Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Même si le Mali ne ressemble pas à l'Afghanistan,

la France a choisi l'intransigeance du "tout sécuritaire".

Les autorités locales négocient avec les djihadistes


(un dossier pris dans le "Monde Diplomatique" du mois de septembre
2021)

 

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Une carte d'identité numérique universelle contre l'exclusion sociale en Afrique ?

Une carte d'identité dans un bureau de vote soudanais en 2à10 (image d'illustration).

Une carte d'identité dans un bureau de vote soudanais en 2à10 (image d'illustration).
 AFP - TIM MCKULKA

Plus d’un milliard de personnes dans le monde, dont la moitié réside en Afrique n’ont pas de documents d’identité. Des individus qui se retrouvent alors exclus des aides et des services publics fournis par leur État. La solution pour remédier à cette fracture sociale serait de mettre en place une identité numérique universelle, préconise une ONG.

Sans aucun document officiel prouvant son identité, un humain sur huit sur notre planète se retrouve de facto exclu d’une quelconque assistance des services administratifs et d’assistance que son gouvernement a mis en place. Ces citoyens « invisibles » n’ont d’autre choix que vivre en marge de la société. Ces éternels abonnés absents des systèmes de santé ou encore privés de scolarité, ne peuvent ni ouvrir de compte bancaire, ni changer de pays faute de passeport ou encore ne sont pas autorisés à voter.

Une fracture identitaire qui, sur le continent africain, est synonyme d’extrême pauvreté, constate depuis 2014 l’organisation non gouvernementale ID4Africa. L’ONG s’est donnée pour mission d’aider les pays d’Afrique à « adopter une identité numérique de manière responsable et pour le bien commun » et milite dans le cadre de l’Objectif de développement durable de l'ONU pour instaurer une Journée Internationale de l’Identité tous les 16 septembre.

Appel aux gouvernements africains

« Ces personnes invisibles survivent en passant dans le secteur informel, souligne Joseph Atick, le président-directeur et fondateur de l’association. Sans identité, ces gens se retrouvent totalement exclus de la société. Cela représente un problème majeur pour les pays dits en voie de développement, qui doit absolument être résolu. Notre ONG à un rôle de facilitateur pour donner à ces personnes une identité sous forme numérique et recréer du lien entre eux et les services sociaux et économiques dans chaque pays. »

« Lors de notre assemblée générale en 2018 au Nigéria nous avons lancé un appel aux gouvernements africains et aux représentants de la société civile pour instaurer une Journée internationale de l’identité le 16 septembre de chaque année dans le cadre de l’Objectif de développement durable de l'ONU, poursuit Joseph Atick. De nombreux pays sur le continent qui ont compris les enjeux de l’identité numérique participent depuis à cette journée de sensibilisation et mettent en place des solutions pour lutter contre l’exclusion des invisibles. Pour ID4Africa, le mot d’ordre est une identité numérique responsable et respectueuse des données des citoyens. »

La crainte de la surveillance de masse

Mais cette identification biométrique, qui est souvent couplée aux dispositifs de surveillance de masse de la reconnaissance faciale, inquiète les associations de défense des droits humains. C’est la raison pour laquelle ID4Africa, qui concentre son action dans 48 pays du continent, exige de chacun de ses partenaires, qu’ils soient institutionnels ou technologiques, de mettre en place un cadre juridique approprié dans le strict respect des données à caractère privées des citoyens.

« Des informations comme la caste ou la religion, par exemple, ne doivent jamais être enregistrées sur ces documents dématérialisés », insiste le responsable de l’ONG. Ce qui est loin d’être le cas ! Certains gouvernements, avec la collecte des données biométriques des individus, ont tendance à dévoyer les systèmes d’identifications numériques pour exercer un contrôle constant de leurs populations.  

Sahel : quand le GSIM recrute des enfants

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Mis à jour le 13 septembre 2021 à 16h46
Située entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, Menaka est considérée comme un épicentre de la présence de l’État islamique dans la région du Sahel.

