paix et à l'activité économique ». Le MAA se revendique non-terroriste et ayant pour principal objectif de défendre l'intérêt des populations arabes du nord Mali. Il se dit prêt à « collaborer avec la France contre le terrorisme, le narco-trafic ainsi que le crime organisé. » Pendant les pourparlers d'Alger entre les gouvernement malien et les groupes armés rebelles du nord du Mali, une branche du MAA se sépare finalement du mouvement et le 30 août 2014, annonce la création du Mouvement populaire pour le salut de l'Azawad (MPSA). Le MPSA de Boubacar Sedigh Ould Taleb son Secrétaire général, se présente comme un mouvement à caractère national politiquement, et non comme un groupe armé tribal. Il affirme reconnaître le drapeau malien, ne pas être un groupe indépendantiste et ne pas souhaiter la partition du Mali, mais réclame l'autodétermination de l'Azawad.

Voiture sur la piste de Kidal © Minusma

Les rebelles et la revendication de l’Azawad

Les populations touareg ont toujours affirmé une indépendance et une liberté de mouvement sur le Sahara et une partie du Sahel, mais l’histoire va diviser cet espace en pays avec lesquelles les touareg vont souvent se retrouver en difficulté. Les revendications identitaires et territoriales touareg vont s’exprimer à plusieurs reprises par des rébellions qui marquent l’histoire contemporaine (au Niger de 1916 à 1917 ; de 1962 à 1964 au Mali ; de 1990 à 1996 au Mali et au Niger ; 2006 au Mali ; 2007 à 2009 au Niger et au Mali ; 2012 au Mali).

A l’occasion de cette dernière insurrection, un groupe de rebelles touareg (le MNLA) à la faveur d’une offensive contre l’armée malienne proclamera le 6 avril 2012 l’indépendance de l’Azawad. Un territoire de peuplement notamment Touareg qui correspond aux trois régions du nord du Mali (Tombouctou, Gao, Kidal) dont l’indépendance ne sera jamais reconnue, ni par le Mali, ni par la communauté internationale. Mais cette revendication évoluera et en 2013, les rebelles renonceront à cette indépendance et demanderont pour l’Azawad un statut d’autonomie et de fédéralisme dans le cadre du processus de paix). Le grand acteur de cette dernière rébellion c’est Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui né le 16 octobre 2011 de la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA) qui se définit comme « une organisation politique de l’Azawad qui défend et valorise la politique pacifique pour atteindre les objectifs légitimes pour recouvrer tous les droits historiques spoliés du peuple de l’Azawad », et de l'Alliance Touareg Niger-Mali (ATNM), mouvement responsable de rébellions de 2006 à 2009.
Le MNLA est une organisation politique et militaire. Son secrétaire-général est Bilal Ag Cherif et Mohamed Ag Najem en est le chef de la branche militaire qui revendiquera un temps jusqu'à 10 000 combattants, en majorité touareg, issus des tribus des Idnanes, des Chamanamasses et d'une partie des Ifoghas, appuyés par près de 400 combattants revenus de Libye.

Le MNLA revendique une autonomie au sein du territoire malien et demande des avancées rapides, en matière d'accès à la santé, à l'eau, à l’alimentation à l’énergie, à l'éducation, et réclame aussi « l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur tous les crimes commis par l’armée malienne de 1963 à nos jours sur les populations de l’Azawad ».

Pendant la guerre, d’autre mouvements apparaîtront comme le Front national de libération de l'Azawad (FNLA) d’Ahmed Ould Mamoud, un mouvement arabe ni sécessionniste ni islamiste qui c’était fait connaître en avril 2012 avec sa prise de contrôle de Tombouctou.

En janvier 2013, à la suite de l'opération Serval, un groupe de transfuges d'Ansar Dine se rapproche du MNLA et fonde le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) mais le 19 mai, le mouvement est dissout et rallie le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) de Mohamed Ag Intalla qui lors de sa fondation le 2 mai 2013 s’appelle initialement le Haut conseil de l'Azawad (HCA). L’Aménokal Intalla Ag Attaher est désigné président et son fils Mohamed Ag Intalla en est le secrétaire général. A la création du HCA il déclare : « C’est un mouvement pacifique qui ne réclame pas l'indépendance d'une partie du nord du Mali et est contre toute idée de partition. (…) Nous sommes également contre le terrorisme. Nous voulons mettre ensemble tous les fils touareg du Nord et les autres frères pour faire la paix avec le Sud, avec tous les Maliens. » La majorité des combattants du HCUA sont issus de la tribu touareg des Ifoghas.

