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La copie d'un petit article dans la revue "Science et vie" du mois d'août 2021

 

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Paludisme : vers un vaccin ?

Le paludisme concerne, d’après les estimations de l’OMS, 229 millions de personnes dans le monde.

Le paludisme concerne, d’après les estimations de l’OMS, 229 millions de personnes dans le monde.
 © Shutterstock/mycteria

Maladie potentiellement mortelle, le paludisme concerne, d’après les estimations de l’OMS, 229 millions de personnes dans le monde. Les enfants de moins de 5 ans constituent le groupe le plus vulnérable face au paludisme : 67 % des décès en 2019, à l’échelle mondiale. 

Un vaccin mis au point par des chercheurs de l'université d'Oxford et du Burkina Faso s'est révélé efficace à 77 % lors d'essais de phase 2. La phase 3 s’achèvera dans 2 ans. Quid de ce vaccin ? Comment prévenir le paludisme ? Peut-on évaluer l’impact qu’ont eu la pandémie de Covid-19 et la crise sanitaire sur la riposte au paludisme ?

► En fin d’émission, nous parlons des résultats de l’étude sur les survivants d’Ebola 5 ans après avec le Pr Eric Delaporte, l’un des investigateurs principaux de l'étude PostEbogui et professeur de maladies infectieusesDirecteur de l’unité « VIH /SIDA et maladies associées » à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), INSERM et à l’Université de Montpellier

Mali: les mercenaires russes du groupe Wagner bientôt présents dans le pays?

Le président malien par interim, le colonel assimi Goïta, lors d'une revue des forces armées, le 7 juin 2021 à Bamako.

Le président malien par interim, le colonel assimi Goïta, lors d'une revue des forces armées, le 7 juin 2021 à Bamako.
 AFP - ANNIE RISEMBERG

Les mercenaires russes de la société privée Wagner seront-ils bientôt actifs au Mali ? Oui, selon l’agence de presse britannique Reuters, qui affirme que des négociations entre les autorités de transition et le groupe Wagner sont en cours et même « proches de conclure ».

Le groupe Wagner est déjà présent en Afrique, notamment en Libye ou en Centrafrique, où ses exactions ont été documentées par des journalistes, de RFI notamment, et par des organisations de défense des droits de l’homme. Au Mali, en revanche, ce serait une première et cela, dans un contexte de désengagement français avec la fin annoncée de l’opération Barkhane et la réduction des effectifs militaires français dans le pays.

L’accord en cours de négociation porterait, selon Reuters, sur l’envoi de plusieurs centaines, voire d’un millier de mercenaires russes au Mali. Le groupe Wagner serait payé six milliards de francs CFA - plus de neuf millions d’euros - par mois pour former des militaires maliens et assurer la protection de certains hauts dirigeants. Pas de participation directe au combat contre les groupes terroristes.

L’accès du groupe Wagner à trois sites miniers ferait également partie des discussions. Reuters s’appuie sur sept sources diplomatiques et militaires, mais aucune confirmation officielle, ni côté Wagner, ni côté malien. Sollicitées par RFI, depuis plusieurs jours sur le sujet, aucune des autorités gouvernementales, militaires ou à la présidence contactées n’a confirmé les discussions en cours.

► À lire aussi Fin de Barkhane: le Mali face au désengagement militaire français au Sahel

Paris tenterait de dissuader Bamako de concrétiser l'accord

Le ministre malien de la Défense était en visite à Moscou au début du mois. Ce n’est pas sa première mission dans le pays qu’il connaît bien puisque le Colonel Sadio Camara, tout comme le Colonel Assimi Goïta, président de la Transition, a effectué une partie de sa formation en Russie. C’est également le cas du Colonel Malick Diaw, président du Conseil national de Transition. Soit trois des cinq piliers de la junte du CNSP, auteurs du coup d’État d’août 2020 qui a fait tomber le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Reuters affirme en outre que Paris tenterait, actuellement, de dissuader les autorités maliennes de concrétiser cet accord. Sans le confirmer, un haut-gradé de l’armée française rappelle les nombreuses exactions dont le groupe Wagner est accusé en Centrafrique. Et de commenter : « Ce n’est certainement pas la meilleure solution. »

 

Burkina Faso: dans la province de la Comoé, des villages se vident en raison de l'insécurité

Des Burkinabè emportent leurs bien lors de la fuite de leur village, en janvier 2020.

Des Burkinabè emportent leurs bien lors de la fuite de leur village, en janvier 2020.
 AFP - OLYMPIA DE MAISMONT

Huit villages de la commune de Mangodara, dans la province de la Comoé, au sud-ouest du pays, à la frontière avec la Côte d'Ivoire, ont été désertés par leur population. Depuis environ une semaine des milliers de familles partent trouver refuge à Mangodara, chef-lieu de la commune ou bien de l'autre côté de la frontière. Elles fuient l'insécurité. 

