Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

Frère Alois : « Noël appelle à la compassion, au refus de l’exclusion, à la simplicité »

Entretien

L’année a été marquée par de nouvelles révélations sur les abus sexuels commis dans l’Église. Un choc encore présent dans l’esprit de nombreux catholiques. En ce Noël, Frère Alois, prieur de la communauté œcuménique de Taizé, invite à « être au plus près des victimes, par la prière et par les gestes ».

  • Recueilli par Malo Tresca, 

Lecture en 3 min.

 

Frère Alois : « Noël appelle à la compassion, au refus de l’exclusion, à la simplicité »
 
À l’occasion de à Noël , il est important, pour le frère Alois, que « les personnes vulnérables » se sentent « protégées dans des lieux d’Église ». Ici, lors d’un rassemblement de jeunes organisé par la communauté de Taizé à Wroclaw, en Pologne.MICHAEL DEBETS/PACIFIC PR/SIPA
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La Croix : Comment vivre Noël – fête, par essence, de l’enfance, de la vulnérabilité, de l’émerveillement… –, en ayant en tête les douloureuses révélations d’abus sexuels commis au sein de l’Église ? Comment supporter ce paradoxe ?

Frère Alois : C’est un grand défi, en effet, de célébrer ce Noël en revenant au cœur du message de l’Évangile, et en sachant combien nous avons – nous tous, comme l’Église en tant que telle – besoin d’une conversion personnelle. Nous ne pouvons le fêter en mettant de côté les affaires de pédocriminalité. Mais je pense aussi que ce contexte particulier nous montre, à nouveau, la force du message de Noël : le Christ, en venant au monde, apporte la paix de Dieu, et la justice pour ceux qui souffrent. Tout au long de sa vie, jusqu’à la croix, il s’est mis au côté de ceux qui ont subi un abus, qui étaient loin, isolés. À Noël,nombreux sont ceux qui ressentent profondément la solitude : je pense beaucoup, cette année, aux victimes de cette douloureuse réalité. En reconnaissant leur solitude, nous devons être le plus près possible d’elles, dans nos prières comme dans nos gestes.

→ À LIRE. Noël, les évêques de France exhortent à ne pas céder au découragement 

Cette fête attire aussi des pratiquants plus occasionnels. Comment trouver les mots justes pour aborder ce thème de l’enfance, que beaucoup risquent de relier, consciemment ou non, aux scandales ?

F. A. : Cela passe déjà par l’écoute de ce que les victimes nous disent, de leur colère, de leurs reproches, pour que nous en tirions les conséquences. Voilà peut-être l’un des messages forts que nous aimerions pouvoir dire à Noël : que les personnes vulnérables peuvent se sentir protégées dans des lieux d’Église… Mais pour cela, il y a encore beaucoup à faire.

La communauté de Taizé n’a pas été épargnée par la crise des abusDans quel état d’esprit s’apprête-t-elle à vivre Noël ?

F. A. : Nous sommes en lien avec les personnes qui ont été victimes de frères. C’est un processus de long terme, pas uniquement lié à la fête de Noël. Plus largement, nous réfléchissons à la mise en œuvre des préconisations de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). En communauté, nous lisons le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), pour voir quels points nous concernent directement. Par ailleurs, nous ne voulons pas oublier d’autres questions graves qui traversent nos sociétés, comme celle des migrations. Cette année, je pars avec un frère passer Noël à Lampedusa (Italie), auprès des réfugiés qui affluent nombreux sur l’île.

Quelles ressources puiser pour retrouver le sens profond de Noël ?

F. A. : Nous pouvons être plus attentifs à la manière dont Dieu travaille dans l’Histoire, en dialoguant avec l’humanité dans un amour illimité. Nous pensons souvent trop en termes d’influences, de pouvoir, d’efficacité dans nos sociétés… Or Noël appelle à tout autre chose : à la compassion, au refus de l’exclusion, à la simplicité ! Il s’agit d’incarner beaucoup plus, dans nos vies, l’exemple de Jésus. Pour moi, cela passe aussi par la contemplation de la Nativité : Dieu est entré en relation avec nous en se faisant dépendant de l’humanité. Que ce mystère rayonne encore aujourd’hui me bouleverse profondément.

