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France: les président du Tchad, du Burkina Faso, du Niger et du Gabon reçus par Emmanuel Macron

Le président français, Emmanuel Macron, reçoit son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby, à l'Élysée, Paris, le 12 novembre 2021. AFP - LUDOVIC MARIN

 

Avant une conférence à Paris qui doit évoquer la situation en Libye, ce vendredi 12 novembre 2021, le président français, Emmanuel Macron, a eu des entretiens avec plusieurs de ses homologues. À l'Élysée, dans la matinée, il a reçu quatre chefs d’État du continent.

Avec notre envoyée spéciale au palais de l’ÉlyséeBineta Diagne

La première rencontre a eu lieu vers 10 heures 30 ce vendredi matin avec d’abord trois présidents du Sahel : le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, entouré de son ministre des Affaires étrangères et de son aide de camp ; le Nigérien Mohamed Bazoum et le Tchadien Mahamat Idriss Déby, accompagné aussi d’un cercle très restreint.

Moment de salutations et sourires avec le président français Emmanuel Macron. Aucune déclaration officielle n’a été faite à l’issue de cette rencontre qui a duré un peu plus d’une heure.

Visite d’Ali Bongo

Puis vers midi, c’est le président gabonais Ali Bongo Ondimba, qui a fait son apparition. Le président gabonais, qui avait fait un AVC il y a près de deux ans, est apparu amaigri ce vendredi, se déplaçant avec une canne et montant avec difficulté les marches du perron de l’Élysée. C’est son homologue français Emmanuel Macron qui l’a finalement soutenu.

Là encore, aucun message officiel n’a été délivré à l’issue de cet échange.

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La Russie et le Mali confirment leur volonté d’approfondir leur coopération militaire

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Les ministres des Affaires étrangères russe et malien Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop, le 11 novembre 2021 à Moscou. © Russian Foreign Ministry Press Service via AP

 

Moscou et Bamako sont résolus à poursuivre leur coopération militaire. C’est ce qu’il ressort de la rencontre, jeudi 12 novembre à Moscou, entre le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et son homologue malien, Abdoulaye Diop. Ces derniers ont toutefois démenti l’existence d’un contrat avec le groupe Wagner. 

Avec notre correspondant à Moscou, Jean-Didier Revoin

Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop ont invoquée la lutte contre le risque terroriste accru entraîné par le retrait partiel des troupes françaises dans le Nord du Mali pour justifier l’intensification de leur coopération militaire. Abdoulaye Diop n’a pas manqué de rappeler que Moscou soutenait le Mali depuis son indépendance, le ministre des Affaires étrangères rappelant que 80% des équipements militaires du Mali provenaient de Russie.

Pour sa part, Sergueï Lavrov a précisé que Moscou poursuivrait ses livraisons d’équipements, d’armements et de munitions tout en formant des officiers maliens. Pour le ministre russe, l’objectif est de permettre à Bamako de lutter efficacement contre la menace terroriste.

Démenti concernant le groupe Wagner

Les deux hommes ont en revanche démenti, chacun à sa façon, l’éventuelle implication de mercenaires russes. Abdoulaye Diop a précisé qu’aucun contrat n’avait été signé en la matière. Quant à Sergueï Lavrov, il a précisé que Moscou n’intervenait pas dans les activités de structures créées par des citoyens russes et qui concluent eux-mêmes leurs contrats.

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Procès de l'assassinat de Sankara: le général Diendéré a maintenu sa version des faits

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Le général burkinabè Gilbert Diendéré lors du procès de l'assassinat de Thomas Sankara à Ouagadougou, le 11 octobre 2021. © OLYMPIA DE MAISMONT/AFP

 

Le général Diendéré comparaissait au procès des assassins présumés de Thomas Sankara et de ses collaborateurs. L'audition de l'ancien chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré s’est achevée ce jeudi 11 novembre.

Avec notre correspondante à Ouagadougou, Gaëlle Laleix

Pour une fois, ils sont tous d’accord. Selon les avocats des parties civiles et de la défense, l’audition du général Diendéré a porté ses fruits. Les premiers estiment avoir mis en exergue les incohérences de son récit, les seconds d’avoir enfin éclairé la cour sur la réalité des faits. 

Pendant trois jours, Gilbert Diendéré a raconté, décortiqué, reconstitué, les évènements de sa journée du 15 octobre 1987. Pour son avocat, Me Paul Kéré, quel que soit le bout par lequel cette histoire est prise, les faits sont limpides.

