Témoignages

 

« Être chrétien ne relève pas du désir sublime de donner sa vie dans un instant grandiose » 

 
  • Jean de Saint-CheronEssayiste, chroniqueur pour La Croix

Jean de Saint-Cheron revient pour sa première chronique hebdomadaire dans La Croix sur la mort en « martyre de l’amour » de saint Jean Baptiste, célébré ce 29 août. Un récit qui interpelle le croyant contemporain : être chrétien, serait-ce souhaiter se faire couper la tête ?

  • Jean de Saint-Cheron, 

 

« Être chrétien ne relève pas du désir sublime de donner sa vie dans un instant grandiose »
 
Jean de Saint-Cheron.CHRISTOPHER EVANS POUR LA CROIX

Se faire décapiter parce qu’une danse lascive est montée à la tête d’un vieux despote qui n’a pas osé décevoir sa bande d’amis éméchés – ni la jolie fille à qui il avait promis n’importe quoi –, est une mort bête. Personne ne la souhaite. C’est ce meurtre grotesque, pourtant, que l’Église célèbre le 29 août, « mémoire du martyre de saint Jean Baptiste ». Le plus grand des enfants des hommes achève sa vie terrestre au terme d’une scène de débauche, victime de la fureur d’une femme vexée et de la lâcheté d’un roi contrarié (cf. Mc 6, 17-29). Martyre signifiant témoignage, de quoi une telle aberration peut-elle bien témoigner ?

Car, sur ce point, les choses sont claires : qu’il y ait décollation ne suffit pas à ce qu’il y ait martyre. Et que l’assassiné soit saint ne suffit pas non plus. Car pour qu’il y ait témoignage, il faut que le meurtrier s’en soit délibérément pris à la noble cause pour laquelle le martyr était prêt à mourir (par exemple la foi). Et à moins d’avoir perdu la tête comme le pauvre Didi pressé de raccourcir Tintin pour qu’il puisse « trouver la voie » (1), personne ne choisit d’être témoin de l’absurde : la mort du martyr doit être riche de sens.

Amour authentique

 

Or, au jour de sa décapitation, le Précurseur n’est pas immédiatement témoin du Dieu d’Israël. Il meurt parce qu’Hérodiade, qui a trahi son mari Philippe en rejoignant la couche et le trône d’Hérode, ne supporte pas la parole prophétique qui conteste l’union illégitime : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » (Car pour couronner le tout, l’adultère que dénonce Jean Baptiste est un quasi-inceste, ou inceste par alliance, puisque Philippe, l’époux d’Hérodiade, est le propre frère d’Hérode.)

 

« Être chrétien ne relève pas du désir sublime de donner sa vie dans un instant grandiose »

C’est donc moins directement en haine de la foi qu’est tué Jean qu’en haine de la loi de l’amour telle qu’elle s’exprime dans la fidélité des époux et dans la pureté du mariage. Jean Baptiste est un martyr de l’amour authentique.

On peut presque toujours trouver des raisons ethniques, politiques ou économiques à la violence religieuse. Mais ce qu’enseigne la mort de Jean Baptiste, c’est que depuis la Genèse, l’amour dérange les hommes en leur égoïsme, contrecarrant leurs projets de domination ou de jouissance. Et qu’avec la force des armes, ils ne pensent qu’à le faire taire. Le président du Nicaragua Daniel Ortega s’illustre particulièrement, ces dernières semaines, dans la haine du christianisme. Mourant les mains nues, les martyrs de notre temps (ils sont nombreux, en Orient, en Afrique ou ailleurs) sont bien souvent les témoins non de luttes identitaires, mais du Dieu auquel croyait Jean Baptiste. Et leur destin nous impressionne.

Vivre le commandement de l’amour

Pour témoigner de l’amour, faut-il chercher pour autant à se faire couper la tête ? La Mère prieure du Dialogue des carmélites de Bernanos (l’histoire est vraie de ces seize religieuses assassinées en haine de la foi et de la vie monastique sur ordre du Tribunal révolutionnaire) appelait ses filles à la vigilance : « Méfions-nous de tout ce qui pourrait nous détourner de la prière, méfions-nous même du martyre. La prière est un devoir, le martyre est une récompense. » Croyant en la force de la prière, c’est ainsi qu’elles avaient choisi d’aimer.

