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COP26–Afrique : chefs d’État, VIP… Qui sera présent ?

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 27 octobre 2021 à 11:40
 


Lors de la conférence de la COP25 à Madrid, en Espagne, le 2 décembre 2019. © Susana Vera/REUTERS


De nombreuses personnalités sont attendues à la COP26, qui se tiendra du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow. Voici lesquelles.  

Plusieurs chefs d’État du continent feront le déplacement à Glasgow, en Écosse, pour assister à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), l’un des premiers grands rendez-vous en présentiel depuis la crise liée au Covid-19.

Cinquième édition du sommet mondial depuis la COP21, qui avait donné lieu à la signature historique de l’Accord de Paris sur le climat – n’ayant pas pu se tenir en 2020 en raison de la pandémie –, la conférence de Glasgow se promet d’être l’édition qui rend des comptes, dresse un bilan et revoit ses objectifs à la hausse.

Tshisekedi, Bongo…

Selon nos informations, se déplaceront – sauf changement de dernière minute –, Félix Tshisekedi (RDC), Mohamed Bazoum (Niger), Denis Sassou Nguesso (Congo), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Faure Essozimna Gnassingbé (Togo), João Lourenço (Angola), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Andry Rajoelina (Madagascar), Azali Assoumani (Comores) et Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau).

L’Afrique anglophone devrait également être représentée grâce à la venue d’Uhuru Kenyatta (Kenya), George Weah (Liberia), Muhammadu Buhari (Nigeria), Abdel Fattah al-Sissi (Égypte), Julius Maada Bio (Sierra Leone) ou encore Hage Geingob (Namibie). La Tanzanienne Samia Suluhu Hassan et le Malawite Lazarus Chakwera seront également des leurs. Sans oublier Nana Akufo-Addo,du Ghana, et Emmerson Mnangagwa, du Zimbabwe.

D’autres présidents ont préféré envoyer leurs ministres de l’Environnement, comme Macky Sall (Sénégal), Paul Kagame (Rwanda, qui devrait également mandater son Premier ministre, Édouard Ngirente), Kaïs Saïed (Tunisie), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso, qui dépêchera lui aussi son Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré), Patrice Talon (Bénin) et Prithvirajsing Roopun (Maurice). Le chef de l’État tunisien missionnera pour sa part son ministre des Affaires étrangères, Othman Jarandi, tout comme Abdelmadjid Tebboune, qui va envoyer Ramtane Lamamra. Le roi Mohammed VI sera représenté par Aziz Akhannouch, chef du gouvernement, et sa ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali. Enfin, le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a lui choisi son Premier ministre, Mohamed Béavogui, dont ce sera la première sortie internationale.

Bailleurs internationaux

Du côté des institutionnels, les représentants des principaux bailleurs internationaux rejoindront également la cité écossaise. C’est le cas du président du Groupe de la Banque mondiale (BM), David Malpass, qui a notamment prévu de s’exprimer sur le rôle du climat par rapport à l’offre et à la demande d’énergie dans le monde. Les présences du Sénégalais Makhtar Diop, qui a pris le 1er mars dernier les rênes d’IFC, la principale filiale de la BM consacrée au secteur privé, et de la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, sont également confirmées.

Leurs homologues du continent sont également attendus, même si des critères d’accès drastiques liés à la pandémie de Covid-19 (types de vaccins spécifiques, mesures de quarantaine pour certains pays situés en « zone rouge »…) ont conduit à réduire la taille des délégations africaines.

En ce qui concerne le volet institutions publiques de financement en tout cas, le président de la Banque africaine de développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina, a confirmé qu’il se montrerait bien à Glasgow, tout comme l’Équato-Guinéen Fortunato-Ofa Mbo Nchama, président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC).

Des fonds privés ou nationaux, ainsi que des fondations panafricaines, seront également du voyage, comme le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), représenté par le Gabonais Akim Daouda, la Fondation Brazzaville, par Richard Amalvy, ancien vice-président de la conférence des ONG des Nations unies, ou encore la Fondation Rockefeller, par Joseph Nganga.

Financiers

Concernée par les conséquences des négociations pour le continent africain, l’un de ses principaux théâtres d’opération, la banque de développement britannique CDC Group enverra une forte délégation, dopée par l’organisation de la conférence internationale sur son territoire. Celle-ci est emmenée par Amal-Lee Amin, chargée de la Stratégie climat à CDC et senior advisor pour la COP26. Son pendant français, l’Agence française de développement (AFD), très mobilisée lors de l’organisation de la COP à Paris en 2015, sera incarnée par son patron, Rémy Rioux.

