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Côte d’Ivoire: Honoré Essoh propose la Bible en dessins animés (La Croix Africa)

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Depuis mai 2018, Honoré Essoh produit des dessins animés s’inspirant de textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Avec ses histoires bibliques illustrées, suivies d’un questionnaire, le réalisateur et scénariste ivoirien entend contribuer à l’évangélisation de la petite enfance.

Réalisateur, scénariste et producteur télé, Honoré Essoh est un catholique ivoirien engagé. À 38 ans, il a produit sa première série d’animation chrétienne – la Bible en dessins animés – qu’il propose depuis quelques semaines dans les paroisses à Abidjan.

« L’objectif de cette œuvre est de transmettre de manière plus digeste aux plus jeunes les Écritures auxquelles nous croyons, explique-t-il. Nous avons fait une sélection de quatre textes de la Bible, pour montrer aux enfants les merveilles de Dieu et certaines valeurs chrétiennes ».

À travers la parabole du bon Samaritain (Luc 10), la guérison de la fille de Jaïrus (Luc 8), l’histoire de Daniel dans la fosse aux lions, et celle de Jonas, illustrées en dessins animés, le réalisateur veut montrer comment la solidarité, l’amour du prochain, la foi et la confiance en Dieu, mais aussi l’honnêteté, l’obéissance, la repentance et le pardon imprègnent les récits de l’ancien comme du nouveau testament. … Lire la suiteEn Côte d’Ivoire, Honoré Essoh propose la Bible en dessins animés – La Croix Africa, Guy Aimé Eblotié, 14/08/18.

Algérie: reddition du chef terroriste malien
Sultan Ould Badi à Tamanrasset

Des hommes du Mujao dans la région de Tombouctou, en juillet 2012. (Photo d'illustration)
© RFI/Moussa Kaka

En Algérie, le ministère de la Défense a annoncé, ce week-end, qu’un important terroriste malien s’était rendu à Tamanrasset. Ancien membre d’Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique), suspecté d’être responsable de l’enlèvement d’étrangers, lié au trafic de drogue dans la région, Sultan Ould Badi était le chef de la katiba Salaheddine, une katiba du groupe de l’Etat islamique dans le Grand Sahara. C’est cette katiba qui est suspectée d’être responsable de l’assassinat de civils dans la région de Ménaka. Depuis le début de l’année, un nombre record de terroristes s’est rendu à l’armée algérienne.

Sur la photo publiée par le ministère de la Défense, Sultan Ould Badi est de dos, à côté d’une table où sont alignés une kalachnikov, un fusil mitrailleur et des munitions.

Selon Alger, l’homme a rejoint les groupes terroristes en 2006. Dans le nord du Mali, il est connu comme l’un de ceux qui lient Aqmi et le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest) au trafic de drogue, l’un de ceux qui sont responsables des premiers kidnappings d’étrangers.

Depuis décembre 2017, 95 terroristes se sont rendus à l’armée algérienne, un nombre record, qui s’explique de plusieurs manières. D’abord, parce que la pression des opérations militaires et notamment de Barkhane est importante. Ensuite, parce que l’Algérie est le seul pays de la région à avoir un mécanisme de prise en charge de ces terroristes, via la charte de réconciliation nationale et parce que selon le média Middle East Eye, un accord a été passé en juillet 2017 entre Alger, Bamako et Paris.

Cet accord, signé il y a un an, permettrait à ceux qui veulent se rendre, de ne pas être tués dans des frappes de l’opération Barkhane. La signature de cet accord a aussi un objectif, celui de collecter des renseignements pour aboutir à l’arrestation ou à la reddition des chefs de groupes, comme Sultan Ould Badi.