→ CRITIQUE. Aux origines de l’« aventure Taizé »

Quels espoirs nourrissez-vous pour l’avenir de l’Église ?

F. A. : Des espoirs d’unité, à l’heure où nous voyons s’affirmer des polarisations de plus en plus fortes, dans le monde comme dans l’Église. Le dialogue, dans certaines situations, devient très difficile. Or, en tant que chrétiens, nous avons le devoir, en ce moment historique, de vivre notre diversité – saine, et nécessaire – dans l’unité, dans nos Églises comme entre nos confessions respectives. Si nous n’arrivons pas à en être davantage le signe, comment proclamer de manière crédible le message de paix, de solidarité de l’Évangile ? C’est l’un des grands défis du Synode sur la synodalité. Pour moi, c’est aussi un message qui revêt une force particulière à l’approche de Noël, alors que Jésusest justement venu pour réunir l’humanité entière en lui, dans une unité qui respecte notre belle diversité.

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Une rencontre européenne de Taizé en deux temps

Devant l’évolution des mesures sanitaires liées à la pandémie, la rencontre européenne annuelle de Taizé se déroulera, pour la seconde année consécutive, en ligne (1) du 28 décembre 2021 au 1er janvier 2022 à Turin (Italie). « Les émissions seront réalisées depuis là-bas, avec quelques frères et la présence de jeunes de la région. Ceux qui souhaitent participer pourront le faire via Internet », avaient annoncé fin novembre les organisateurs. Un rassemblement en présentiel est prévu à Turin du 7 au 10 juillet 2022.

(1) Rens. : taize.fr

Au Pakistan, bientôt une loi contre les conversions forcées ? Abonnés

Les faits

Le président Arif Alvi a annoncé, mercredi 22 décembre, la promulgation prochaine d’une loi destinée à lutter contre les conversions forcées. Au Pakistan, près de 1 000 jeunes filles chrétiennes ou hindoues sont enlevées chaque année pour être mariées de force à des musulmans.

  • Matthieu Lasserre, 
Au Pakistan, bientôt une loi contre les conversions forcées ?
 
Au Pakistan, une loi contre les conversions forcées et pour le respect des différents cultes pourrait voir le jour (photo d’illustration).AKHTAR SOOMRO/REUTERS

À l’approche de Noël, les chrétiens du Pakistan pourraient bientôt recevoir une bonne nouvelle. Lors d’une réunion, qui s’est tenue à Islamabad mercredi 22 décembre avec les responsables des différentes communautés religieuses du pays – chrétiens, musulmans, sikhs, hindouistes et bouddhistes… –, le président pakistanais Arif Alvi a annoncé la promulgation prochaine d’une loi contre les conversions forcées et pour le respect des différents cultes.

→ À LIRE. Au Pakistan, les catholiques aux côtés des victimes de mariages forcés

« Les chrétiens ont joué un rôle important dans la création du Pakistan et de nombreux chrétiens, hindous et sikhs ont décidé de rester dans le pays au moment de la partition avec l’Inde, a rappelé le président, dont la fonction est essentiellement représentative. Au Pakistan, une loi sera promulguée contre les conversions religieuses forcées et les enfants apprendront dans les écoles le respect et le caractère sacré de toutes les religions et de tous les lieux de culte. »

Un espoir pour les chrétiens

Un projet de loi similaire était à l’étude au mois d’octobre. Celui-ci avait été rejeté par une commission parlementaire avant même d’être présenté au Parlement car jugé « non islamique ». Le phénomène des conversions forcées est pourtant endémique au Pakistan, où, chaque année, environ un millier de jeunes femmes hindoues ou chrétiennes sont enlevées pour être mariées de force à des musulmans. Si la justice est parfois saisie, elle peut valider cependant les mariages prononcés.

Selon l’agence Fides, Arif Alvi a incité ses compatriotes à refuser la violence et le conflit et a mis en avant les similitudes entre l’islam et le christianisme : « Le monde a aujourd’hui grand besoin de diffuser le message de paix donné par Jésus-Christ et le prophète Mohammed », a-t-il appelé.