La Française Odile Renaud-Basso, ancienne directrice générale du Trésor français, viendra au nom de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) les 1er et 2 novembre prochains, à l’occasion des deux journées de négociations réservées aux chefs d’État et de gouvernement, ainsi qu’aux leaders mondiaux du sommet. Une journée spéciale, le 3 novembre, est quant à elle réservée au volet finance des négociations, lors duquel les représentants de ces institutions devraient s’exprimer et rechercher un accord.

Le président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Werner Hoyer, prendra également part au sommet. Il sera, entre autres, accompagné d’Ambroise Fayolle, le vice-président de la BEI en charge de l’action climatique.

Du côté des entreprises et de la société civile africaine, les délégations tardent à confirmer leur présence effective à la conférence internationale. Mais, d’après nos informations, certains groupes bancaires ou cabinets de conseil ont prévu d’y envoyer des représentants. Ainsi en est-il des leaders bancaires marocain BCP, et sud-africain Standard Group ou encore du cabinet de conseil international EY.

Conseil économique et social : Bonaventure D. Ouédraogo prend officiellement les rênes

Accueil > Actualités > Politique • Lefaso.net • jeudi 21 octobre 2021 à 22h55min 
 
Conseil économique et social : Bonaventure D. Ouédraogo prend officiellement les rênes

 

Bonaventure D. Ouédraogo (à droite), succède ainsi à Moïse Napon.

Cette nomination et de l’installation viennent tourner la page de la crise à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) où nommé pour le compte de la chefferie coutumière, Bonaventure D. Ouédraogo avait fait l’objet d’une récusation par le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso, qui le soupçonnait d’être militant du parti au pouvoir (le Mouvement du peuple pour le progrès, MPP).

Organe à caractère consultatif, le CES fait donc des délibérations qui ne sont pas contraignantes vis-à-vis des destinataires (notamment le gouvernement). Fort de 90 conseillers, il tient chaque année, deux sessions ordinaires sur des sujets d’intérêt national.

Les Conseillers, au nombre de 90, sont des représentants des structures socio-professionnelles du pays. D’autres Conseillers sont nommés es-qualité. Voici les différents secteurs socioprofessionnels représentés au CES. L’institution se compose de membres es-qualité ; de représentants des secteurs de l’agriculture, de l’élevage et assimilés ; représentants du secteur commercial ; représentants des secteurs financier, bancaire, des assurances et du système financier décentralisé ;

représentants des secteurs du bâtiment, des travaux publics, de l’urbanisme et assimiles ; représentants des secteurs des transports et du tourisme ; représentants des secteurs de la presse et de la communication ; représentant de la chambre de commerce ; représentants de l’administration économique et financière ;

représentants de l’administration générale ; représentants0 de l’administration du travail ; représentants des secteurs de l’environnement, de l’hydraulique et du cadre de vie ; représentants des secteurs de l’éducation et de la formation ; représentants des secteurs de la santé et de l’action sociale ; représentants des professions libérales ; représentants du secteur de la recherche scientifique ; représentants des organisations d’employeurs ; représentants des syndicats de travailleurs ;

représentants des associations culturelles ; représentants des artistes, écrivains et cinéastes ; représentants des organisations non gouvernementales ; représentants des associations de promotion des droits humains et de la démocratie ; représentants des associations sportives ; représentants du secteur des pme/pmi ; représentants du secteur informel ; représentants des structures et associations de jeunesse ; représentantes des structures et associations de femmes ; représentant des associations des retraites ; représentants des autorités traditionnelles, coutumières et religieuses ; représentants des associations des parents d’élevés.

Lefaso.net

Procès « Thomas Sankara et douze autres » : « Vous êtes devant les hommes, mais il y a Dieu qui vous attend » (Me Mamadou Sombié)

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Procès Thomas Sankara • Lefaso.net • mercredi 27 octobre 2021 à 22h50min 
 
Procès « Thomas Sankara et douze autres » : « Vous êtes devant les hommes, mais il y a Dieu qui vous attend » (Me Mamadou Sombié)


Après le rejet par la chambre de la requête de Me Eliane Kaboré demandant une expertise sur la santé psychique de son client Yamba Élysée Ilboudo, l’audience de l’accusé s’est poursuivie cet après-midi.

