Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Sommet UE-UA en Côte d'Ivoire:
des réunions parallèles s’organisent déjà

Le sommet UE-UA n’a pas encore commencé mais déjà des réunions parallèles s’organisent depuis dimanche à Abidjan.
© ISSOUF SANOGO / AFP
 

Le sommet UE-UA n’a pas encore commencé mais déjà des réunions parallèles s’organisent depuis dimanche à Abidjan. Ainsi à la Bourse du travail, un forum citoyen réunit plus de 600 participants venus d’Europe et d’Afrique qui planchent sur des propositions qui - espèrent-ils - seront entendues par les dirigeants des Etats qui se réuniront mercredi 29 novembre au palais des Congrès de l’Hôtel Ivoire.

Dans l’amphithéâtre de la Bourse du travail à Treichville cela vibrionne, débat, échange et parfois même s’invective. Les participants, tous issues d’ONG, de syndicats ou de plateformes sociales regroupant plusieurs nations africaines, sont assez sceptiques sur le partenariat UE-UA et ses bénéfices.

« C’est un partenariat qui dure depuis des années, explique Hélène Gnionsahe, présidente de la Convention de la société civile de Côte d'Ivoire. Et malgré ce partenariat, l’Afrique n’avance pas. Il y a beaucoup de discours aujourd’hui. La société civile est en train de demander des comptes aux politiques. Nos chefs d’Etat ont la responsabilité aujourd’hui de développer nos pays. Il ne faut pas attendre que les jeunes aillent mourir dans la Méditerranée pour réagir. »

 

Venue du Togo, Ghislaine Saizonou, membre de la Confédération syndicale internationale en charge des questions de protections sociales raconte : « Je suis très sceptique. On va faire encore une messe de plus sans résoudre le problème de la vulnérabilité et de la pauvreté en Afrique. C’est écœurant. Et nous allons les voir, ces chefs d’Etat, qui sont dirigeants, venir chacun avec leur avion, ce sont des dépenses. Avec des conseillers et de conseillères techniques, c’est des dépenses ! Qu’ils mettent ensemble ces ressources-là. Pour consacrer ça à leur population dans le domaine du développement et de la protection sociale. »

A Treichville, très loin du palais des congrès qui sera bunkerisé pour l’arrivée des chefs d’Etat, les représentants de la société civile espèrent que leur voix sera entendue pour que les drames de l’immigration clandestine en Afrique soient réglés au-delà des déclarations politiques de circonstances.

Un nouveau type de crowdfunding porté par les ONG confessionnelles en Afrique subsaharienne

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À Sorobouly village, près de Boromo au Burkina Faso. Sougué Saoué, cueille des fruits de cobat. L’agriculture durable est un des projets soutenus par le crowdfunding.
CIFOR/Flickr, CC BY-NC-ND

Seydou Ramdé, Université Aube Nouvelle

L’idée centrale de cet article est de mettre l’accent sur le potentiel des dispositifs de crowfunding et de crowdsourcing portés par les ONG et notamment par les ONG confessionnelles s’adressant à des communautés religieuses

Du financement par la foule…

La révolution numérique au travers de la désintermédiation et de la plateformisation a bouleversé les structures traditionnellement chargées de l’intermédiation financière. Elle est à l’origine d’une désintermédiation financière qui ouvre une nouvelle ère pour les porteurs de projets à la recherche de financements.

Cette désintermédiation s’est accentuée avec la crise économique – et de confiance – en 2008 et avec la montée en gamme de l’offre numérique externalisée – via le cloud computing – à partir de 2005. Dès lors, sont apparus en Europe, en Amérique du Nord et en Asie des plateformes de financement participatif (Europe), crowdfunding (anglo-saxon) et « sociofinancement » (Canada) c’est-à-dire de financement par la foule.

Les plateformes de financement par la foule ont clairement bouleversé les vieilles pratiques de financements communautaires – même si en parallèle les tontines sont devenues numériques – en utilisant les réseaux sociaux comme canaux principaux de mobilisation des communautés d’intérêts autour des projets.