Il y a des accusations contre lui : qu’il faisait partie des réseaux de la drogue avant 2008-2009. Après cela il était aussi associé à une milice, dirigée par l’actuel gouvernement de Taoudeni. Selon les témoignages, il a intégré plus ou moins les groupes jihadistes à partir de 2009,2010. Il a enlevé une espagnole et, selon les autorités algériennes, il a fait partie de l’enlèvement de diplomates à Gao en 2012. En 2013, il a fondé une milice spécifique et intégré le MUJAO, avant de se séparer de ces groupes là, pour prêter allégeance à l’Etat islamique. Donc ça fait un parcours jihadiste assez marqué et ça fait aussi partie du terrain social de la région de Gao. C’est une figure assez importante, une figure terroriste qui prenait part à des attentats contre les forces internationales et aussi – plus récemment – contre les milice soit-disant pro-gouvernementales de la région du Ménaka et du Gourma, en particulier le Gatia et le Mouvement pour le salut de l’Azawad.
Andrew Lebovich, chercheur associé au Conseil européen des relations internationales, retrace le parcours de Sultan Ould Badi
14-08-2018 - Par Pierre Firtion
 

Côte d’Ivoire

media


Situation géographique


RFI/Latifa Mouaoued

Pays d’Afrique occidentale baigné par le golfe de Guinée, la Côte d’Ivoire, d’une superficie de 322 460 km², est frontalière du Liberia et de la Guinée à l’ouest, du Mali et du Burkina Faso au nord et du Ghana à l’est.

Villes
Yamoussoukro (capitale administrative) :  259 000 habitants
Abidjan (capitale économique) : 4,3 millions d’habitants

Régime politique : République

Démographie
Population totale : 19,8 millions d’habitants
Densité : 61,5 hab./km²
Indice de fécondité : 4,9
Croissance démographique : 2,9 %
Espérance de vie : Femmes : 51,2 ans - Hommes : 49,6 ans

Société
Ethnies : Sénoufos, Malinkés, Baoulés, Dans, Bétés, Agnis…
Langues : français (officielle), dioula, baoulé, sénoufo...
Religions : musulmans (39 %), chrétiens
(36 %), animistes (12 %)
Alphabétisation : 56,87 %
Développement humain : 171e / 187 pays (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : franc CFA
Croissance : 8,1 % (2013)
Inflation : 2%
PIB par habitant : 1244 $
Dette publique : 49,16 % du PIB

Chronologie
7 août 1960 : indépendance de la Côte d’Ivoire, ancienne colonie française, sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny. Il restera chef de l’Etat jusqu’à sa mort en 1993.
1983 : Yamoussoukro, ville natale du président, devient la capitale du pays.
1993 : Henri Konan Bédié succède à Houphouët-Boigny à la présidence de la République.
1999 : coup d’Etat dirigé par le général Robert Gueï.
2000 : élection présidentielle. L'opposant historique Laurent Gbagbo devient président à l'issue d'un scrutin controversé, dont ont été exclus Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara.
2002 : guerre civile (19 septembre). Une frange de l’armée dirigée par le sergent Ibrahim Coulibaly se soulève contre le régime de Laurent Gbagbo. Le général Gueï est assassiné. La rébellion contrôle le nord du pays. En octobre, la force d’interposition française Licorne occupe une zone-tampon séparant les deux zones.
2003 : accords de Marcoussis prévoyant le maintien de Laurent Gbagbo au pouvoir et un gouvernement incluant les rebelles.
2004 : le bombardement des positions rebelles et d’un camp français par les forces gouvernementales à Bouaké entraîne la destruction d'une partie de l’aviation ivoirienne par la France.
2005 : accords de Pretoria, signés sous l'égide de l'Union africaine, prévoyant la fin des hostilités, le démantèlement des milices et la reprise du désarmement.
2007 : accord politique de Ouagadougou signé entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui devient Premier ministre.
2010 : crise politique à l'issue de l'élection présidentielle (31 octobre et 28 novembre). Alassane Ouattara est déclaré élu au second tour par la Commission électorale indépendante, résultat reconnu par la communauté internationale. Laurent Ggabgo, proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel après l'annulation d'une partie des votes, refuse de quitter le pouvoir. Les violences post-électorales font plusieurs centaines de morts.
2011 : offensive le 28 mars des forces pro-Ouattara qui prennent en quatre jours le contrôle de presque tout le pays. Le 11 avril, Laurent Gbagbo est arrêté avec l'appui des forces de l'ONU. Le 21 mai, après cinq mois de conflit, Alassane Ouattara est investi président de la Côte d'Ivoire lors d'une cérémonie à Yamoussoukro. Le 18 août, Laurent et Simone Gbagbo sont inculpés et placés en détention préventive pour "crimes économiques". Le 30 novembre, Laurent Gbagbo est transféré vers le centre de détention de la Cour pénale internationale à La Haye. Elections législatives le 11 décembre, le parti de Ouattara obtient la majorité des sièges.
2012 : le 29 février, la CPI émet un mandat d'arrêt contre Simone Gbagbo, détenue à Odienné, dans le nord du pays. Au mois d'août, l'armée est l'objet d'une vague d'attaques. Arrestations de plusieurs responsables du camp Gbagbo, dont le secrétaire général du FPI, Laurent Akoun. Le 24 août, le porte-parole en exil de Gbagbo, Justin Koné Katinan, est arrêté au Ghana. Le 2 octobre, premier grand procès lié à la crise postélectorale pour juger notamment le général Brunot Dogbo Blé pour l'assassinat du colonel-major à la retraite Adama Dosso en mars 2011.
2013 : le 13 janvier, Charles Blé Goudé, leader des Jeunes Patriotes, est arrêté au Ghana. Il sera transféré en Côte d'Ivoire et inculpé de crimes de guerre.