Répondant aux questions de son avocate, Yamba Élysée Ilboudo a déclaré n’avoir pas tué Thomas Sankara et ses compagnons. Pour Me Eliane Kaboré, il plaide donc non coupable. Pourtant la veille, il avait reconnu les faits à lui reprochés. N’a-t-il pas fait de confusion entre « reconnaître les faits » et « reconnaître avoir été au conseil de l’Entente », ce jour fatidique du 15 octobre 1987 ? Selon l’avocate il ne sait ni lire ni écrire. Il n’a pas été à l’école hormis les cours du soir qu’il a payés de sa poche mais qu’il n’a pas poursuivis.

Poursuivant son interrogatoire avec son client, Me Eliane Kaboré fera remarquer que Yamba Élysée Ilboudo n’a reçu aucune gratification de la part du pouvoir qui a succédé à celui du Conseil national de la révolution puisque qu’il a fait ses premiers pas dans l’armée en tant que soldat de première classe et a été admis à la retraite en 2004 avec le même grade.

Après, c’était au tour de Me Mamadou Sombié de "cuisiner" l’accusé. Ce dernier a déclaré lors de l’instruction que son client Nabonsseouindé Ouédraogo faisait partie des trois militaires qui ont embarqué à l’arrière de son véhicule pour aller au conseil de l’Entente sur instruction de l’adjudant Hyacinthe Kafando. En revenant, sur les causes de l’accident dont Yamba Élysée Ilboudo a été victime en 1989, accident qui s’est déroulé de retour d’une mission de « Fada N’Gourma ou Tenkodogo », l’avocat a soutenu que le traumatisme crânien qu’a subi l’accusé n’a pas été relevé par l’instruction.


Pour Me Mamadou Sombié, contrairement aux déclarations de Yamba Élysée Ilboudo pendant l’instruction et à cette barre, son client Nabonsseouindé Ouédraogo lui maintient qu’il était en tenue de sport au pied-à-terre de Blaise Compaoré, prêt à se rendre à la séance de Sport de masse, instituée le 24 septembre 1984, par le Conseil national de la révolution.

A la décharge de son client, Me Sombié citera les noms de deux soldats de la garde rapprochée de Blaise Compaoré qui étaient eux aussi en tenue de sport prêts à prendre part à cette activité sportive. Malheureusement, ces deux soldats ne sont plus de ce monde. « Vous êtes devant les hommes, devant le tribunal mais il y a Dieu qui vous attend », a déclaré Me Mamadou Sombié avant de lancer à l’accusé « Vous êtes atteint d’un problème mental parce que vous variez dans vos déclarations. Mon client ne vous en veut pas. En 2015 et en 2016 j’ai attiré son attention sur votre déposition. Il m’a dit que vous être entre griffe ’’fou’’ ».

Les propos de l’avocat ont choqué le parquet qui dit ignorer que Me Sombié avait des qualités de médecin psychiatre. « Il dit que l’accusé est atteint d’un problème mental. Je crois, Monsieur le président, que vous avez rejeté la demande d’expertise sur la santé psychique de l’accusé. Mais on tente toujours de nous faire croire qu’il est malade. L’accusé n’est pas malade ». Et le procureur militaire de soutenir : « Il est bien cohérent. Même si on nous demande ce que nous avons fait avant-hier, nous allons oublier des détails. Mais ce n’est pas pour autant que l’on est atteint de démence. »

LeFaso.net

Fespaco : « La Femme du fossoyeur », du Somalien Khadar Ayderus, déjoue les pronostics

Mis à jour le 25 octobre 2021 à 12:54
 

 

"La femme du fossoyeur" était un outsider dans la course à l’Étalon d’or. © Lasse Lecklin/Bufo 2021

 

Le réalisateur somalien a remporté l’étalon d’or de Yennega devant « Freda », de Gessica Geneus (argent), et « Une histoire d’amour et de désir », de Leyla Bouzid (bronze). Une surprise, alors que « La Nuit des rois », de l’Ivoirien Philippe Lacôte, et « Lingui », du Tchadien Mahamat Saleh-Haroun, semblaient favoris.

À la lecture de la liste des films sélectionnés pour le Fespaco 2021 – qui se tenait exceptionnellement en octobre cette année pour cause de Covid-19 –, on pouvait imaginer qui, sauf surprise, allait être primé à Ouagadougou. Dans la catégorie reine des longs-métrages de fiction, le cinéaste tchadien Mahamat Saleh-Haroun, maintes fois récompensé dans les plus grands festivals comme la Mostra de Venise ou Cannes mais n’ayant jamais obtenu l’Étalon d’or de Yennenga, faisait figure de favori.

