Vu au Sud - Vu du Sud

Le billet mensuel du diocèse de Ghardaia, en Algérie, daté du 30 mai 2016, est disponible.

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Textes pris sur les site de "Jeune Afrique"

 

Au départ, un soulèvement contre un homme fort, réputé indéboulonnable, qui, soit en voulant se maintenir au pouvoir, soit en brusquant la société ou le jeu politique, a fait le geste de trop. De ces gestes qui suscitent l’ire du peuple et qui, comme une étincelle, mettent le feu au pays. Les digues s’effondrent. La peur jusque-là viscérale cède à l’envie, finalement, de renverser la table. Trop, c’est trop… Pourquoi aujourd’hui et pas hier ? Pourquoi pour tel acte et pas tel autre ? Pourquoi ici et pas ailleurs ? L’Histoire regorge de ce type de mystères insondables. Personne ne peut fournir la moindre explication rationnelle et acceptable. Peu importe.

Le chaos post révolutionnaire : inévitable?

La suite ? La « révolution » dont on se rengorge. Sur le moment, tout est beau, le peuple reprend son destin en main, bravo ! Puis vient le temps de la transition, entre cet hier forcément abhorré et ce demain dont nul ne sait à quoi il ressemblera.

C’est aussi celui de la chasse aux sorcières, pendant laquelle tous ceux qui sont plus ou moins apparentés au régime précédent en prennent pour leur grade, celle aussi durant laquelle les « résistants de la vingt-cinquième heure » font du zèle, sans doute pour éviter que l’on ne s’intéresse à leur propre parcours.

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Généralement, passage par la case prison pour les plus emblématiques. Généralement aussi, retour à la vie publique, avec ou sans condamnation, après tout de même une sévère période au purgatoire, quelque temps plus tard. L’époque est aux bilans sans nuances, les bébés sont jetés avec l’eau du bain : avant, c’était l’enfer, demain, ce sera le paradis. Promis…

Après l’éphémère, le transitoire, la remise à plat, la bataille pour le pouvoir. Après tant d’années où le fauteuil du chef et les strapontins de ses affidés n’étaient pas disponibles, tout est à conquérir. On rase gratis, on égrène les promesses comme les perles d’un chapelet, on s’évertue à effacer les étapes de son passé, quitte à détourner l’attention en désignant à la vindicte populaire son voisin, son ancien ami, son cousin, son collaborateur.

Être chef d’État, dans ces pays où l’exigence des populations est à son paroxysme, n’est pas une sinécure

On vante les mérites des pères fondateurs, parés subitement de toutes les vertus et dont on oublie trop facilement les errements ou l’autoritarisme – Sankara au Burkina, Bourguiba en Tunisie, par exemple – d’autant plus facilement que leurs successeurs désormais honnis ont tout fait pour les effacer de la mémoire collective.

Ceux qui remportent les élections historiques qui scellent le retour ou l’avènement de la démocratie après les phases de transition sont presque toujours issus de l’ancien régime. Dès le lendemain, fini les flonflons, la fête est terminée. Parvenir au pouvoir est une chose, assumer ce dernier en est une autre.

Le plus dur commence. Face à tant d’attentes et après une plus ou moins longue période d’incertitude et de paralysie économique, impossible de ne point décevoir. Et l’on s’aperçoit qu’être chef d’État, dans ces pays où l’exigence des populations est à son paroxysme, n’est pas une sinécure. C’est arrivé à Tunis hier, cela se passe au Burkina aujourd’hui.

 

Publié le 08 juin 2016 à 17h05

par Marwane Ben Yahmed
Marwane Ben Yahmed est directeur de publication de Jeune Afrique

 

 

Les collectionneurs François et Marie Christiaens entourés des sculptures lobi dans l’exposition « Les bois qui murmurent. La grande statuaire lobi », à l’Ancienne Nonciature, Bruxelles.
© Siegfried Forster / RFI

François et Marie Christiaens partagent la même passion pour l’art des Lobi, mais pas toujours le même avis sur la raison d’être de leur goût pour cette culture ancienne, située au confluent du Burkina Faso, du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Faut-il respecter le serment des Lobi de rester cachés ou son engouement pour « le vrai art » ? Leur collection, une des plus importantes au monde, a permis de monter la première exposition sur la grande statuaire lobi : « Les bois qui murmurent », qui a lieu jusqu’au 12 juin à l’Ancienne Nonciature de Bruxelles. Rencontre.

