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Attaque du petit séminaire de Bougui au Burkina : L’évêque de Fada N’gourma sur les lieux

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • Lefaso.net • vendredi 11 février 2022 à 23h05min
 
Attaque du petit séminaire de Bougui au Burkina : L’évêque de Fada N’gourma sur les lieux


Le petit séminaire Saint Kisito de Bougui, situé à une dizaine de kilomètres de Fada N’Gourma, province de Gourma, dans la région de l’Est a été attaqué dans la nuit du 10 au 11 février 2022 par des hommes armés non identifiés (HANI). Il n’y a heureusement pas eu de pertes en vies humaines. En revanche on enregistre beaucoup de dégâts matériels : deux dortoirs ont été brûlés ainsi qu’une salle de classe. Le véhicule d’un prêtre formateur a également été emporté et un autre saccagé.

Après s’être dispersés dans un premier temps, tous les pensionnaires et leurs encadreurs ont été retrouvés mais auraient besoin d’un soutien psychologique. « Nous avons la position de tous les formateurs. L’incident a occasionné la dispersion de bon nombre de séminaristes », a indiqué le vicaire général du diocèse, abbé Théophile Tindano à ses confrères.


                                                                                               Des dortoirs calcinés

Joint au téléphone par lefaso.net ce vendredi 11 février 2022 aux environs de 10 h, une source confirme les faits. Selon son témoignage, c’est autour de 22h la nuit dernière que les HANI sont entrés dans l’enceinte du séminaire par le côté du second cycle. Une fois sur place, ils se sont dirigés vers le réfectoire des élèves. Pris de panique, certains se sont réfugiés dans la nature et d’autres dans des salles de classe.

Les hommes armés ont arrêté un Abbé, formateur du séminaire, et lui ont intimé l’ordre de leur donner la clé du pick-up. Mais ce dernier ne les avait pas. Il ne détenait que les clés de deux motos en plus de celle de sa propre voiture. Mais les assaillants exigeaient la clé du pick-up. Finalement, c’est la voiture du prêtre qui sera emportée.


                                                                                       Une salle de classe brûlée

Deux semaines de congés pour s’oxygéner

« Tout le monde répond à l’appel, prêtres formateurs et séminaristes. Pour le moment, une opération d’évacuation des séminaristes vers la paroisse de Fada serait en cours », a rapporté notre source.

Informé du drame, Mgr Pierre Claver Malgo, évêque de Fada, s’est rendu sur les lieux pour constater les dégâts et remonter le moral des enfants. Après s’être longuement entretenu avec eux, il leur a donné deux semaines de congés. Pour lui, ce temps va leur permettre de s’oxygéner et de pouvoir poursuivre un peu plus sereinement les études. C’est dans cette logique qu’il a invité les vocandis à l’ouverture d’esprit afin de pouvoir évacuer la psychose. « Si quelqu’un vous demande ce qui s’est passé, dites tout ce que vous avez vu », leur a-t-il conseillé. Il a aussi demandé aux parents d’élèves d’être à l’écoute de leurs enfants, a relaté notre source.


                                                                     Une vue du petit séminaire Saint Kisito de Bougui

Le petit séminaire Saint Kisito de Bougui, ouvert en 2003 par le diocèse de Fada N’Gourma, serait aujourd’hui à la recherche de locaux en ville pour y emménager, en attendant des jours meilleurs. Selon la même source, « Il va falloir déménager tout le séminaire, trouver des dortoirs et des salles de classe en ville pour terminer l’année. Des séminaristes et des prêtres ont besoin de soutien psychologique ».

Dofinitta Augustin Khan

Lefaso.net

 

Attaque du petit séminaire de Bougui : Le cardinal Philippe Ouédraogo demande aux nouvelles autorités d’agir conformément à leur rêve

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • Lefaso.net • vendredi 11 février 2022 à 23h06min

 
Attaque du petit séminaire de Bougui : Le cardinal Philippe Ouédraogo demande aux nouvelles autorités d’agir conformément à leur rêve

 

A l’occasion du 30e anniversaire de la journée mondiale des malades, le cardinal Phillipe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou a rendu visite aux patients de l’hôpital Paul VI de Ouagadougou. Interrogé sur l’attaque survenue au petit séminaire saint Kisito de Bougui, dans la nuit du 10 février 2022, il dit avoir échangé avec Mgr Pierre Claver Malgo, évêque de Fada la nuit dernière « Hier nuit j’ai parlé avec l’évêque de Fada N’gourma au téléphone sur ce drame, nous étions tous désemparés et surpris »

