Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Washington poursuit son opération séduction en Afrique

Linda Thomas-Greenfield, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, commence ce 25 janvier une tournée qui la conduira au Ghana, au Mozambique et au Kenya.

Par  - à Washington
Mis à jour le 25 janvier 2023 à 08:38
 
 
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La représentante des États-Unis auprès des Nations unies, l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, en réunion d’information avec l’agence de presse nationale ukrainienne Ukrinform, à Kiev, le 8 novembre 2022. © Ruslan Kaniuka / NurPhoto via AFP

 

Il est toujours bon de savoir sur qui l’on peut compter – ou pas. L’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, entame donc ce 25 janvier une visite sur le continent qui, jusqu’au 29 janvier, la conduira au Ghana, au Mozambique et au Kenya sachant qu’au même moment, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, achève, elle, une tournée qui l’a menée au Sénégal, en Zambie et en Afrique du Sud.

>> À lire sur The Africa Report : US envoy to the UN visits African Security Council members

Ces voyages précèdent celui qu’effectuera dans le courant de l’année le président Joe Biden et s’inscrivent dans la lignée du sommet États-Unis – Afrique, organisé mi-décembre. C’est aussi la troisième fois que Linda Thomas-Greenfield se rend sur le continent en tant qu’ambassadrice onusienne, elle qui – avant de servir l’administration Biden – avait occupé le poste de secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines et d’ambassadrice au Liberia.

À LIRESommet États-Unis – Afrique : Joe Biden teste sa nouvelle stratégie africaine

« L’Afrique est un acteur géopolitique et économique clé pour les États-Unis. Nous nous attendons à un déplacement très productif », a prévenu un membre de l’administration américaine sous couvert d’anonymat, expliquant qu’elle allait tout à la fois « répondre aux préoccupations en matière de sécurité régionale », « soutenir la résilience et le redressement » du continent et travailler à « atténuer les effets du changement climatique ».

Réforme du Conseil de sécurité

Dans chacun des pays visités, elle évoquera également la question de la réforme du système des Nations unies, et le fait que Joe Biden a fait savoir qu’il était favorable à l’ajout de sièges permanents et non permanents au Conseil de sécurité, où le continent ne dispose actuellement que de trois sièges tournants sans droit de veto.

À LIRESergueï Lavrov chez Cyril Ramaphosa, un ami qui lui veut du bien

Cet activisme diplomatique est à mettre en regard de la rivalité géopolitique qui oppose les États-Unis à la Russie et la Chine. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, était lui-même ces derniers jours en Afrique du Sud, afin d’obtenir le soutien de Pretoria. Il a rencontré son homologue sud-africain, Naledi Pandor, le 23 janvier. Il a défendu le principe des exercices conjoints prévus le mois prochain entre les marines sud-africaine, russe et chinoise au large de la côte est de l’Afrique du Sud, et accusé les Occidentaux de refuser de négocier la fin de la guerre en Ukraine.

« Nostalgie dangereuse »

Rien de surprenant à ce que Linda Thomas-Greenfield fasse escale au Kenya et au Ghana – ces deux pays ont condamné sans équivoque l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine. Nairobi n’est certes plus représenté au sein du Conseil de sécurité depuis la fin de décembre, son mandat de deux ans étant arrivé à son terme, mais son ambassadeur à New York, Martin Kimani, avait prononcé un discours remarqué l’année dernière, condamnant le recours à la force pour modifier les frontières et ce nationalisme qui pousse à regarder « toujours en arrière, avec une nostalgie dangereuse ». Le Kenya a également défendu une résolution, à laquelle la Russie a opposé son veto, qui visait à établir un lien entre changement climatique, terrorisme et problèmes sécuritaires.

Le mandat du Ghana – comme celui du Gabon – court encore pendant un an, et Accra a été très critique à l’égard de la guerre menée par Moscou. Nana Akufo-Addo s’est en outre fait remarquer lors du sommet de Washington en accusant le Burkina Faso d’avoir invité des mercenaires du groupe Wagner sur son territoire, provoquant une querelle diplomatique avec son voisin du nord. « Le Burkina Faso a conclu un accord pour employer des forces de Wagner et faire comme le Mali », avait notamment asséné le chef de l’État ghanéen.

À LIREComment Wagner se finance : enquête sur l’eldorado d’Evgueni Prigojine en Centrafrique et au Cameroun

À Maputo, c’est un pays riche en pétrole, et qui a des liens historiques étroits avec la Russie, que Linda Thomas-Greenfield courtisera. Jusqu’à présent, le Mozambique s’est abstenu de condamner Moscou à l’Assemblée générale, mais les États-Unis ont tout intérêt à s’en rapprocher : le pays a beau n’avoir rejoint le Conseil de sécurité qu’en janvier, il en assurera la présidence en mars.