RFI : C’est la première grande exposition sur la statuaire lobi, pourquoi avait-elle été ignorée pendant si longtemps ?

François Christiaens (FC) : Les Lobi n’ont jamais été considérés. Ils se sont d’ailleurs toujours cachés du monde. Ils n’ont jamais voulu être connus. On les a découverts un peu par hasard, parce que personne ne s’y intéressait. A ce moment-là, cela nous a donné le virus d’aller voir et de gratter un peu ce qui se passe chez eux.

Marie Christiaens (MC) : Pendant la colonisation, les Lobi avaient fait le « serment de la bouche », c’est-à-dire de ne pas s’associer aux Blancs, aux missionnaires, aux chrétiens, etc. Ils étaient très rebelles. D’une certaine manière, cela les a protégés. Leur art a été découvert très tard. Quand un art est découvert, le premier reflex des Occidentaux est le rejet. L’art africain, en général, est passé par là. Il est entré très tardivement dans les musées. Les Lobi suivent ce même processus : d’abord rejet, ensuite assimilation - on dit que cela ressemble à… —, mais, il y aura un troisième temps, la vraie reconnaissance, et l’exposition va y contribuer. Cela sera vraiment gagné quand on dira d’une statue contemporaine : « c’est un Lobi ».

Dans l’exposition, on est tout de suite face à l’icône de votre collection : une figure masculine portant la coiffure yu-bilami. Une sculpture magnifique, avec un regard très ferme et une présence incroyable. Qu’est-ce qu’il y a typiquement « lobi » pour vous ?

FC : Pour moi, ce sont ces gens qui se tiennent debout, qui se mettent face à leur destin. Ils poussent sur leurs jambes et se tiennent debout. Pour moi, c’est ça l’essentiel.
MC : Ces statues sont toujours des statues qui portent des esprits des ancêtres. Là-bas, quand quelqu’un décède, petit à petit, le double (thuu) de la personne se détache de la personne. Le « thuu » devient le « thil ». L’esprit ne doit pas être errant et trouver une sculpture. Cela va être le réceptacle de l’esprit. La personne qui a son ancêtre chez lui, va le mettre sur un autel et va consulter l’ancêtre.
FC : Chez les Lobis, absolument tout est spirituel. Nous [Occidentaux] venons du livre. Toute notre spiritualité vient du christianisme qui est basé sur le livre. Eux, ils n’ont pas d’écrits, donc pas de lecture. Donc, ils sont restés extrêmement primitifs. Par rapport au livre, ils ont peut-être 20 000 ans de retard par rapport à nous. Et pourtant, ils vivent en même temps que nous. Cela m’a fasciné.
MC : Non, ce n’est pas du retard. C’est exactement la même démarche spirituelle, mais elle ne s’emploie pas de la même manière. On ne peut pas appeler cela du retard.
FC : Dans les grands principes de fonds, on s’aperçoit qu’on a tous les mêmes questionnements sur la vie, la mort, l’après-vie…

Statuaire lobi, figure masculine portant la coiffure yuu-bilami. H 80 cm. Exposée dans « Les bois qui murmurent. La grande statuaire lobi » à l’Ancienne Nonciature, Bruxelles. © Siegfried Forster / RFI

Selon vous, quelle est aujourd’hui la fonction de ces œuvres ?

MC : Malraux parle toujours de la métamorphose de l’objet rituel en objet d’art. Il y a aussi une phrase de Claude Roy : « L’art, c’est ce qui tient vivante l’idole morte en tant qu’idole. L’art, c’est ce qui dans un objet continue à servir quand il ne sert plus à rien. » Je pense qu’on est passé du sacré religieux, du rituel authentique en lien avec l’univers et les esprits à notre culture d’aujourd’hui qui n’est plus tellement religieuse. Maintenant, le sacré, c’est l’art. On est passé de la religion à l’art. D’ailleurs, Malraux disait que l’art et la religion sont les deux choses que l’homme a trouvé à opposer à la mort.
 
