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Mali : les autorités intérimaires installées dans le Nord à partir du 18 février

Par Jeune Afrique avec AFP
 
 

Les présidents des autorités intérimaires du nord du Mali, prévues par l'accord de paix de 2015, ont été désignés. Leur installation débutera ce samedi à Kidal, selon le ministère malien de l'Administration territoriale.

« Sur proposition du gouvernement malien, Hassan Ag Fagaga, de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), a été nommé président des autorités intérimaires dans la région de Kidal », précise un communiqué du ministère de l’Administration territoriale diffusé ce jeudi 16 février.

Hassan Ag Fagaga, colonel et ex-déserteur de l’armée régulière, sera ainsi installé samedi 18 février par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf.

À Gao, Djibrila Maïga, de la coalition des groupes armés pro-gouvernementaux, a été désigné président, tandis que Boubacar Ould Hamadi, de la CMA, a été choisi pour Tombouctou.

Dans les régions administratives récemment créés de Ménaka (nord-est) et de Taoudénit, ce sont respectivement Abdoul Wahab Ag Ahmed Mohamed, du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA, issu d’une scission d’un groupe de la CMA) et Hamoudi Sidi Ahmed Aggada, qui doivent en prendre les rênes.

Objectif  : préparer l’élection des assemblées

La nomination de ce dernier, homme d’affaires résidant à Bamako, a néanmoins été contestée par la branche du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) au sein de l’ex-rébellion, ainsi que par des associations et chefs de tribus de la région de Tombouctou. « Le MAA rejette catégoriquement toute tentative d’imposer un président au collège transitoire » de la région de Taoudénit, proteste même le groupe dans un communiqué relayé par l’AFP.

En vertu de l’accord de paix signé en mai-juin 2015, les autorités intérimaires devront gérer ces cinq régions, en attendant l’élection par la population d’assemblées. Leur mission sera notamment de préparer ces élections, et de favoriser le retour des déplacés.

La calendrier adopté le 10 février, prévoyant la mise en place des autorités intérimaires « du 13 au 20 février » et le lancement des patrouilles mixtes à partir du 20 février, sera respecté, a-t-on assuré au ministère. Ces patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants des groupes pro-gouvernementaux et de la CMA, sont censées préfigurer la refonte d’une armée malienne unitaire.

Dans le dernier numéro de "Voix d'Afrique", cet article du père Joël Ouedraogo au sujet d'un projet réalisé au Soudan grâce à l'activité des AAPB (Associations des Amis des Pères Blancs) - (lire la suite)

Côte d’Ivoire : qui sera le successeur
d’Alassane Ouattara en 2020 ?

 

Il y a ceux que l'on attend en 2020 et ceux, plus jeunes mais déjà très ambitieux, qui devront patienter jusqu'en 2025, voire un peu plus...

De tout le personnel politique ivoirien issu du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la matrice du pouvoir d’Alassane Ouattara, Amadou Gon Coulibaly (AGC) et Daniel Kablan Duncan (DKD) incarnent aux yeux du chef de l’État les deux meilleurs profils pour prendre sa succession, loin, très loin devant les autres dauphins putatifs. Ceux, en tout cas, dont on parle à Abidjan, les Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et consorts, dont ADO pense qu’ils peuvent aisément attendre la présidentielle de 2025 car ils ne sont pas prêts.

Kablan, c’est son quasi-clone sur le plan intellectuel. Gon Coulibaly ? Son plus proche collaborateur, avec son frère Téné Birahima Ouattara, à la présidence aujourd’hui, au sein du Rassemblement des Républicains hier, y compris pendant les années de braise. AGC est désormais le choix numéro un du chef de l’État, l’« homme au-dessus du lot », pour lui succéder. Cela n’a pas forcément toujours été le cas : au début de son premier mandat, fin 2012 notamment, il misait plutôt sur DKD.