À l'été 2014, le MNLA, le HCUA et le MAA rebelle forment une alliance baptisée la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et le 18 mars 2014, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh divorce avec le MNLA et créé son propre mouvement rebelle politico-militaire, la Coalition du peuple pour l'Azawad (CPA) pour peser dans les négociations avec Bamako. Plusieurs anciens membres du MNLA, du MAA et du HCUA ont depuis rallié la CPA.

Organisations islamistes

Face à cette mosaïque d’acteurs loyalistes ou rebelles, il y a un ensemble plus diffus de mouvements jihadistes dont le projet est pour certains l’instauration d’un Etat islamique au Mali régi par la charia ou pour d’autres la création d’un grand califat mondial. Ces groupes qui se revendiquent aujourd’hui d’al-Qaïda ou de l’organisation Etat islamique dont les actions terroristes s’étendent bien au-delà des frontières, ont commencé à se réfugier au Sahara à partir de l’Algérie puis de la Libye où ils ont prospéré, empêchant au Mali tout véritable retour à la paix.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a été l’une des premières organisations jihadistes à s’installer au Sahara et à y prospérer. Aqmi est une organisation jihadiste terroriste d’idéologie salafiste, dont l’affiliation au réseau al-Qaïda a été approuvée par Oussama ben Laden. Ses origines sont algériennes. Avant 2007, Aqmi s’appelait le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une organisation terroriste qui était le résultat d'une dissidence du Groupe islamique armé (GIA). Dirigé par Abdelmalek Droukdel, Aqmi opère depuis l’Algérie, la Mauritanie, et le Mali. En 2013, on estimait qu’Aqmi disposait d'environ 1 000 hommes répartis en cinq katibas ou brigades. En 2015, Mathieu Olivier et Rémi Carayol, journalistes de Jeune Afrique, écrivent : « Selon la DGSE malienne, Aqmi, en perte d'influence, ne compterait plus dans le Sahara que 200 combattants divisés en trois katibas».

En décembre 2012, le chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel destitue Mokhtar BelMokhtar dit Khaled Abou al-Abbas, le commandant d’une de ses katibas (la katiba Al-Mouthalimin). Mokhtar BelMokhtar annonce aussitôt sa rupture avec Aqmi crée les Signataires par le sang pour consolider, dit-il, « le règne de la charia » dans le nord du Mali contrôlé par les islamistes et s’installe à Gao (ville alors occupée par le Mujao).

En 2011, pour étendre l'insurrection islamiste du Maghreb à l’Afrique de l'Ouest suite à une divergence de point de vue avec Abdelmalek Droukdel, l'émir d'Aqmi, une scission d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) crée le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Cette organisation armée jihadiste et salafiste fondée et dirigée par Hamada Ould Mohamed Kheirou comptait pendant la guerre du Mali, entre 500 et 1 000 combattants répartis en quatre Katiba.
Le 22 août 2013, une partie du Mujoa et des Signataires par le sang annoncent leur fusion en un seul mouvement sahélien, djihadiste et salafiste qui prend le nom d' Al-Mourabitoune-Al-Qaïda du jihad en Afrique de l'Ouest plus connu sous le nom de Al-Mourabitoune (« Les Almoravides »). Al-Mourabitoune revendique de nombreux attentats dont celui du Radisson Blue de Bamako du 20 novembre 2015 qu’il affirme avoir mené avec Aqmi. Le 4 décembre 2015, le chef de Al-Mourabitoune, l’émir Mokhtar Belmokhtar se rallient à nouveau officiellement à Aqmi.
Autre organisation et pas des moindre issue de chez les Touaregs Ansar Dine ou Ansar Eddine (« les défenseurs de la religion ») est un groupe armé jihadiste terroriste et d’idéologie salafiste dirigé par Iyad Ag Ghali, un des principaux chefs de la rébellion Touareg de 1990-1996.

