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Au Sénégal, Ousmane Sonko veut des garanties pour se rendre au tribunal

L’opposant sénégalais a réclamé vendredi soir que certaines conditions sur sa sécurité personnelle soient remplies pour être présent à son procès pour viols présumés, à trois jours d’une nouvelle audience à Dakar.

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 20 mai 2023 à 11:58
 
 

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L’opposant Ousmane Sonko s’adresse aux journalistes alors que son convoi est arrêté sur la route vers son procès, à Dakar le 16 mars 2023. © GUY PETERSON / AFP

 

 

Ousmane Sonko a un nouveau rendez-vous le mardi 23 mai avec la justice, susceptible de causer de nouvelles tensions dans le pays, après un procès pour viols présumés ouvert le 16 mai en son absence puis renvoyé le même jour. « Le jour où on me donnera des garanties, je viendrai à Dakar et mardi je serai au tribunal. Si toutes les conditions [de sécurité] sont remplies, je répondrai présent », a-t-il déclaré dans une interview dans la nuit de vendredi à samedi à la télévision.

À LIRE[Série] Au Sénégal, Ousmane Sonko et le procès de la dernière chance 

À Dakar, les forces de l’ordre « m’ont fait subir des violences, des brutalités. Ma maison est barricadée et on a tenté de m’assassiner« , a-t-il dit en langue ouolof, accusant le pouvoir. « Je suis pourchassé partout. J’ai été blessé [lors d’une intervention des forces de l’ordre]. Mes militants reçoivent des bombes lacrymogènes ou sont arrêtés par centaines. L’institution judiciaire ne doit pas être le bras armé de l’exécutif pour éliminer un candidat à la présidentielle » de 2024, a ajouté l’opposant, candidat à ce scrutin.

« Aucune convocation »

Ousmane Sonko, président du parti Pastef-les Patriotes et troisième de la présidentielle en 2019, a toujours clamé son innocence et crié au coup monté du pouvoir pour l’empêcher de concourir à la présidentielle de 2024. Le président Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, reste muet sur ses intentions.

Ousmane Sonko a en outre affirmé n’avoir reçu de la justice « aucune convocation » pour son procès pour « viols et menaces de mort » présumés. Il a dénoncé un dossier « vide » fait d’accusations proférées par « une fille qui ment » et à laquelle les autorités ont « fait des promesses d’argent et de passeports » pour partir à l’étranger.

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La ville de Ziguinchor (sud), dont il est le maire et où il s’est retiré depuis quelques jours, a été en proie lundi et mardi à des affrontements entre les forces de l’ordre et de jeunes supporteurs de l’élu. Des troubles ont également eu lieu à Dakar et ailleurs. Les autorités ont fait état de trois morts, sans que le rapport avec les heurts soit toutefois clairement établi.

(avec AFP)

Élections en Mauritanie: le pays toujours dans l'attente des résultats par la Ceni

 

Samedi 13 mai dernier, 1,8 million d’électeurs étaient appelés à choisir leurs députés, maires et conseillers régionaux. Tous les regards sont tournés vers la Commission électorale indépendante (Ceni), qui annonce les résultats au compte-goutte depuis ce dimanche 14 mai.

Avec envoyé spécial à Nouakchott, Sidy Yansané

Ce triple scrutin est crucial pour le parti au pouvoir El Insaf du président Mohamed Ould Cheikh el-Ghazouani, qui fait face au jugement des urnes pour la première fois depuis son élection en 2019. Le premier concurrent d'El Insaf est le parti islamiste Tawassoul, qui veut confirmer son statut de première force d’opposition. Le militant anti-esclavagiste Biram Dah Abeid, qui est arrivé deuxième lors de la présidentielle, a rejoint le parti Sawab qui espère bénéficier de sa popularité.

Après les multiples dysfonctionnements observés durant le scrutin de samedi, et dénoncés par de nombreux partis, dont la formation au pouvoir, la Ceni se sait attendue sur l’annonce des résultats. Depuis hier matin, ses membres se relaient à la télévision, et égrènent en direct les scores moughataa par moughataa, le nom donné aux circonscriptions mauritaniennes.

