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Nigeria : Bola Tinubu contre Atiku Abubakar, duel de vétérans en vue de la présidentielle de 2023

L’ancien gouverneur de Lagos, Bola Ahmed Tinubu, portera les couleurs du parti au pouvoir à la présidentielle de février 2023. Il affrontera un autre cacique de la politique nigériane, Atiku Abubakar, du Parti démocratique populaire (PDP).

Mis à jour le 20 juin 2022 à 17:31
 

Bola Tinubu (à g.), candidat de l’APC (le parti au pouvoir), et Atiku Abubakar, candidat du PDP. © Stefan Heunis /

AFP – Afolabi Sotunde/REUTERS – Montage JA

 

Avec déjà cinq tentatives au compteur, on pourrait croire qu’Atiku Abubakar a une longueur d’avance. En février 2023, l’éternel opposant, qui fut tout de même vice-président du Nigeria entre 1999 et 2007, s’élancera pour la sixième fois à l’assaut d’Aso Rock, le palais présidentiel d’Abuja. Face à lui, Bola Ahmed Tinubu, vainqueur de la primaire du Congrès des progressistes (APC) au début de juin, ferait presque figure de novice : cette campagne sera pour lui une première. Considéré comme le godfather (« parrain ») ou le « boss » de Lagos, la capitale économique, dont il fut sénateur puis gouverneur (1999-2007), il ambitionne de succéder à Muhammadu Buhari, lui aussi issu des rangs de l’APC. Au terme de deux mandats, le président en exercice a en effet décidé de ne pas se représenter, se conformant à la Constitution.

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L’alternance ?

Dos à dos pour la première fois, Abubakar et Tinubu vont rejouer le match qui, depuis l’avènement de la démocratie, oppose les deux formations habituées à se disputer la tête de l’État.

Arrivé au pouvoir en 1999, au lendemain de la mort du dictateur Sani Abacha, le Parti démocratique populaire (PDP) cherche à reconquérir la magistrature suprême de laquelle Muhammadu Buhari l’avait évincé en 2015. S’il y parvenait, Atiku Abubakar pourrait ainsi incarner la deuxième alternance démocratique du pays.

JE N’AI VU ÉCRIT NULLE PART QU’UN FAISEUR DE ROIS NE POUVAIT PAS ÊTRE ROI

Mais cette figure de l’opposition fait face à un homme d’influence. Réputé pour son entregent et décrit comme un faiseur de rois par ses soutiens comme par ses détracteurs, Bola Tinubu ne manque jamais une occasion de souligner le rôle qu’il a joué dans la carrière et les nominations politiques de certains de ses compagnons.

Il rappelle par exemple à l’envi ce que lui doit l’actuel vice-président, Yemi Osinbajo, qui s’est pourtant présenté contre lui lors de la primaire de l’APC. Tinubu se vante aussi d’avoir porté au pouvoir Muhammadu Buhari en s’associant, en 2013, à la création du Congrès des progressistes. « Je n’ai vu écrit nulle part qu’un faiseur de rois ne pouvait pas être roi », a-t-il d’ailleurs glissé devant la presse en janvier dernier.

Aujourd’hui, Tinubu sort de son fief de Lagos pour ferrailler sur le terrain d’Atiku Abubakar. Lors du scrutin présidentiel de 2019, celui-ci avait en effet emporté l’adhésion d’une importante partie des États du Sud dans son duel contre Muhammadu Buhari, populaire, lui, dans le Nord musulman. Ce dernier avait néanmoins gagné l’élection avec plus de 55% des voix.

« Machines à cash »

Comme son adversaire, Atiku Abubakar sait pouvoir compter sur une manne financière pour faire campagne. Tous deux à la tête d’une fortune colossale, véritables « machines à cash », ils tirent leurs revenus de secteurs tels que l’hôtellerie, l’aviation, l’immobilier. Bola Tinubu est également présent dans les médias. Atiku Abubakar, lui, évolue dans le secteur pétrolier.

