Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

L' "Action Enfants de Tous" (AET) de Ségou au Mali, qui travaille avec les enfants en situation difficile, nous a fait parvenir son bulletin que nous publions en pièce attachée PDF. Fichier un peu volumineux, mais le contenu est très intéressant. (lire la suite)

Politique économique : il est urgent pour la Côte d’Ivoire de mettre l’accent sur le social

 

Si la Côte d’Ivoire continue d’accumuler les satisfecit dans presque tous les domaines qui déterminent la bonne marche d’une économie, sur le plan social, l’État doit faire plus et plus vite.

 

La locomotive ivoirienne va connaître en 2017 un nouveau ralentissement, soit une croissance de 6,9 % contre 7,5 % en 2016 et 8,9 % en 2015, si l’on en croit le Fonds monétaire international (FMI). La crise cacaoyère, les retards de paiement du secteur public, une conjoncture très moyenne dans le BTP et le secteur manufacturier expliquent ce fléchissement.

Malgré tout, la Côte d’Ivoire continue d’accumuler les satisfecit dans presque tous les domaines qui déterminent la bonne santé d’une économie. Le climat des affaires amélioré, les performances macroéconomiques confirmées, la gestion des finances publiques en progrès, la solidité du système financier assuré et le développement des infrastructures maintenu à un train d’enfer lui valent un niveau élevé de confiance peu fréquent auprès des investisseurs internationaux.

« Quand on constate qu’il y a eu cinq ans à plus de 8 % de croissance, tout semble réuni pour que le pays demeure à ce niveau de performances jusqu’en 2020, car sa trajectoire semble solide », prédit le Sénégalais Bakary Traoré, économiste analyste des politiques au Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Des attentes sociales loin d’être satisfaites

Sauf que « la Côte d’Ivoire a connu un début d’année 2017 difficile, marqué par des crises importantes. Des remous sociaux ont été occasionnés par différents corps de métiers, tels que les forces armées et les fonctionnaires », souligne la note « risque pays » élaborée par l’agence de notation ivoirienne Bloomfield Investment.

Ces tumultes, les tirs en l’air mais à balles réelles, les barrages routiers sauvages ne disent rien qui vaille aux investisseurs.

Première explication de cette série de fiascos qui a vu plusieurs fois le gouvernement refuser toute concession avant de céder aux revendications : sa communication n’est pas maîtrisée.

le gouvernement a privilégié l’économie et le long terme – ce qui est excellent en soi –, mais en minimisant les facteurs sociaux et le court terme

On ne claironne pas de scrutin en scrutin que le président Ouattara et son équipe réalisent des merveilles et que le monde entier admire l’impressionnant redressement de la Côte d’Ivoire sans que cela suscite des impatiences légitimes dans la population, qui ne voit pas son niveau de vie progresser au rythme du produit intérieur brut.

Tout à son projet de donner au pays un élan décisif vers l’émergence, le gouvernement a privilégié l’économie et le long terme – ce qui est excellent en soi –, mais en minimisant les facteurs sociaux et le court terme. Ventre affamé n’a pas d’oreilles, surtout quand il voit des enrichissements accélérés dans les allées du pouvoir.

Dans le domaine social, le premier de la classe régionale pâtit de grosses lacunes. Son système éducatif est médiocre et l’empêche de disposer d’une main-d’œuvre compétente, sans laquelle il n’est pas d’industrialisation ni de commerce international.

Dans l’étude Perspectives économiques en Afrique 2017, publiée le 22 mai par la Banque africaine de développement (BAD), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) et le Centre de développement de l’OCDE font un constat cruel : « Le système éducatif ivoirien est l’un des moins performants d’Afrique, la Côte d’Ivoire se classant dernière sur 44 pays lors de l’évaluation de 2011 des connaissances des élèves effectuée par la Francophonie, puis 41e en 2013 », peut-on y lire.

Bloomfield Investment enfonce le clou : « En 2015, le taux d’achèvement du primaire se situait à 63,1 % en Côte d’Ivoire contre 72,6 % en Afrique », affirme l’agence.

Même constat dans le domaine de la santé (lire pp. 74-76). « La situation sanitaire reste préoccupante à cause d’une morbidité et d’une mortalité élevées liées au paludisme et au sida, selon Perspectives économiques.

Le principal problème demeure l’insuffisance de l’offre de soins accentuée par la crise sociopolitique. Cette insuffisance est aussi liée au problème de financement du secteur, avec la stagnation du budget du ministère de la Santé, l’ampleur de la pauvreté et l’inexistence d’un dispositif de couverture du risque maladie. »

 On ne peut pas corriger en cinq ans vingt ans de pagaille », estime Bakary Traoré, économiste à l’OCDE

Le gouvernement reconnaît ses lacunes éducatives et sanitaires. Il tente d’y remédier en augmentant les dépenses dans ces deux secteurs, mais aussi en adoptant un plan stratégique pour la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, en créant une université à Man, dans l’Ouest, en instaurant l’assurance maladie universelle, ainsi que des « filets sociaux » pour les plus vulnérables dans le nord du pays, avec le concours de la Banque mondiale.