Un désir de transparence

Son porte-parole, Mohamed Taghioullah Led’hem, apparait régulièrement pour indiquer le niveau d’évolution des dépouillements sur l’ensemble du territoire. Et renvoie les populations vers le site myceni.com, qui compile les résultats en temps réel. Tout cela dans un but de transparence, assure le porte-parole, qui a diffusé un communiqué dans la soirée, rappelant l’importance d’attendre la fin du dépouillement, conformément à la loi; même si des candidats ont tout de même revendiqué leur victoire dans certaines municipalités, provoquant parfois des klaxons et des sifflets dans les rues durant la soirée.

La Ceni veut montrer qu’elle s’active pour mener à bien sa mission, d’autant que les responsables politiques, ainsi que le chef de l’État Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, ont tous salué la sérénité du scrutin. 

► À lire aussi :Mauritanie: un triple scrutin test pour le pouvoir à un an de la présidentielle

Réforme sur la promotion immobilière au Burkina : Des employés craignent pour leur emploi et le manifestent

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • dimanche 14 mai 2023 à 22h45min 
 
Reforme sur la promotion immobilière au Burkina : Des employés craignent pour leur emploi et le manifestent

 

Le gouvernement burkinabè a, depuis quelques mois, lancé un processus de réformes foncières et de promotion immobilière qui, constate-t-on, suscite des inquiétudes chez nombre d’acteurs du secteur, dont le Syndicat national des travailleurs de l’immobilier et assimilés (SYNTIA), qui affirme que cette réforme envisagée par le gouvernement expose       33 327 travailleurs directs et 43 300 travailleurs indirects. C’est pourquoi, ce samedi 13 mai 2023 à la Bourse du travail de Ouagadougou, le syndicat a sonné la mobilisation de ses membres par un meeting, dont l’objectif principal est de, selon ses responsables, rassembler les préoccupations des employés en vue d’une rencontre à venir avec l’Assemblée législative de transition (ALT).

 

Depuis janvier 2022, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme a entrepris un projet de reformes de la promotion immobilière, explique le premier responsable du Syndicat national des travailleurs de l’immobilier et assimilés (SYNTIA), Félix Lankoandé. « Nous regrettons que dans toutes les étapes, le ministère ne nous ait pas associés dans le processus, alors que sur 275 sociétés immobilières, le nombre de travailleurs directs est de 33 327 et de 43 300 travailleurs indirects. C’est regrettable que dans un secteur où il y a tant de personnes, on associe certains acteurs et qu’on oublie les travailleurs. Ce n’est pas suffisamment inclusif », soulève le porte-parole des travailleurs.

« Heureusement, et c’est l’occasion pour nous de féliciter les membres de l’ALT (Assemblée législative de transition), à travers le président, Dr Bougouma (Ousmane), nous avons reçu une lettre d’invitation entrant dans le cadre des échanges avec les travailleurs du secteur », salue-t-il ensuite, justifiant ainsi la tenue du meeting qui vise à récolter l’ensemble des préoccupations des travailleurs pour cette rencontre avec le législateur.

 

 

A en croire Félix Lankoandé, il s’agit de récolter l’ensemble des préoccupations par rapport à cette volonté du gouvernement de réformer le secteur des sociétés immobilières, faire un état des lieux des difficultés que traversent les travailleurs dans les entreprises. « Il y a des menaces sérieuses sur la survie de nos emplois. En réalité, le projet de loi, s’il passe en l’état, beaucoup de sociétés vont fermer. Et qui dit société dit patron et employés. Cela va donc dans l’intérêt des travailleurs d’attirer l’attention de l’autorité. Certes, c’est un projet de loi, donc qui vient du gouvernement, mais ce sont les députés qui vont décider. Nous pensons qu’ils doivent se rappeler que derrière le projet de loi, il y a des emplois en jeu et la loi en tant qu’outil de développement doit prendre en compte la préservation des acquis des travailleurs.