Mais ce dernier a le même âge que lui, ou presque, et aura 77 ans en 2020, ce qui constitue évidemment un problème. La santé d’AGC, qui a subi une transplantation cardiaque à Paris en juin 2012, demeure quant à elle une source d’interrogation. Si Ouattara envisage de devenir le Bédié d’aujourd’hui après son départ du Palais du Plateau, il peut se passer beaucoup de choses d’ici à 2020. Raison pour laquelle il entend, comme le confirme l’un de ses proches, « conserver toutes les options ouvertes jusqu’à la fin ».

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Côte d'Ivoire

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Mohammed VI à l’UA :
« Il est beau le jour où l’on rentre chez soi ! »

 

Au lendemain de l'acceptation de la demande d'adhésion du royaume à l'Union africaine (UA), le roi du Maroc a prononcé mardi un discours historique au sommet d'Addis Abeba. "Vous m'avez manqué !", a-t-il lancé.

 

« Il est beau le jour où l’en rentre chez soi, après une trop longue absence ! Il est beau, le jour où l’on porte son cœur vers le foyer aimé ! » Les premiers mots prononcés par le roi Mohammed VI devant le sommet des chefs d’État de l’Union africaine (UA), ce mardi 31 janvier, sont pleins d’émotion. « Je rentre enfin chez moi, et vous retrouve avec bonheur. Vous m’avez tous manqué… », a-t-il poursuivi.

Il est rentré dans l’enceinte de l’assemblée sous les applaudissements précédé par le président de l’UA, Alpha Condé, et l’ex-présidente de la Commission africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, qui sont partis le chercher à l’extérieur de la salle. Toute l’assemblée s’est levée pour l’accueillir sauf les représentants de l’Algérie et de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Étaient absents les présidents égyptien, Abdelfettah Al-Sissi, tchadien, Idriss Déby Itno, togolais, Faure Gnassingbé, djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, sud-africain, Jacob Zuma, sénégalais, Macky Sall, ainsi que le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal.

Renouer avec l’Afrique

L’adhésion du Maroc avait été acceptée la veille, lundi 30 janvier, au terme d’une séance plénière particulièrement tendue. Sans attendre la finalisation des formalités juridiques et protocolaires, au terme desquelles le royaume siégera à nouveau au sein de l’organisation panafricaine, le roi a tenu à faire le déplacement à Addis Abeba afin de s’exprimer devant l’assemblée pour témoigner de la relation solide qui lie son pays aux autres pays du continent.

Nous ne voulons nullement diviser comme certains voudraient l’insinuer

Depuis l’an 2000, le Maroc a conclu près d’un millier d’accords avec les pays africains au cours de 46 visites royales effectuées dans 25 pays du continent. Parallèlement, des ressortissants africains ont pu poursuivre leur formation supérieure au Maroc grâce aux milliers de bourses qui leur ont été accordées, a rappelé le roi. Le Maroc a participé par ailleurs à six opérations de maintien de la paix des Nations-unies en Afrique, déployant des milliers d’hommes.

Des projets intra-africains

S’attardant sur le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc, Mohammed VI a déclaré qu’il sera créateur de richesses, tout en relativisant sa portée. « Ce ne sont ni le gaz, ni le pétrole qui satisferont les besoins alimentaires de base de l’Afrique. Le grand défi n’est-il pas sa sécurité alimentaire ? », a-t-il relevé, donnant comme exemple l’initiative Triple A (Adaptation de l’Agriculture Africaine), présentée par le Maroc lors de la Cop 22 à Marrakech. Des unités de fabrication de fertilisants ont depuis été mises en place en Éthiopie et au Nigeria.

« Nous n’ignorons pas que nous ne faisons pas l’unanimité au sein de cette noble assemblée. Loin de nous, l’idée de susciter un débat stérile ! Nous ne voulons nullement diviser comme certains voudraient l’insinuer », a assuré le roi du Maroc. Dès que le Maroc siégera de manière effective, son action sera fédératrice et mettra son modèle d’émergence construit sans ressources naturelles, au profit des autres nations africaines, a ajouté le roi.