Le dominicain James Channan, directeur d’un centre catholique à Lahore et présent à cette réunion, a confié à Fides être « très heureux » de la tenue d’une telle rencontre. « Nous croyons que cultiver et vivre dans de bonnes relations de dialogue interreligieux et d’harmonie contribue à un meilleur Pakistan, s’est-il réjoui. Des réunions comme celles-ci se multiplient dans toute la nation et peuvent entraîner un énorme changement dans la mentalité des gens au Pakistan, pour éliminer la violence, la haine, la discrimination. »

Lynchage

Au Pakistan, pays à grande majorité musulmane, les minorités religieuses sont régulièrement prises pour cible par les fondamentalistes. Le 3 décembre, un homme d’affaires sri-lankais, accusé de blasphème, a été battu à mort puis immolé par une foule dans la ville de Sialkot (nord-est). Durant sa rencontre avec les autorités religieuses, le président pakistanais a dénoncé ce meurtre, évoquant une « source de honte pour la nation », à l’opposé des enseignements religieux, « la compassion et la bonté envers les autres, la bienveillance ».

Les chrétiens forment la deuxième minorité confessionnelle dans le pays, où ils représentent 1,6 % de la population. Ils représentent toutefois quelque 12 % des personnes accusées de blasphème, un motif souvent prétexte à des persécutions pouvant aller jusqu’à la mort.

 

Les Églises chrétiennes réclament la création d’une « zone spéciale » dans la Vieille Ville de Jérusalem

Explication

Les Églises chrétiennes de Terre sainte ont appelé, lundi 13 décembre, à la mise en place d’un statut particulier protégeant le quartier chrétien de la Vieille Ville de Jérusalem des « agressions physiques et verbales » de la part de groupes radicaux.

  • Juliette Paquier, 

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Les Églises chrétiennes réclament la création d’une « zone spéciale » dans la Vieille Ville de Jérusalem
 
Le quartier chrétien de Jérusalem. MAXPPP

Qu'est-ce qu'une "zone spéciale" ?

Treize Églises chrétiennes de Terre sainte ont publié, lundi 13 décembre, à l’initiative du patriarche grec-orthodoxe Theophilos III, une alerte vis-à-vis de la « menace » qui pèse sur la présence chrétienne à Jérusalem.

→ EXPLICATION. Résolution de l’ONU sur Jérusalem : le vote français provoque des réactions de la communauté juive

Elles demandent au gouvernement israélien d’ouvrir au plus tôt un « dialogue » en vue de créer une « zone spéciale de culture et de patrimoine » dans le quartier chrétien de la Vieille Ville. Autrement dit, que le statut spirituel et culturel de ce quartier chrétien soit inscrit dans la loi israélienne, comme c’est le cas pour le quartier juif.

► À quoi servirait une telle zone ?

Selon les signataires, sa création permettrait de protéger le quartier chrétien des atteintes dont sont victimes les habitants depuis plusieurs années. Les responsables religieux alertent en effet sur le nombre d’« agressions physiques et verbales contre des prêtres et d’autres membres du clergé (…), avec des lieux saints régulièrement vandalisés et profanés, et l’intimidation permanente des chrétiens locaux ». Ils dénoncent également l’acquisition de « propriétés stratégiques » du quartier chrétien par des « groupes radicaux marginaux », qui traduit, selon eux, une « tentative systématique de chasser la communauté chrétienne de Jérusalem ».

→ ARCHIVE. En Israël, un sentiment antichrétien chez certains juifs

Les responsables des Églises de Terre Sainte rappellent au passage que les pèlerinages chrétiens du monde entier apportent « de grands avantages à l’économie et à la société d’Israël », citant un récent rapport de l’université de Birmingham, selon lequel le flux de pèlerins et les touristes « contribuent à hauteur de trois milliards de dollars à l’économie israélienne ». De plus, la petite communauté chrétienne locale fournit à tous une quantité « disproportionnellement élevée » de services éducatifs, sanitaires et humanitaires à travers Israël, la Palestine et la Jordanie.

