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Côte d'Ivoire: à Abidjan, parution de «L’Afrique en conte», un recueil issu de la tradition orale

L'ouvrage L’Afrique en conte vise à rendre accessible au plus grand nombre les contes issus de la tradition orale. Ce travail a été effectué par deux associations, « Des Livres pour tous » de Marguerite Abouet, et « Making waves », en partenariat avec RFI.

C’est l’histoire de deux amis : un crabe et une mangouste, une amitié qui se termine mal à cause d’une histoire de jalousie. Rebecca Kompaoré, l’interprète de ce conte : « On voit un peu ce que la jalousie a poussé la mangouste à faire à son ami le crabe. C’est pour dire à tous les auditeurs ce que la jalousie peut créer, peut provoquer, ça détruit leur amitié. Et en toute chose, il faut quand même être méfiant et ne pas être totalement naïf comme le crabe ».

Ce livre contient 20 contes issus de la tradition orale du Burkina, du Cameroun, du Nigeria, de la Côte d’Ivoire. En amont, une équipe de documentalistes a collecté les contes auprès d’écoles et de familles à l’intérieur de la Côte d’Ivoire, un travail de fourmi qui a duré près de deux ans. Elvis Tanoh, a participé à ce projet : « On demandait par exemple à nos usagers de voir avec les parents s’il y a des contes, s’il y a des histoires tout en rapport avec le patrimoine culturel ivoirien. Et quand ces enfants revenaient vers nous en disant : il y a mon père qui m’a expliqué telle histoire. C’était souvent des contes en langues baoulé, dioula, attié, et nous, il fallait adapter ou du moins trouver les termes exacts en français pour passer ces contes-là ».

► À écouter: L'Afrique en conte, tous les podcasts

Chaque conte est marqué par un QR code, qui donne accès à la version sonore de chaque histoire. Une manière d’adapter le conte aux envies et aux pratiques des jeunes lecteurs.

Ces contes ont un point commun : ils contiennent tous une morale, une leçon de vie, que l’on tente de transmettre de génération en génération. Comme l’explique la documentaliste Gisèle Gobé, au micro de Bineta Diagne.

Cela permet de montrer un peu les valeurs culturelles, les valeurs que l’Africain en général inculque à son enfant, à son entourage, à la famille.

GISÈLE GOBÉ, DOCUMENTALISTE

Le Royaume-Uni annonce le retrait anticipé de ses troupes du Mali

 

Après la France et la Suède, le Royaume-Uni a annoncé ce lundi 14 novembre le retrait de ses forces du Mali. Les troupes britanniques, déployés dans le pays dans le cadre de la Minusma, la mission des Nations unies, sont pourtant connues pour leurs équipements de haute technologie, permettant des nombreuses victoires face aux groupes armés.

Le Royaume-Uni n’ira pas au bout de ses trois ans de déploiement au Mali, au sein de la mission des Nations unies pour la stabilisation de la région. Au Parlement britannique ce lundi, le ministre délégué aux Armées James Heappey s’est justifié : « deux coups d’État en trois ans » à Bamako ont « miné les efforts internationaux pour parvenir à la paix », rapporte notre correspondante à Londres, Émeline Vin.

Il accuse également le gouvernement malien de sa proximité avec le groupe de mercenaires russe Wagner, appelé par Bamako pour contrer l’émergence de groupes jihadistes dans la région et accusé d’exactions. Londres « ne peut pas déployer son armée dans un pays dont le gouvernement n’est pas enclin à œuvrer pour la stabilité et la sécurité », explique James Heappey.

Le ministre n’a pas donné de date précise pour le retrait des troupes britanniques, stationnées à Gao. Mais il participera la semaine prochaine à une conférence régionale au Ghana pour poursuivre le partenariat international en faveur de la stabilisation du Sahel.

Des troupes hautement équipées ayant permis de nombreuses victoires

Depuis 2020, le contingent britannique qui va plier bagages compte environ 300 militaires, dont 16 femmes. Dans le groupe, on retrouve des troupes de cavalerie, d’experts spécialisés en explosifs, des hommes en position de combat et un personnel médical.

Dans le Sahel, on reconnait ces soldats britanniques de la Minusma par leurs nombreux véhicules armés d'une technologie de pointe. Ayant le terrain comme métier, ils organisaient notamment des missions dans les zones difficiles d’accès : dans la région de Gao, mais également plus récemment dans le secteur des trois frontières (Mali, Niger et Burkina Faso) où les jihadistes sont nombreux, rapporte notre correspondant régional, Serge Daniel.

Dans les villages et hameaux traversés, leur premier objectif était de rassurer et de protéger les populations. Mais ils allaient aussi au contact des jihadistes. Selon la mission de l’ONU au Mali, grâce à leurs patrouilles, des armes, des motos et autres matériels ont été saisis, des jihadistes ont été interpellés, et d’autres obligés de prendre la tangente.

Sur le terrain, les Britanniques, avec leurs équipements, avaient jusqu’à trois semaines d’autonomie, ce qui permet des patrouilles de longue durée.

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Le nombre d’étudiants africains en France atteint un record en 2022

 

Les pays africains sont bien représentés au niveau des étudiants étrangers en France. Selon les données de campus France pour l’année scolaire 2021-2022, plus de 400 000 étudiants dans les universités françaises venaient de l’étranger, Union européenne incluse. Parmi eux, ils étaient plus de 100 000, soit plus d’un quart, à venir du continent africain.