L’UMA officiellement enterrée

Selon Mohammed VI, la famille africaine est la famille de référence du Maroc, le Maghreb n’ayant pas su l’incarner. « La flamme de l’UMA [Union du Maghreb arabe, NDLR] s’est éteinte, parce que la foi dans un intérêt commun a disparu ! », a relevé le souverain chérifien. Avec un commerce intra-régional de 3%, le Maghreb est de fait loin derrière d’autres sous-régions africaines comme la Cedeao (10%) ou les pays de la Sadec (19%). Le constat est ainsi sans appel pour le roi : l’UMA se dissoudra dans son incapacité chronique.

C’est à l’Afrique que le royaume cherche à donner le leadership et qu’il est temps que les richesses de l’Afrique profitent à l’Afrique !

Au niveau de la coopération Sud-Sud, Mohammed VI considère que sa vision de la régularisation des migrants clandestins – qui a déjà bénéficié à 25 000 personnes au Maroc, a été mal-interprétée. « Certains avancent, que par cet engagement, le Maroc vise à acquérir le leadership de l’Afrique. Je leur réponds que c’est à l’Afrique que le royaume cherche à donner le leadership et qu’il est temps que les richesses de l’Afrique profitent à l’Afrique ! »

La notion du tiers-mondisme est dépassée

Évoquant les dégâts du colonialisme, le roi a insisté sur le fait que l’Afrique est aujourd’hui dirigée par « une nouvelle génération de dirigeants décomplexés », qui œuvrent en faveur de la stabilité, de l’ouverture politique, du développement économique et du progrès social de leurs populations.

Depuis plusieurs décennies, ce sont les pays du Nord qui dictaient la conduite aux pays du Sud, alors que leur taux de croissance ne dépasse pas celui de nombreux pays africains, tranche Mohammed VI, pour qui la notion du tiers-mondisme est dépassée. « Ces agissements relèvent plutôt de l’opportunisme économique : la considération et la bienveillance accordées à un pays ne doivent plus dépendre des ressources naturelles et du profit qu’on en espère ».

« Nous peuples d’Afrique, avons les moyens et le génie; et nous pouvons ensemble, réaliser les aspirations et de nos peuples », a conclu le roi dans un appel à la mobilisation.

Nouvelle tournée africaine 

La fin du discours royal a été applaudie par Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires maghrébines et africaines, qui représentait son Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans cette assemblée. Mohammed VI est ensuite parti saluer Alpha Condé et Nkosazana Dlamini Zuma. Il a ensuite serré la main à tous les nouveaux commissaires de l’UA qui ont prêté serment ce matin. Tous sauf l’Algérien, Smaïl Chergui, tout juste réélu président de la Commission Paix et Sécurité…

Avant de quitter l’assemblée, il a rejoint son siège au premier rang pendant quelques minutes. Histoire de marquer le retour du Maroc au sein de l’institution. Ensuite, plusieurs chefs d’État amis sont allés le saluer (Manuel Pinto da Costa de São Tomé et Principe, Ali Bongo du Gabon…) avant qu’il ne s’engouffre dans sa Mercedes noire. C‘est son ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, qui a pris sa place au sein du sommet.
Selon nos sources, le roi du Maroc devrait enchaîner depuis l’Éthiopie avec une nouvelle tournée africaine qui le conduira, dans un premier temps, au Sud Soudan.
 
 

Monsieur le premier Ministre vous êtes invité au Restaurant Atypique de Koudougou !

Un ami journaliste m'a envoyé il y a deux jours une information en provenance de l'AIB (Agence d'Information du Burkina). C'est ainsi que j'ai appris que «  le gouvernement burkinabè ordonne aux services publics de prioriser les produits alimentaires locaux. »


restaurant atypique koudougouLe gouvernement burkinabè a ordonné à «titre conservatoire et temporaire», la priorité pour l’administration publique de consommer les produits alimentaires locaux, afin de faire face aux difficultés d’écoulement.