Être chrétien ne relève pas du désir sublime de donner sa vie dans un instant grandiose, mais d’abord de vivre le commandement de l’amour dans ce qu’il a de plus ingrat, de plus caché, de moins illustre. « Avant de mourir par le glaive, mourons à coups d’épingles », disait la petite Thérèse. Phrase terrible, qui est aussi un encouragement, une promesse que nous pouvons être martyr aujourd’hui même, à notre place, si nous choisissons d’aimer.

Diplômé de Sciences Po Paris et de la Sorbonne, Jean de Saint-Cheron s’est fait connaître l’an dernier avec son essai Les Bons Chrétiens (Salvator). Il y bouscule les catholiques français, et leurs aptitudes pour les querelles intestines qui leur font courir le risque de perdre de vue l’essentiel de la foi. Directeur de cabinet du recteur de l’Institut catholique de Paris, il donne aussi un cours de littérature et collabore à la revue Magnificat. À partir du 29 août, il livre une chronique hebdomadaire dans La Croix.

(1) Cf. Le Lotus bleu.

« Salman Rushdie n’est pas une pensée, un livre ou une idée, c’est un homme » 

  • Ayyam SureauPhilosophe, chroniqueuse pour La Croix

La philosophe Ayyam Sureau inaugure sa chronique hebdomadaire dans La Croix en signant une critique de l’idée qu’en attaquant l’écrivain Salman Rushdie, son agresseur frapperait la liberté d’expression.

  • Ayyam Sureau, 
« Salman Rushdie n’est pas une pensée, un livre ou une idée, c’est un homme »
 
L’écrivain Salman Rushdie. JOEL SAGET/AFP

On ne sait pas ce que pense un meurtrier au moment de se précipiter sur une scène pour poignarder un homme inconnu de lui. Le plus probable est qu’il ne pense pas. En tuant son auteur, il croit supprimer les effets immatériels d’une œuvre. Peut-être n’est-ce pas du sang qu’il voit couler de la gorge de sa victime, mais de l’encre. Il imagine égorger une pensée, éventrer un livre, supprimer des idées. Il en est convaincu au point de plaider « non coupable » d’une tentative de meurtre.

Cependant, Salman Rushdie n’est pas une pensée, un livre ou une idée. C’est un homme. L’attaque dont il a fait l’objet, une tentative de meurtre. L’assaillant s’est servi d’un couteau pour supprimer un écrivain. Si le crime dont il accuse Salman Rushdie n’existe que dans l’imagination des défenseurs auto-proclamés de l’islam, la tentative de meurtre, elle, n’a rien de symbolique. C’est pourquoi je m’étonne des formules répétées à l’envi, selon lesquelles en s’attaquant à Salman Rushdie, l’assaillant frappait la liberté d’expression, en lui incarnée.

Personne n’a tué « Charlie »

De telles affirmations ne viennent-elles pas corroborer les convictions de l’assaillant ? En cherchant à dénoncer un crime, ces formules ne reprennent-elles pas, mais pour le compte du camp adverse, le nôtre, la logique barbare qui prétend tuer des idées en s’attaquant à ceux qui les expriment ? « On a tué Charlie Hebdo », criait aussi un homme masqué, arme au poing, convaincu d’avoir réglé son compte au libre exercice de la satire. Si Cabu, Elsa Cayat, Wolinski et tant d’autres ne sont plus, Charlie Hebdo, le journal, est toujours dans les kiosques. Personne n’a tué Charlie.

Salman Rushdie, en voie de rétablissement, souffre encore de ses blessures physiques. Il souffre depuis maintenant trente-trois ans d’un détournement radical de son destin littéraire, de l’effacement, de presque toutes les mémoires, que la reconnaissance de son talent d’écrivain ne devait rien à la fatwa d’un ayatollah fanatique.

Un romancier reconnu

Voici un auteur qui, dès 1981, pour son roman Les Enfants de minuit, recevait le Booker Prize, l’un des plus importants prix littéraires pour la littérature anglo-saxonne et le légendaire James Tait Black Memorial Prize, un prix qui a été attribué, depuis sa création en 1919, à D. H. Lawrence, Graham Greene, Evelyn Waugh, Aldous Huxley, Lawrence Durrell, Doris Lessing, Nadine Gordimer… Lorsque Rushdie reçoit ces distinctions, il a 34 ans et la vie devant lui pour tenir les promesses d’un romancier déjà reconnu comme l’un des plus notables de son temps.