À défaut, se disait-on, si, malgré l’accueil très chaleureux reçu par son dernier film Lingui en juillet sur la Croisette, cette grande figure du cinéma du continent était négligé par le jury présidé par Abderrahmane Sissako, l’Ivoirien Philippe Lacôte pouvait devenir un favori de substitution avec La Nuit des rois, ce récit très original ayant pour cadre la plus grande prison d’Abidjan, déjà sorti dans plusieurs pays et loué par toute la critique.

Côté documentaire, ensuite, En route pour le milliard, le remarquable film du Congolais Dieudo Hamadi sur les victimes de la « guerre des six jours » de juin 2000 à Kisangani paraissait de nature à séduire les jurés. Tout comme le premier film d’Aïssa Maïga, Marcher sur l’eau, évoquant la lutte déterminée des femmes d’un village du Niger pour améliorer leur accès à l’eau grâce à un nouveau forage.

Sobre et prenant

À l’heure du palmarès, au soir du samedi 23 octobre, on a dû convenir que les pronostiqueurs avaient failli. Les films qui ont été couronnés étaient incontestablement des œuvres de grande qualité, mais pas ceux attendus. Certes, les Étalons d’argent et de bronze de Yennenga, attribués respectivement à l’Haïtienne Gessica Geneus pour Freda et à la Tunisienne Leyla Bouzid pour Une Histoire d’amour et de désir, sont venus récompenser des longs-métrages déjà plébiscités par le public et la presse.

Mais, bien que déjà sélectionné lors de la Semaine de la critique à Cannes en juillet dernier, La Femme du fossoyeur du Somalien Khadar Ayderus Ahmed, qui vit en Finlande depuis l’adolescence, était un outsider dans la course à l’Étalon d’or. Il a finalement remporté le prix, à l’unanimité du jury, a tenu à préciser Abderrahmane Sissako.

Remarquablement maitrisé pour un premier long-métrage, à la fois sobre et prenant, La Femme du fossoyeur réussit à célébrer l’amour et la vie tout en parlant d’un bout à l’autre de la mort. Guled est sans arrêt à la recherche de décédés à enterrer pour faire vivre les siens, à savoir sa femme adorée Nasra et son fils rebelle Mahad. Mais quand il est devenu clair que son épouse, très malade d’un rein, est pratiquement condamnée à mourir si elle n’est pas opérée, il recherche en vain les moyens de réunir les 5000 euros nécessaires pour la sauver.

Seule solution : partir de Djibouti où il vit en exil et retourner dans son village natal en Somalie récupérer de gré ou de force un troupeau qu’il estime lui appartenir afin de le vendre. Un voyage épique qui se passera mal mais qui n’ôte pas au film sa capacité à porter un message positif. Car le récit n’est jamais misérabiliste et entend démontrer que, pour les vrais amoureux, l’espoir est sans limite.

Filmés pendant plusieurs années

La remise de l’Étalon d’or du documentaire à Garderie nocturne du Burkinabè Moumouni Sarou était moins inattendue, peut-être, après sa projection remarquée au festival de Berlin. Ce prix récompense un long-métrage abordant un sujet difficile avec délicatesse. Il raconte comment, chaque soir, les bébés ou les jeunes enfants de prostituées de Bobo-Dioulasso sont accueillis par une octogénaire, Mme Coda, qui les garde jusqu’au petit matin.

Parce qu’il ne porte aucun jugement et dresse un portrait digne de tous les personnages, enfants et adultes, ce film apparemment simple capte tout du long l’attention du spectateur. Afin de gagner leur confiance, le réalisateur les a suivis et filmés pendant plusieurs années. Un beau travail et un plaidoyer pour la tolérance.

 

Fespaco : le Somalien Ahmed Khadar remporte l’Étalon d’or

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 24 octobre 2021 à 11:41
 

 

Lors de la cérémonie du clôture du Fespaco, le 23 octobre 2021 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © AFP

 

Le réalisateur somalien Ahmed Khadar a remporté samedi 23 octobre l’Étalon d’Or de Yennenga du 27e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) pour son premier long-métrage, « La femme du fossoyeur ».

Le jeune réalisateur de 40 ans, également de nationalité finlandaise et dont le film est tourné à Djibouti en version originale somali, n’a pas pris part à la cérémonie de clôture du festival dans la capitale burkinabè.

Le président du jury qui lui a décerné le prix, le Mauritanien Abderrahmane Sissako, a déclaré que « pour tout cinéaste africain c’est le plus beau prix qu’on puisse avoir, c’est toute une fierté ».