En 2015, Ansar Dine revendique pour la première fois des attaques au sud du Mali, notamment près la frontière ivoirienne. Le groupe annonce alors son intention de mener des attaques en Côte d'Ivoire, en Mauritanie et dans d'autres pays de la région.

Enfin le dernier en date, le Front de libération du Macina (FLM) qui apparaît en janvier 2015 est un groupe armé jihadiste d’idéologie salafiste dirigé par Hammadoun Kouffa. Le FLM est composé d'anciens combattants du Mujao, majoritairement peuls et leur objectif est le rétablissement de l'empire du Macina.D’après la DGSE malienne, le FLM comptait fin 2015 près de 170 hommes, principalement peuls.

Le 23 novembre 2015, le FLM revendique avoir mené avec le soutien d'Ansar Dine l’attentat du Radisson Blu de Bamako alors que le même attentat avait été revendiqué par Al Mourabitoune et Aqmi trois jours plus tôt.

 

 

 

 

Il y a un an que des accords étaient signés à Alger mais s'il y a des avancées concrètes sur le papier, sur le terrain des blocages persistent. Il y a une véritable crise de confiance entre les groupes armés et le gouvernement (textes pris sur le site de RFI)

Mali: un an après l’accord d’Alger, de nombreux blocages persistent

Le Mali organisait samedi, en présence d'une dizaine de chefs d'Etat africains et plus de 20 pays représentés, la signature officielle de l'accord de paix d'Alger. Bamako, le 15 mai 2015.

© AFP PHOTO / HABIBOU KOUYATE

Par RFI Publié le 20-06-2016 Modifié le 20-06-2016 à 16:00

 

 

Il y avait eu des youyous ce 20 juin 2015, il y a tout juste un an à Alger, au moment de la signature de l’accord de paix par le représentant de la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad. Un accord pour le nord du Mali déjà validé et signé un mois plus tôt par le gouvernement. A ce moment-là, la médiation avait salué un nouveau départ pour le pays, pour cette région secouée par une série de rébellions et une occupation jihadiste. Un an après ces youyous et cet espoir, où en est-on aujourd’hui ?

Tout au long de cette année, le principal acquis, c’est que globalement le cessez-le-feu a été respecté. Il y a bien eu quelques escarmouches, mais il n’y a plus de combats entre l’armée malienne et les groupes armés.

Il y a également eu la nomination et l’installation des gouverneurs des deux nouvelles régions du Nord : Taoudéni et Menaka. Et puis ce dimanche, il y a eu la signature officielle de la loi instituant les autorités intérimaires.

Problème de confiance

Des étapes importantes, parce que c’est cette transition qui doit permettre aux groupes armés et au gouvernement de cogérer les régions, les cercles et les communes du Nord pendant un moment. Et puis, ce qui est intéressant, c’est qu’il y a un chronogramme d’application de cette loi instituant les autorités intérimaires.

S'il y a des avancées concrètes sur le papier, sur le terrain des blocages persistent. Il y a une véritable crise de confiance entre les groupes armés et le gouvernement. Les groupes armés disent qu'ils n'ont pas confiance dans le gouvernement. Et en privé, les responsables du gouvernement estiment qu'ils sont de mauvaise foi et ne veulent pas enlever le check-point.

Blocage avec le DDR

Ce qui bloque, c’est véritablement le processus qu’on appelle DDR, pour Désarmement, Démobilisation et Réinsertion. Vingt-quatre sites de cantonnement sont identifiés, mais comment cantonner les troupes ? Comment les mettre en place ? Comment équiper ces sites ? Cela pose problème, et cela n’avance pas.

L’accord de paix insistait aussi sur les patrouilles mixtes que devaient faire les forces armées maliennes et les combattants sur le terrain. Au cours de cette année, il n’y a eu qu’une seule patrouille mixte. Enfin, il y a la dégradation de la situation intérimaire. Il y a beaucoup, beaucoup d’inquiétude sur ce point.

 
Sur le même sujet