Imaginer que la liberté d’expression a été touchée en la personne de Salman Rushdie ne revient-il pas à renforcer les convictions de nos ennemis au lieu de les combattre, à leur donner un sérieux motif de se réjouir et de recommencer ?

La liberté n’a pas saigné

Non, la liberté d’expression n’a pas été touchée, ni au cou, ni au ventre. La liberté n’a pas saigné, elle n’a pas été emmenée à l’hôpital pour y être soignée. Elle ne souffrira pas des séquelles d’un assaut ignoble perpétré par un pauvre type.

En lisant les déclarations de solidarité qui ont fusé après l’attaque contre Salman Rushdie, on pouvait ne pas comprendre clairement qu’il s’agissait d’une attaque contre sa personne. On pouvait croire, surtout par les temps qui courent, qu’un imbécile avait déboulonné un buste de l’écrivain, ou brûlé son effigie, ou que Rushdie avait été prié de démissionner d’un comité pour avoir tenu un propos inconvenant, ou encore que ses œuvres avaient été supprimées d’un programme scolaire. La liberté d’écrire, de dire et de penser autrement, n’est-elle pas frappée tous les jours par les petits tyrans orthodoxes que nous sommes devenus ? Mais seuls les fanatiques nourrissent l’espoir aussi niais que cruel d’atteindre la liberté elle-même en tuant une personne qui l’exerce. C’est leur rendre un service trop grand que de penser comme eux.

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Ayyam Sureau est philosophe. Après de nombreuses années au sein de la division de la philosophie à l’Unesco, elle a fondé l’Association Pierre-Claver. Cette dernière travaille depuis 2008 à une meilleure intégration des réfugiés statutaires à la société française. À partir du 29 août, elle tiendra une chronique hebdomadaire dans les pages « À Vif » de La Croix le lundi.

Message d'un ami Burkinabè qui demeure à Boulsa

 

Bonjour mon père, comment allez vous ?

Nous sommes en bonne santé, simplement que la questions du terrorisme persiste toujours et ça nous dérange beaucoup avec les déplacés internes qui viennent nous charger et la vie devienne dure.

Chez moi, j'ai 4 parents qui sont venus de Fada et de Bouroum avec leurs familles sans pouvoir rien prendre, et même celle venu de Fada à perdu ses deux enfants laissant leurs femmes et enfants. Moi aussi je ne peux plus faire mes sorties même dans les villages voisins avec ma vielle  SANILI, car ils ont interdit la circulation avec ce genre de moto, et je n'ai pas d'autre mobylette dame comme les (SURUS, FINN, CRYPTON...) donc tout devient difficile.

Sinon la saison pluvieuse se déroule bien pour le moment, on souhaite que ça se prolonge jusqu'en Octobre.

Nos activités sont au ralenti dans le mois d'août car il ya les pluies et les routes sont impraticables dans beaucoup d'endroits.

Nous avons célébré la 9ème édition de notre Bayir-Dare (fête de retour au bercail ou journée de retrouvailles) du 12 au 14 Août passé, et cela s'est bien passé, même si il n'y a pas une grande affluence comme le 8eme édition en 2020, à cause de l'insécurité, mais nous rendons grâce à Dieu.

Je vous informe aussi que dans notre quartier, la famille m'a honoré en me nommant le "SOUGRI NAABA" ( Ce qui veut dire le chef de pardon ou le procureur)

Merci beaucoup pour tout ce que vous faites pour moi et ma famille.

Bonne journée et bonne suite. Bien des choses à toutes et à tous.

Pascal Goodo.

 

Pascal

Qui est Mercy Tembon, la nouvelle secrétaire générale de la Banque mondiale ?

L’experte camerounaise devient la cheville ouvrière de l’institution, entre son président, les administrateurs et le haut management.

 
Mis à jour le 24 août 2022 à 19:28
Tembon
 

Mercy Tembon, la nouvelle secrétaire générale de la BM. © The World Bank

À partir du 1er septembre, Mercy Miyang Tembo (63 ans) devient vice-présidente et secrétaire générale de la Banque mondiale (BM), revenant à Washington depuis Dhaka au Bangladesh, où elle supervisait les opérations de l’institution multilatérale dans ce pays, ainsi qu’au Bhoutan, depuis 2019.

