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 Tchad: le procès des 401 personnes arrêtées le 20 octobre a pris fin à la prison de Koro Toro

 
 

Le procès des 401 personnes interpellées lors des manifestations du 20 octobre et les jours suivants s’est achevé vendredi soir à la prison de Koro Toro, a-t-on appris samedi. Une grande partie des prévenus ont été libérés.

Avec notre correspondant à NdjamenaMadjiasra Nako

Au total, 401 personnes étaient jugées à la prison de Koro Toro, dans le nord du pays, où elles avaient été transférées après les manifestations sanglantes du 20 octobre. Sur la totalité des prévenus, près de 300 ont été soit relaxés, soit condamnés avec sursis. La plupart des prisonniers de Koro-Toro seront donc libérés dans les jours à venir.

Le procès s'est tenu sans avocats, puisqu'il a été boycotté par le conseil de l'ordre des avocats du Tchad. Il dénonce des vices de procédures et le refus du gouvernement de mettre à leur disposition les conditions dans lesquelles les prévenus ont été emmenés dans ce bagne situé en plein désert à près de 600 km de la capitale.

L’équipe du dispositif judiciaire missionnée par le gouvernement a regagné la ville de Faya samedi avant de regagner Ndjamena. Jusqu’à tard vendredi, elle a dû juger les derniers prévenus, ceux qui n’avaient aucun lien avec les manifestations mais qui avaient quand même été raflés par les forces de l’ordre, indiquent des sources judiciaires

Selon ces mêmes sources, 82 mineurs identifiés parmi les 401 prévenus ont été ramenés à Ndjamena il y a trois jours.

 

Qu’avez-vous (encore) contre le franc CFA ?

La discipline imposée par la monnaie commune et son arrimage à une devise solide ont amorti les chocs qui ont ébranlé d’autres économies africaines. N’est-ce pas précisément son rôle ?

Mis à jour le 2 décembre 2022 à 14:38
 
 
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Par Joël Té-Léssia Assoko

 

Les autorités économiques et monétaires françaises auraient pu nous épargner l’incongru moment d’autosatisfaction enduré à la mi-novembre, à la sortie du dernier rapport économique et financier sur la coopération avec les zones monétaires africaines. « Imaginez si le Mali ou le Burkina Faso, en proie à des crises politiques et sécuritaires successives, avaient leur propre monnaie. Celles-ci s’effondreraient face aux devises internationales, avec comme conséquence la “dollarisation” des économies », ont-elles indiqué à Jeune Afrique.

Est-il sage de relancer le débat sur le franc CFA, alors que l’habituel chœur dénonçant la « servitude monétaire » semble dépassé par les événements ? Peut-être.

À LIREFranc CFA-Euro : la parité fixe, facteur de la résilience des économies de l’Uemoa et de la Cemac

Interventions désespérées

Depuis le début de l’année, le cédi a cédé 57% face au dollar américain, contre 8,6% pour le franc CFA. À Accra, l’inflation a atteint 37,2% en septembre, soit quatre fois la limite souhaitée par les autorités monétaires. Et cela malgré les interventions désespérées de la Banque du Ghana, qui a relevé son taux directeur de onze points depuis un an.

Le Nigeria s’en sort mieux, si l’on peut dire, avec une inflation de « seulement » 20,8%, deux fois à peine la limite supérieure souhaitée par la CBN. Entre-temps, elle reste en-dessous de 8% dans la zone Uemoa, et de 4,1% dans la Cemac, selon la BCEAO. Les contempteurs du franc CFA souhaitent-ils pour ces pays le sort du Ghana ? « Ils diront que les chiffres publiés ne sont pas vrais et que la population ghanéenne vit bien. J’ai déjà entendu cela », regrette un financier abidjanais.

À LIREEt si on ouvrait un vrai débat sur le franc CFA ?