Située entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, Menaka est considérée comme un épicentre de la présence de l'État islamique
dans la région du Sahel. © SOULEYMANE AG ANARA / AFP

Dans un rapport publié ce lundi 13 septembre, Amnesty International s’inquiète du fait que les groupes jihadistes enrôlent de plus en plus de jeunes garçons, notamment dans la zone dite des trois frontières.

Assiste-t-on à une inflexion de la stratégie de certains groupes jihadistes dans le Sahel, et plus particulièrement au Niger ? L’ONG Amnesty International révèle dans un rapport publié ce lundi 13 septembre que, prospérant sur la pauvreté, les pénuries alimentaires et le manque de perspectives économiques, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) recrute de plus en plus d’adolescents.

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BEAUCOUP VONT SERVIR DE GUETTEURS À DES COMBATTANTS PLUS AGUERRIS

Il s’agit le plus souvent de jeunes garçons déscolarisés, selon Ousmane Aly Diallo, chercheur pour l’Afrique de l’Ouest au sein d’Amnesty International et auteur du rapport, qui explique que dans la seule région de Tillabéri, très éprouvée par la violence des groupes armés, plus de 300 écoles ont fermé. Ce qui n’est pas sans conséquences.

Jeune Afrique : De plus en plus d’enfants sont recrutés par le GSIM. Pourquoi ?

Ousmane Aly Diallo : On parle d’enfants qui ont entre 15 et 17 ans, que les groupes armés vont former pour qu’ils participent à ce qui est, à leur yeux, une forme de résistance à l’autorité des États nigérien, malien ou burkinabè. Beaucoup vont jouer le rôle d’auxiliaires et servir, par exemple, de guetteurs à des combattants plus aguerris.

Depuis 2020, le GSIM entraîne ainsi de plus en plus d’enfants au maniement des armes lors de formations qui peuvent durer jusqu’à deux semaines. Et l’État islamique au grand Sahara (EIGS) comme le GSIM, utilise des combattants assez jeunes lorsqu’il mène des attaques pour ramener le bétail : les enfants ne participent pas directement aux opérations, mais ils sont chargés de s’occuper des bêtes volées dans les villages.

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DANS LA SEULE RÉGION DE TILLABÉRI, PRÈS DE 30 000 ENFANTS SONT DÉSCOLARISÉS

Mis à part le fait que ces enfants sont exposés à la violence et qu’ils risquent d’y perdre la vie, ceux qui survivent, ceux qui assistent aux attaques, ceux qui ont vu leurs parents ou leurs amis être blessés ou même tués, subissent un stress qui ne sera pas pris en charge.

Vous expliquez dans ce rapport que les écoles sont particulièrement visées…

Oui, parce que l’EIGS ou le GSIM considèrent que l’éducation qui y est donnée est occidentale et non conforme aux valeurs traditionnelles et islamiques. Et puis détruire les écoles, c’est s’en prendre aux symboles de l’autorité de l’État. C’est pour cela que les infrastructures scolaires sont fortement ciblées dans tout le Sahel central.

À l’heure actuelle, dans la seule région de Tillabéri, près de 30 000 enfants sont déscolarisés, la moitié étant de jeunes écolières. On estime aussi que près de 700 enseignants ne peuvent plus exercer à cause de l’insécurité. Ne reste plus, pour les populations, que l’éducation islamique traditionnelle.

Mais la stratégie des groupes armés est plurielle : en plus des écoles, les attaques ciblent délibérément les centre de santé, où les combattants s’approvisionnent en médicaments. Les ambulances et les véhicules des dispensaires, quant à eux, sont volés et réutilisés pour attaquer les forces de défense et de sécurité [FDS], notamment dans la zone dite des trois frontières.

Peut-on parler d’une nouvelle stratégie des groupes armés ?

D’une nouvelle stratégie ou en tout cas d’une nouvelle phase dans leur stratégie. Avant, ils attaquaient en priorité les postes avancés des FDS. Aujourd’hui, ils détruisent systématiquement les greniers et les moyens de production alimentaires dans la région de Tillabéri, dans les départements d’Abala, de Banibangou et d’Ayorou près de la frontière avec le Mali. Cela crée des pénuries et contraint des populatio.................s qu’ils jugent hostiles ou trop proches de l’État à se déplacer.