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La sexagénaire a rejoint la BM en 2000, avant d’accumuler, au cours des quatorze dernières années, de nombreuses responsabilités opérationnelles dans une demi-douzaine de pays, du Caucase à l’Afrique subsaharienne, en passant par l’Asie centrale. Récipiendaire de plusieurs prix internes à la Banque, elle apporte à son nouveau poste « une combinaison unique d’expériences de leadership, que ce soit au niveau pays que sectoriel, ainsi qu’une vaste expérience multiculturelle », s’est réjoui David Malpass, président de la Banque mondiale.

Le choix du président

C’est par une note interne datée du 21 juillet – consultée par Jeune Afrique – que le président a annoncé la nomination de Mercy Tembon comme vice-présidente et secrétaire générale de la plus grande institution mondiale d’aide au développement. « Madame Tembon me rendra compte directement et travaillera en étroite collaboration avec le comité des directeurs exécutifs, les gouverneurs et les autres membres de la haute direction pour faire avancer la mission de l’institution alors qu’elle évolue de façon continue pour répondre aux besoins urgents de ses pays partenaires », a écrit David Malpass aux salariés de la Banque mondiale.

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Présente statutairement aux conseils de direction de la BM, dont elle assure la rédaction des comptes-rendus, comme secrétaire générale, Mercy Tembon devra également faire preuve de diplomatie et d’attention rigoureuse à la multitude de dossiers présentés aux hautes instances de l’institution. Sans oublier la gestion de tensions occasionnelles entre grands actionnaires. Cela avait été le cas, il y a une dizaine d’années, au sujet de la quotité de directeurs exécutifs, que ces derniers pouvaient nommer, et que le secrétariat général de la BM avait dû négocier avec l’aide de la vice-présidence aux affaires juridiques.

Courroie de transmission

Pour illustrer l’importance du lien fort entre le secrétariat général et la présidence et/ou le board des institutions financières, il suffit de se rappeler des tensions entre plusieurs administrateurs occidentaux de la Banque africaine de développement (BAD) et Vincent Nmehielle, le secrétaire général de cette institution et bras droit du président Akinwumi Adesina, durant la crise de gouvernance de 2020 ; ou le rôle de médiateur qu’a dû jouer Ecobank au plus fort de la crise entre le conseil d’administration de la banque panafricaine et son ex-directeur général, l’Ivoirien Thierry Tanoh.

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« Le secrétaire général moderne n’est plus un “simple serviteur” […] mais fait généralement office de passerelle d’information, de communication, de conseil et d’arbitrage entre le conseil d’administration et la direction, ainsi qu’entre l’organisation et ses actionnaires et parties prenantes », note un manuel de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale.

Aussi le poste qui revient à Mercy Tembon offre une rare opportunité de saisir l’ensemble des opérations de l’institution, mais également de bâtir un immense carnet d’adresses au sein de la BM et avec ses nombreux partenaires.

Glorieux prédécesseurs

Parmi les personnalités ayant occupé cette fonction avant Mercy Tembon, on retrouve notamment Kristalina Georgieva, future numéro deux de la Banque mondiale et actuelle directrice générale du FMI. Dans ses notices biographiques, cette dernière ne manque pas de rappeler « le rôle clé qu’elle a joué à ce poste dans la réforme de la gouvernance de la Banque mondiale », dans la foulée de la crise financière de 2008.

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Autre occupante de ce poste : Ngozi Okonjo-Iweala, future numéro deux de la BM et ministre des Finances du Nigeria, aujourd’hui directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce. Si le poste a été occupé ces dernières années principalement par des femmes, parmi les précédents occupants figurent le Chinois Shengman Zhang, aujourd’hui président Asie du colosse bancaire américain Citi, ainsi que feu le diplomate ghanéen W. Paatii Ofosu-Amaah, futur conseiller spécial de Donald Kaberuka, durant sa présidence de la BAD, et futur acteur majeur des négociations qui ont abouti à l’accord de paix entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Si à 63 ans, il est peu probable que Mercy Tembon s’engage ensuite dans une autre carrière de dirigeante d’institution multilatérale, cette position à la Banque mondiale peut être un prélude à une troisième carrière dans l’éducation et le développement. Nombre de grandes institutions privées ou de fondations ne manqueront pas d’apprécier son profil éclectique et multiculturel.