La provenance de leur fortune alimente tous les soupçons. Tinubu a plusieurs fois été accusé de corruption et de blanchiment d’argent. Il a toutefois toujours été innocenté. Le nom d’Atiku Abubakar a, lui, été cité par l’Agence gouvernementale de lutte contre la corruption en 2007, ainsi que dans les Panama Papers, en 2016.

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Au-delà de leurs moyens financiers, l’origine des candidats pourrait devenir un argument de campagne. Au Nigeria, une règle tacite prévoit en effet une alternance de présidents entre ceux originaires du Nord et ceux originaires du Sud, afin de maintenir l’unité du pays le plus peuplé d’Afrique. Muhammadu Buhari étant un « nordiste », ce principe pourrait jouer en faveur de Bola Tinubu, natif du Sud-Ouest, alors qu’Atiku Abubakar lui, est issu de l’État d’Adamawa, dans le Nord-Est.

« La tradition voudrait qu’un candidat du Sud succède à Buhari. En choisissant Abubakar comme candidat, le PDP a pris un risque, mais les deux hommes jouissent d’une très forte influence dans le pays. Rien n’est donc joué », explique Teniola Tayo, chercheuse à l’Institut d’étude et de sécurité (ISS), au Nigeria. « L’origine des candidats ne fera pas tout. Si Tinubu est très fort dans le Sud, il n’en jouit pas moins d’importants soutiens dans le Nord. Et l’inverse est tout aussi vrai pour Abubakar », ajoute cette spécialiste de la politique nigériane.

Pour le choix de leur colistier, les deux hommes devront aussi tenir compte du facteur religieux. Par tradition, des candidats musulmans désignent des vice-présidents chrétiens. Abubakar aura donc le choix entre plusieurs profils de chrétiens du Sud (région majoritairement chrétienne). La tâche devrait se révéler moins aisée pour Tinubu, qui aura plus de peine à trouver un numéro deux chrétien issu du Nord, à majorité musulmane.

La jeunesse comme arbitre

Quels que soient les profils vers lesquels se tourneront les candidats, la campagne qui les opposera s’annonce musclée. Abubakar, qui promet un gouvernement plus décentralisé et la privatisation des raffineries de pétrole en difficulté, critique déjà le bilan contesté de Buhari. « Le gouvernement APC a divisé le Nigeria, tant sur le plan régional que sur le plan religieux », a-t-il affirmé en mai à Abuja, lors de son élection à la primaire du PDP, promettant « des changements radicaux ». En réponse, son rival attaque le bilan des seize années de pouvoir du PDP.

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À l’issue du scrutin, le vainqueur se trouvera devant des défis immenses, aussi bien sur le plan économique qu’en matière de sécurité, à l’heure où le Nigeria est confronté à une montée des violences sur plusieurs fronts : insurrection jihadiste dans le Nord-Est depuis plus de dix ans, banditisme, tentations séparatistes dans le Sud.

Respectivement âgés de 75 et 70 ans, Abubakar et Tinubu devront surtout convaincre la jeunesse, fortement touchée par le chômage. Dans ce pays où 60% de la population a moins de 25 ans, une partie de l’électorat pourrait préférer un outsider à la vieille garde politique qu’ils incarnent.

Mali: au moins vingt civils tués dans une attaque au nord de Gao, de nombreux déplacés

 

Au moins 20 civils ont été tués samedi 18 juin au nord de Gao, principale ville du nord du Mali, par des hommes armés, de présumés jihadistes. Cette nouvelle attaque de population civile a entraîné de nouveaux déplacements de populations.

Selon les témoignages recueillis, des hommes armés ont débarqué à moto samedi dans la localité de Ebak et ses environs, des localités situées à quelques dizaines de kilomètres au nord de Gao, principale ville du nord du Mali. Les hommes armés sont descendus de leurs engins, ont été rejoints par d’autres hommes armés et des coups de feu ont été entendus.