Certes, comme le dit Bakary Traoré, « on ne peut pas corriger en cinq ans vingt ans de pagaille ». Mais l’impatience populaire, qui se répand comme une traînée de poudre, indique aux autorités ivoiriennes qu’il est urgent de mettre l’accent de façon drastique sur le social dans leur stratégie économique. Dans l’intérêt même de celle-ci.

 

Changer la façon de raconter pour rompre le cercle vicieux des mauvaises nouvelles

logo zenit

Pour « rompre le cercle vicieux des mauvaises nouvelles » il faut changer « la façon de raconter », a estimé Mgr Dario Edoardo Viganò, préfet du Secrétariat pour la communication (SpC) du Saint-Siège, dans des propos rapportés par l’agence catholique italienne SIR le 19 juillet 2017 […].

« Pour rompre le cercle vicieux des mauvaises nouvelles, a-t-il souligné, (…) il ne faut pas raconter des bonnes nouvelles mais il faut plutôt changer les récits, la façon de raconter les situations du monde qui ont toujours été faites de lumières et d’ombres, de grâce et de péché, de violence et de tendresse » […].

« Les traits caractéristiques du témoignage sont la discrétion et le silence », a poursuivi le préfet, ainsi que « des gestes de consolation et de bien ». Mais il faut aussi « un regard pur qui sache trouver ces signes de témoignage ».

Lire Communication : rompre le cercle vicieux des mauvaises nouvelles par Anne Kurian, Zenit, 19/07/17.

Niger: opération «mains propres»
dans 200 municipalités

           Vue de la ville de Niamey.
       © Creative Commons/Jean Rebiffé
 

Au Niger, 200 municipalités seront prochainement soumises à des contrôles pour évaluer leur gestion et leur fonctionnement. Le directeur des collectivités territoriales en a fait l'annonce le 10 juillet.

Plusieurs maires ont déjà perdu leur poste ces dernières années suite à cette campagne « d'assainissement » des mairies : celui de la capitale Niamey en 2013 et celui de Maradi, la deuxième plus grande ville du pays, en 2014. Plus récemment, le 30 juin dernier, en Conseil des ministres, six maires ont été limogés et le conseil municipal de Bilma, dans le nord-est du pays, a été dissous.

La plupart des élus révoqués sont accusés de mauvaise gestion, une faute grave sanctionnée par la loi. Le sort des maires est prévu par le code général des collectivités. L'élu peut être destitué par le conseil municipal si celui-ci dépose une motion de censure votée par les trois-quarts des conseillers.

 
 
 

Absence, détournement, vente illégale

Mais le maire peut être aussi limogé directement en Conseil des ministres. En cas d'absence injustifiée pendant trois mois, de malversation ou de refus de convoquer le conseil municipal par exemple, l'édile peut faire l'objet d'une inspection.

Si la faute est confirmée, le gouvernement met fin à ses fonctions, comme cela a été le cas pour les élus limogés fin juin. Certains s'étaient rendus coupables de passation illégale de marchés publics, de ventes illégales de terrains ou de dépenses sans justificatifs.

Certaines destitutions ne donnent pas lieu à des sanctions judiciaires, comme par exemple dans le cas d'une absence prolongée. En revanche, plusieurs maires sont aujourd'hui en prison pour détournement de fonds, notamment ceux qui n'ont pas reversé les recettes dues à l'Office des produits vivriers du Niger.

La violence privée est bien plus fréquente et plus mortelle que la violence politique

Une étude récente publiée par un professeur émérite à l’École de criminologie de l’Université de Montréal et quelques collaborateurs montre qu’il y un lien  entre la pauvreté et le meurtre mais qu’il est loin d’être systématique. Les pays étudiés étaient la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso et le Niger.

Le taux d’homicide est un bon indicateur de la violence criminelle grave dans un pays et, en Afrique, ce taux est plus élevé qu’ailleurs. Mais l’Afrique de l’Ouest était une région sur laquelle nous avions très peu de connaissances.

Beaucoup d’écrits journalistiques, et même de rapports officiels, de l’ONU par exemple, insistent beaucoup sur cette violence politique, au sein de laquelle on inclut le terrorisme. En réalité, elle n’est pas si importante [NDLR: les homicides d’origine familiale ou consécutifs à une altercation sont les deux autres formes « reconnues »]. Quand un pays n’est pas en guerre civile, les meurtres politiques représentent une faible part des homicides, souvent autour de 5 %. En fait, la violence privée est bien plus fréquente et plus mortelle que la violence politique.

Lire l’article: « « En Afrique de l’Ouest, la violence privée est plus mortelle que la violence politique », propos recueillis par Antoine Le Goff, Le Monde, 28/06/17.

À l’une des conclusions de l’auteur attribuant une forte diminution de la violence en Afrique subsaharienne à la généralisation des téléphones portables, on peut aussi ajouter que la violence en Afrique ne trouve pas son origine à l’étranger comme voudraient le faire croire certaines idées conspirationnistes…

carte afrique de l'ouest

Source: diakadi.com