« Nous savons que les membres [du conseil] prennent leurs responsabilités au sérieux et nous voulons nous assurer que nous sommes tous, autant que possible, sur la même longueur d’ondes lorsque des questions importantes sont en jeu, commente le haut fonctionnaire américain cité plus haut. Nous continuerons à investir dans nos relations au sein du conseil et à défendre certaines des questions fondamentales qui sont en jeu lorsqu’il s’agit de paix et de sécurité internationale. »

Casques bleus au Mali: l’ONU partagée entre une augmentation et un retrait complet

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Au Mali, les Nations unies envisagent le renforcement du nombre de leurs casques bleus, mais également leur retrait total. Lors du renouvellement du mandat de la Minusma, en juin dernier dans un contexte tendu, les Nations unies avaient annoncé un rapport évaluant les besoins et le contexte d'intervention de la mission onusienne. Ce rapport doit être publié d'ici la fin janvier. RFI a pu consulter un projet de cette « revue interne », daté du 15 janvier. Ce texte, très avancé mais encore susceptible d'être modifié à la marge, prévoit trois options pour l'avenir de la mission onusienne.

Arrivée de supplétifs russes aux côtés de l'armée malienne, défiance grandissante entre les autorités de transition et certains pays contributeurs de troupes, restrictions imposées par Bamako aux déplacements de la section droits de l'homme de la Minusma... Depuis plusieurs mois, il est clair que l'avenir de la Mission onusienne ne va pas de soi.

Dans ce document, les Nations unies cherchent à s'adapter à toutes ces nouvelles réalités, mais aussi aux demandes de Bamako, qui sollicite elle-même un « changement de posture » de la Minusma, avec une « priorité » qui serait donnée « à la dimension sécuritaire » et à « des actions » plus « offensives ».

Des paramètres à remplir pour un éventuel renforcement

Première option envisagée par les Nations unies : une augmentation du nombre de casques bleus, pour combler les besoins liés à l'extension du mandat de la mission au centre du pays en 2019, à l'expansion de la présence jihadiste – notamment dans le Nord-Est du Mali, région de Ménaka, et dans le Centre –, mais aussi au retrait de la force française Barkhane, achevé cet été, qui apportait un soutien aérien notamment aux forces onusiennes en cas de besoin

Les Nations unies envisagent ainsi près de 3 700 casques bleus supplémentaires (3680 militaires et policiers, ou 2000 seulement dans une version plus modeste de ce renforcement). Le mandat actuel en autorise un peu plus de 13 000.

Pour que ce renforcement soit possible, il y a toutefois des « paramètres » à remplir. Le premier – et c'est ce que mentionne le rapport – c'est que les autorités maliennes acceptent de fournir les autorisations nécessaires à la Minusma pour se déplacer dans le pays.

A lire aussi : Mali: le contingent allemand de la Minusma à l’origine de la venue des 49 soldats ivoiriens

Ces derniers mois, de nombreuses demandes déposées par la Minusma sont restées lettre morte, pour les villages où l'armée malienne est visée par des allégations d'exaction, notamment.

Autre contrainte : alors que certains contingents ont déjà annoncé leur retrait (Royaume-Uni, Allemagne, Côte d'Ivoire), il s'agirait de trouver de nouveaux pays contributeurs de troupes.

Deuxième option : le nombre de casques bleus reste inchangé, mais c'est le mandat de la mission qui est révisé : par souci d'efficacité, pour réorienter certains moyens, des camps de taille réduite seraient fermés. Le risque étant que ces fermetures soient perçues comme un « abandon » par les populations. Par exemple à Ber, près de Tombouctou, l'un des camps qui pourraient être fermés alors que la situation dans la zone est particulièrement précaire. Ou encore dans le centre du pays, où la présence jihadiste gagne déjà du terrain.

Une troisième option plus radicale : un retrait de tous les casques bleus

Option 3, la plus radicale : un retrait de tous les casques bleus. La Minusma ne serait plus qu'une « mission politique spéciale », constituée de civils, basés à Bamako uniquement.

Pour des raisons de sécurité, aucun staff onusien ne serait plus déployé à l'intérieur du pays. Cette option impliquerait une coordination importante avec l'armée malienne pour éviter les zones de vide sécuritaires.

Le pré-rapport onusien anticipe une baisse importante du coût de la mission, si cette option était retenue, mais également une « dégradation sérieuse de la situation sécuritaire » dans le pays.