Né à Mogadiscio, Ahmed Khadar, également écrivain, immigre en Finlande à l’âge de 16 ans avec sa famille et obtient un statut de réfugié. Il réalise son premier court métrage, Me ei vietetä joulua, en 2014, puis deux autres en 2017, Yövaras, et 2018, The Killing of Cahceravga.

Histoire d’amour

Présenté en juillet au festival de Cannes dans le cadre de la Semaine internationale de la critique, « La femme du fossoyeur » avait reçu un bon accueil. Le film traite de l’histoire d’amour d’un couple vivant avec leurs fils dans un quartier pauvre de Djibouti.

Lorsque Nasra, l’épouse – interprétée par la mannequin canadienne née en Somalie Yasmin Warsame – est atteinte d’une grave maladie rénale et doit se faire opérer d’urgence, l’équilibre familial est menacé et son mari Guled, fossoyeur, doit trouver l’argent pour payer la coûteuse opération. Le film a également remporté le prix de la meilleure musique.

L’Étalon d’argent a récompensé « Freda« , de la Haïtienne Gessica Geneus et l’Étalon de bronze va à « Une histoire d’amour et de désir » de la Tunisienne Leyla Bouzid.

Le prix d’interprétation féminine est revenu à la Britannique d’origine sierra-léonaise Zainab Jah pour son rôle dans « Farewell Amor » de Ekwa Msangi (Tanzanie), tandis que chez les hommes Alassane Sy s’est illustré pour son rôle dans « Baamum Nafi » du Sénégalais Mamadou Dia.

Avec son film « Serbi » (Les tissus blancs) qui traite de la dignité de la femme dans une société patriarcale, le Sénégalais Moly Kane remporte le poulain d’or dans la section fiction court métrage. « Amani » de la Rwandaise Alliah Fafin et « Zalissa » de la Burkinabè Carine Bado reçoivent respectivement l’argent et le bronze.

Un festival « malgré l’adversité »

Les trophées ont été remis au Palais des sports de Ouaga 2000 par les présidents burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et sénégalais Macky Sall, dont le pays était l’invité d’honneur de 27è Fespaco.

Se réjouissant d’avoir réussi au cours du festival la projection de « 500 œuvres au profit de 150 000 festivaliers » venus de 64 pays, « malgré l’adversité liée à l’« insécurité et à la Covid-19 », le délégué général du Fespaco Moussa Alex Sawadogo, a donné rendez-vous du 25 février au 4 mars 2023 à Ouagadougou pour la 28e édition du festival.

Un « mini Fespaco » itinérant doit avoir lieu dans le nord du Burkina Faso, région la plus touchée par les attaques jihadistes qui, en six ans, ont fait environ 2 000 morts et 1,4 millions de déplacés.

Procès Sankara : malade et mutique, Blaise Compaoré, le grand absent

Par  - envoyé spécial à Ouagadougou
Mis à jour le 25 octobre 2021 à 13:08
 


Blaise Compaoré à New York, le 26 septembre 2013. © REUTERS/Lucas Jackson

 

L’ancien président n’était toujours pas à la reprise du procès de l’assassinat de Thomas Sankara, ce lundi 25 octobre. S’il refuse de faire face à la justice, l’exilé d’Abidjan, dont la santé est au centre de nombreuses questions, espère rentrer un jour dans son pays.

« Blaise Compaoré, dit Jubal. » Dans la salle, aucune réponse. Quand il procède à l’appel des accusés, ce lundi 11 octobre, à l’ouverture du procès de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons, le juge Urbain Méda ne peut que constater ce à quoi tout le monde s’attendait : la chaise réservée à l’ancien président burkinabè reste désespérément vide. Le principal suspect de ce procès historique est bel et bien absent. Au grand dam des familles des victimes et de tous ceux qui espéraient le voir, enfin, s’expliquer sur cette affaire sanglante qui lui colle à la peau depuis ce funeste 15 octobre 1987.

S’il avait été là, aurait-il seulement pu donner sa version des faits ? D’Abidjan, où il vit en exil depuis sa chute en 2014, à Ouagadougou, ceux qui le côtoient en doutent. Car malgré l’omerta de sa famille et de la plupart de ses proches, le constat est là, implacable : Blaise Compaoré est malade. Les quelques témoins qui l’ont vu récemment et qui acceptent de parler, sous couvert d’anonymat, rapportent tous les mêmes symptômes.