Thèse iconoclaste

Alors que la crise séparatiste frappe son Cameroun natal, il est intéressant de se rappeler le début de carrière de Mercy Tembon. Dans son pays, cette dernière est « membre à vie du conseil d’administration de l’école maternelle et primaire » de l’Union nationale des parents d’élèves qu’elle a fondée en 1989, à Bamenda. Avant de se convertir à la banque de développement, la dirigeante camerounaise a démarré sa carrière dans l’éducation, avec un bachelor de l’École normale supérieure du Cameroun (1982), suivi d’un master à l’université de Liverpool (1988) et d’une thèse de doctorat en économie de l’éducation, soutenue en 1994 à l’université de Londres.

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Cette thèse est le fruit d’une enquête menée auprès de 355 ménages, 16 écoles secondaires et 650 élèves dans la zone de Mezam, dans le nord-ouest du pays – touché par les mouvements séparatistes. À l’issue de ses recherches, Mercy Tembon conclut non seulement que les parents des élèves des écoles secondaires publics, en plus des frais indirects déjà élevés auxquels ils font face, ne seraient pas opposés à l’introduction de frais de scolarité plus importants, en contrepartie d’une hausse de l’éducation.

Autre conclusion plus iconoclaste au vu de l’évolution des relations entre les provinces et l’État central, l’économiste suggère d’encourager « la gestion et le financement locaux des écoles », arguant que « la décentralisation de la gestion éducative des écoles contribuera largement à améliorer la qualité et l’efficacité de l’enseignement ». Ce qui demandera « quelques ajustements des structures de financement existantes », ainsi qu’une « immense volonté politique de la part des décideurs »…

Leadership d’excellence

La dirigeante camerounaise qui se décrit comme ayant « une forte orientation client, axée sur les résultats, d’excellentes compétences diplomatiques, interpersonnelles et de communication », a supervisé un portefeuille global de 15 milliards de dollars en projets d’investissements, d’assistance technique et financières à travers les différents pays dans lesquelles elle a exercé (Arménie, Azerbaïdjan, Georgia, Burundi, Burkina Faso, Bangladesh, Bhoutan). Elle a reçu notamment le prix du leadership pour la diversité et l’inclusion du Groupe de la Banque mondiale (GBM) en 2010 et le prix d’excellence en leadership de l’Association du personnel de l’institution multilatérale en 2014.

Dans sa note aux salariés, David Malpass a également salué dans le parcours de Mercy Tembon « une connaissance approfondie des opérations de la BM, une expérience dans la promotion de la croissance économique et du développement social dans plusieurs pays, et une réputation de développement de partenariats solides avec les parties prenantes ».

Albert Pahimi Padacké: «Il faut que les Tchadiens tournent la page de la guerre»

 

Au Tchad, c'est le 20 août que doit s'ouvrir le dialogue national inclusif annoncé depuis plus d'un an. Objectif : la fin des guerres à répétition et la tenue d'élections libres. Hier jeudi, deux importants chefs rebelles sont rentrés à Ndjamena. Mais demain, il y aura encore des absents de marque, car plusieurs opposants soupçonnent le président de transition, Mahamat Idriss Déby Itno, de vouloir s'accrocher au pouvoir. Entretien avec le Premier ministre du Tchad, Albert Pahimi Padacké. 

 

RFI: Quel est l’enjeu de ce Dialogue national inclusif ?  

Albert Pahimi Padacké : Après 60 ans d’indépendance, vous savez que nous n’avons pas eu une succession pacifique à la tête de l’État. Les Tchadiens dans leur ensemble sont fatigués de ce cycle à répétition de rebellions, et nous pensons unanimement qu’il faut que les Tchadiens tournent la page de la guerre et que désormais la dévolution du pouvoir au Tchad se fasse par les urnes et non par les armes.

Vous dites que c’est un dialogue inclusif, mais en l’absence, notamment sur le plan intérieur, de la coalition Wakit Tama et du parti des Transformateurs, ce ne sera pas inclusif, est-ce que vous ne le regrettez pas ?

Vous savez, pour nous, chaque Tchadien qui serait absent de cette messe de la paix, nous le regrettons évidemment. Nous restons ouverts à toutes les forces politiques et sociales du pays pour se retrouver dans cet élan patriotique de paix pour notre pays.

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Autres grands absents, les rebelles du FACT [Front pour l'alternance et la concorde au Tchad] qui sont à l’origine de la mort du président Déby l’année dernière, pourquoi ne pas libérer leurs prisonniers, comme ils le demandent, afin qu’ils puissent rejoindre ce Dialogue ?