On dit souvent que l’EIGS se rend davantage coupable d’exactions contre les populations civiles que le GSIM…

C’est vrai que l’EIGS est le groupe qui commet le plus de violences, dans la région de Tillabéri en particulier. Depuis le début de l’année, des massacres ont été commis notamment à Tchoma Bangou et à Zaroumdarey, où 103 personnes sont mortes le 2 janvier dernier. En mars, des attaques ont été perpétrées entre Banibangou et Chinagodrar – et 58 personnes ont été tuées –, ainsi qu’à Wiye et à Darey-Daye, dans la commune de Tillia. À chaque fois, il y a eu beaucoup de victimes parmi les femmes et les enfants.

Toutes ces violences répondent à une volonté de casser net tout désir d’émancipation des communautés, qui tentent de résister aux taxes que prélèvent l’EIGS et à l’ordre social ou islamique que ses combattants leur imposent.

Mais dans cette même région de Tillabéri, le long de la frontière avec le Burkina Faso, on a constaté ces derniers mois l’activisme accru et l’influence grandissante du GSIM, dont des membres organisent des prêches réguliers dans les villages. De l’autre côté de la frontière toutefois, le GSIM s’est rendu coupable d’informations similaires, notamment contre les localités et communautés perçues comme hostiles ou soupçonnées d’abriter des VDP [Volontaires pour la défense de la patrie] à Kodieri ou encore à Solhan.

Quelles réponses les autorités du Niger ont-elles apportées à ce stade ?

La réponse a été très sécuritaire, mais cela ne suffira pas. Il faut absolument satisfaire les besoins des communautés et des personnes déplacées en matière de santé et d’éducation.

Il faut toutefois reconnaître que l’État nigérien a été très innovant dans sa manière d’appréhender la question de l’enfance dans les conflits armés. Un protocole a été signé entre l’État et les Nations unies, en 2017, qui prévoyait que tous les enfants pris lors d’opérations militaires seraient remis aux services de protection de l’enfance. Grâce à cela, beaucoup d’enfants ayant connu la violence dans le bassin du lac Tchad ou dans le Tillabéri ont été redirigés vers ces services. Ils ont pu bénéficier de formations professionnelles durant leur phase d’orientation, avant d’être réunis avec leurs familles. Le Mali ou le Burkina Faso pourraient s’en inspirer.

Coup d’État en Guinée : des soldats américains sont-ils vraiment impliqués ?

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Mis à jour le 14 septembre 2021 à 10h49
Capture d’écran de la vidéo diffusée par a.Conakry Live

Capture d'écran de la vidéo diffusée par a.Conakry Live © DR

[Fact-checking] Après la diffusion d’une vidéo montrant des marines au milieu d’une foule qui célèbre la chute du président Alpha Condé, la rumeur enfle sur leur possible participation au putsch. Washington dément formellement.

Tournée à Conakry

Outre les images, la légende inscrite par aConakry Live sur son post Twitter contribue fortement à alimenter les rumeurs. « Dans cette vidéo que nous avons reçu de sources certaines, on aperçoit des soldats américains, armés comme sur un théâtre d’opération normal, parader avec les éléments des forces spéciales », peut-on lire.

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LA VIDÉO A ÉTÉ FILMÉE À MOINS D’UN KILOMÈTRE DE L’AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS

Peut-on pour autant affirmer que ces militaires américains ont contribué à déloger Alpha Condé du palais de Sékhoutouréya ? S’il y a un élément sur lequel l’on peut être affirmatif, c’est la localisation. Dans cette courte vidéo, des indices nous permettent d’affirmer que ces images ont bel et bien été tournées en Guinée. L’un des véhicules qui transportent les soldats américains est immatriculé RC (pour « Région de Conakry ») 4362 AV, une plaque typique des voitures privées de la capitale guinéenne.