 

 

Que faut-il au Burkina Faso ? S’interroge-t-il avant d’affirmer que la patrie des hommes intègres est en quête de réconciliation, de justice, de paix mais pas de violence ni de tuerie. Il a béni Dieu pour avoir épargné la vie de ces enfants en quête de leur vocation « Dieu merci, nous n’avons pas enregistré de victime mais seulement des dégâts matériels. »


Pour finir, il a demandé aux nouvelles autorités d’agir conformément à leur rêve, celui de pacifier le Burkina Faso. « Nous souhaitons que les nouvelles autorités puissent restaurer l’intégrité territoriale et de redonner au peuple burkinabé toute sa confiance et toute son espérance pour un meilleur vivre ensemble » a-t-il conclu.

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Côte d’Ivoire : la réorganisation du dispositif militaire français au Sahel s’accélère

Par  - à Abidjan
Mis à jour le 11 février 2022 à 09:48
 

 

Le général Thierry Burkhard (à droite), chef d’état-major des armées françaises, est accueilli par le général Kouame Julien, chef d’état-major des armées de Côte d’Ivoire, le 7 février 2022. © SIA KAMBOU/AFP

 

Le chef d’état-major français a effectué, les 7 et 8 février, une visite en Côte d’Ivoire. Un déplacement hautement symbolique alors que les tensions entre Paris et Bamako pourraient entraîner le départ des soldats français présents au Mali depuis 2013.

S'il n’est pas encore officiellement acté, le départ des forces françaises engagées au Mali semble inéluctable. Il pourrait être annoncé prochainement, peut-être même avant le sommet réunissant les dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine (UA) qui se tiendra les 17 et 18 février.

Malgré la fin annoncée de l’opération Barkhane, sur fond de tensions diplomatiques, la France entend conserver une présence significative dans la bande sahélo-saharienne. Le Niger doit ainsi devenir le nouveau centre de gravité des opérations antiterroristes. La ministre des Armées, Florence Parly, était d’ailleurs à Niamey, centre des opérations aériennes de l’armée française de la région, début février.

Réorganisation

« Le combat contre le terrorisme se poursuivra au Sahel, avec l’accord des autres pays de la région et en soutien des pays du golfe de Guinée », a récemment assuré le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian. Si rien n’est encore finalisé, une partie du dispositif pourrait être ainsi redéployée dans certains pays côtiers, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Membre de l’Initiative d’Accra, un mécanisme de collaboration sécuritaire rassemblant le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Togo, Abidjan devrait jouer un rôle central dans cette reconfiguration. Les 7 et 8 février, le chef d’état-major français, Thierry Burkhard, y a effectué une visite hautement symbolique. Il a rencontré son homologue ivoirien, le général Lassina Doumbia, le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, visité l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) de Jacqueville, l’école militaire préparatoire de Bingerville, et rendu visite aux forces française basées en Côte d’Ivoire (FFCI).

Quelques jours plus tôt, c’est Djimé Adoum, haut représentant de la Coalition pour le Sahel, qui s’était rendu à Abidjan pour évoquer avec le ministre ivoirien de la Défense la situation au Burkina Faso et la coordination entre le G5 Sahel et l’Initiative d’Accra.

Sentiment anti-français

« La visite du général Burkhard entre dans le cadre du processus de consultations que nous menons avec nos partenaires africains et européens pour repenser le dispositif », explique une source diplomatique française.

ABIDJAN SERA AMENÉ À JOUER UN RÔLE NOUVEAU

Depuis plusieurs jours, Florence Parly multiplie les réunions bilatérales avec ses homologues concernés. Selon nos sources, Emmanuel Macron s’est, de son côté, entretenu en visioconférence le 9 février avec plusieurs chefs d’État ouest-africains (l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Sénégalais Macky Sall, le Nigérien Mohamed Bazoum et le Mauritanien Mohammed Ould Ghazouani).

« Comme NouakchottNiamey ou même Ouagadougou, Abidjan sera amené à jouer un rôle nouveau qu’il nous faut encore préciser. Mais le défi est de préserver les opinions publiques. Il faut que la volonté affichée vienne des pays africains sinon on risque de favoriser la montée du sentiment anti-français », poursuit notre source.