Qu’est-ce qui a déclenché chez vous cette passion pour l’art lobi ?
 
FC : La passion du collectionneur est aussi une addiction. Et une addiction est une névrose [rires].
MC : Notre passion a commencé par un livre du musée Dapper qu’un ami nous a offert : Le grand héritage. On l’a amené en vacances et on a passé une nuit blanche. En rentrant des vacances, on est allé à Bruges et on a acheté des statues. C’étaient des fausses ! C’est le ticket d’entrée obligatoire [rires]. Avant, on était très intéressé par l’art contemporain. Mais plus on allait dans l’art contemporain, plus on se noyait. L’art pour l’art. On ne savait plus ce qui était authentique ou ce qui était fabriqué pour le marché. Et là, tout d’un coup, on était devant des choses qui n’ont jamais été faites pour être de l’art, mais pour des fonctions rituelles. C’était un retour aux sources. Une vraie régénérescence.
FC : On a découvert une authenticité, après avoir ramé dans l’art contemporain. Là, l’artiste veut être connu. Alors que chez les Lobi pas du tout ! C’est un art spirituel qui vient des rituels, de la tradition. Pour nous, c’est ça, le vrai art.
 
Les sculptures lobi viennent du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana. Avez-vous rencontré les gens et les cultures sur place ?

FC : On y est allé plusieurs fois. Mais, vous savez, ils sont très vigilants. Ils ont fait le « serment de la bouche ». On n’a jamais pu voir un autel. C’est interdit. D’abord, on n’a jamais voulu acheter une pièce sur place, pour ne pas passer pour des voleurs. On a toujours acheté normalement, dans les galeries à Paris ou à Bruxelles.
MC : Souvent, on a l’impression que les collectionneurs sont des dépouilleurs, des voleurs du patrimoine. Mais, en fait, on est dépositaire d’un patrimoine. Nous, on va mourir, mais les statues vont continuer à vivre.

Buthib kotin, statuaire lobi, figure féminine. Ancêtre inachevé qui renvoie à une forme de folie. H 95 cm. Exposée dans « Les bois qui murmurent. La grande statuaire lobi » à l’Ancienne Nonciature, Bruxelles. © Siegfried Forster / RFI

Aujourd’hui, y a-t-il une contradiction entre le « serment de la bouche » des Lobi et votre pratique d’exposer leurs œuvres ?
 
FC : Oui, il y a une contradiction complète.
MC : Non, on a rencontré des Lobi sur place. Ce sont des sociétés acéphales [sans pouvoir centralisé, ndlr], il n’y a pas de roi. Mais il y a une petite ethnie chez les Lobi, les Gan, c’est la seule petite royauté. Nous avons rencontré le roi des Gan et on s’est présenté comme collectionneurs. On avait peur qu’il nous dise : « écoutez, vous volez, vous êtes des pilleurs ». Mais, c’était le contraire. Il nous a dit : « Merci, vous sauvez les pièces qu’on ne peut pas garder sur place », parce que les conditions de conservation ne sont pas bonnes là-bas. Il a insisté : « Montrez-les, ne les laissez pas enfermés dans des armoires. C’est notre patrimoine. »

Où est la contradiction alors ?

FC : Les Lobi n’avaient pas du tout envie d’être montrés. Pour moi, il y a une contradiction. Cela me pose quand même des problèmes. On récupère les statues, on leur donne une deuxième vie, mais cela n’est pas leur vraie vie. Ce n’est pas la leur.