 

 

Notre principale préoccupation à l’heure actuelle, c’est de dire que l’urgence n’est pas la réforme de la loi 057 portant promotion immobilière au Burkina Faso ; l’urgence se trouve ailleurs. Les députés, dans leur mission de contrôle de l’action gouvernementale, nous les invitons humblement à procéder à une enquête parlementaire, précisément au niveau du ministère de l’Urbanisme, sur l’état des lieux du traitement des dossiers déposés par les sociétés immobilières ; parce que c’est là-bas que le problème se situe, le problème n’est pas dans l’application de la loi. Et même si c’était dans l’application de la loi, c’est au ministère et non au niveau des promoteurs. Et c’est pour cela qu’on parle de passif.

 

 

Le passif est constitué de l’ensemble des dossiers déposés par les sociétés de promotion immobilière, depuis 2016 jusqu’à aujourd’hui, et qui traînent. Comment des sociétés reconnues et agréées introduisent des dossiers qui doivent être traités en un mois, mais de 2016 à aujourd’hui… nous sommes à combien de mois ? Et vous voulez reformer la loi ! Que faites-vous des dossiers qui sont empilés dans le ministère ? Donc, l’urgence se trouve à ce niveau, et seule une enquête peut éclairer suffisamment les députés pour qu’ils soient en mesure de voir quelles sont les priorités à prendre en compte dans l’adoption de la loi, pour améliorer les procédures (si les délais posent problème, il faut les revoir) et aussi voir derrière chaque société immobilière, qu’est-ce qui ne va pas et parallèlement à la survie des emplois », s’est étalé le porte-parole des travailleurs, Félix Lankoandé.

Pour illustrer la pertinence de leur démarche, le responsable syndical rappelle aux autorités que « le taux de chômage au Burkina Faso est élevé, le dernier recensement général des populations de 2022 parle de 7,1% de la population active en chômage ». De son avis, cela est une raison de plus pour ne pas mettre dans un secteur d’activité des chômeurs, et dans un pays où les recrutements ne sont pas faciles.

O.L
Lefaso.net

Les Africains fuiront-ils bientôt plus le changement climatique que la guerre ?

En 2022, les catastrophes climatiques ont provoqué 7,4 millions de déplacés internes supplémentaires en Afrique subsaharienne. Un chiffre record qui pourrait continuer à croître en l’absence de mesures concrètes.

Mis à jour le 12 mai 2023 à 16:19
 
 
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© MONTAGE JA : SYLVAIN CHERKAOUI PUR JA ; BOUREIMA HAMA/AFP ; FADEL SENNA/AFP
 
 
 

Le chiffre est alarmant : en 2050, un migrant climatique interne sur deux sera Africain, d’après les prévisions de la Banque mondiale. En 2022, pour la première fois en Afrique subsaharienne, les catastrophes climatiques ont même provoqué presque autant de déplacements internes que les conflits, pourtant eux aussi en nette augmentation.

À LIREClimat : l’Afrique peut encore éviter la catastrophe

Sur la seule année dernière, les inondations, les sécheresses et les ouragans ont forcé 7,4 millions d’Africains à quitter leur foyer selon un rapport de l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) publié jeudi 11 mai. Quels sont les pays les plus touchés ? Quel est le lien entre l’activité humaine et ces déplacements ? Décryptage en infographies.

La mobilité a toujours existé. Pendant des siècles, des millions de personnes ont par exemple traversé l’Afrique de l’Ouest pour fuir la saison sèche ou diversifier leurs moyens de subsistance. Mais la destruction des écosystèmes par l’homme a déjà accentué ces flux migratoires, et ce sont les populations les plus vulnérables qui en sont les premières victimes.

Cercle vicieux

Pour ne rien arranger, les personnes déplacées ont tendance à se réinstaller dans des zones exposées aux phénomènes météorologiques extrêmes, dans les banlieues des villes à l’urbanisation anarchique ou sur les rives de fleuves, en zones souvent inondables. Le cercle vicieux est enclenché.