Les structures publiques burkinabè consommatrices de produits alimentaires, ont désormais l’obligation «d’enlever en priorité ceux d’origine locale avant tout acte d’achat de produit similaire importé».

Les services publics sont également tenus d’intégrer les mets locaux dans les menus des pauses-cafés, des pauses-déjeuners, des diners galas et des diners débats.

C'est une bonne nouvelle !

Surtout que le premier ministre a ajouté: « Paul Kaba Thiéba a recommandé à ses ministres, d’accompagner ces opérations, d’une large campagne de communication qui mettra l’accent sur l’intérêt de la consommation des produits alimentaires locaux pour l’économie nationale. »

C'est donc une très bonne nouvelle ! Sauf que…

Sauf que je viens d'entendre à la radio « Il y a 50 ans, on disait déjà : nous irons sur mars dans 20 ans ! »

riz grain dor restaurant atypique koudougouSauf que cela fait plus de 50 ans que le Burkina Faso est indépendant et qu'il n'y a toujours pas de véritable « politique agricole et alimentaire ! »

Sauf que cela fait plus de 30 ans que le président Sankara disait : « Consommons burkinabè et produisons ce que nous voulons consommer. »

Cela fait plus de 20 ans que le mouvement paysan mondial, Via Campesina, a proposé au premier sommet mondial de l'alimentation (à Rome, en 1996) de reconnaître que la meilleure voie pour atteindre la sécurité alimentaire au niveau mondial est de respecter « la souveraineté alimentaire » de chaque pays (ou ensemble de pays). Là encore il s'agit de privilégier la consommation des produits alimentaires locaux pour l'économie nationale. »

Cela fait plus de 5 ans (à la remise de la première édition du Koudou du Burkina – lire : http://www.abcburkina.net/fr/nos-dossiers/vu-au-sud-vu-du-sud/850-437-ouagadougou-a-vu-la-premiere-edition-des-lnkoudou-du-fasonr ) que Monsieur Patiendé Arthur Kafando, Ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat a engagé publiquement tout le gouvernement avec lui, en disant :

"Là où les pays développés sont passés pour se développer, nous devons aussi y passer:
produire, transformer, valoriser et consommer ce qu'on produit.
C'est pourquoi la promotion des produits locaux sera un axe fort de la politique du Faso".

J'ajoutais ce commentaire : « C'est fondamental ! Aux paysans, aux transformateurs et aux consommateurs avertis de veiller à ce que cet engagement passe dans la réalité. »

Aujourd'hui mon commentaire va dans le même sens. Veillons à ce que l'engagement du gouvernement actuel ne reste pas « lettre morte ».

J'ajouterais que je n'ai pas de raison de douter de la sincérité du Premier Ministre et de son gouvernement. Mais aussi que j'aurais encore beaucoup à partager avec eux. Aussi, j'invite Monsieur le Premier Ministre, le Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation et le Ministre du Commerce à partager un repas au Restaurant Atypique de Koudougou.

Vous n'y trouverez que des plats préparés à partir de produits locaux : tô, riz « Grains d'Or » (riz étuvé du Sourou, riz gras ou riz sauce), couscous de fonio (fonio précuit de la région de Nouna), foutou d'igname, placali, dégué, gapal, yahourt (tous ces produits laitiers sont fabriqués à Koudougou à partir du lait fourni par les vaches des environs, et pas à partir de lait en poudre importé…). Vous pourrez y découvrir le jus de maïs (recette mexicaine, mais maïs local). Même vos assiettes seront garanties burkinabè (fabriquées par les femmes de Tcheriba).

«Oui,Monsier le premier Ministre,vous êtes invité au Restaurant Atypypiques de Koudougou!»

Koudougou,le 27 Janvier 2017

Maurice Oudet

Président de SEDELAN