Au moins 20 civils ont été tués et six autres sont portés disparus. Les assaillants sont ensuite repartis avec du bétail appartenant à des habitants. Le lendemain, dans la crainte d’une nouvelle attaque, une partie de la population civile a pris la direction du Sud.

Plusieurs centaines de personnes sont désormais regroupées sans défense sur un site d’hébergement, des élus de la région lancent un appel au gouvernement malien afin d’assurer leur sécurité. Car les groupes de criminels, les groupes armés et les jihadistes circulent librement dans une bonne partie de la région.

Législatives au Sénégal : sur qui compte Macky Sall pour s’assurer la victoire ?

Dernier scrutin avant la présidentielle de 2024, les élections du 31 juillet se préparent dans un climat politique très tendu. Candidats, alliés, proches conseillers… Quelle est l’équipe mobilisée autour du président pour l’aider à conforter sa majorité ?

Mis à jour le 19 juin 2022 à 20:05
 

L’équipe électorale de Macky Sall. © Montage JA

Avant même le début effectif de la campagne électorale, le climat politique a brusquement empiré ce  17 juin au Sénégal. Des heurts ont éclaté à Dakar et en Casamance entre forces de l’ordre et manifestants, alors que la principale coalition d’opposition Yewwi Askan Wi appelait à une mobilisation populaire (non autorisée) contre l’invalidation des candidats titulaires de sa liste nationale. Au moins trois personnes sont mortes, et plusieurs leaders de l’opposition ont été arrêtés, a annoncé Ousmane Sonko vendredi soir. Le député a directement interpellé Macky Sall, qu’il accuse de vouloir écarter ses adversaires politiques de la compétition.

De ce scrutin législatif, le président a dit attendre « une nette victoire ». À un an et demi de l’élection présidentielle, à laquelle il refuse encore de dire s’il compte se présenter, le chef de l’État sénégalais entend quoi qu’il en soit conserver une majorité confortable à l’Assemblée nationale. En 2017, sa coalition, Benno Bokk Yakaar (BBY), avait remporté 125 sièges sur 165, lui ouvrant ainsi une voie royale pour développer son programme.

Macky Sall et ses alliés parviendront-il à se maintenir à un tel niveau à l’issue du scrutin du 31 juillet ? L’enjeu est de taille pour le camp présidentiel, après les résultats mitigés des élections locales du 23 janvier, où il a remporté le plus grand nombre de communes mais a été défait dans les principales villes du pays.

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Pour s’assurer une majorité de députés à l’Assemblée, Macky Sall s’est entouré des poids lourds de son propre parti, ainsi que d’anciens alliés fidèles. Tour d’horizon.

Aminata Touré

Un an et demi après avoir été écartée de la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au profit d’Idrissa Seck, celle qu’on surnomme Mimi Touré a été désignée tête de liste nationale de la coalition BBY. À 59 ans, cette proche de Macky Sall fait donc son grand retour dans le cercle présidentiel.

À LIRESénégal : Mimi Touré, la dame de pique de Macky Sall

Ex-Première ministre (2013-2014), ancienne haute fonctionnaire des Nations unies, elle chemine depuis 2010 aux côtés du chef de l’État, dont elle a aussi été la ministre de la Justice et la directrice du « cabinet de campagne ». Figure majeure de l’Alliance pour la république (APR), le parti présidentiel, elle se dit prête à « se battre » pour la victoire de son camp. Et n’exclut pas de devenir la première femme à accéder au perchoir.

Amadou Ba

Également investi sur la liste BBY, l’ancien ministre des Finances puis des Affaires étrangères de Macky Sall avait un temps été pressenti pour devenir Premier ministre. Le poste convoité, que le chef de l’État a ressuscité en urgence en décembre 2021, demeure vacant, et devrait le rester jusqu’aux résultats des élections.

Écarté du gouvernement lors du remaniement du 1er novembre 2020, ce technocrate a déjà joué un rôle essentiel lors des élections locales de janvier, en tant que coordinateur national de BBY. Le chef de l’État lui renouvelle sa confiance à l’occasion de ce scrutin législatif. Cet homme de réseaux, natif de Dakar, parviendra-t-il à tirer son épingle du jeu ?