S’il n’existe pas encore de définition précise et harmonisée pour catégoriser ces « déplacés climatiques », tant les motifs migratoires sont complexes, il est impératif de comprendre comment les activités humaines vont transformer les dynamiques de mobilité existantes pour mieux s’y adapter. Sur le continent, la Cedeao a intégré la mobilité humaine à son plan climat 2022-2030. Déjà gravement touché par les crises écologiques, le Niger a mis en place dès 2006 un programme d’action pour l’adaptation au changement climatique. L’Organisation internationale pour les migrations a, de son côté, publié en février 2022 une étude détaillée sur les liens entre migration, environnement et changement climatique dans le pays.

À LIRECOP26 : où vont les financements climatiques en Afrique ?

Mais le chemin est encore long. Alors que les pays industrialisés rechignent à ouvrir le droit d’asile aux réfugiés climatiques par crainte d’une « submersion migratoire », les milliards de dollars promis aux pays africains pour s’adapter à ces bouleversements, auxquels ils n’ont que peu contribué, se font toujours attendre.

 

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Au Sénégal, Macky Sall caresse les lutteurs dans le sens du poil

Le chef de l’État sénégalais a annoncé une série de mesures en faveur de la lutte traditionnelle. Compassion envers un secteur en difficulté ou calcul électoraliste ?

Mis à jour le 11 mai 2023 à 17:38
 
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Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

 
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© Damien Glez

 

Alors que la crise politique couve et que plusieurs observateurs s’inquiètent pour le modèle démocratique sénégalais, le président de la République soigne l’un des symboles du modèle sociétal du pays de la Teranga.

À LIRESénégal : gros bras, lutteurs, ex-légionnaires… Qui protège les politiques ?

Au secteur, ô combien stratégique, de la lutte traditionnelle, Macky Sall promet un accompagnement « pour une ou deux années avant de trouver un système de financement dans la durée ». Un terme qui dépasse la prochaine élection présidentielle, donc. Évocation de la continuité naturelle de l’État ou expression d’un souhait de rester aux commandes pour Macky Sall qui, officiellement, n’est pas candidat à sa succession ?

Mutuelle

Ce lundi 8 mai, le chef de l’État a reçu quelque 600 acteurs de la lutte sénégalaise au palais de la République. Parmi les annonces qui ont accompagné cette réception très médiatisée, la prochaine mise en place d’un fonds de garantie de 500 millions de francs CFA financé via le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip), à l’intention des promoteurs, en attendant d’élaborer un système de subvention pérenne.

Macky Sall a également encouragé les entreprises, publiques et privées, à soutenir les 152 écoles et écuries qui forment 10 000 jeunes lutteurs, et promis la rédaction de textes législatifs de nature à optimiser la gestion de l’Arène nationale, ou encore la mise en place d’une mutuelle de santé spécifique pour les lutteurs et autres acteurs du secteur.

Demi-dieux précaires

À la liste des mesures promises, le chef de l’État sénégalais a ajouté un accès facilité au « programme des 100 000 logements » déjà lancé par le gouvernement, ainsi que l’allocation aux lutteurs et à leurs familles de 300 emplois dans le cadre du Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socioéconomique des jeunes (Xëyu ndaw ñi), lancé en 2021. Enfin, Macky Sall a invité le secteur à tenir au plus vite une assemblée générale pour faire le point sur tous ces domaines d’intervention.

À LIRELa lutte sénégalaise en quête d’une arène mondiale

Considérés comme des demi-dieux, les rois des arènes remplissent des stades, mais n’échappent pas toujours à une certaine précarité, notamment lorsqu’ils raccrochent. Pour certains, la voie de sortie est politique : rejoindre l’escouade de sécurité d’un ministre, chef de parti présidentiel ou opposant. Pour les hommes et femmes politiques, il vaut donc mieux avoir les « gros bras » avec soi que contre soi. Il y a deux ans, le garde des Sceaux de l’époque, Malick Sall, avait accusé des lutteurs d’avoir participé au mouvement de contestation né dans le sillage de l’arrestation d’Ousmane Sonko. Il avait alors essuyé une volée de bois vert.