Dans le contexte africain caractérisé par une sous-bancarisation, des infrastructures fragilisées et une réelle méfiance face aux acteurs traditionnels, les transferts monétaires se font essentiellement via trois canaux.

  • la montée en puissance et en qualité des applications de paiement par téléphonie mobilem-paiement par SMS –,
  • la continuité d’usage des canaux traditionnels comme les tontines, la télévision et les radios désormais combinés avec l’Internet via les web-tv
  • la percée rapide et disruptive des plateformes de crowfunding et crowdsourcing dont beaucoup sont déjà opérationnelles.

Le grand public va donc être mobilisé pour aider à financer les projets et le crowfunding sera l’un des moteurs de cette mobilisation.

… pour dépasser des représentations ancrées

Certes, l’Afrique ce « le géant qui refuse de naître » selon N’Guettia Kouassi en 2015, a de formidables ressources et potentialités. Néanmoins, elle peine à se positionner sur la voie d’une croissance pérenne, d’une redistribution partagée et d’un développement durable.

Après plus d’un demi-siècle d’autonomie relative à la gestion des affaires publiques, le constat est cruel. La plupart des modèles expérimentés pour sortir l’Afrique et les Africains de la pauvreté, de la violence et de la misère se sont essoufflés. Ce constat et cette représentation sont aussi parmi les moteurs de l’engagement humanitaire.. Dans le même temps, une lecture panafricaniste souligne que cette situation paradoxale trouve ses origines dans l’incapacité de l’Afrique à valoriser les nombreuses opportunités de croissance d’une part et dans les politiques économiques contraignantes et stériles qui lui ont été et sont encore imposées, d’autre part. La terrible question posée en 2O10 par Pierre Bamony « Pourquoi l’Afrique si riche est pourtant si pauvre ? » reste encore malheureusement d’actualité.

Des pistes de sortie de crise sont envisageables selon N’Guettia Kouassi et de nombreux observateurs. Il s’agit par exemple de l’industrialisation du continent, de la valorisation des ressources naturelles en local, de la mobilisation des ressources internes pour le financement de ses écosystèmes d’affaires et d’innovation, de la priorisation de l’éducation – et en particulier des jeunes filles – et de la formation pour faire émerger une masse critique suffisante de scientifiques, de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, d’agriculteurs, de commerçants, de managers et entrepreneurs, et bien d’autres pistes à fortes dimensions sociopolitiques et culturelles

L’accès au financement et la mobilisation des fonds propres

Parmi toutes ces pistes, il nous semble que la problématique de l’accès au financement et de la mobilisation des fonds propres reste centrale. Il apparaît en effet, d’après les acteurs économiques locaux, que seul un financement devenu enfin accessible, bienveillant et abordable pourra accompagner et pérenniser un développement endogène. Les projets et les bonnes volontés ne manquent pas !

Cependant, l’aide extérieure et les financements bancaires – notoirement insuffisants et frileux en particulier pour les PME – ont montré leur limite dans l’appui au développement.

Dès lors, le recours au financement participatif et solidaire n’ouvre-t-il pas des opportunités aux entreprises africaines en matière de développement ? Comment associer les presque 1,2 milliard d’Africains aux financements des projets de développement, d’innovation et de recherche sur leur continent ?

Finalement, sans naïveté excessive, par quels canaux le (bon) financement peut-il remonter jusqu’aux porteurs de (bon) projets ?

Le cas du crowfunding porté par les ONG confessionnelles

De nombreuses plateformes existent déjà. Notamment en Afrique de l’Ouest comme Fadev par exemple ou encore Itsaboutmyafrica. Les premiers résultats sont certes prometteurs mais les freins demeurent nombreux des deux côtés des projets (porteur et financeur) et la confiance est un des critères les plus sensibles. L’idée serait donc d’impliquer certaines des ONG comme « tiers de confiance » et facilitateur.

Prenons le cas du Burkina Faso et de ses 75 % de PME n’ayant pas du tout ou trop peu pas accès aux crédits selon les données de Soubeiga en 2015.. Outre un gâchis entrepreneurial, cette frustration est un non-sens économique et social qui maintient dans le secteur informel quantité de projets. Dans le cas du Faso, l’une des réponses passerait par les nombreuses ONG qui y sont très présentes et actives.