Lors de la visite du chef d’état-major français, ses interlocuteurs ivoiriens se sont dit prêts à intensifier leur participation à la lutte anti-terroriste. « On sait que l’on va devoir en faire plus et on compte sur Paris pour nous aider en matériel, transport et armement », précise un officiel ivoirien.

« Sous-marin »

La présence militaire française en Côte d’Ivoire se fond dans l’histoire du pays. Créé en 1978, le 43e bataillon d’infanterie de marine (43e BIMa) est l’ancêtre du 43e régiment d’infanterie coloniale (43e RIC) et du 43e régiment d’infanterie de marine (43e RIMa). Officiellement dissous en 2009, il fait aujourd’hui partie des Forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI).

À Abidjan, cette base militaire située à Port-Bouët, une commune d’Abidjan, fait désormais partie du paysage. Souvent comparé par les officiers français à un « un sous-marin » capable « de se déployer dans toute l’Afrique de l’Ouest en fonction des besoins », le camp FFCI, accueille 950 soldats, dont 84% sont en mission de courte durée (quatre mois), contre 500 en 2016. Sa capacité d’accueil est bien plus importante.

LA FRANCE SOUHAITE INTENSIFIER SA COOPÉRATION MILITAIRE AVEC LA CÔTE D’IVOIRE

Les FFCI sont régulièrement mobilisées pour acheminer équipements et marchandises débarquées au port d’Abidjan jusqu’aux bases de l’opération Barkhane, au Niger ou au Mali, faisant de la Côte d’Ivoire une base logistique pour l’opération Barkhane.

Le port d’Abidjan sera-t-il également mis à contribution en cas de retrait français au Mali ? Si un pont aérien est déjà prévu, l’état-major devra aussi rapatrier du matériel par voie terrestre. Problème, un convoi logistique parti d’Abidjan vers le Niger avait été bloqué au Burkina Faso pendant plusieurs semaines, fin novembre 2021, par des manifestants. « Face au risque d’un trajet mouvementé, la France préfèrera peut-être un transit via le Niger puis le Bénin vers le port de Cotonou », analyse un expert militaire français.

Étroite coopération

Au-delà des aspects logistiques, la France souhaite intensifier sa coopération militaire avec la Côte d’Ivoire, dont la frontière avec le Burkina est la cible de groupes jihadistes. À l’heure actuelle, une dizaine de coopérants sont présents au ministère de la Défense, à l’état-major des armées ou dans les écoles militaires ivoiriennes. Les autorités françaises sont aussi à l’origine de la naissance d’une école spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, l’AILCT, inaugurée le 10 juin par le Premier ministre Patrick Achi et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Le projet n’est pas encore totalement achevé, mais l’académie dispense plusieurs stages, en collaboration avec les ministères ivoiriens et français de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice. L’AILCT comptera également un institut de recherches stratégiques sur le terrorisme afin de développer les travaux de chercheurs sur le sujet et promouvoir davantage qu’une approche « sécuritaire ».

Égypte: sur les traces d'Agatha Christie, entre réalité et fiction

 

Le film Mort sur le Nil sort ce mercredi 9 février au cinéma. Le réalisateur Kenneth Branagh signe un deuxième volet des aventures d’Hercule Poirot, cette fois-ci en Haute-Égypte, entre Louxor et Assouan. Reportage sur les traces d’Agatha Christie, auteure de l'œuvre originale.

De notre envoyé spécial à Assouan,

Des arcades andalouses, une terrasse dominant le Nil, un air de Belle Époque flotte dans l’air. Nous sommes au Old Cataract, joyau architectural de la fin du XIXe siècle. Le tsar Nicolas II, Winston Churchill, François Mitterrand… Depuis plus d’un siècle, les grands de ce monde aiment à se prélasser dans cet hôtel mythique d’Assouan, non loin de la frontière soudanaise. 