Aly Ngouille Ndiaye

Ancien ministre de l’Intérieur de Macky Sall, le maire de Linguère (Ferlo, Nord) fait partie de ces poids lourds du gouvernement débarqués par le chef de l’État à la surprise générale en novembre 2020. Ex-responsable du Mouvement pour la renaissance du Djolof (MRD), Aly Ngouille Ndiaye avait par la suite fait fusionner son parti avec l’APR.

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Sa longévité au sein de l’APR et sa proximité avec le président en font une personnalité clé de ces législatives. Fin connaisseur du système électoral sénégalais pour avoir lui-même organisé certains scrutins, dont la présidentielle de 2019, cet ingénieur de formation a également été investi sur la liste nationale de BBY.

Mor Ngom

Membre fondateur de l’APR aux côtés de Macky Sall, le ministre-conseiller a été de toutes les batailles. Ce fervent talibé mouride a été réélu, en janvier, maire de Dangalma, dans son fief du Baol.

Ancien directeur de cabinet du chef de l’État, dont il jouit de toute la confiance, Mor Ngom est un homme clé du dispositif, à l’instar de son successeur, Mahmoud Saleh. Aujourd’hui, il dirige l’administration de BBY, véritable « machine de guerre » du camp présidentiel.

Ousmane Seye

Déjà avocat de l’État du Sénégal sous Abdoulaye Wade, lorsque celui-ci s’opposait à Idrissa Seck, son Premier ministre d’alors, Ousmane Seye est membre de la conférence des leaders de la coalition BBY. Nommé vice-président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCT) par Macky Sall en 2016, ce ténor du barreau est chargé des problèmes juridiques de la coalition.

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Il a ainsi géré les divers recours déposés par BBY devant le Conseil constitutionnel. Le dernier en date, le 31 mai, n’a toutefois pas permis à la majorité d’empêcher que la liste des candidats suppléants de BBY soit invalidée.

Alioune Ndoye

Le ministre de la Pêche se voit chargé d’une tâche hautement symbolique : celle de mener la coalition présidentielle à la victoire à Dakar, dont la mairie a été remportée en janvier par l’ex-socialiste Barthélémy Dias. Ce dernier entend bien faire mentir les leçons du passé, qui veulent que Macky Sall, depuis son arrivée au pouvoir, a toujours gagné les élections nationales dans la capitale.

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Alioune Ndoye peut néanmoins se targuer d’avoir été l’un des rares candidats de la majorité à résister au raz-de-marée de Yewwi Askan Wi en janvier dernier. Réélu maire de la commune de Dakar-Plateau, il dirigera une liste où les édiles socialistes sont en bonne place, tout comme les transhumants Bamba Fall et Djibril Wade, récompensés pour avoir quitté (respectivement) Khalifa Sall et Abdoulaye Wade, et rejoint la majorité.

Pape Mahawa Diouf

Ce quadragénaire formé en France a milité aux côtés de Macky Sall au sein du Parti démocratique sénégalais, d’Abdoulaye Wade, avant d’en claquer la porte en 2007. Il rallie finalement Macky Sall grâce à l’entremise du porte-parole de la présidence, Seydou Guèye, dont il rejoint l’équipe de communication en 2010.

Porte-parole officiel de la coalition BBY depuis 2017, il travaille avec El Hadj Hamidou Kassé, qui conserve (sans fonction officielle) un rôle actif dans la communication présidentielle, et avec Ousmane Thiongane, conseiller spécial de Macky Sall et coordonnateur de la cellule digitale de la présidence.

Tchad: dernière ligne droite avant le baccalauréat

 

Les épreuves du baccalauréat débuteront le 20 juin pour plus de 82 000 bacheliers des filières générales et technologiques. Il reste donc quelques jours pour les dernières révisions.