On retrouve six pays africains dans le top 10 des nations les plus représentées sur les bancs des universités en France. Le Maghreb monopolise les premières places, avec en tête le Maroc : les étudiants marocains étaient plus de 40 000 dans l’enseignement supérieur l'année dernière, représentant à eux-seuls plus de 10 % de la totalité des étudiants étrangers en France.

L’Algérie suit derrière, avec 31 000 représentants. Le Sénégal lui se classe cinquième, suivi de la Tunisie. Viennent ensuite la Côte d’Ivoire, en huitième place, et le Cameroun qui ferme ce top 10.

Pour tous ces pays, ces chiffres sont en forte augmentation depuis 2016. Si l’augmentation avait ralenti lors de la crise du Covid-19 en 2020, elle a depuis repris sa progression.

L'année en cours ne devrait pas faire changer la tendance. La rentrée universitaire 2022-2023 a enregistré un record de candidatures de la part des étudiants étrangers.

Souleymane Sangaré est président de l’association des étudiants africains de Toulouse (sud-ouest de France). Passé par Sciences politiques, il est actuellement en master de droit et depuis son arrivée en France, il aiguille les étudiants du continent qui souhaitent venir dans l’Hexagone ou qui sont déjà dans les facultés françaises. Si leurs difficultés sont nombreuses, Souleymane Sangaré salue l’augmentation du nombre d’étudiants qui viennent poursuivre leur cursus en France

LE NOMBRE CROISSANT D’ÉTUDIANTS AFRICAINS EN FRANCE «EST UN SIGNE POSITIF QUE LE SYSTÈME ÉDUCATIF FRANÇAIS EST ATTRAYANT», EXPLIQUE LE PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS AFRICAINS DE TOULOUSE SOULEYMANE SANGARÉ

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Burkina Faso : une nouvelle Assemblée acquise à Ibrahim Traoré

Ce 11 novembre, 71 personnalités « qualifiées et compétentes » se réuniront pour la première session de l’Assemblée législative de transition, qui doit nommer son président.

Par  - à Ouagadougou
Mis à jour le 11 novembre 2022 à 10:05
 

 BFassemblee

 

Parmi les 71 personnalités « qualifiées et compétentes » que compte l’assemblée, seulement dix femmes? © DR.

 

La secrétaire générale de l’Assemblée législative de transition, chargée de l’expédition des affaires courantes, Valérie Semporé/Soubeiga, a voulu anticiper. Pressée par les délais et sur instruction de l’exécutif, elle n’a pas attendu la fin des travaux de la commission de réception des dossiers des listes des membres de la nouvelle Assemblée législative de transition (ALT) pour convoquer une session de l’organe législatif.

La liste a finalement été rendue publique quelques heures plus tard par la Radiodiffusion télévision du Burkina. Conformément à la Charte de transition adoptée le 14 octobre lors des assises nationales, la chambre sera composée de 71 personnalités « qualifiées et compétentes », dont onze femmes seulement.

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Toutes répondent à des critères bien définis : être de nationalité burkinabè, être majeur, jouir de ses droits civiques et politiques, ne pas se trouver dans un cas d’incapacité prévu par la loi, n’avoir jamais fait l’objet d’une condamnation pénale pour crime ou délit touchant à l’honneur et à la probité, être intègre, impartial et de bonne foi.

La majorité pour le président « IB »

Les membres de l’ALT sont tous nommés dans le respect des quotas, qui permettent à Ibrahim Traoré, le président de la transition, de se tailler la part du lion en choisissant 20 députés sur les 71. Le capitaine ne devrait pas avoir de mal à s’assurer une majorité grâce aux 16 membres issus « des forces combattantes » nommés par les Forces de défense et sécurité (FDS). Le reste de l’ALT sera composé de 13 personnalités choisies représentantes des régions du Burkina Faso, de 12 représentants des partis et mouvements politiques et de 10 personnes issues des organisations de la société civile.

Comme cela avait été le cas sous le président Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé par un putsch le 2 octobre, chacun guette les choix que fera le président « IB », d’autant que c’est parmi ces députés que sera choisi le président de la chambre, assurent plusieurs sources.

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Damiba avait nommé un professeur d’université en sciences halieutiques très peu connu, le professeur Aboubacar Toguyeni – un « mauvais casting » selon des témoignages recueillis auprès de membres de l’ex-ALT. Aboubacar Toguyeni a même échappé à une motion de destitution à la mi-septembre 2022. Le président Damiba avait lui-même dû envoyer des émissaires auprès de l’Assemblée pour que le président de la chambre ne soit évincé.

Mesures populaires

Ibrahim Traoré fera-t-il un choix similaire ou, au contraire, tentera-t-il de séduire la rue, sur laquelle il a fondé son assise ? Déjà, la désignation des membres de l’ALT a créé des remous et de fortes rivalités dans plusieurs régions dont les Cascades, le Nord et l’Est. De même, la reconduction de certains membres de l’ex-ALT passent difficilement dans une opinion qui, dans sa majorité au moment des assises, n’était pas favorable à la mise en place d’une Assemblée législative de transition.

Certaines mesures populaires ont déjà été actées : contrairement aux membres de la précédente assemblée, les dépités ne percevront pas de salaire et se contenteront d’indemnités de session. Par ailleurs, comme le président de la transition et le Premier ministre, le président de l’ALT ne sera pas éligible aux élections présidentielles, législatives et municipales, prévues en 2024 pour mettre fin à la transition.