C’est ici que se déroule le début de Mort sur le Nil, le célèbre roman d’Agatha Christie. La romancière britannique y a séjourné en 1934. Mahmoud Sathi, le maître d’hôtel, raconte : « Hercule Poirot rencontre ses clients et ses amis, ici sur cette terrasse parce qu’après, ils vont partir pour voir le bateau Karnak, qui est nommé maintenant Sudan depuis ici. Donc on voit le port qui appartient à l’hôtel. »

Car c’est bien sûr le Karnak que se déroule l’intrigue principale, création romancée du Sudan. Un bateau vapeur grand luxe, propriété du roi Farouk, dont Agatha Christie a tiré le décor de son roman. Hercule Poirot et le lecteur y découvriront le corps sans vie de la richissime Linnet Ridgeway.
 

Égypte éternelle

Mais Amir Attia, le propriétaire du bateau, nous rassure : « Haha, jamais de mort sur le Sudan. Le seul mort était dans le livre d’Agatha Christie. C'est toujours le bonheur qu’il y a sur le Sudan, toujours la joie. Jamais de mort ! »

Totalement retapé, le Sudan fonctionne toujours à la vapeur. Ici tout n’est que boiseries noires, cuivres et lumière tamisée. Une invitation au voyage exceptionnelle pour Linda, une Américaine en vacances qui occupe la bien nommée « cabine Agatha Christie ». « C’est comme vivre dans le passé. C’est incroyable d’être aussi relaxée et de profiter autant. Le service, les serveurs, leurs uniformes d’époque… C’est comme être dans le film Mort sur le Nil », s’émerveille la touriste.

À la frontière de la réalité de la fiction, Mort sur le Nil raconte cette Égypte éternelle sur les écrans à partir du 9 février.

Sommet de l’UA : en coulisses, avec les chefs d’État

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 8 février 2022 à 16:29
 

 

Faustin-Archange Touadéra et Abdoulaye Diop, en marge du sommet de l’UA, le 7 février. © GDongobada/Twitter

En marge du programme officiel, les grand-messes de l’Union africaine (UA) sont souvent le théâtre d’un intense lobbying. À Addis-Abeba, les 5 et 6 février, les réunions informelles se sont multipliées.

Mikhaïl Bogdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, a profité de sa présence à Addis-Abeba pour pousser la candidature de Moscou à l’Exposition universelle de 2030. Il a ainsi multiplié les entretiens avec les chefs d’État : Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Denis Sassou Nguesso (Congo), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe), Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo » (Somalie), et Mohammed el-Menfi (président du Conseil présidentiel libyen).

Il a également évoqué ce sujet avec le ministre des Affaires étrangères égyptien, Sameh Choukri, dépêché sur place par Abdel Fattah al-Sissi. Le maréchal-président assistait quant à lui à l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, en présence notamment de Vladimir Poutine.

Coopération CPI-Afrique

Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) depuis juin 2021, Karim Khan n’avait pas encore fait connaissance avec les présidents du continent. Également invité par l’UA, il a pu se présenter et discuter coopération avec Félix Tshisekedi (RDC), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Mohamed Bazoum (Niger) – qu’il a notamment sondé sur la possibilité de juger les jihadistes devant la CPI. Il a également échangé avec Faustin-Archange Touadéra, alors que plusieurs dossiers d’ex-membres de la Séléka sont en cours de traitement à La Haye et que celui de Joseph Kony (toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international) et de la LRA (Armée de résistance du Seigneur), dont la base arrière se situe en partie en Centrafrique, refait surface.

Karim Khan s’est entretenu par ailleurs avec le Premier ministre tchadien, Albert Pahimi Padacké, ainsi qu’avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, Vincent Biruta, et son homologue sud-africaine, Naledi Pandor.

Zlecaf et infrastructures

À Addis-Abeba, les présidents africains ont quant à eux plaidé en faveur de leurs propres dossiers. Mohamed Bazoum a obtenu la tenue au Niger, du 20 au 25 novembre 2022, d’un sommet extraordinaire des chefs d’État africains sur l’industrialisation et la diversification économique. L’idée est aussi de rentabiliser les infrastructures de Niamey (Radisson Blu Hôtel et Centre international de conférences Mahatma Gandhi) que gère l’Agence nationale de l’économie des conférences, dirigée par le ministre conseiller à la présidence Mohamed Saidil Moctar. En vue d’organiser cet évènement, le président nigérien a échangé à Addis-Abeba avec les représentants de plusieurs organisations :  Vera Songwe, la secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique et Ibrahim Mayaki, le directeur exécutif du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

Dans cette optique, Bazoum compte aussi sur la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dont il a rencontré le secrétaire général, Wamkele Mene, à Niamey. Présent en tant qu’invité et président de sa fondation, Mahamadou Issoufou a d’ailleurs présenté un rapport sur l’état d’avancement de ce dossier, qui fut son sujet de prédilection à la fin de son mandat.