2014
27 et 31 janvier
: des détenus pro-Gbagbo, civils et militaires, emprisonnés suite à la crise postélectorale de 2010-201, sont mis en liberté provisoire.

8 février : le président Ouattara est opéré en France d'une sténose du canal lombaire.
20 mars : la Côte d'Ivoire accepte le transfèrement de Charles Blé Goudé, un proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, à la Cour pénale internationale (CPI), qui le poursuit pour crimes contre l'humanité.
26 mars : 12 partis de l'opposition, dont le FPI de l'ancien président Laurent Gbagbo, créent une alliance politique en vue de l'élection présidentielle de 2015, intitulée l'Alliance des forces démocratique (AFD).
10 avril : réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), critiquée par l'opposition.
29 avril : l'ONU lève un embargo qui frappait depuis 2005 la commercialisation des diamants bruts ivoiriens et assouplit son embargo sur les armes destinées à la Côte d'Ivoire.
21 mai : dégel des comptes bancaires de 50 personnalités pro-Gbagbo impliquées dans la crise postélectorale de 2010-2011.
12 juin : la Cour pénale internationale décide de juger l'ex-président Laurent Gbagbo pour crimes contre l'humanité commis durant la crise postélectorale de 2010-2011.
11 juillet : les députés votent une loi instituant une chambre pour les "8 000 rois et chefs traditionnels", qui bénéficieront désormais d'une subvention annuelle.
1er septembre : le gouvernement annonce "l'ouverture de couloirs humanitaires" avec la Guinée et le Liberia, tout en maintenant la fermeture de ses frontières avec ces deux pays limitrophes suite à l'épidémie d'Ebola.
8 septembre : début des premières audiences publiques de bourreaux et de victimes de la crise politico-militaire ayant déchiré le pays de 2000 à 2011.
11 septembre : la Cour pénale internationale confirme de manière "définitive" qu'elle jugera l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo pour crimes contre l'humanité.

2015
10 mars : l'ancienne première dame Simone Gbagbo est condamnée à 20 ans de prison pour son rôle dans les violences post-électorales qui ont fait quelque 3.000 morts en 2011. Abou Drahamane Sangaré, qui défie M. N'Guessan à la tête du FPI, a, lui, été condamné à 5 ans d'emprisonnement, tout comme Michel Gbagbo, le fils de l'ex-président, issu d'un premier mariage avec une Française.
18 mai : inauguration de la première usine de chocolat, une denrée jusqu'alors inaccessible pour la plupart des habitants d'un pays qui est,depuis des décennies, le premier producteur mondial de cacao.
4 août : le tribunal militaire d'Abidjan condamne le commandant Anselme Séka Yapo, ancien chef de la sécurité rapprochée de l'ex-première dame Simone Gbagbo, à 20 ans de prison pour assassinat. Ce même jour, le président Alassane Ouattara remet à une cinquantaine de "victimes" de la crise postélectorale de 2010-2011 un chèque de 1 500 euros, lors d'une cérémonie marquant le démarrage de l'opération d'indemnisation.
25 octobre : le président sortant Alassane Ouattara est réélu pour 5 ans, dès le 1er tour, avec 83,66 % des suffrages. Investiture le 3 novembre.
5 décembre : le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, est visé par un mandat d'amener, dans le cadre d'une plainte déposée par le fils de l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo. Michel Gbagbo affirme avoir été enlevé et séquestré pendant plusieurs mois après son arrestation, en 2011. Le mandat sera levé quelques jours plus tard.