Le rapport définitif doit être présenté d'ici la fin du mois aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU. « La situation actuelle n'est pas viable », précise le projet consulté par RFI, qui précise que la mission onusienne « a fait de son mieux » mais est aujourd'hui « au-delà de ses limites ».

 

Burkina Faso: l'armée libère une soixantaine de femmes enlevées à Arbinda

 

Fin du calvaire pour la soixantaine de femmes enlevées par des terroristes présumés la semaine dernière jeudi 12 et vendredi 13 janvier à Arbinda dans le nord du Burkina Faso. Retrouvées ce vendredi à bord d’un bus dans la région du centre nord, elles sont arrivées dans la soirée dans la capitale où elles ont été accueillies par les autorités. La Radio-Télévision du Burkina a diffusé des images de ces femmes, libérées et ramenées à Ouagadougou, évoquant une « opération » des forces armées. 

Les femmes enlevées à Arbinda ont été retrouvées au cours d’une opération de contrôle routier. Le bus qui les transportait a été arrêt à un poste de contrôle des forces de sécurité intérieures dans la commune de Tougouri, à environ 70 km de Kaya dans la région du Centre-Nord. 

« C’est pendant qu’ils vérifiaient les identités des passagers d’un bus que les gendarmes ont été attirés par le nombre de femmes et ils se sont aperçus que c’étaient les disparues d’Arbinda », expliquent plusieurs sources que RFI a pu joindre.  

Les passagers du bus ont été transférées à Kaya, d’où un appareil des forces armées les héliportées à Ouagadougou. Au total soixante-six femmes âgées de 00 à 55 ans, dont 4 nourrissons. Les ex-otages ont été accueillies par les membres du gouvernement et la hiérarchie militaire à la leur arrivée dans la capitale.  

Selon nos sources, les enquêtes se poursuivent sur place à Kaya, avec des interrogatoires pour savoir leur lieu de départ et quel était leur destination finale. Aucune information pour l’heure sur le conducteur du bus, ni sur le bus lui-même. Ces femmes avaient disparu d’Arbinda alors qu’elles s’étaient rendues en brousse pour cueillir des feuilles et des fruits sauvages pour se nourrir.

Étudiants, religieux, panafricanistes… Qui sont les soutiens du capitaine Ibrahim Traoré ?

Arrivé au pouvoir il y a plus de trois mois, le jeune président de la transition burkinabè bénéficie toujours d’un appui populaire hétéroclite. Décryptage.

Par  - à Ouagadougou
Mis à jour le 19 janvier 2023 à 08:31
 
 

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Le capitaine Ibrahim Traoré lors d’une cérémonie pour les 35 ans de l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 2022, à Ouagadougou. © OLYMPIA DE MAISMONT / AFP

 

 

Il était presque comme chez lui. Ce mardi 17 janvier, le capitaine Ibrahim Traoré, ancienne figure de la puissante Association nationale des étudiants du Burkina (Aneb), était de retour sur les bancs de l’université de Ouagadougou, où il était encore inscrit en Sciences de la vie et de la terre il y a une douzaine d’années. Sur place, le jeune président de la transition, 34 ans, a été accueilli chaleureusement, comme c’est le cas lors de la plupart de ses déplacements.

Sa légitimité populaire, Traoré la tire d’abord des Assises nationales qui avaient rassemblé, le 14 octobre, deux semaines après sa prise de pouvoir, environ 300 représentants de l’armée et de la police, des organisations coutumières et religieuses, de la société civile, des syndicats, des partis politiques ainsi que des déplacés internes victimes des attaques jihadistes.

Dialogue avec la classe politique

« Ibrahim Traoré a fait l’objet d’un consensus des forces vives de la nation lors des Assises nationales. Il bénéficie du soutien de tous les acteurs politiques mais il doit se tenir à équidistance des différents partis, assure un cadre du Congrès pour le progrès et la démocratie (CDP). Les jeunes officiers gardent leurs distances avec la classe politique, afin de ne pas être accusés d’être proches de tel ou tel camp. Cette réserve vis-à-vis de la classe politique est la bienvenue. Dès qu’une autorité de transition prend position, elle déclenche les hostilités. »

À LIREAu Burkina Faso, qui sont les hommes du capitaine Ibrahim Traoré ?

Malgré le maintien de la suspension des activités politiques par le nouveau pouvoir, le dialogue avec la classe politique ne semble pas rompu. D’après nos sources, une commission mixte, instaurée par le régime du lieutenant-colonel Damiba pour élaborer le calendrier de la transition, peaufine actuellement ses conclusions. Elle devrait rendre son rapport au Premier ministre, Apollinaire Kyelem de Tambéla dans les jours à venir.