À l’arrière-plan, la présence d’un bâtiment beige coiffé d’une tôle orange prouve également que les images ont été filmées à Conakry, plus exactement sur l’autoroute Le Prince, aux alentours de l’axe Cosa-Bambeto, fief de l’opposant Cellou Dalein Diallo, et à moins d’un kilomètre de l’ambassade des États-Unis.

Condamnation de Washington

Depuis, plusieurs démentis ont été apportées par les autorités américaines pour écarter toute implication de leur part dans le coup d’État perpétré par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya. Sur sa page Twitter, Jordan Garcia, consul honoraire de la Guinée en Californie, assure qu’il s’agit d’une escorte de l’ambassade américaine à Conakry, rien de plus.

Au lendemain du coup d’État, le gouvernement américain a formellement condamné cette prise de pouvoir via un communiqué publié par le porte-parole du Département d’État : « Les États-Unis condamnent la prise de pouvoir par l’armée en Guinée et les événements survenus dimanche dans la capitale ». Washington a aussi affirmé que la violence et les mesures extra-constitutionnelles ne feraient qu’éroder les perspectives de paix, de stabilité et de prospérité de la Guinée.

Sénégal: le PDS d’Abdoulaye Wade à la tête d’une nouvelle coalition d’opposition

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade (image d'illustration).

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade (image d'illustration).
 SEYLLOU / AFP

Une nouvelle coalition de l’opposition a été lancée le jeudi 9 septembre 2021 avec, en tête de file, le Parti démocratique du Sénégal de l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade. Une coalition créée une semaine après celle qui regroupe Taxawu Senegaal de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, le Pastef d'Ousmane Sonko ou encore le Parti de l’unité et du rassemblement (PUR). Tous ont dans le viseur les élections locales municipales et départementales de janvier 2022. 

Avec notre correspondante à DakarThéa Ollivier

« Cette coalition présentera des listes de candidats dans tous les départements, villes et communes de l’étendue du territoire national », annonce le communiqué signé par les partis politiques et organisations qui la composent. Parmi eux, le Parti démocratique sénégalais -le PDS d’Abdoulaye Wade- un des principaux partis d’opposition dans le pays.

Gagner 2022

Ont rejoint cette coalition plusieurs leaders de l’opposition dont les anciens ministres Mamadou Diop Decroix et Thierno Alassane Sall, ainsi que l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye. Objectif : gagner les élections de 2022 et « confisquer le pouvoir à la mouvance présidentielle au niveau local », explique Alassane Ba, membre du PDS.

Pour le député et président du mouvement Tekki, Mamadou Lamine Diallo, s’unir pour aller aux prochaines élections de 2022 est une nécessité : « La fragmentation très très importante du milieu politique sénégalais nous oblige à ce genre de regroupement. Maintenant, on va s'atteler à trouver un nom, un logo, à nous engager dans des investitures dans toutes les communes du Sénégal et les départements. Et puis après, ce sera la préparation de la campagne. »

Cette annonce officielle sera suivie de la déclaration et du nom de cette coalition, « des aspects sont encore à définir » continue Alassane Ba qui ajoute être encore ouvert à d’autres partis et mouvement de l’opposition.

L’analyste politique Abdou Khadre Lo constate de son côté que cette nouvelle coalition est composée de forces expérimentées qui connaissent le terrain politique même si des défis doivent encore être relevés : « Ca peut faire l'affaire du parti au pouvoir. Au lieu d'avoir une grosse coalition en face d'eux, ils ont deux coalitions dont ça fera trois grands pôles majeurs à l'assaut des municipales à venir. Ne pas oublier que pour les deux différentes coalitions qui viennent d'être montées dans l'opposition, il y aura des tiraillements parce que chacun voudra avoir une légitimité dans une localité et surtout dans les localités les plus fortes. »

Le 2 septembre, Ousmane Sonko, Khalifa Sall et Serigne Moustapha Sy avaient lancé officiellement une première coalition de l’opposition composée d’une vingtaine de formations politiques.

 À écouter aussi : Sénégal: explosion du prix des loyers à Dakar