À 70 ans, le « beau Blaise » se porte plutôt bien physiquement, mais sa tête a commencé à le lâcher. Ses propos manquent de cohérence, il a parfois des absences. « Il tient une discussion normale puis, d’un coup, il passe du coq à l’âne », confie une source bien informée à Ouagadougou. « Il a beaucoup de trous de mémoire, confirme un de ses fidèles. C’est sûrement la vraie raison de son absence à ce procès. Il n’aurait pas pu comparaître devant la cour : il aurait été humilié. Et de toute façon, qu’il soit là ou non, il sera condamné à la perpétuité. »

Incapable d’être interrogé

Même les quelques avocats des parties civiles dans la confidence partagent cet avis. « Quelqu’un dans cet état ne peut pas être jugé dans un tel procès. Il est incapable d’être interrogé », souffle l’un d’entre eux. D’autres s’étonnent que sa défense ne se soit pas servie de ce motif médical. « Tout simplement parce que ce n’est pas digne, c’est dégradant. Le président a une image qu’il faut préserver », explique-t-on dans l’entourage de Compaoré.

Bien qu’il n’y ait aucun doute sur la gravité de sa pathologie, difficile de savoir de quoi souffre exactement l’ancien homme fort de Ouagadougou. Seuls ses intimes sont au courant. Alassane Ouattara probablement aussi – même s’il a, selon un confident de Roch Marc Christian Kaboré, toujours affirmé le contraire à son homologue burkinabè.

D’abord suivi au Maroc, Blaise Compaoré a effectué de nombreux séjours au Qatar ces dernières années et y est désormais soigné. Il a notamment passé plusieurs mois confiné à Doha, pendant la pandémie de Covid-19, début 2020. À son retour, certains commençaient à s’inquiéter pour lui. Début 2021, il est retourné dans l’Émirat pour y être opéré du cerveau. Sans grand succès. Depuis, son état de santé se dégrade progressivement.

Isolé et humilié

En parallèle, à Ouagadougou, le dossier Sankara avance. Le 13 avril, la justice militaire a confirmé la mise en accusation de quatorze suspects, dont l’ancien président, poursuivi pour attentat à la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et recel de cadavres. Le procès tant attendu par nombre de Burkinabè semble alors imminent, même si aucune date n’est encore officiellement fixée. En coulisse, ceux qui travaillent au retour de Blaise Compaoré au Burkina Faso se disent qu’il reste encore une petite marge de négociation avant sa tenue.

Car ce n’est un secret pour personne : Blaise Compaoré, exilé sur les bords de la lagune Ébrié depuis sa chute en 2014, vit mal son éloignement. Il sait à quel point être chassé du pouvoir pour se réfugier chez ses beaux-parents est considéré comme une humiliation dans la culture populaire.

Isolé, celui qui a désormais la nationalité ivoirienne ne cache pas son envie de rentrer au pays pour y finir sa vie. Reste à contourner un obstacle de taille : la menace judiciaire que fait peser sur lui l’affaire Sankara – sans parler des autres poursuites qui le visent dans la répression de l’insurrection populaire de 2014.

SI BLAISE COMPAORÉ RENTRE, IL PASSERA PAR LA CASE JUSTICE

Début mai, trois semaines après la mise en accusation de Compaoré, Zéphirin Diabré, le ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale, est dépêché à Abidjan par Roch Marc Christian Kaboré. Officiellement, il y est envoyé pour présenter le processus de réconciliation que son patron souhaite initier pendant son second mandat. Officieusement, durant les 48 heures qu’il passe en Côte d’Ivoire, il est surtout question des conditions d’un éventuel retour de l’ancien chef de l’État.

D’abord reçu par Alassane Ouattara au palais présidentiel, Diabré est ensuite convié à la résidence du président ivoirien en compagnie de Blaise Compaoré, qu’il n’a plus revu depuis 2014. Le lendemain, il rencontre à deux reprises « l’État-major » de Compaoré à Abidjan : ses anciens ministres, René Émile Kaboré, Salif Kaboré et Assimi Kouanda (décédé début juin).

À tous, Zéphirin Diabré réitère la position des autorités burkinabè, laquelle tient en trois mots : vérité, justice, réconciliation. « Nous l’avons toujours dit et répété à nos différents interlocuteurs ivoiriens et burkinabè dans ce dossier : s’il rentre, Blaise Compaoré passera par la case justice. Il ne peut y avoir de débat là-dessus« , explique un collaborateur de Roch Kaboré.

Aux yeux du président, les problèmes du pays ne pourront se régler sans que justice se fasse, dans l’affaire Sankara comme dans d’autres. Question d’opinion publique, aussi. L’intéressé connaît parfaitement les attentes judiciaires de ses compatriotes, en particulier sur l’assassinat de celui qui est devenu une icône nationale et panafricaine.