2016
6 janvier : le Premier ministre Daniel Kablan Duncan présente la démission de son équipe ministérielle. Une décision qui intervient deux mois après le début du second mandat du président Alassane Ouattara qui a maintenu dans la journée le Premier ministre à son poste. La nouvelle équipe sera présentée le 12 janvier, sans gros changement.
28 janvier : ouverture du procès pour crimes contre l'humanité de Laurent Gbagbo devant la CPI à La Haye, aux Pays-Bas. L'ancien président a choisi de plaider non coupable, comme son ancien ministre Charles Blé Goudé, qui comparaît à ses côtés. Le procès doit durer entre 3 et 4 ans.
5 février : grève à la société Société nationale d'opérations pétrolières de Côte d'Ivoire, Petroci, due à des licenciements. La direction accuse une situation difficile liée à la chute du cours du baril de brut.
18 février : verdict du Tribunal militaire d'Abidjan dans le procès sur l'assassinat du général Gueï. Trois des prévenus sont condamnés à la prison à perpétuité : le général Brunot Dogbo Blé, le commandant Anselme Séka Yapo, et le maréchal des logis Séry Daléba.
7 mars : violents affrontements entre forces de l'ordre et population de Bondoukou, dans l'est avec 2 morts et 19 blessés, au sujet d'une affaire de trafic de noix de cajou avec le Ghana.
13 mars : attaque terroriste revendiquée par Aqmi/Al-Mourabitoune à la station balnéaire de Grand-Bassam à une quarantaine de kilomètres à l'est d'Abidjan, provoquant la mort de 19 personnes. Des victimes ivoiriennes, camerounaises, maliennes, françaises et allemande. Le gouvernement decrète trois jours de deuil. Le lendemain, le gouvernement annonce une série de mesures pour renforcer la sécurité sur l'ensemble du territoire après la réunion du Conseil national de sécurité suivie d’un Conseil des ministres extraordinaire.
19 mars : à l'initiative des principales associations française de Côte d’Ivoire, une cérémonie d'hommage et de soutien a lieu à la mairie de Grand-Bassam. Dépôt de gerbes de fleurs et discours émouvants, les quelque 17 000 ressortissants français du pays ont voulu marquer leur solidarité. Tout comme les artistes, qui ont organisé à l'Institut français d'Abidjan une soirée en l’honneur des victimes.
21 mars : 4 personnes sont arrêtées dans deux communes d'Abidjan, soupçonnés de complicités avec les terroristes qui ont attaqué Grand-Bassam. Kounta Dallah, le principal suspect, est activement recherché.
24 mars : les ministres en charge de la Sécurité de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Burkina Faso et du Sénégal se réunissent à Abidjan afin d’échanger sur les mesures à adopter dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le terrorisme.
25 mars : un conflit entre agriculteurs et éleveurs dégénère à Bouna et ses alentours, à l’extrême nord-est du pays, provoquant la mort d'au moins 20 personnes après deux jours d’affrontements. Quelques jours plus tard, au moins un millier de Burkinabè fuient la Côte d'Ivoire après ces violences, et la Croix-Rouge burkinabè met en place trois sites d'accueil pour ces personnes.
7 avril : annonce de la réforme de la Constitution, promise de longue date par le président Alassane Ouattara.
8 avril : cérémonie d'hommage dans le quartier du Plateau à Abidjan avec les familles des victimes de l'attaque terroriste du 13 mars et en présence du président Alassane Ouattara, du ministre de la Défense et de l'état-major.
13 avril : lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes de l'attaque terroriste, le ministre de l'Intérieur et le maire de la ville remette une aide d'urgence aux restaurateurs et hôteliers qui ont perdu une bonne partie de leur clientèle.
19 avril : les membres de la Commission nationale pour la réconciliation et l'indemnisation des victimes (CONARIV) remettent au président Alassane Ouattara une liste de 316 954 noms, des victimes qui seront indemnisées pour les exactions commises en Côte d'Ivoire entre 1990 et 2011.
28 avril : le Conseil de sécurité de l'ONU lève les dernières sanctions qui pesaient sur Abidjan. Elles concernent des sanctions ciblées comme le gel d'avoirs et des interdictions de voyager ou encore l'embargo sur les armes décrété en 2004. L'ONU annonce également le départ définitif de sa mission l'ONUCI à la fin juin 2017.
29 avril : de passage à Abidjan, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian déclare qu’à partir de l'été les forces françaises présentes dans le pays seraient renforcées. Une opération destinée à faire en sorte que la base d’Abidjan soit une «vraie base opérationnelle avancée».
9 mai : ouverture solennelle de la cour d’assises, session durant laquelle plusieurs procès pour des crimes commis pendant la crise post-électorale doivent se tenir, dont celui de Simone Gbagbo.
26 mai : arrestation à Abidjan d’un des membres du commando qui a perpétré l’attentat contre Grand-Bassam en mars 2016.
31 mai : 2ème procès en assises pour Simone Gbagbo. Après avoir été condamnée une première fois il y a un an à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l'Etat, l'ex-première dame comparait à nouveau pour répondre des chefs de crime contre l'humanité, crimes contre les prisonniers de guerre et crimes contre les populations civiles, commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011.