Certes, elles sont également confrontées à la baisse continue des fonds en provenance des pays du Nord mais elles conservent leur capacité à porter, à légitimer et à déployer les projets. Prenons le cas, en particulier, des ONG de type confessionnelles. Ces dernières peuvent jouer un rôle de « tiers de confiance » car elles bénéficient d’un capital confiance tout à fait notable et utile dans des contextes marqués par la fraude, les détournements et la corruption. Pourtant, elles peuvent s’impliquer encore plus, elles proposent notamment un dialogue interreligieux bienvenu et opportun. Elles sont ainsi devenues des interlocuteurs majeurs dans le débat public sur de nombreux domaines autour de la santé, de l’éducation et de la citoyenneté

Intervenir comme tiers de confiance et facilitateur de projets

Elles peuvent aller jusqu’à mobiliser les foules – ici les fidèles – et lever des fonds pour des projets tiers : littéralement, ce qu’on nomme crowfunding. Toujours au « pays des Hommes intègres », prenons le cas de l’ODE qui est un exemple emblématique.

Cet office – porté par une fédération fondée dès 1960 – est centré sur le développement des églises évangéliques et de leur activité sur le terrain. Il dispose d’un budget moyen annuel de 1 500 000 000 Francs CFA avec une contribution de la communauté fondatrice représentant seulement 0,5 % du budget. Cette organisation non gouvernementale à but non lucratif peut cependant compter sur une communauté de 1000 000 de fidèles.

En termes de capacité de financement,des simulations ont montré qu’il est possible de mobiliser – relativement rapidement via des plates formes dédiées – 3 000 000 000 Franc CFA avec une simple contribution de 3000 FCFA par fidèle. Cette force de frappe financière peut donc être mise à la disposition d’une multitude de projets et micros projets à vocation confessionnelle bien sur mais également non confessionnelle (agriculture, formation, éducation, santé)

Restons pragmatique !

D’un point de vue pragmatique, les ONG confessionnelles du pays – catholique, évangélique et musulmane – constituent une réalité intéressante. Ce sont des opportunités d’intermédiation pour créer et déployer des dispositifs de type crowfunding, basés sur des plateformes numériques robustes et tractable, et les mettre à dispositions des porteurs de projets. Elles contribueraient ainsi de facto à formaliser une partie du secteur informel.

D’un point de vue opportuniste, rien m’empêcherait également ces ONG de recourir à ces dispositifs pour lever elles mêmes des fonds comme c’est parfois le cas.. Enfin, d’un point de vue plus citoyen, le Burkina a intérêt conserver une cohabitation inter religieuse apaisée et ce type d’activités y contribue clairement

Seydou Ramdé, Doctorant en Sciences de Gestion, Université Aube Nouvelle

Trois initiatives africaines pour lutter
contre les violences faites aux femmes

Le 25 novembre marque la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
© pixabay
 

Comme chaque année, le 25 novembre marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. RFI vous emmène dans trois pays d’Afrique où des initiatives ont vu le jour pour venir en aide aux victimes et faire reculer les violences.

Au Congo, un guichet unique pour la prise en charge des victimes

Les violences faites aux femmes sont un phénomène qui prend de l'ampleur au Congo-Brazzaville, comme l'explique, chiffres à l'appui, Victor Banaminou, coordonnateur des projets de l'ONG Action de solidarité internationale, en citant les cas de Brazzaville et Pointe-Noire. « Nous avons au total pour les deux villes 111 cas sur la période allant de mars à octobre 2017. Sur ces 111 cas, on dénombre 56 cas de victimes de violences sexuelles ; 12 victimes de violences physiques ; 32 victimes de violences psychologiques et 17 cas de violences économiques », détaille-t-il.