« En une semaine, près de 2 000 personnes sont arrivées à Mangodara », explique un notable de la ville. La plupart sont accueillies par des familles. D'autres sont hébergées dans une école. Mais selon une autorité locale, la capacité d'accueil de l'établissement est déjà saturée. « À Mangodara, nous sommes environ 10 000 habitants. Ce n'est pas facile d'accueillir tout ce monde, mais c'est la solidarité qui prévaut », poursuit le notable.

Les habitants des villages alentour fuient les violences qui se sont intensifiées depuis une dizaine de jours. Le vendredi 3 septembre, des individus armés sont entrés dans la localité de Sirakoro pour enlever un homme accusé d'être un « informateur » des autorités.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre, à Noumoukiédougou, un volontaire pour la défense de la patrie est assassiné et sa mère blessée. « On croise des hommes armés, parfois ils prêchent dans les villages. On sait que c'est comme ça que ça a commencé dans le nord et l'est du pays », explique un habitant de la région.

Certains villageois ont préféré traverser le fleuve Comoé pour passer en Côte d'Ivoire, car « les gens ont tellement peur qu'ils n'osent plus prendre la route », conclut une autorité locale.

1,4 million de personnes déplacées

Dans un communiqué daté de lundi, l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC) alerte sur les nouvelles violences au Burkina et leur impact sur les populations. Le pays compte 275 000 nouveaux déplacés depuis avril. En tout, ce sont désormais plus d'1,4 million de personnes qui sont déplacées dans le pays, majoritairement dans la région du Sahel, dans le nord du pays. Des déplacements de populations qui ont un fort impact sur la sécurité alimentaire des populations.

Depuis avril, on assiste à une recrudescence assez forte de la violence. Une situation très précaire pour les déplacés dans une période, dite de soudure, où les greniers sont quasiment vides. Il n’y a plus grand-chose à manger avant la prochaine récolte. Tout ceci crée un climat extrêmement précaire pour ces déplacés, qui en plus ne bénéficient pas de l’aide humanitaire adéquate.

Tom Peyre-Costa, porte-parole régional de NRC

À l’heure actuelle, les personnes déplacées internes (PDI) sont accueillies dans 274 communes dans les 13 régions du pays. La plupart de ces personnes déplacées ont bénéficié d’une assistance alimentaire qui s’élève à 38 000 tonnes de vivres avec une priorité aux communes en proie à l’insécurité. Plus de 2 milliards de francs CFA ont été également transférés à ces PDI et populations hôtes, selon Laurence Marshall Ilboudo, ministre de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l'action humanitaire. Afin d’avoir des chiffres fiables sur le nombre de personnes déplacées internes, le gouvernement entend mettre en place un nouveau système de comptage.

Nous allons travailler à mettre en place la carte PDI. Nous allons donner une carte à chaque chef de famille avec un code barre. En cas de mobilité, ils n’auront qu’à donner ce code barre et seront pris en charge au même titre où ils étaient. Mais il n’y aura plus de doublon sur les listes. Nous aurons des vraies livres fiables.

Laurence Marshall Ilboudo ministre de la solidarité nationale, de la famille et de l'action humanitaire

Le Fespaco 2021, le nouveau défi des «cinémas d’Afrique et de la diaspora»


Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) aura lieu du 16 au 23 octobre 2021 à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) aura lieu du 16 au 23 octobre 2021 à Ouagadougou, au Burkina Faso.
 © Fespaco 2021

Parmi les 1 132 films inscrits, 239 films issus de 50 pays ont été choisis pour la grande fête du cinéma africain qui aura lieu du 16 au 23 octobre à Ouagadougou, au Burkina Faso. La sélection officielle du Fespaco 2021 a été annoncée ce jeudi 9 septembre au matin au Ciné Burkina de la capitale burkinabè et transmise en direct sur Facebook. 

Alex Moussa Sawadogo, présenté comme l’homme « qui ne dort plus depuis sa nomination à la tête du Fespaco », plus grand festival de cinéma en Afrique, promet pour la 27e édition un festival renouvelé et diversifié. « Cinémas d’Afrique et de la diaspora. Nouveaux regards, nouveaux défis » est le leitmotiv de cette édition « exceptionnelle de tous les points de vue » du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), avec un président du jury prestigieux, le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, assisté entre autres par la cinéaste franco-sénégalaise Mati Diop, membre du jury. 

« La vitalité du 7e art sur le continent africain » 

Initialement prévu en mois de février, il a été reporté en octobre, suite à la crise sanitaire liée au Covid-19. Face aux préoccupations sécuritaires et sanitaires du Burkina Faso, Élise Foniyama Ilboudo Thiombiano, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme au Burkina Faso, a affirmé : « Le gouvernement prendra toutes les mesures sanitaires et sécuritaires pour un bon déroulement du Fespaco. » Pour elle, la candidature record de 1132 films « témoigne de la vitalité du 7e art sur le continent africain ».  

