Histoire

Histoire générale de l'Afrique

A propos du Projet

L’UNESCO a lancé en 1964 l’élaboration de l’Histoire générale de l’Afrique pour remédier à l’ignorance généralisée sur le passé de l’Afrique. Pour relever ce défi qui consistait à reconstruire une histoire de l’Afrique libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation et favoriser une perspective africaine, l’UNESCO a fait appel aux plus grands spécialistes africains et internationaux de l’époque. L’élaboration des huit volumes de l’Histoire générale de l’Afrique a mobilisé plus de 230 historiens et autres spécialistes pendant plus de 35 années.

L’Histoire générale de l’Afrique est une œuvre pionnière, à ce jour inégalée dans son ambition de couvrir l’histoire de la totalité du continent africain, depuis l’apparition de l’homme jusqu’au enjeux contemporains auxquels font face les Africains et leurs Diasporas dans le monde. C’est une Histoire qui ne laisse plus dans l’ombre la période précoloniale et qui insère profondément le destin de l’Afrique dans celui de l’humanité en mettant en évidence les relations avec les autres continents et la contribution des cultures africaines au progrès général de l’humanité.

La collection complète est publiée en huit volumes. Les chapitres des différents volumes sont abondamment illustrés de cartes, figures, chiffres et diagrammes et de sélection de photographies en noir et blanc. Les textes sont, pour la plupart, complétement annotés et sont tous complétés par une importante bibliographie et un index.

Ces dernières années, l'UNESCO a entrepris la préparation et la rédaction de trois nouveaux volumes de la HGA (volumes IX, X et XI).

 

ACTUALITÉS

Sénégal: l’extraordinaire histoire de clichés de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme

 

C’est un pan de l’histoire du Sénégal qui vient de resurgir du passé. Six photos, jaunies par le temps et sur lesquelles on peut voir Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de l’importante communauté Mouride, décédé en 1927. La découverte est importante, car une seule image du leader religieux était jusqu’ici connue et reproduite d’ailleurs partout dans le pays. Ces photos ont été achetées à Lyon début mars lors d’une vente aux enchères, après de multiples péripéties, par un collectif de la communauté mouride

Format 7 centimètres sur 4. Dans la marge en bas, il est écrit à l’encre « Le Serigne Amadou Bamba ». Le chef religieux, souvent nommé Sérigne Touba, se tient debout, les mains dans le dos. Son turban, le « kaala » en wolof, ne laisse voir que ses yeux, mais on devine un sourire.

Sur une autre image, Cheikh Ahmadou Bamba, une truelle à la main, est en train de sceller une pierre. Ce second cliché est capital, car il a permis de reconstituer l’histoire de ces clichés, de confirmer que c’est bien le fondateur de la confrérie mouride qui apparait sur ces photos. L’enquête ouverte en 2020 a été d’ailleurs organisée et menée par le collectif qui a acheté les photos.

 

Ci-dessous, un cliché de Cheikh Amadou Bamba, debout, portant un turban rappelle la seule photo connue de lui durant des années.
 © Maison De Baecque

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Une grande enquête

16 avril 2020. Les clichés sont mis en vente sur un site réputé pour la cession de cartes postales anciennes. Le vendeur, un marchand français, Matthieu Robelin, est respecté dans le domaine. Mais dans un premier temps, il n’a aucune notion de la valeur de ces clichés. « J’ai acheté cet album de photographies à un brocanteur qui se trouvait dans le sud de la France, explique-t-il à RFI. Elles n’étaient pas mises en valeur ». Chaque tirage est donc mis aux enchères avec un prix de départ de cinq euros. Ces prix vont s’envoler lorsque des membres de la communauté mouride découvrent la mise en vente. « La photo du chef religieux debout de face est montée jusqu’à 46 000 euros. Les autres autour de 500 euros », ajoute le vendeur. Au bout de trois semaines, le site internet préfère annuler toute transaction. S’engage alors une polémique, car certains estiment que ces photos ne représentent pas Cheikh Ahmadou Bamba. 

Un collectif se forme, nommé la plateforme de recherche sur le mouridisme, « Dîwânul Mahaârif » en wolof. En tout, près de cinquante personnes : des professeurs, chercheurs, spécialistes des sciences religieuses, de l’histoire de l’islam et du Mouridisme, des sociologues décident de mener l’enquête. Ils découvrent que les clichés de Cheikh Ahmadou Bamba sont issus d’un album plus important dans lequel ils découvrent des photos de Dakar et de Diourbel. Ils apprennent également que cet album appartenait à un certain Jean Geoffre. Ce dernier vivait en 1915 à Dakar et était architecte. C’est lui qui serait aussi à l’origine des plans de la mosquée de Diourbel. Les clichés de son album sont datés du 11 mars 1918, date indiquée par l’architecte pour la pose de la première pierre de la mosquée. Après analyse, le comité d’experts confirme le lieu et la présence de Cheikh Ahmadou Bamba avec à ses côtés justement l’architecte français, casque de colon sur la tête.

À écouter aussi : La marche du monde - Au Sénégal, partager les archives, construire la mémoire

 

Ce 11 mars 1918, Cheikh Amadou Bamba est venu poser la première pierre de la mosquée de Diourbel. À ses côtés, l’architecte Jean Geoffre qui a dessiné le bâtiment et fait prendre les clichés. © Maison De Baecque

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« Ça replace Cheikh Ahmadou Bamba au cœur de l’histoire et des choses à transmettre »

Pour le professeur de l’université de Dakar, Massamba Guèye, la découverte de ses clichés apporte une notion d’extraordinaire : « Dans les récits oraux sur Cheikh Ahmadou Bamba, la part d’extraordinaire était plus importante que la part d’humanité. Dans la photo, la part d’humanité vient installer une base d’extraordinaire de Serigne Touba. Donc ça le replace au cœur de l’histoire et des choses à transmettre. »

Après l’échec de la vente en ligne, une importante maison d’enchères est contactée.

La maison De Baecque, basée à Paris et Lyon, organise chaque année d’importantes ventes de photos d’époque. Pour éviter toute complication, les acheteurs potentiels doivent déposer une caution de 5 000 euros pour participer. Le LOT 93 est intitulé : « Exceptionnelle et rarissime suite de six épre