Appuyé par des leaders musulmans…

Plus de trois mois après son arrivée aux affaires, le capitaine Ibrahim Traoré, que certains n’hésitent pas à comparer à Thomas Sankara, bénéficie toujours d’un véritable soutien populaire. « Nous soutenons Traoré parce que c’est un patriote qui incarne une rupture. Il sait se mettre à l’écoute de la rue. En 100 jours au pouvoir, il a montré sa volonté de mieux faire et de prendre en compte les aspirations du bas peuple », confie Monique Kam, dirigeante du Mouvement M30 Naaba Mogho, qui lutte contre la présence de la France au Burkina Faso.

Celui qui est officiellement le plus jeune chef d’État au monde est aussi appuyé par des religieux, en particulier par des leaders musulmans. Le 13 janvier, au lendemain de sa visite à Bobo-Dioulasso, les cheikhs de la ville lui ont exprimé leur soutien en organisant une grande prière pour la paix sur la place Tiéfo Amoro. Sur les réseaux sociaux, cette scène a rapidement suscité un tollé chez certains, qui y ont vu le signe d’une confusion entre l’État et la religion. « C’est une stratégie de pénétration et d’implantation, même si la majorité de ceux qui s’égosillent dans les audios haineux et les prêches enflammés n’en savent peut-être rien », a estimé, sur sa page Facebook, Newton Ahmed Barry, ancien journaliste et ex-président de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni).

… et protégé par des panafricanistes

Dans le milieu de la société civile, des mouvements panafricanistes, qui appellent Ibrahim Traoré à rompre avec la France et à se tourner vers la Russie, entendent s’ériger en gardiens de la transition. Et pour cause : entre les discours pro-russes et le ton ferme employé à l’égard des partenaires occidentaux, le régime des capitaines répond, à leurs yeux, aux aspirations du peuple burkinabè. « Le collectif des organisations de la société civile panafricaniste, qui a vu le jour récemment, est l’un de ses soutiens de taille », glisse un membre de la Coalition des patriotes du Burkina Faso (Copa BF), qui milite contre la présence française dans le pays.

À LIREBurkina Faso : manifestation anti-française, drapeaux pro-russes et tension à Ouagadougou

Fin décembre, quand le régime de Traoré a affirmé avoir déjoué une tentative de déstabilisation du redouté lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, ces mouvements panafricanistes avaient été les premiers informés. Avant cela, fin novembre, de nombreux partisans d’“IB” étaient sortis dans les rues de Ouaga pour soutenir la transition, après qu’un message audio évoquant une tentative de coup d’État avait circulé sur les réseaux sociaux.

Tchad: À Kana, interrogations sur les zones franches prévues par l'État

Localité de Kana au Tchad. © RFI

 

Au Tchad, la création d’une zone économique spéciale dans la province du Logone Occidental alimente la controverse. L’État du Tchad entend créer ces zones franches pour encourager les investisseurs à s’installer dans le pays. Mais dans la province du Logone, tout le monde n’approuve pas le projet.

Avec notre correspondant au Tchad, Madjiasra Nako

Le village de Kana, situé à une vingtaine de kilomètres de Moundou, chef-lieu du Logone Occidental, est calme en journée. Nous sommes en janvier, la période des récoltes passées, il n’y a pas grand-chose à faire. Assis sous un manguier, André Lotodiongodo, la soixantaine, ne voit pas d’inconvénients à l’occupation des centaines d’hectares nécessaires à la création des industries pour des produits d’élevage. Mais il a des conditions : « Nous estimons que la cession de nos terres, seule source de revenus, doit être précédée d’une juste et préalable indemnisation afin d’avoir de quoi subvenir à nos besoins ».

« Selon les schémas, ce n’est même pas viable »

Tout cela est superficiel, estime Ndjeralar Miankeouel, une des grandes voix de la société civile du Logone Occidental, le projet ne respecte pas le schéma national d’aménagement du territoire adopté par le gouvernement pour la période 2014-2035, indique-t-il : « Selon les schémas, ce n’est même pas viable. On a une zone qui est d’abord à potentialité agricole. Une zone spéciale industrielle, il y a des critères, il y a des conditions : d’abord, les schémas s’y prêtent, deux, il y a une gouvernance ». 

Le militant ajoute qu'en plus de n’avoir pas respecté le schéma directeur, le projet risque de créer des problèmes fonciers dans la plus petite des provinces du pays qui a la plus forte densité de population au kilomètre carré.

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