► Pourquoi une telle demande ?

Rédactrice en chef de Terre sainte Magazine, Marie-Armelle Beaulieu resitue cet appel dans le contexte de tensions entre le Patriarcat grec-orthodoxe et l’organisation ultranationaliste juive Ateret Cohanim (« Couronne des prêtres »),au sujet de son acquisition controversée de biens immobiliers du patriarcat dans les années 2000.

Cette interminable bataille juridique s’inscrit dans la stratégie de l’organisation qui œuvre pour la colonisation israélienne de Jérusalem-Est. Lors de la cérémonie de l’illumination du sapin de Noël, jeudi 9 décembre, le patriarche Theophilos a d’ailleurs appelé à ne pas céder aux intimidations.

Pour autant, la pression exercée par Ateret Cohanim ne concerne pas uniquement la communauté grecque-orthodoxe, mais l’ensemble des chrétiens présents à Jérusalem. « S’il faut rappeler que ce groupe ne traduit ni la pensée des Israéliens dans leur ensemble ni celle de la communauté juive, on observe tout de même qu’il gagne progressivement du terrain », constate Marie-Armelle Beaulieu.

Selon elle, la demande de création d’une « zone spéciale » permettrait de rappeler que « Jérusalem n’appartient ni à une seule nation, ni à un seul peuple, ni à une seule religion », alors que le nombre de chrétiens présents dans la Vieille Ville est en baisse.

 

Bouddhisme : que représente encore aujourd’hui le dalaï-lama ? 

 

Une soixantaine de membres du Congrès américain ont appelé, mardi 14 décembre, le président Joe Biden à rencontrer le dalaï-lama, pour relancer l’attention internationale sur la situation au Tibet. À 86 ans, le guide spirituel, officiellement retiré de la vie politique depuis 2011, demeure une figure internationale incontestée.

  • Malo Tresca, 

Lecture en 3 min.

Bouddhisme : que représente encore aujourd’hui le dalaï-lama ?
 
Le dalaï-lama en 2016.FREDERICK FLORIN/AFP

Le vœu d’une rencontre hautement symbolique pour relancer l’attention internationale sur la situation au Tibet à l’aune du gel, depuis douze ans, du dialogue avec Pékin. Mardi 14 décembre, une soixantaine de membres - démocrates et républicains - du Congrès américain ont exhorté le président Joe Biden à organiser un rendez-vous avec le dalaï-lama.

À l’exception de son prédécesseur Donald Trump – vivement critiqué par le guide spirituel pour sa politique sur la crise climatique ou les droits des migrants –, tous les présidents des États-Unis se sont entretenus avec lui depuis le mandat de George Bush père, dans les années 1990.

→ ENQUÊTE. Les « enfants » du dalaï-lama, le projet secret entre la France et le Tibet

Par ailleurs, 38 sénateurs et 27 élus de la Chambre des représentants ont encore appelé la Maison-Blanche à faire pression sur la Chine pour que celle-ci renoue le dialogue avec les représentants du dalaï-lama. « (Ce serait la) manifestation visible d’une diplomatie de principes qui accorde une place prioritaire aux droits de l’homme (…)», ont notamment insisté les sénateurs américains Marco Rubio et Patrick Leahy. Et dans le cas où l’ancien Nobel de la paix 1989 était en incapacité de se déplacer, les élus suggèrent l’envoi de la vice-présidente Kamala Harris en Inde, où il réside depuis 1959 et l’offensive chinoise sur le Tibet.

« Très actif »

Cette rencontre pourrait-elle aboutir ? « Par le passé, les États-Unis ont montré qu’ils n’étaient pas frileux à la perspective de braquer Pékin, même si les relations sont actuellement déjà très tendues. Cela démontre que la Chine n’a pas encore réussi à faire taire toutes les voix qui s’élèvent contre les atrocités qu’elle peut commettre »,explique à La Croix Antony Boussemart, président de l’Union bouddhiste de France (UBF) et secrétaire du bureau de l’Observatoire Pharos, plateforme spécialisée sur le pluralisme des cultures et des religions.