« À partir du moment où général Diendéré n'a jamais tiré sur la gâchette, les choses sont claires. Les assaillants sont venus de l'extérieur. On n'a pas besoin de faire une faculté de droit pour savoir que quand on n'est pas responsable, on n'est pas responsable, s'exlame Me Kéré. La complicité suppose aide, assistance ou même omission. Mais en l'espèce, lui-même a été surpris. S'il était venu avec ses éléments, lui aussi aurait été victime. Heureusement qu'il était en survêtement. Heureusement qu'il n'était pas armé. Voilà les choses ! »

► À lire aussi : Procès de l'assassinat de Sankara: le général Diendéré interrogé sur la riposte à l'attaque

« Les manquements ne venaient pas de moi »

Debout à la barre, dans sa tenue léopard de l’ancien régiment de sécurité présidentiel (RSP), dissout en 2015, après son coup d’État manqué, Gilbert Diendéré n’a pas faibli. « La tenue du RSP était portée pour aller au front, explique-t-il, je l’ai trouvée appropriée ». 

Assuré, parfois goguenard, le général a souvent imposé son rythme aux débats. Jusqu’à ce que la lassitude lui fasse concéder au parquet, du bout des lèvres, un « pincement au cœur » d’avoir assisté à un tel évènement dans sa propre caserne. « Je reconnais qu’il y a eu un problème, mais je n’ai pas totalement failli. Les manquements ne venaient pas de moi. »

« Notre client a eu l’occasion de battre en brèche certains fantasmes, s’est satisfait Me Abdoul Latif Dabo à l’issue de la dernière audience. Il faut que les gens enlèvent leurs œillères et regardent les faits de façon froide ».

Cette mise en scène n’inquiète pas l’accusation. « Nous sommes étonnés que le général qui a des tenues pour d'autres faits veuille se présenter comme celui qui est prêt à aller au combat. Cette attitude révèle qu'il n'a aucun remords et cela est triste, estime Me Ambroise Farama, avocat de la famille Sankara. Il pense pouvoir s'en sortir, mais nous avons l'assurance que les témoins la semaine prochaine viendront le confondre davantage. »

Le procès reprendra lundi 15 novembre. Trois accusés doivent encore être entendus par la cour.

► À lire aussi : Webdocumentaire – Qui a fait tuer Sankara ?

Sénégal : Barthélémy Dias, Ousmane Sonko et Malick Gakou ont été arrêtés

Mis à jour le 10 novembre 2021 à 16:10
 


Barthélémy Dias et Ousmane Sonko. © barthélémy dias et ousmane sonko © DR


Les trois opposants ont été interpellés ce mercredi 10 novembre. Le matin même, Barthélémy Dias, par ailleurs candidat à la mairie de Dakar, était convoqué au tribunal.

À en croire leurs proches, ils s’apprêtaient à « rentrer chez eux » après avoir renoncé à se rendre au tribunal de Dakar. Alliés au sein d’une même coalition dans la perspective des élections locales du 23 janvier 2022, Barthélémy Dias, Ousmane Sonko et Malick Gakou ont été arrêtés, mercredi 10 novembre, et conduits au camp militaire Abdou-Diassé. Un membre du proche entourage de Dias, rencontré sur les lieux, a confirmé l’information à Jeune Afrique.

Alors que, depuis plusieurs jours, Barthélémy Dias et ses alliés appelaient à la mobilisation, le candidat à la mairie de Dakar ne s’est pas présenté à l’audience à laquelle il était convoqué et qui s’est tenue vers 9h30 du matin. Au bout d’une dizaine de minutes, l’affaire a donc été renvoyée au 1er décembre par le juge.

Appel à la résistance

Barthélémy Dias a quitté son domicile peu après avoir appris la nouvelle. Entouré d’un cortège de militants et accompagné des opposants Ousmane Sonko et Malick Gakou, il s’est déplacé jusqu’au quartier de la Médina, à deux pas du tribunal. Il y est resté plus d’une heure, avant de faire demi-tour, escorté cette fois par des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (BIP) et acclamé par ses partisans.

Le cortège a finalement été dispersé après que la police a tiré des gaz lacrymogènes. C’est à ce moment-là que Barthélémy Dias, Ousmane Sonko et Malick Gakou auraient été arrêtés.