6 juin : le Burkina Faso demande à la Côte d’Ivoire de poursuivre Guillaume Soro dans le dossier du putsch manqué de septembre 2015, au Burkina Faso. La justice militaire du Burkina Faso a décidé de renoncer à lancer un nouveau mandat d'arrêt contre le président de l'Assemblée nationale ivoirienne et remet le dossier aux autorités de Côte d'Ivoire.
18 juin : 10 ans après l'affaire du Probo Koala, les victimes vont toutes être indemnisées, après une décision de justice prise à Londres. Les faits remontent à 2006, lorsqu'un cargo, le Probo Koala, a déversé des tonnes de résidus toxiques autour d'Abidjan, faisant officiellement 17 morts, et des dizaines de milliers de victimes.
25 juin : début de la révision de la liste électorale en vue du référendum constitutionnel et des élections législatives prévus avant la fin de l'année.
30 juin : au nom de la réconciliation, des personnalités du régime Gbagbo rentrent d'exil. Après cinq ans au Ghana, retour de Kadet Bertin, l'ancien conseiller spécial de Laurent Gbagbo, ex-ministre de la Défense, Kacou Brou, leader de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) pendant la crise, Watchard Kedjebo, membre de la galaxie patriotique, et l'ancien garde du corps de l’ex-président, Franck Sibayi.
13 juillet : des militaires sont mis en cause dans le cadre de l'enquête sur l'attaque terroriste de Grand-Bassam. Deux hommes sont poursuivis pour «violation de consigne militaire», accusés d'avoir été au courant des intentions des jihadistes et de ne pas les avoir dénoncés. Ils seront condamnés le 4 août à à 10 ans de prison ferme. Plus de 80 personnes ont déjà été interpellées dans le cadre de l'enquête sur cet attentat.
20 juillet : le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, annonce à l’issue du conseil des ministres la suspension de toutes les activités syndicales étudiante en Côte d’Ivoire. La mesure intervient deux jours après les nouvelles violences qui ont secoué le campus de l’université Houphouët-Boigny à Abidjan. L’interdiction concerne tous les syndicats étudiants.
22 juillet : des manifestations à Bouaké contre la hausse des tarifs d'électricité dégénèrent provoquant la mort d'une personne par balle et une dizaine de blessés. 42 personnes sont arrêtées. Les manifestants ont pillé plusieurs bâtiments, dont au moins une agence de la CIE, la Compagnie ivoirienne d'électricité.
28 juillet : 5ème conférence des chefs d'Etat du Traité d'amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, qui doit entériner la réconciliation entre les deux pays, après un an de brouilles et de tensions, depuis la chute de l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré qui a trouvé refuge en Côte d'Ivoire.
23 août : au terme de plusieurs épisodes violents sur le campus d’Abidjan, les structures syndicales étudiantes s'accordent sur une charte, un code de bonne conduite et de fonctionnement dans la vie universitaire qui devrait permettre aux étudiants d’étudier et non plus de faire les frais de violences récurrentes entre groupes.
27 août : les deux champions de taekwondo, Ruth Gbagbi et Cheick Cissé, respectivement médaille de bronze et d'or aux JO-2016 de Rio, reçoivent un accueil triomphal. Il s’agit des premières médailles dans cette discipline et du premier titre olympique de l'histoire sportive du pays.
24 septembre : le comité d'experts chargé de rédiger la nouvelle Constitution ivoirienne remet au président Alassane Ouattara le projet de la nouvelle loi fondamentale, qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 5 octobre prochain puis soumis à référendum.
5 octobre : le président Ouattara présente le projet de nouvelle Constitution à l’Assemblée nationale. Il confirme la création d’un Sénat et du poste de vice-président. De son côté, l’opposition continue de dénoncer «une dérive monarchique du pouvoir» alors que Mamadou Koulibaly, le président du Lider, a été brièvement arrêté dans la matinée. L’avant-projet de Constitution ivoirienne pour une IIIe République sera validé par les députés le 11 octobre.
30 octobre : les électeurs adoptent à 93,42 % le projet de nouvelle Constitution lors du référendum, avec un taux de participation de 42,42%. Les partisans du «NON» ont récolté 6,58 % des suffrages. Le 4, Mamadou Koulibaly et Aboudramane Sangaré, deux figures de l'opposition, sont interpellés suite à leur appel au boycott du référendum constitutionnel.
22 novembre : le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le gouvernement lancent une opération de recensement des réfugiés vivant sur le territoire ivoirien, à travers le Service d'aide et assistance aux réfugiés et apatrides (Saara). Ces derniers sont pour la plupart originaires du Liberia, de la Sierra Leone, du Nigeria, ou encore de la Libye.
25 novembre : Albert Mabri Toikeusse et Konan Gnamien, ministres des Affaires étrangères et de l'Habitat, sont limogés car leurs partis ont refusé de jouer le jeu de la répartition de candidatures pour les législatives du 18 décembre qui doit désigner les 255 députés.
3 décembre : le ministère de la Salubrité urbaine et de l'assainissement lance l'opération Grand Ménage à Abidjan, pour encourager chacun à rendre les villes et villages du pays plus propres, un enjeu majeur de santé publique.
18 décembre : le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie en Côte d’Ivoire (RHDP), la coalition soutenant le président Alassane Ouattara, obtient la majorité absolue lors des législatives mais le taux de participation au scrutin était de 34,1 % seulement.