Retransmissions de conférences, rencontres avec des visiteurs de tous les continents, audiences publiques… Malgré son retrait officiel de la vie politique en 2011 – et la déclaration, en avril 2019, d’une infection pulmonaire l’ayant contraint à limiter ses voyages à l’étranger –, la plus haute figure du bouddhisme tibétain reste très active et au fait de l’actualité internationale, depuis son temple de Dharamsala, dans le nord de l’Inde. Lundi 13 décembre, il avait encore écrit à Joe Biden pour lui exprimer ses « condoléances », dans le sillage des tornades meurtrières ayant dévasté, quatre jours plus tôt, plusieurs États du pays.

« Aura »

S’il n’exerce plus aucun pouvoir politique – la présidence du gouvernement tibétain en exil est aujourd’hui assurée par Lobsang Sangay, 52 ans, diplômé de Harvard et citoyen américain –, le 14e dalaï-lama figure régulièrement parmi les personnalités les plus appréciées au classement du Time Magazine, conservant une grande aura à l’international.« Il y a toujours une forte ferveur autour de sa personne, de son message. Au-delà de la communauté tibétaine, du giron des bouddhistes pratiquants, il reste indéniablement une figure spirituelle et intellectuelle marquante et respectée des XXe et XXIe siècles », poursuit Antony Boussemart.

→ À LIRE. Le dalaï-lama, leader spirituel toujours actif et respecté

Mais sa voix est-elle toujours aussi audible, notamment auprès des jeunes ? « Il est beaucoup intervenu sur la question centrale de la crise environnementale, l’une des préoccupations majeures de la jeunesse. Mais je ne suis pas certain que les outils utilisés soient les plus adaptés pour s’adresser aujourd’hui à celle-ci, elle qui n’utilise moins souvent les canaux médiatiques [traditionnels] », estime-t-il encore.

Le « dernier » dalaï-lama ?

En dépit de son âge avancé – 86 ans –, de ses soucis de santé et des innombrables pressions exercées sur lui depuis près de sept décennies par Pékin, le dalaï-lama ne semble pas vouloir s’arrêter de sitôt. « Il est persuadé qu’il vivra centenaireEt il est persuadé aussi qu’il reverra le Tibet », confiait Sofia Stril-Rever, l’une de ses biographes, en février 2020 à La Croix.

→ ANALYSE. Tibet - France, des relations ambivalentes

Dans ce contexte géopolitique trouble, comment envisager l’avenir de la lignée de Tenzin Gyatso, qui fut installé le 22 février 1940, à l’âge de 4 ans et demi, comme 14e dalaï-lama ? En 2017, ce dernier avait annoncé qu’il interrogerait les Tibétains sur la pertinence, ou non, d’abolir cette institution quand il atteindrait l’âge de 90 ans, en 2025, alors que la Chine cherche activement à influencer la nomination de son successeur.

→ PODCAST. Marianne Meunier raconte comment elle a retrouvé les « enfants » du dalaï-lama »

 

À Athènes, les conseils du pape François à l’attention des catholiques minoritaires|La Croix Africa

Au premier soir de l’étape grecque de son voyage en Méditerranée, samedi 4 décembre, le pape François a multiplié les encouragements à la petite minorité catholique de Grèce. Il a aussi à nouveau présenté ses excuses aux orthodoxes pour les fautes du passé, plaidant pour l’unité des chrétiens.

Ne pas se décourager et voir sa faiblesse comme une force. C’est, résumé en quelques mots, les conseils donnés samedi 4 décembre par le pape François à la petite communauté catholique de Grèce. À la cathédrale catholique Saint-Denys, à Athènes, le pape a multiplié les encouragements aux fidèles de cette Église, qui fait figure de quantité négligeable face à l’omniprésente Église orthodoxe.

« Être minoritaires – et dans le monde entier l’Église est minoritaire — ne veut pas dire être insignifiants », a ainsi rassuré François, devant une majorité de laïcs et de nombreuses religieuses présents dans l’église.

Lire la suite de l’article Loup Besmond de Senneville dans la Croix-Africa le 6.12.21