La France peut se défendre – ou s’enfoncer  toute seule quand il s’agit de ses relations avec ses anciennes colonies. Mais demeure la réalité qu’il n’y a ni miracle ni malédiction en matière de politique économique. Hormis pour ceux qui persistent à croire que les décisions prises par les États africains n’ont aucune conséquence, que catastrophes et réussites interviennent comme surviennent des « cas de force majeure », des « actes de Dieu ». Entendez : des décisions des Occidentaux.

Il se dit que les déboires d’Accra ont été exacerbés par les agences de notation occidentales. Des financiers africains pourtant bien informés adhèrent à la thèse selon laquelle une application irraisonnée des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) explique la dégradation de la notation du pays, qui aurait par ricochet aggravé la dépréciation du cédi, l’inflation et le malheur des populations locales.

Quel carcan monétaire ?

Personne n’a obligé le gouvernement d’Accra à accroître sa dette extérieure à 82% du PIB en 2021, quand Abidjan maintenait ce ratio autour de 51%, en-dessous de la limite de 70% imposée par le « carcan monétaire », c’est-à-dire les critères de convergence économique de la zone Uemoa.

Pense-t-on vraiment que les autorités ivoiriennes n’auraient pas souhaité obtenir plus de financements ? Et qui a bien pu « contraindre » le gouvernement du président Nana Akufo-Addo de recourir à des endettements de court terme aussi onéreux ? Ils sont estimés à plus de 16% de la dette externe, soit quatre fois le niveau observé en Côte d’Ivoire et plus de cinq fois celui du Cameroun.

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La dette à court terme comprend toutes les dettes dont l'échéance initiale est d'un an et moins et les intérêts en retard sur la dette à long terme. © Banque mondiale

Qui peut croire que c’est l’expertise économique des impayables autorités militaires de Bamako qui a convaincu le marché régional de prêter 12 milliards de F CFA (18,2 millions d’euros) au Mali au début de novembre, au taux extraordinaire de 6,6 % pour une maturité de sept ans ?

C’est à peine 1 point de plus que le taux exigé par les investisseurs pour la Côte d’Ivoire, dont l’économie et la qualité de la gouvernance sont d’un tout autre calibre. Et ce alors que la dette ghanéenne d’une maturité similaire atteint un taux d’intérêt de 40%. CQFD.

Mali: visite du médiateur de la Cédéao pour faire le point sur la transition

En prélude au sommet des chefs d’état de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest prévu le 4 décembre à Abuja, l’ancien président du Nigéria Goodluck Jonathan, médiateur pour le Mali est arrivé mardi 29 novembre à Bamako. Avant de repartir mercredi matin, il a rencontré le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, peu après avoir vu les membres du gouvernement. Cela dans le but de faire le point sur le processus de transition.

 

Avec notre correspondant régional, Serge Daniel

Au cours de son séjour, à Bamako, le médiateur de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour le Mali Goodluck Jonathan a eu une importante séance de travail avec des membres du gouvernement. La partie malienne a expliqué à l’hôte du jour l’évolution de la transition et sa volonté de respecter les 24 mois qui doivent déboucher sur des élections présidentielles libres et transparentes.

« Nous sommes d’accord qu’il y a eu des efforts », a reconnu devant la presse Goodluck Jonathan. Mais il a tout de suite ajouté, sans donner des détails, qu’il y a des domaines dans lesquelles le gouvernement malien doit travailler d’arrache-pied afin de respecter ses engagements.

Dans une déclaration ce week-end, 51 partis politiques maliens se sont inquiétés d’un éventuel glissement du programme présenté à la Cédéao pour un retour à l’ordre constitutionnel.

Outre le dossier de la transition malienne, l’affaire des 46 militaires ivoiriens détenus à Bamako depuis le 10 juillet sera l’un des sujets à l’ordre du jour du prochain sommet des chefs d’états de la Cédéao à Abuja. Ce sujet a été également abordé par Goodluck Jonathan avec ses interlocuteurs, d’après nos informations.

 À lire aussi : Mali: un rapport de la FIDH évoque une «accélération des violations» des droits humains en 2022

Sénégal : une armée pas comme les autres ?