2017
4 janvier : le musée des civilisations lance un projet pour la «protection et la conservation» des œuvres culturelles intitulé « La Collection fantôme », suite au pillage du musée lors de la crise postélectorale (2010-2011).
5 janvier : plusieurs villes de garnison sont bloquées par des forces armées. A Bouaké, Korogho, Daloa et Daoukro, des militaires réclament des hausses de salaire et un meilleur traitement de la part du gouvernement. Deux jours plus tard, le président Alassane Ouattara promet de satisfaire les revendications des militaires, surtout d’ordre matériel.
9 janvier : le président Ouattara accepte la démission du Premier ministre Daniel Kablan Duncan et de son gouvernement. Guillaume Soro est largement réélu président de l'Assemblée nationale et les chefs des forces de sécurité sont limogés par décret présidentiel. Le lendemain, Daniel Kablan Duncan est désigné vice-président, un nouveau poste créé par la Constitution promulguée en novembre. Amadou Gon Coulibaly est nommé nouveau Premier ministre.
17 janvier : de nouvelles mutineries, maintenant les gendarmes, éclatent à Bouaké et Yamoussoukro, la capitale, où des tirs ont fait quatre morts. Le lendemain, le gouvernement annonce un plan d'urgence.
23 janvier : plusieurs mouvements sociaux ont lieu dans plusieurs villes du pays. Après les militaires et les gendarmes, les fonctionnaires sont en grève et les pompiers manifestent.
31 janvier : 10 personnes, dont 8 militaires, comparaissent devant la cour d'assises à l'occasion du procès des «disparus du Novotel». L’enlèvement et l’assassinat de 4 hommes, dont 2 Français, avaient défrayé la chronique en 2011 en pleine crise postélectorale. Verdict le 4 avril : des peines de 6 à 20 ans de prison.
7 février : la ville d'Adiaké, à 90 km à l'est d'Abidjan, est le théâtre d'une nouvelle sortie des militaires dans les rues.
15 février : départ de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci).
14 mars : les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont, pour la 11ème fois, refusé la liberté conditionnelle demandée par l'ancien président Laurent Gbagbo.
28 mars : la Cour d'assises d'Abidjan acquitte l'ex-première dame Simone Gbagbo, jugée depuis près de dix mois pour crime contre l'humanité lors de la crise post-électorale 2010-2011. Mais l’ex-première dame fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), depuis cinq ans, que les autorités ivoiriennes refusent d'exécuter.
3 avril : la première Assemblée nationale de la IIIe République fait sa rentrée. Pour la première fois, les 255 députés élus en décembre dernier se retrouvent pour un discours inaugural du président de l'Assemblée, Guillaume Soro.
15 mai : après quatre jours de mutinerie dans tout le pays, le ministre de la Défense annonce à la radio-télé ivoirienne (RTI) qu'un accord a été trouvé avec les militaires, sans en préciser les modalités.
23 mai : nouvelle onde de violence à Bouaké : après les mutins la semaine dernière, les «démobilisés» (d'anciens rebelles non réintégrés à l'armée) réclament à leur tour des primes. Environ 6 000 d’entre eux, selon leur propre décompte, réclament chacun 18 millions de francs CFA (27 000 euros). Les affrontements tournent au drame, alors que les démobilisés bloquent l’accès sud de la seconde ville du pays. 4 ex-rebelles sont tués.
2 juin : la Côte d’Ivoire est élue membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu.
3 juillet : le domicile de Soul to Soul, proche de Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale, est perquisitionné par la gendarmerie, après avoir été entendu plusieurs fois par les gendarmes dans le cadre de l'enquête concernant une cache d'armes découverte à Bouaké.
19 juillet : l'ancien ministre de Laurent Gbagbo, Assoa Adou, est condamné à quatre ans d'emprisonnement, par la Cour d'assises, pour troubles à l'ordre public.
25 juillet : congrès africain de primatologie à Bingerville, réunissant pendant deux jours 150 scientifiques de toute l’Afrique, avec le but de créer la Société africaine de primatologie (SAP). L’objectif : sauver les primates menacés d’extinction sur le continent.
3 août : nouvelle attaque contre la gendarmerie d'Adzopé, au nord d’Abidjan. Depuis plus de quinze jours, des coups de force contre des postes de gendarmerie ou de police se succèdent, ce qui témoigne de l'insécurité qui demeure dans un pays où les autorités revendiquent un retour à la normale depuis la fin de la crise de 2010-2011.
18 septembre : Abidjan est le théâtre de nouveaux affrontements entre policiers et étudiants. Ces derniers protestent contre la hausse des frais d'inscription pour la rentrée scolaire, répondant à l'appel de la puissante Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI).
9 octobre : arrestation du chef du protocole de l'Assemblée nationale, Souleymane Kamaraté Koné, inculpé de « complot contre l'Etat » dans une affaire de caches d'armes.
22 octobre : retour du président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro après plus de deux mois passés à l'étranger, dans un contexte où les spéculations autour d'une possible brouille entre l'ex-rebelle et le chef de l'Etat ivoirien vont bon train.