A (RE)ECOUTER → Priorité Santé sur les violences faites aux femmes

Les ONG Action de solidarité internationale et Azur développement prennent en charge les femmes et les filles victimes des violences à travers un guichet unique qui fait partie intégrante d'un projet financé par l'Union européenne. « Nous avons au niveau du guichet unique une prise en charge globale qui comprend notamment une prise en charge psychologique, médicale, juridique et judiciaire, mais également un hébergement temporaire pour les cas les plus vulnérables », expliqué Victor Banaminou.

Ce guichet unique, présent à Brazzaville et Pointe-Noire, est opérationnel depuis février dernier. C'est ce samedi 25 novembre, journée symbolique, qu'il sera officiellement présenté au public.

Au Gabon, une clinique juridique pour conseiller les femmes

Au Gabon, l’Observatoire des droits de la femme et de la parité (ODEFPA) a mis en place une clinique juridique au profit des femmes victimes de violences. L'ONG conseille, aide à porter plainte et à suivre les dossiers dans les tribunaux.

Comme celui de cette femme qui arrive à la clinique juridique de l'ODEFPA et qui vit des moments très difficiles. Avec son mari, elle a construit une belle résidence sur un terrain familial. Mais il a abandonné le foyer depuis cinq mois accusant son épouse de ne pas aimer ses parents. Le couple a entamé une procédure de divorce et le tribunal a ordonné à l'épouse de libérer la maison avec ses trois enfants.

Il y a trois jours, la belle-famille a démonté portes et fenêtres, compteur d'eau et d'électricité pour contraindre la femme, enceinte de huit mois, de partir de la résidence. « Avec mes enfants, je me sens être une victime à la fois de la justice, de mes beaux-parents et de mon époux », explique-t-elle.

Ancienne ministre de la Famille, Honorine Nzet Biteghe, juriste et présidente de l'ONG, traite quotidiennement ce genre de problèmes. « Il y a une kyrielle de cas. Nous avons même des cas graves d'hommes qui transforment leurs épouses en tambour, rapporte-t-elle. Le Code pénal dit que quiconque donne des coups doit être sanctionné. »

L'ONG s'étonne de la rapide augmentation des agressions contre les femmes au Gabon même si la loi du silence prédomine. Dans une société de tradition machiste, les Gabonaises ne sont pas suffisamment protégées par la loi.

Au Sénégal, du théâtre pour changer les mentalités

Au Sénégal, une étude datée de 2015 estimait que plus de 50% des femmes mariées étaient victimes d'actes violents.

Dans le quartier populaire de Yaarax à Dakar, c'est en utilisant le théâtre-forum qu'une compagnie cherche à faire évoluer les mentalités

Mobilisation au Bénin et au Sénégal
contre l'esclavage des migrants

Une mobilisation pour les migrants en Libye a pris place devant l'ambassade libyenne à Cotonou.
© RFI/Delphine Bousquet
 

Au Bénin comme au Sénégal, des rassemblements se sont déroulés cette semaine pour dénoncer la vente de migrants africains en Libye.

A Cotonou, à l'appel de l'ONG Urgences panafricanistes de Kemi Seba (désormais résident béninois, mais qui se trouve en Belgique), une cinquantaine de personnes a marché de la Poste jusqu'à l'ambassade de Libye, quelques centaines de mètres dans le calme, ce vendredi.

Mère Jah, robe blanche et foulard rastafari, était en tête du cortège. Cette Guadeloupéenne, descendante « d'Africains réduits en esclavage » comme elle dit, est revenue sur la terre de ses ancêtres il y a 20 ans. « C’est inacceptable qu’aujourd’hui, en 2017, l’humanité en soit encore là. »

Les vigiles étaient rentrés dans l'ambassade. Devant le portail, Habib s'interroge avec colère : « Qu’est-ce que le jeune Africain aujourd’hui pense de l’Europe ? Qu’est-ce que nos chefs d’Etat font aujourd’hui pour maintenir la jeunesse sur le continent africain ?  »

 → A (RE)LIRE : Afrique, Europe: quelles parts de responsabilité dans le drame des migrants?