Dakar investit sans compter dans sa défense nationale. Ce qui fait de sa force l’une des plus structurées de la sous-région… Et un partenaire privilégié pour Paris.

Par  - à Dakar
Mis à jour le 28 novembre 2022 à 17:36
 
 

 

 armee senegal

 

 

Des commandos sénégalais lors d’un exercice d’entraînement international à Saint-Louis, le 12 février 2016. © SERGEY PONOMAREV/The New York Times-REDUX-REA

 

 

Six mois pour inventer une nouvelle « stratégie de la France en Afrique ». Lorsque Emmanuel Macron officialise, le 9 novembre dernier, le départ définitif de l’opération Barkhane du Mali, le chef de l’État annonce aussi l’évolution de la présence française au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Une « évidence » et une « conséquence à tirer » des interventions militaires hexagonales dans la sous-région. Dans le quartier Frédéric Geille de Ouakam, base aérienne de l’armée française pendant la colonisation, les éléments français au Sénégal (EFS) suivent les déclarations présidentielles avec attention. Les militaires positionnés à Dakar s’interrogent : vont-ils eux aussi devoir quitter le pays et abandonner leur mission de coopération avec leurs homologues ouest-africains ?

À LIREMali-France : de quoi le régime d’Assimi Goïta accuse Paris

Au même moment, à l’Assemblée nationale, le député Guy Marius Sagna interpelle le ministre des Forces armées, Sidiki Kaba. Le militant anti-impérialiste fraîchement élu s’interroge : « Monsieur le ministre, vous avez dit que « l’armée sénégalaise [avait] les capacités de faire face aux différentes menaces ». Je pense comme vous. Mais alors, que fait l’armée française, une armée d’occupation, au Sénégal ? » « L’armée française n’est là que pour des exercices, vous ne les voyez pas sur le terrain. Tout est fait par l’armée sénégalaise », lui répond Sidiki Kaba. La réponse n’est pas tout à fait exacte : à Dakar, les EFS sont chargés d’assurer la coopération de l’armée française avec les pays de la Cedeao et la Mauritanie – coopération qui comprend une composante de formation.

Partenaire privilégié

Au sortir des indépendances, Dakar a tout de suite constitué une base stratégique, alors que l’accord de défense franco-sénégalais assurait à Paris le maintien de sa présence militaire et de son influence dans le pays. Depuis la révision de l’accord, en 2011, cette présence et les missions françaises se sont réduites (1 200 éléments alors, contre 450 actuellement ; dissolution du 23e bataillon d’infanterie de marine)… Mais les relations militaires entre les deux pays sont toujours au beau fixe. « Lorsque nous réalisons des exercices communs, les choses se déroulent de manière très fluide, car nous parlons le même langage », glisse un gradé français.

Aux dernières heures de la colonisation et jusqu’en 1965, une bonne partie de l’élite militaire sénégalaise est passée par l’École de formation des officiers ressortissants des territoires d’outre-mer (Efortom, qui deviendra, en 1959, l’École de formation des officiers du régime transitoire des troupes de marine, située à Fréjus, dans le sud de la France). « Le Sénégal a eu la part belle de ces quotas », précise le général Babacar GayeL’ancien chef d’état-major sénégalais, un temps responsable de la Minusca, la mission de l’ONU en Centrafrique, rappelle le « statut particulier » du Sénégal d’alors au regard de l’ancienne puissance colonisatrice : citoyenneté française accordée aux résidents des quatre communes (Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar), importance stratégique de la capitale, et maintien d’une relation privilégiée avec le chef de l’État, Léopold Sédar Senghor. La fameuse devise de l’armée sénégalaise, « on nous tue, on ne nous déshonore pas », est en réalité inspirée d’une phrase du général Faidherbe, citée par le président lors d’une cérémonie de vœux à l’armée, en 1977.