Service de la Documentation RFI, novembre 2017

Côte d’Ivoire: les transformations du paysage politique à la loupe de la presse

La fin de l'alliance entre Alassane Ouattara (G) et Henri Konan Bédié intéresse grandement les journaux ivoiriens (illustration).
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

En milieu de semaine, le PDCI a fait voler en éclat la coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire, en annonçant qu'il renonçait définitivement au projet présidentiel de RHDP unifié. Dans la foulée, le président du PDCI Henri Konan Bédié a rencontré le président du parti d'opposition du FPI, Pascal Affi N'Guessan. Les deux hommes ont évoqué une éventuelle alliance en vue des élections locales et régionales d'octobre prochain. Une actualité politique largement commentée dans la presse ivoirienne.

« Comment Bédié a driblé Ouattara » titre Notre Voie, le journal du FPI de Pascal Affi N'Guessan, avant de se réjouir dans les colonnes de son édition du weekend d'un jeu politique « plus que jamais ouvert » depuis l'éclatement de la coalition au pouvoir.

Pour Soir Info, Henri Konan Bédié « tisse de nouvelles alliances », avec pour but « d'affaiblir psychologiquement l'adversaire », à savoir, le RDR d'Alassane Ouattara, « avant de lui porter le coup de grâce en 2020 ».