Renvoi d’ascenseur

Lors de sa rencontre nocturne avec Diabré chez Ouattara, Blaise Compaoré écoute mais ne dit rien ou presque. Celui qui est à la manœuvre, c’est le président ivoirien. « Alassane le protège et l’assiste. Il lui est redevable et il le lui rend bien. Il joue son rôle de protecteur, comme Blaise l’avait fait pour lui pendant la guerre civile ivoirienne [dans les années 2000]. C’est une sorte de renvoi d’ascenseur », résume une source qui connaît bien les deux hommes.

Certes, Ouattara a toujours considéré Compaoré comme un frère et n’a jamais oublié que sans lui et son appui, il ne serait peut-être pas au pouvoir aujourd’hui. Mais il cherche aussi une solution à cette affaire qui perturbe les relations avec le pays voisin. « Il veut surtout lui éviter de mourir en Côte d’Ivoire et cherche donc à le renvoyer au Burkina, mais de façon élégante », croit savoir un haut responsable à Ouaga.

PAS D’ARRESTATION À SA DESCENTE D’AVION, ET ENCORE MOINS DE PASSAGE EN PRISON. EN BREF, PAS DE « CASE JUSTICE »

Faire rentrer Blaise Compaoré, donc, mais pas à n’importe quelles conditions. Alassane Ouattara fixe les siennes clairement : hors de question que l’ancien président burkinabè subisse une humiliation publique à son retour. Pas d’arrestation à sa descente d’avion, et encore moins de passage en prison. En bref, pas de « case justice », comme le réclament Kaboré et ses proches, et la garantie que son hôte ne sera pas inquiété outre mesure s’il repasse la frontière.

Côté burkinabè, la ligne reste la même : impossible de donner des garanties sur l’attitude des juges qui, aime-t-on le rappeler à Ouagadougou, sont indépendants. « Nous savons que c’est difficile pour Ouattara de comprendre cela, mais chez nous, les magistrats – y compris ceux de la justice militaire – agissent de manière autonome », tacle une source judiciaire burkinabè.

Villa en chantier

Malgré ce blocage apparent, l’idée d’une résidence surveillée et aménagée pour Blaise Compaoré est quand même évoquée. Selon ses proches, Roch Kaboré n’y est pas opposé. « Le président a même accepté que Compaoré puisse recevoir des gens », ajoute un de ses intimes.

Dans un premier temps, l’idée de laisser l’ex-chef de l’État s’installer dans sa villa à Ziniaré, son village situé à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, est envisagée. Mais elle a finalement été retoquée par sa famille qui a estimé que cette option n’était pas adaptée, tant au niveau sécuritaire, en raison du grand parc animalier qui borde la résidence familiale, qu’au niveau médical, vu la distance à parcourir en cas d’urgence.

Une villa d’État, dans le quartier de Ouaga 2000, à quelques centaines de mètres du palais de Kosyam, est alors identifiée. Des travaux de restauration y sont menés par les autorités. « Le président suivait lui-même le chantier », poursuit notre source. Une délégation de la famille Compaoré se rend sur place pour la visiter. Des photos sont aussi envoyées en Côte d’Ivoire pour prouver le bon avancement du projet.

UNE RÉSIDENCE SURVEILLÉE, UN ÉVENTUEL AMÉNAGEMENT DE PEINE… MAIS COMMENT CROIRE À TOUT CELA ?

Mais Chantal Compaoré n’est pas emballée par cette maison. L’ex-première dame a évidemment son mot à dire dans les tractations sur le sort de son mari. Au fond, assurent plusieurs sources, elle n’a guère envie de revenir au Burkina Faso. Cette Ivoirienne est chez elle et se plait à Abidjan, où elle a de la famille et des amis.

Le premier cercle de l’ex-président se méfie. François Compaoré, son frère cadet, exilé en France mais sous la menace d’une extradition au Burkina Faso, n’a aucune confiance en la justice burkinabè et refuse qu’il rentre. « Ils évoquent une résidence surveillée, un éventuel aménagement de peine… Mais comment croire à tout cela ? À partir du moment où il est mis à la disposition de la justice et qu’un procès est ouvert, il est impossible d’avoir la moindre garantie », s’agace un ex-ministre de Compaoré. « Si Kaboré était sincère, il aurait commencé par appeler le président, ne serait-ce que par courtoisie. Nous ne lui faisons pas confiance », abonde un autre.