À LIRESénégal : la part d’ombre de Senghor

Le premier chef de l’État sénégalais s’efforce également de renforcer une armée qu’il veut républicaine avant tout. En 1962, lorsque la crise gronde entre Senghor et son président du conseil, Mamadou Dia, le général Jean Alfred Diallo sera appelé à contenir les dissensions entre la gendarmerie et la garde républicaine, qui soutenait alors Mamadou Dia. « L’armée a toujours été consciente de ses responsabilités, habitée par l’intérêt général. Le recrutement en ses rangs s’est fait sur la base des compétences et de la reconnaissance des pairs, assure le général Babacar Gaye. Les chefs d’État se sont par ailleurs toujours refusés à s’entourer de gardes prétoriennes fondées sur des critères ethniques. »

« L’armée sénégalaise est ambitieuse, elle sait faire ce que peu sont capables de faire. Elle est probablement la plus structurée de la sous-région aujourd’hui », assure un représentant de l’armée française à Dakar. « C’est probablement la seule armée républicaine dans la zone, ajoute une autre source militaire. Ses cadres sont très bien formés, et elle a bénéficié d’un développement continu. »

Premier contributeur francophone à l’ONU

L’armée sénégalaise est également très présente sur les théâtres d’actions extérieures. Le pays est le premier contributeur francophone des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Des expériences qui forment les soldats, leur permettent d’apprendre à manier des équipements de pointe et d’évoluer dans des environnements internationaux. Et qui participent également au « rayonnement du pays », souligne le général Babacar Gaye : « Le Conseil de sécurité ne peut pas ne pas distinguer l’apport que représente le Sénégal au niveau des opérations de maintien de la paix. »

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2012, Macky Sall n’a pas lésiné sur les moyens pour renforcer son armée et préparer au mieux les jambaars (« guerriers ») nationaux. « Avec Macky Sall, nous avons rattrapé beaucoup de retard : mise à niveau du camp militaire, soutien au développement des effectifs, renforcement de la puissance de feu, adaptation aux menaces et aux progrès techniques… », insiste le général Gaye. « L’armée fait partie des institutions intouchables, c’est le ciment de notre cohésion nationale. Elle est la seule chose qui ne se discute pas. Son budget est toujours voté sans discussions au sein de l’Assemblée », souligne un proche de Macky Sall.

Le chef de l’État a d’ailleurs prévu de passer de 15 000 à plus de 30 000 hommes entre 2020 et 2025. « C’est un défi énorme, remarque un spécialiste des questions de défense. Doubler les effectifs, c’est aussi doubler le commandement. Pour former un colonel, il faut vingt ans… Mais le Sénégal fait en sorte de pallier les manques de ressources humaines. » Le pays vient en effet de se doter d’un institut de défense composé d’une école d’état-major et d’une école de guerre. Une manière de moins dépendre des pays extérieurs, mais aussi une façon de se positionner comme l’un des « pôles de rayonnement en matière de formation » et de renforcer son influence dans la sous-région.

Risque terroriste

Le pays ne peut de toute manière pas faire l’économie du renforcement de ses capacités, dans la perspective de la contagion jihadiste dans la sous-région, qui menace en particulier sa frontière est. Le pays vient également d’acquérir trois OPV 58 S du groupe français Piriou, des patrouilleurs océaniques chargés de lutter contre la pêche illégale et de protéger l’exploitation offshore d’hydrocarbures. « En renforçant à la fois les effectifs et le matériel, ils se préparent à toute éventualité », ajoute notre interlocuteur.

« La menace terroriste est prise en compte à tous les niveaux de la chaîne de commandement de l’armée. Que ce soit par les structures de planification des opérations de l’état-major général ou par les états-majors des différentes armées, ou encore au niveau des commandements opérationnels territoriaux », précise le chercheur Paulin Maurice Toupane.

« Ici, la menace terroriste n’est pas perçue uniquement comme une affaire de militaires, ajoute l’analyste de l’Institut d’études de sécurité (ISS). La police et la gendarmerie jouent un rôle important dans le renseignement. » La nomination à la tête du Cadre d’intervention et de coordination interministérielle des opérations de lutte anti-terroriste (Cico, qui dépend du ministère de l’Intérieur) du général Saïfoulaye Sow pourrait toutefois annoncer une plus grand mainmise de l’armée sur la lutte antiterroriste.