En parallèle de ses rencontres bilatérales avec ses homologues (Alassane Ouattara, Félix Tshisekedi…), Denis Sassou Nguesso a avancé ses pions en faveur du développement des infrastructures sous-régionales. Il en a notamment discuté avec Gilberto Verissimo, le président de la Commission de la CEEAC.

Transitions en quête de soutiens

Enfin, les représentants des transitions africaines ont tenté d’obtenir des soutiens. Albert Pahimi Padacké a ainsi veillé à rassurer les sceptiques et à expliquer le report au 10 mai du dialogue national, initialement prévu le 15 février. Il a réaffirmé que le président Mahamat Idriss Déby respecterait bien le calendrier pour l’organisation de la présidentielle.

Alors que le Mali a été lourdement sanctionné par la Cedeao, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, s’est bien sûr entretenu avec Shirley Ayorkor Botchwey, la cheffe de la diplomatie du Ghana – son président, Nana Akufo-Addo, préside l’organisation sous-régionale – mais aussi avec le Rwandais Vincent Biruta. Alors que Faure Essozimna Gnassingbé et Assimi Goïta entretiennent de très bonnes relations, il a échangé avec son homologue togolais, Robert Dussey. Enfin, Faustin Archange Touadéra a tenu à lui exprimer sa « solidarité ». Comme une preuve d’union sur le front russe.

Sénégal: une marée humaine reçoit les Lions de la Téranga après leur triomphe à la CAN

Les Lions de la Téranga de retour au Sénégal, lundi 7 février, au lendemain de leur victoire à la Coupe d'Afrique des Nations, face aux Égyptiens dimanche.

Les joueurs ont été accueillis par une véritable marée humaine à Dakar, lors d’une journée décrétée fériée par le président Macky Sall. Après de longues heures d'attente, les supporters ont pu les voir brandir la coupe en fin de journée, du haut d'un bus qui a sillonné la capitale une bonne partie de la nuit.

Avec notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier

Chaque membre de la famille a son maillot de l’équipe nationale et les couleurs du sénégal peintes sur les joues : Adja Ndiaye est arrivée vers midi avec ses enfants et elle est ravie d’avoir pu apercevoir ses joueurs préférés. « Oui, je les ai vus avec la coupe ! C’était fatigant au début, mais là, ça vaut la peine, parce qu’on voit la coupe en direct et ça fait vraiment plaisir, et nous félicitons tous les joueurs d’avoir mouillé le maillot pour nous apporter la coupe », dit-elle.

Même s’il y a eu quelques échauffourées entre les supporters qui ont attendu des heures au soleil et les forces de l’ordre devant l’aéroport de Dakar, l’ambiance était plutôt à la fête. Léon Bass, lui, est arrivé à 8 heures du matin depuis Thiès, une ville à 70 kilomètres de Dakar :

« Il y a beaucoup de monde, là, avec les motos et les voitures. Vraiment c’est la joie, on est super contents, parce qu’on n’a pas reçu ce trophée depuis 1960. C’est le bonheur total : j’ai vu mon grand-père, mon père et ma mère pleurer de joie. Vraiment c’est beau. »

Reportage à Dakar de Babacar Fall.

Des milliers de Sénégalais sont sortis dans les rues, marchant parfois près de 30km

En groupes, des jeunes courent pour rejoindre la foule qui accompagne le bus des Lions. Malick Maniang est venu depuis les Parcelles assanies, un quartier périphérique de la capitale : « Je suis fier d’être Sénégalais ! J’habite au Sénégal, j’ai étudié au Sénégal, je vis pour le Sénégal. Je suis venu pour les voir ! »

Les supporters ont chaudement accueilli les Lions de la Téranga à leur retour de la CAN 2022

À l’arrivée des joueurs, le président Macky Sall les a chaudement félicités, avec un mot pour les joueurs, mais aussi pour leur entraîneur, Aliou Cissé. Mardi 8 février, dans l’après-midi, le président va recevoir les joueurs au Palais de la République pour recevoir l’Ordre national du Lion.

Le président sénégal Macky Sall a chaudement félicité les joueurs de l'équipe sénégalaise

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