Avec notre correspondante à NdjamenaAurélie Bazzara-Kibangula

Craie en main devant un tableau noir, Abakar Ali, professeur de mathématiques, explique une formule : « Sur l’axe des x, nous aurons… ». Pour soutenir les élèves dans la dernière ligne droite, un centre culturel de la capitale du Tchad, le centre Kously Lamko, a animé des cours de révisions avec des professeurs professionnels et bénévoles.

En face du professeur, une vingtaine d’élèves prennent des notes. Parmi eux, Patrick : « C’est important pour moi car il y a certains chapitres que les enseignants n’ont pas pu finir avec nous et c’est ainsi que je suis venu ici pour réviser ». À quelques jours des épreuves, le jeune homme est confiant. « Je suis prêt pour affronter cette épreuve », assure-t-il.

Dans la salle d’à côté, autre ambiance. « Comment s’est manifestée la volonté de préparer la paix pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Qui répond ? », lance un professeur qui donne un cours d’histoire à une centaine d’élèves. « C’est mieux de venir avec tout le monde ici. Là où on a un peu de difficultés, avec les amis on échange et on partage nos points de vue », estime Nestor, venu participer à cette classe.

Au total, 1 222 élèves sont venus pour suivre des cours de révision dans ce centre culturel du quartier d’Abena où tous les professeurs sont bénévoles. « Ce sont des élèves qui viennent de différents quartiers, dont les parents n’ont pas les moyens de prendre des répétiteurs pour renforcer les capacités des élèves. Ils trouvent ici un bon cadre et c’est gratuit », explique Jean Kevin Gangnodji, le directeur du centre. Si l’objectif est de préparer les épreuves du baccalauréat, les professeurs écoutent aussi les élèves pour les orienter au mieux dans leur futur choix d’études.

Mais ces cours de rattrapage ont aussi pour objectif de lutter contre la baisse de niveau générale des élèves, impactés par différentes crises, selon Jean Kevin Gangnodji.

► À écouter aussi: Alors on dit quoi ? - Que faire après le Bac?

Le médiateur de la Cédéao pour le Burkina Faso, Mahamadou Issoufou, à Ouagadougou

 

C’est la première visite de Mahamadou Issoufou au Burkina Faso en sa qualité de médiateur de la communauté économique des États d'Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Avec notre correspondant à OuagadougouYaya Boudani

Accueilli à sa descente d’avion par la patronne de la diplomatie burkinabè, Olivia Rouamba, Mahamadou Issoufou n’a pas perdu de temps. Dès son arrivée, c’est au pas de course que le médiateur pour le Burkina Faso a entamé ses consultations.

Il a eu un premier tête à tête avec le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo, le président de la transition. Des séances de travail sont prévues avec plusieurs ministres dont ceux de la Défense, de la Sécurité et de l’Action humanitaire. L’ex-président nigérien aura également des entretiens avec des partenaires techniques et financiers et les membres du corps diplomatique accrédités au Burkina Faso.

Pour cette visite, Mahamadou Issoufou est accompagné par une délégation de la Cédéao conduite par Jean Claude Kassi, le président de la Commission. 

Durée de la transition

C’est donc la première visite au Burkina de M. Issoufou en tant que médiateur de la Cédéao. Désigné le 4 juin dernier à l’issue du 6e sommet extraordinaire des chefs d’État et des dirigeants de la transition, il a pour mission d’obtenir entre les deux parties un accord sur la durée de la transition qui doit aboutir à des élections libres et transparentes pour un retour à l’ordre constitutionnel.

Les chefs d’États de l’organisation sous régionale et le gouvernement de la transition burkinabè sont d’ailleurs à couteaux tirés sur le sujet. La charte adoptée à la fin des assises nationales par les autorités a fixé à 3 ans la durée de la transitionUn délai justifié par la situation sécuritaire du pays, selon les autorités.

Cette décision est jugée comme pas « raisonnable » par la Cédéao. Une délégation d’experts de l’organisation s’est donc rendue sur place pour évaluer la situation sécuritaire et humanitaire, sur demande des autorités burkinabè.