J’ai écouté comme vous le président du FACT lui-même dire qu’il ne s’agit pas de la question des prisonniers. De toute façon, le Président du Conseil militaire de transition et son gouvernement ont donné des gages, rarement vus dans le monde en pareilles circonstances. Vous avez vu l’amnistie générale accordée aux politico-militaires, alors même qu’ils n’avaient pas encore signé un accord. Vous savez que, dans de pareilles circonstances, c’est généralement des clauses de l’accord. Nous, simplement, je peux vous garantir, hier comme aujourd’hui, jusqu’à demain, que la main tendue du gouvernement de transition reste à l’égard de tous les Tchadiens politico-militaires ou les Tchadiens de l’intérieur qui veulent rejoindre le processus de paix.

Mahamat Mahdi Ali, le chef du FACT, peut-être ne veut-il pas rentrer de peur d’être attaqué par des membres de la famille du défunt président Déby, qu’est-ce qui garantit en effet qu’il pourra circuler dans N’Djamena en toute sécurité ?

Nous avons pris toutes les dispositions pour la participation paisible des politico-militaires au Dialogue national inclusif, et ceux qui sont arrivés également ont eu hier à faire face à l’armée nationale où des vies ont été perdues. Mais ces responsables sont aujourd’hui arrivés. Même hier matin encore, des chefs politico-militaires sont rentrés à N’Djamena. Ils seront protégés par le gouvernement de transition, par le Président du Conseil militaire de transition, et donc même Mahdi s’il venait à N’Djamena, il serait protégé.

L’une des principales critiques de ceux qui ne seront pas présents au Dialogue de demain, c’est que ce Dialogue est biaisé, car, sur les quelque 1 400 délégués, 1 200 sont proches du pouvoir et le Dialogue ne donnera rien…

C’est des préjugés. D’abord, sur 1 400 délégués, vous avez les partis politiques qui ne sont pas tous du même bord, vous avez ceux de la société civile qui ne sont pas du même bord, vous avez les délégations de provinces qui ne sont pas du même bord, vous avez les politico-militaires qui arrivent qui ne sont pas du même bord, alors comment dire qu’on a des statistiques qui montreraient que le pouvoir aurait un tel nombre au sein du Dialogue ?

Autre critique des futurs absents, ce Dialogue ne sera pas souverain, car le caractère souverain n’est pas consacré dans la charte de transition…

Mais hier encore, le Président du Conseil militaire a signé un décret consacrant la souveraineté du Dialogue national inclusif, dont il est le garant, comment peut-on avoir des doutes à ce niveau ?

Surtout, les futurs absents disent que ce Dialogue ne servira à rien si le Président de la transition, Mahamat Idriss Déby Itno, ne prend pas l’engagement de se retirer du pouvoir à la fin de la transition…

Mais si toutes les décisions devaient être prises avant même d’entrer en salle, mais pourquoi nous nous réunissons dans un Dialogue ?

En juin 2021, quand Jeune Afrique lui a demandé s’il serait candidat ou non à la présidentielle, le Président de la transition n’a pas répondu clairement, il a remis son destin à « Dieu », est-ce à dire qu’il peut être candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Pour l’instant, je n’ai pas de boule de cristal, ce que je sais, c’est que les Tchadiens débattront de toutes ces questions sans tabou et décideront souverainement de ce qu’il y a lieu de faire.

Est-ce que le Dialogue ne pourrait pas partir sur des bases plus positives si d’entrée de jeu le Président de la transition disait : « À la fin de la transition, je ne serai pas candidat » ?

Mais pourquoi devrait-il le dire à l’entrée du Dialogue, alors que nous allons justement au Dialogue pour traiter de ces questions ? Il n’y a pas de raison que le Président du Conseil militaire de transition pirate la souveraineté du Dialogue qui doit commencer demain. Il faut que les Tchadiens eux-mêmes, yeux dans les yeux, décident souverainement de ce qu’il y a lieu de faire pour l’avenir de leur pays.

Est-ce que l’inéligibilité des membres actuels de la transition est à l’ordre du jour ?

Tous les sujets sont à l’ordre du jour du Dialogue national, aucun sujet n’est tabou.

► À lire aussi : Tchad: deux chefs rebelles reviennent d'exil avant l'ouverture d'un dialogue national

 

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)