Vous dites que vous êtes même prêts à rendre les sculptures aux ethnies…

FC : S’ils savent les garder. Parce que, si demain, on les rend, on va les retrouver le lendemain sur le marché du Bruxelles. J’ai des pièces de Kinshasa que le musée de Tervuren [le Musée royal de l'Afrique centrale, à Tervuren, Belgique, ndlr] avait rendues à Kinshasa qui, le lendemain, les avait mises en vente. Moi, j’en ai acheté sans le savoir.
MC : C’est quelque chose qui se passe encore maintenant. Quand vous voyez les conditions économiques et de vie là-bas… Une statue, pour eux, ce n’est pas encore l’essentiel.

Comprenez-vous le débat autour des masques Hopi où les tribus exigent le retour de leurs objets sacrés ?

FC : Oui, mais on même temps, ce sont des débats complètement idiots, puisque ce qu’il faut c’est qu’ils soient sauvés. Après, s’ils sont sauvés par leur pays d’origine ou par quelqu’un d’autre… On est tous des frères humains.
MC : En Occident, il y a un travail de conservation qui est fait. Le Burkina Faso n’est pas prêt de pouvoir faire une exposition comme celle-ci. C’est ici que cela se passe maintenant. On verra plus tard quand nous serons morts. On est des dépositaires…

Vue de la première grande exposition : « La grande statuaire lobi - Les bois qui murmurent » dans l’espace de l’Ancienne Nonciature, Bruxelles. © Siegfried Forster / RFI

Lire aussi : Arts premiers : avec « Cultures », Bruxelles redevient leader mondial
Les bois qui murmurent, la grande statuaire lobi, une exposition conçue par Serge Schoffel à partir de la collection de François et Marie Christiaens, du 8 au 12 juin, à l’Ancienne Nonciature, Bruxelles.

Nous venons de recevoir la dernière édition du bulletin de la province du Maghreb. Fichier un peu lourd mais bien lisible...

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Le Mali est loin d'être sorti de la crise, et les forces de l'ONU ont du mal à maîtriser la situation. (site de Jeune Afrique)

Mali : cinq Casques bleus togolais tués dans une attaque

29 mai 2016 à 16h14 — Mis à jour le 30 mai 2016 à 08h51
Par AFP
 
 

Cinq Casques bleus ont été tués dimanche dans une embuscade "terroriste" dans le centre du Mali, une première dans cette région, alors que le pays connaît depuis une dizaine de jours une recrudescence des attaques meurtrières contre l'armée et les soldats de l'ONU.

Ce nouvel attentat contre la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) n’a pas été revendiqué.

La Minusma n’a pas spécifié immédiatement la nationalité des Casques bleus attaqués. Une source policière malienne a déclaré qu’il s’agissait de Togolais.

« Les Casques bleus togolais étaient en mission de paix dans le secteur où les agriculteurs et les éleveurs se sont récemment affrontés », a déclaré cette source, contactée par téléphone à Mopti depuis Bamako.

La mission de l’ONU a annoncé dans un communiqué qu’une attaque « terroriste » avait eu lieu dimanche vers 11h00 (heure locale et GMT) contre « un convoi de la force de la Minusma, pris dans une embuscade à 30 kilomètres à l’ouest de Sévaré », une ville située dans la région de Mopti.

« Selon les informations préliminaires, cinq Casques bleus ont été tués. Un autre a été grièvement blessé et son évacuation médicale est en cours », a ajouté la mission dans un communiqué.

Cette attaque survient quelques jours seulement après la mort vendredi de cinq soldats maliens, tués dans l’explosion d’une mine au passage de leurs véhicules entre les localités d’Ansongo et d’Indelimane, dans le nord du Mali, selon l’armée.

Et cinq Casques bleus tchadiens avaient déjà été tués le 18 mai, dans une autre embuscade au nord d’Aguelhoc, dans le nord-est du Mali. L’attaque avait été revendiquée par un cadre du groupe jihadiste malien Ansar Dine, allié à Al-Qaïda et qui a contrôlé le vaste nord du Mali pendant près de dix mois, entre 2012 et janvier 2013.

Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la Minusma, a condamné l’attentat de dimanche.