Il y avait aussi des messages plus politiques. Comme celui de Kamal Radji, coordonnateur de l'ONG Urgences panafricanistes : « Nous avons marché pour appeler la communauté internationale les responsabilités en Libye, mais aussi pour crier le silence éternel de nos dirigeants qui ne disent rien lorsqu’on maltraite des jeunes Africains. »

Scandant le slogan « Plus jamais ça », les manifestants sont restés une heure devant l'ambassade, dans le calme. Ils demandent sa fermeture.

« Où est la jeune Afrique ? », s'interroge-t-on à Dakar

A Dakar, vendredi, environ 400 personnes se sont réunies place de l'Obélisque pour dénoncer la vente d'êtres humains en Libye. Membres de la société civile, acteurs politiques, citoyens se sont succédé à la tribune pour dénoncer cette situation.

Ici, pas de cris, ni de slogans. Ce sont des regards graves, presque inquiets qui se sont alignés sous l'obélisque. Sur la grande scène, Tiao, jeune militant venu la rage au ventre   « Où est la jeune Afrique ? Pourquoi aller mourir dans la gueule des poissons alors que nous avons la force, alors que nous sommes si intelligents et que nous sommes incapables de mettre cette intelligence en exergue ici au Sénégal, ici en Afrique pour pouvoir développer ce joli continent. »

« Le truc, ce n’est pas de changer de pays, mais c’est changer le pays. »

Si l'Europe et sa politique migratoire ont été critiquées, de nombreux intervenants, comme Mamadou Diouf Mignane, coordinateur du Forum social sénégalais (FSS) et chargé du projet MADE Afrique (Migration et développement en Afrique), ont aussi fustigé les dirigeants africains : « Quand l’Afrique vend l’Afrique, quand l’Afrique torture l’Afrique, il faut donc consommer de l’Afrique. Ceux qui décident des destinées de l’Afrique prennent leurs responsabilités et qu’ils se fassent entendre pour que plus jamais ça. »

Invisible dans les rassemblements politiques, le rappeur Doug E. Tee a fait le déplacement car l’heure est grave, estime-t-il : « Il faut qu’on se réveille. Je demande à tous les jeunes qui suivent ça, ne quittez pas votre pays. Le truc, ce n’est pas de changer de pays, mais c’est changer le pays. »

Immigration: l'Onu dénonce la coopération entre Union européenne et Libye

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Des migrants sur une base navale à Tripoli, après avoir été secourus en mer par la marine libyenne, le 4 novembre 2017. REUTERS/Ahmed Jadallah
 

« La coopération de l'Union européenne avec la Libye pour stopper l'arrivée de migrants est inhumaine » a déclaré sans ambages le Haut-commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU mardi 14 novembre. De retour de mission en Libye, des observateurs onusiens constatent que la situation des migrants dans le pays se dégrade. Ces déplacés subissent des « horreurs inimaginables » rappelle Zeid Ra’ad Al Hussein, qui dénonce l’aide fournie par l’UE aux autorités libyennes.

« La souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l’humanité. » Le message de Zeid Ra’ad Al Hussein sera-t-il entendu ? Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants empilés les uns sur les autres dans des hangars, amaigris, traumatisés, dépouillés de leur dignité, battus au bâton électrique. Des femmes violées tant par les trafiquants que par les gardes des centres de détention officiels.

Voilà ce que rapportent les observateurs de l'Onu qui ont visité quatre centres du département libyen de la Lutte contre les Migrations illégales. Des centres où le nombre de détenus a presque triplé entre septembre et novembre 2017.

Bruxelles dénonce ces conditions de détention et veut qu’elles soient améliorées, avec des centres aux normes internationales. Cela ne va pas régler la question, répond le haut-commissaire de l'Onu, qui conteste également l’aide fournie aux garde-côtes libyens pour intercepter les migrants en mer.

Début novembre, pendant l'opération de secours d'une ONG, une vedette libyenne, passant outre les consignes de la marine italienne, a causé la mort de cinq migrants dans une manœuvre brutale. 

 

Ce mardi, la marine libyenne a de nouveau réclamé l'assistance des Européens pour renouveler la flotte de ses garde-côtes.

 

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