Aucune mention, en revanche, de la rencontre d’Henri Konan Bédié et de Pascal Affi N'Guessan dans les colonnes du journal Le Temps, proche de l'aile dissidente du FPI d'Aboudramane Sangaré.

« Henri Konan Bédié est-il en train de lâcher la proie pour l'ombre ? », s'inquiète Le Rassemblement, fondé par des transfuges du PDCI pro-RHDP. « A quoi bon vouloir s'embrasser quand on sait qu'on ne pourra pas se marier ou que le mariage ne pourra pas tenir », s'insurge le journal.

Mais le plus virulent est Fraternité matin. « Nous sommes revenus aux heures noires de notre histoire, lorsque nous étions divisés et que nous nous apprêtions en toute inconscience à déchirer notre pays », écrit dans un éditorial Venance Konan, le directeur de publication du quotidien progouvernemental. « Apprête-toi à pleurer de nouveau, ô mon pays bien-aimé », prédit l'éditorialiste.

Célébrations de l’indépendance du Tchad:
Idriss Déby rassure les chrétiens

Place de la Nation, à Ndjamena, Tchad.
© PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le Tchad célébrait, samedi 11 août, le 58e anniversaire de son accession à l'indépendance. À cette occasion, le chef de l'État, Idriss Déby Itno a donné une conférence de presse au cours de laquelle plusieurs sujets ont été abordés, notamment celle du serment confessionnel imposé aux hauts fonctionnaires. Beaucoup de voix se sont élevées notamment au sein de la communauté chrétienne pour dénoncer cette décision qui est contraire au caractère laïc de l'Etat Tchad et qui exclut les chrétiens qui refusent de jurer. A cela, le président tchadien répond que c'est la volonté du plus grand nombre. Idriss Déby s’est également prononcé sur la grève des fonctionnaires.

« Je n’ai absolument rien inventé. C’est la volonté du peuple », telle est la réponse du président tchadien à la critique contre l’installation du serment confessionnel par la nouvelle Constitution.

Selon l’ordonnance qui instaure ce serment, les membres du gouvernement, les hauts fonctionnaires, les trésoriers et même les recteurs d’université sont soumis à cet exercice qui a pour objectif d’empêcher les détournements et la corruption qui gangrènent la fonction publique.

Il y a deux semaines, des théologiens protestants ont indiqué, au cours d’une conférence-débat, que le procédé est contraire au caractère laïc de l’Etat tchadien et qu’il exclut, de fait, les chrétiens des hautes responsabilités, comme ce fut le cas de la ministre Djibergui Rosine Amane, limogée pour avoir refusé de jurer, comme l’exige les textes.

« Ce ne sont pas tous les Tchadiens qui sont concernés, juste ceux qui sont appelés à de hautes responsabilités et, en tant que premier responsable du pays, je me dois d’appliquer la décision de la majorité », a conclu Idriss Déby.

Situation sociale tendue

Le président de la République a par ailleurs déploré l’attitude des travailleurs qui maintiennent le mot d’ordre de grève et a tenu à leur rappeler certains faits.

« Depuis 2003, les fonctionnaires ont forcé le gouvernement à augmenter les salaires de 5, 10, 15 %. On a crevé le plafond en augmentant, en augmentant et, parallèlement, nous avons recruté 58 000 jeunes à la fonction publique », a précisé le chef de l’Etat tchadien.

Aujourd’hui, avec la baisse des cours du brut, l’Etat ne peut plus payer les mêmes salaires. C’est pourquoi le chef de l’Etat demande aux travailleurs de reprendre le travail en attendant une embellie et surtout de penser aux autres Tchadiens.

« Les fonctionnaires aujourd’hui ne représentent que 0,6  % de la population. Pendant ce temps, le reste des Tchadiens attendent de l’eau, attendent d’envoyer leurs enfants à l’école. On ne va pas sacrifier le reste des Tchadiens pour 0,6 %. C’est injuste », a tenu à souligner Idriss Déby avant d'ajouter que « si les mouvements d’humeur étaient la solution, çela fait longtemps que le bras de fer entre les travailleurs et le gouvernement aurait été résolu », a insisté le président Idriss Déby qui a demandé aux syndicats de reprendre le travail, en attendant des jours meilleurs.