« Acte odieux de terrorisme »

« Je condamne avec la plus grande vigueur ce crime abject qui s’ajoute aux autres actes terroristes qui ont ciblé nos soldats de la paix et qui constituent des crimes contre l’humanité au regard du droit international », a déclaré M. Annadif.

« Cet acte odieux de terrorisme est d’autant plus révoltant qu’il a été perpétré durant la journée internationale des Casques bleus », a-t-il souligné.

Il a appelé à « déployer tous les efforts possibles pour identifier les responsables de ces crimes odieux ».

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lui aussi condamné l’attentat, a rapporté son porte-parole dans un communiqué prenant en compte les informations selon laquelle les Casques bleus visés étaient togolais.

« Le secrétaire général présente ses sincères condoléances aux familles des cinq Casques bleus qui sont morts pour la cause de la paix, ainsi qu’au gouvernement et au peuple du Togo », indique le communiqué. « Il appelle à une action rapide pour traduire les auteurs de ce crime devant la justice », ajoute le texte.

C’est la première fois que des Casques bleus de la Minusma sont tués dans le centre du Mali, une zone où est basé le Front de libération du Macina (FLM), un groupe apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul.

Le FLM est allié à Ansar Dine. Ces deux groupes revendiquent régulièrement des attaques dans le Nord et le centre du Mali.

Déployée depuis juillet 2013, la Minusma est celle qui connait le plus fort taux de mortalité de toutes les actuelles missions de maintien de la paix de l’ONU, en nombre par rapport à l’effectif de plus de 10.300 militaires et policiers.

Le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit depuis.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

Voir aussi :

  • Mali : 5 soldats tués et 4 blessés dans l’explosion d’une mine

    28 mai 2016 à 00h13 — Mis à jour le 28 mai 2016 à 11h25
    Par AFP
     
     

    Cinq soldats maliens ont été tués et quatre blessés vendredi dans le nord du Mali par l'explosion d'une mine au passage de leurs deux véhicules, a annoncé l'armée malienne.

    « Deux véhicules des Forces armées maliennes ont sauté sur un engin explosif improvisé, occasionnant la mort de cinq militaires maliens et en blessant quatre autres » entre les localités d’Ansongo et d’Indelimane, a indiqué la Direction des relations publiques de l’armée (Dirpa) dans un communiqué.

    Le gouvernement « rassure que tout sera mis en oeuvre pour démasquer et traduire les poseurs de mines devant les tribunaux », poursuit la Dirpa.

    Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

    Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

    Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

  • Le Burkina Faso pourrait retirer ses troupes du Darfour pour faire face à la menace terroriste

    13 mai 2016 à 14h03
    Par Jeune Afrique avec AFP
     
     

    Le contingent de 850 Burkinabè déployés par Ouagadougou au sein des Casques bleus au Darfour va-t-il être rapatrié ? Si rien n'est encore tranché, cette option est sérieusement envisagée par le Burkina Faso.


    « Nous envisageons effectivement de retirer notre contingent au Darfour. C’est un projet qui est en cours, il est soumis aux autorités politiques », a déclaré jeudi 12 mai à Ouagadougou le général Pingrenoma Zagré, chef d’état-major général des armées.

    En cause, la menace terroriste à laquelle est exposée le Burkina Faso. Le 15 janvier dernier, la capitale burkinabè était en effet la cible de plusieurs attaques sanglantes, perpétrées contre l'hôtel Splendid et les bars Taxi Brousse et Cappuccino. Ces attentats revendiqués par Aqmi, les premiers contre le pays, avaient fait trente morts.

    « L’environnement sécuritaire a complètement changé »

    Un contexte sécuritaire qui explique donc la réflexion engagée par le Burkina. « Il y a huit ans, lorsque nous déployions notre premier contingent au Darfour (…) nous avions une situation dans la bande sahélo-saharienne qui était satisfaisante. Aujourd’hui l’environnement sécuritaire a complètement changé et nous subissons sur notre propre sol des attaques terroristes qui nous obligent à redéfinir nos priorités en matière sécuritaire ».

    Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour le retrait des froces militaires burkinabè du Darfour. La décision définitive revient au chef suprême des armées, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.