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À l’Est, les gendarmes qui effectuent les patrouilles frontalières bénéficient d’une formation des EFS visant à renforcer leur capacité de combat. À Dakar, 90 instructeurs de ces éléments sont chargés de conduire des formations, discutées chaque année avec les pays de la sous-région. « Certains, comme le Bénin ou la Côte d’Ivoire, sont très demandeurs. Mais le Sénégal bénéficie d’environ 30­% des formations dispensées par les EFS. Dakar estime qu’il doit être le premier servi et, dans un sens, c’est normal », concède un gradé de la base française.

Échange de renseignements

Établies par un accord de défense signé par le Sénégal et la France en 2012, les centaines d’éléments français résident à titre gracieux à Dakar, dans le camp de Ouakam, la station d’émission interarmées de Rufisque et le parc de Hann. L’accord marque la redéfinition du partenariat entre les deux pays, et définit trois objectifs de coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense : la formation des élites militaires, le soutien au contrôle du territoire par les armées nationales, et la stabilité régionale. Les deux pays peuvent donc échanger des renseignements. Il comprend également la formation des élèves militaires dans les écoles françaises. Le traité, conclu pour une durée de cinq ans, est renouvelable « par tacite reconduction » pour cinq ans, et peut être dénoncé ou amendé dans un délai de six mois.

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« Les militaires continuent à discuter entre eux. Ils distinguent ce qu’ils font, qui est plus technique, de la chose politique. Notre présence est définie par un accord de défense bilatérale. Si le Sénégal voulait nous voir partir, il pourrait évidemment décider de réviser l’accord », souligne le gradé cité précédemment. Mais les Français veulent croire que cette coopération bilatérale et « équilibrée » est conçue pour durer.

Côte d'Ivoire: Charles Blé Goudé inscrit son retour dans l’optique de la réconciliation nationale

 
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L’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, rentre en Côte d’Ivoire ce samedi 26 novembre. L’ex-leader des Jeunes Patriotes était jusque-là à La Haye, aux Pays Bas, où il avait été jugé puis acquitté par la Cour pénale internationale pour les violences post-électorales de 2010-11. Charles Blé Goudé veut un retour en toute sobriété, pour, dit-il, respecter « la mémoire de toutes les victimes de la crise ».

 

Avec notre envoyée spéciale à Abidjan, Bineta Diagne

Charles Blé Goudé veut une arrivée sobre. L’ex-leader des Jeunes Patriotes inscrit ce retour dans l’optique de la réconciliation nationale, enclenchée ces derniers mois au sein de la classe politique. Son retour a été longuement discuté avec les autorités, notamment avec le directeur de cabinet du président Alassane Ouattara. 

L’arrivée de Charles Blé Goudé a été pensée en deux temps. D’abord un accueil limité à quelques membres de sa famille et à des leaders politiques, à l’aéroport Félix Houphouët Boigny. Charles Blé Goudé rentre par un vol commercial. « Il ne passera pas par un pavillon ministériel ou présidentiel, précise Boga Sako, qui dirige son comité d’accueil. Il vient par le hall ordinaire de l’aéroport », souligne ce responsable de la société civile. Charles Blé Goudé marquera un temps de pause pour adresser un message aux Ivoiriens.

► À écouter aussi : Charles Blé Goudé : «J’ai décidé de rentrer dans la sobriété en respect de la mémoire de toutes les victimes»

Ensuite, Charles Blé Goudé se rend dans la commune de Yopougon. Près de 5 000 personnes sont attendues, place CP1, pour un accueil populaire, selon les organisateurs. Un moment de retrouvailles, après plusieurs années d’absence.

Rappelons que Charles Blé Goudé reste sous le coup d’une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne, pour des faits liés à la crise post-électorale de 2010-11.