Une épine dans le pied

En juillet, Compaoré repart au Qatar pour un check-up médical. À Abidjan, on s’inquiète des rumeurs en provenance de Ouaga, où les juges ont laissé entendre qu’ils n’entendaient faire aucune fleur à Compaoré s’il rentrait. En clair, une interpellation dès sa descente d’avion pour se voir notifier les charges qui pèsent contre lui n’est pas à exclure. Le 17 août, la nouvelle tombe : le procès des assassins présumés de Thomas Sankara s’ouvrira le 11 octobre. Le dialogue est rompu. Il n’est désormais plus question de quoi que ce soit. « Le schéma envisagé était assez simple : on s’arrange pour le faire venir en résidence surveillée, il est jugé, et si peine il y a, il la purge dans des conditions confortables avant d’être amnistié à la faveur de la réconciliation nationale, explique une source au cœur du dossier. Maintenant qu’il a fait le choix de fuir la justice, tout devient beaucoup plus compliqué. »

ON NE COMPRENDRAIT PAS QU’IL FINISSE SA VIE EN EXIL EN CÔTE D’IVOIRE ET NON CHEZ LUI AUPRÈS DES SIENS

Désormais jugé par contumace pour des faits qui pourraient lui valoir la prison à perpétuité, Blaise Compaoré n’a pas fini d’alimenter la chronique. Et demeure une épine dans le pied de Roch Marc Christian Kaboré qui, depuis son arrivée au pouvoir, fin 2015, cherche à régler le cas de son prédécesseur. Or, vu son état de santé, le temps commence à presser. Beaucoup, notamment au sein de la communauté mossi, dont sont issus les deux hommes, ne comprendraient pas qu’il puisse finir sa vie en exil en Côte d’Ivoire et non chez lui, auprès des siens. Parmi les pro-Compaoré, personne non plus n’a oublié les mots de Kaboré lors d’un meeting à Ziniaré, où il avait déclaré, fin 2020, avant sa réélection, qu’il fallait « préparer » le retour de son aîné. « Le président est très prudent sur cette question, explique un de ses lieutenants. Il ne veut pas donner l’impression de marchander avec la justice, mais en sous-main il fait ce qu’il peut pour tenter d’arranger les choses. »

Aussi proches furent-ils pendant plus de vingt ans, Kaboré et Compaoré ne sont plus en contact direct depuis que leurs chemins politiques se sont séparés, début 2014. En avril 2019, Blaise Compaoré avait écrit une lettre à son ancien Premier ministre, dans laquelle il lui faisait part de sa « disponibilité » et de son « soutien » face à la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso. Une missive restée sans réponse. Les relations entre ces deux hommes qui se connaissent sur le bout des doigts sont d’autant plus complexes que leurs familles sont liées : le petit frère de Kaboré est en effet marié à la nièce directe de Compaoré. « Chez nous, avec de tels liens familiaux, il est impensable de se retrouver dans une situation pareille », se désole un fidèle de l’ancien président.

Grand raout de réconciliation

Comment sortir de cette impasse ? Les pro-Compaoré misent en partie sur le Forum national de réconciliation, qui se tiendra du 17 au 23 janvier 2022. Ce grand raout rassemblera 5 000 participants issus des « forces vives » de la nation au palais des sports de Ouaga 2000. Objectif : trouver des solutions pour permettre la réconciliation nationale et renforcer la cohésion sociale. Certains estiment que ce Forum pourrait être une bonne occasion de faire un geste si le procès Sankara est terminé d’ici là. « Kaboré peut faire usage de son pouvoir de grâce ou adopter des mesures d’amnistie, surtout si la classe politique et les participants au Forum poussent en ce sens », imagine un proche de Blaise Compaoré. « Une fois que le procès sera bouclé, ce type de solution politique n’est pas à écarter », estime un collaborateur de Kaboré.

En attendant, nul doute que l’ex-chef de l’État sera encore absent à la reprise des audiences, le 25 octobre. Reclus dans sa grande villa de Cocody Ambassades, il poursuivra son quotidien confortable mais monotone d’ancien président exilé. À ses côtés reste un dernier carré de fidèles, qui se réduit au fil du temps. Son épouse Chantal, bien sûr, mais aussi leur fille Djamila quand elle est de passage. Quelques membres du personnel et de sa sécurité. Parmi ses anciens ministres, il n’y a guère plus que René Émile Kaboré qui vient le voir régulièrement. Une fin de vie isolée, dont l’acteur principal ne cerne plus tous les contours. Lui qui n’est déjà probablement plus en mesure de raconter enfin ce qu’il a fait le 15 octobre 1987.