« Le grand retour de Mahamat-Saleh Haroun » 

Dans la catégorie long métrage, la section roi de la compétition, Alex Moussa Sawadogo s’est réjoui du « grand retour de Mahamat-Saleh Haroun », avec le nouveau film du réalisateur tchadien, Lingui. L’Égypte sera le seul pays avec deux films en compétition dont Souad, d’Ayten Amin, et Feathers, d’Omar El Zohairy. Angola est également en lice pour l’Étalon de Yennenga avec Air conditionner, de Fradique et Mario Bastos. Le pays hôte sera représenté par le réalisateur Boubacar Diallo avec Les trois Lascars

La présence d’un maximum de pays africains à la plus grande manifestation culturelle du continent semble être l’un des fils rouges de cette édition. Parmi les 17 films sélectionnés dans la catégorie long métrage, il y a 16 nationalités représentées, dont des pays pratiquement inconnus de la carte mondiale du cinéma, comme le Lesotho avec This is not a burial, it’sa resurrection, de Lemohang Jeremiah Mosese, la Somalie avec La femme du fossoyeur, d’Ahmed Khadar, ou la réalisatrice namibienne Desiree Kahikopo-Meiffret avec The White Line.

Le Sénégal, pays d’honneur du 27e Fespaco 

Le Sénégal, pays d’honneur de cette 27e édition, marquera les esprits des spectateurs avec Le père de Nafi, réalisé par Mamadou Dia. Mais le pays voisin aura aussi l’honneur d’une statue du réalisateur Alain Gomis, double vainqueur de l’Étalon d’or du Yennenga, érigée sur la même avenue des cinéastes où se trouve déjà la sculpture du légendaire Sembne Ousmane.   

Avec 239 films sélectionnés dans une dizaine de programmes (long métrage fiction, long métrage documentaire, une nouvelle section Burkina « pour montrer la dynamique de l’industrie cinématographique de notre pays », une section Perspective « pour la génération montante », Panorama… et même une section pour enfants, Sukabe, sans oublier la section Classics animation dotée de 31 films sur les 86 ans du cinéma d’animation africain), le Fespaco ne se contente pas être la vitrine du cinéma africain, mais ambitionne être une passerelle entre les générations et un moteur du cinéma du futur. 

Le comité de sélection, paritaire et diversifié 

Cette sélection extrêmement diversifiée est aussi le reflet d’une recomposition du comité de sélection. Avec sept membres dont trois femmes, il n’est pas loin de la parité tout en intégrant des spécialistes du cinéma africain, mais aussi des producteurs, cinéastes, chercheurs et une conservatrice. Une équipe issue de sept pays africains : Pedro Pimenta (Mozambique), Djia Mambu (RDC), Thierno Ibrahima Dia (Sénégal), Katarina Hedrén (Ethiopie), Lina Chabanne (Tunisie), Boubacar Sangaré (Burkina Faso), Guy Désiré Yaméogo (Burkina Faso), Laza Razajanatovo (Madagascar). 

Qui est Alex Moussa Sawadogo ? 

Mais le plus grand changement de paradigme reste le nouveau directeur général du Fespaco, Alex Moussa Sawadogo. Oscillant entre le Burkina Faso et l’Allemagne, ce titulaire d’une maîtrise en Histoire de l’art à l’université de Ouagadougou et d’un master professionnel de management culturel et des médias obtenu à Hambourg, en Allemagne, a été directeur de programme et membre de jury dans de très nombreux festivals, de la Suisse en passant par l’Israël et la Corée du Sud, jusqu’aux Rencontres documentaires de Koudougou au Burkina.

Né en 1974 à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, ce père de deux enfants et grand amoureux du cinéma s’est fait surtout un nom en créant en 2007 le Festival des films d’Afrique de Berlin. Depuis Sawadogo officie à Afrikamera en tant que directeur artistique. Avec sa nomination en octobre 2020 à la tête du Fespaco, il a certainement changé de catégorie, et le festival peut-être aussi. 

► 27e Fespaco, du 16 au 23 octobre 


La liste des 17 longs métrages fiction en compétition au Fespaco 2021 :

Air conditioner, de Mario Bastos (Angola)

Baamum Nafi, de Mamadou Dia (Sénégal)

Bendskins (Moto Taxi), de Narcise Wandji (Cameroun)

Eyimofe (This is my desire), de Chuko Esiri (Nigéria)

Farewell Amor, d’Ekwa Msangi (Tanzanie)

Feathers, d’Omar El Zohainy (Egypte)

Freda, de Gessica Geneus (Haïti)

La femme du fossoyeur, d’Ahmed Khadar (Somalie)

La nuit des rois (Night of the Kings), de Philippe Lacôte (Côte d’Ivoire)

Les trois lascars, Boubakar Diallo (Burkina Faso)

Lingui, les liens sacrés, de Haroun Mahamat-Saleh (Tchad)

Nameless (Les anonymes), de Wa Nkunda Mutiganda (Rwanda)

Oliver Black, de Tawfik Baba (Maroc)

Souad, d’Amin Ayten (Égypte)

The White Line, de Desireee Kahikopo-Meiffret (Namibie)

This is not a burial, it is a resurrection, de Jeremiah Lemohang Mosese (Lesotho)

Une histoire d’amour et de désir, de Leyla Bouzid (Tunisie)