Deux jours plus tôt, l’opposant avait appelé ses militants à « envahir le tribunal ». « J’irai au tribunal pour être jugé. Je vous dis, venez mercredi, vous verrez que je serai seul à la barre », avait-il prévenu devant la presse.

Condamné en 2017 à deux ans de prison pour « coups mortels » après la mort d’un jeune homme lors de l’attaque de sa mairie de Mermoz-Sacré-Cœur en décembre 2011, Barthélémy Dias avait fait appel de la décision – « par principe », explique l’un de ses proches, puisqu’il a déjà purgé sa peine de six mois de prison ferme. L’affaire a été plusieurs fois renvoyée depuis.

CE DOSSIER DOIT ÊTRE CLASSÉ SANS SUITE OU BÉNÉFICIER D’UN NON-LIEU

« J’ai choisi d’aller au tribunal car j’ai demandé à être jugé. Mais que les choses soient claires : je n’accepterai pas un [nouveau] renvoi », avait-il d’ailleurs menacé lundi. En dépit des implications politiques très lourdes que pourraient avoir ses déclarations dans cette période de pré-campagne, l’énergique opposant n’avait pas jugé bon d’assouplir son discours.

« Si je m’étais limité [au verdict] en première instance, je ne serais pas retourné en prison, a insisté Barthélémy Dias ce 8 novembre. Beaucoup de gens disent que j’ai fait appel pour être éligible : c’est faux. Si on me condamnait ne serait-ce qu’à un jour avec sursis, je me pourvoirais en cassation. Ce dossier doit être classé sans suite ou bénéficier d’un non-lieu. »

Spectre des violences

Son mentor, l’ancien maire de la capitale Khalifa Sall, s’était pour sa part déplacé au tribunal, ce mercredi. « Je suis venu encore une fois soutenir “Barth” et témoigner de son innocence. Ce qui se passe aujourd’hui est inacceptable », a-t-il déclaré sur le parvis du bâtiment.

Depuis plusieurs jours, les têtes d’affiche de la coalition Yewwi Askan Wi multipliaient les déclarations pour dénoncer la convocation de Barthélémy Dias, survenue quelques jours seulement après que sa candidature à la mairie de Dakar a été officiellement déposée.

 

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Des gendarmes sénégalais devant le tribunal à Dakar le 10 novembre 2021. © SEYLLOU / AFP)«

 

Dans les démocraties consolidées, la justice s’interdit d’interférer dans les processus électoraux. La date retenue n’est pas innocente et coïncide avec la pré-campagne. C’est une manière de faire pression sur Barthélémy. Ce sera vain », a encore lancé Khalifa Sall. Membre de la même coalition, Ousmane Sonko a quant à lui appelé à la « résistance totale ». « Soyons tous prêts au sacrifice car il en va de l’avenir de ce pays et de celui de nos enfants et petits-enfants », a exhorté le leader du parti Pastef.

Ce mercredi matin, la capitale retenait donc son souffle. Le spectre des violences de mars dernier, qui avaient éclaté dans le sillage de l’arrestation d’Ousmane Sonko alors qu’il se rendait au tribunal dans le cadre de la plainte pour viol déposée contre lui, est encore dans tous les esprits.

Vers un procès ?

Pourquoi Barthélémy Dias ne s’est-il pas présenté à l’audience alors qu’il avait affirmé qu’il le ferait ? « Il a estimé que l’affaire n’était pas en état d’être jugée », relate son conseil, Khoureychi Ba, qui s’attendait à ce renvoi, notamment parce que les co-accusés de l’élu sont aujourd’hui introuvables. « Le prévenu était convoqué à 8h30 et il n’était pas là », précise quant à lui l’avocat de la partie civile, Pape Mor Niang, qui indique que l’affaire a notamment été renvoyée car « un des prévenus a décidé de changer de conseil ».

Véritable « épée de Damoclès » qui plane au-dessus de l’avenir judiciaire de Barthélémy Dias, ce procès en appel pourrait rebattre les cartes du scrutin local du 23 janvier. Mais aura-t-il lieu à la veille des élections ? « Nous ne nous rendrons pas à la convocation de la justice le 1er décembre, affirme le conseiller en communication de l’opposant, Pape Konaré. Il n’est pas question que ce procès soit jugé un mois avant les élections. »

« Ce renvoi était prévisible. Le dossier n’était pas en état d’être jugé par le passé et rien n’a changé, conclut une source proche de l’affaire. Tout ça, c’était beaucoup de bruit pour rien. »