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Côte d’Ivoire : dix choses à savoir sur Ibrahim Cissé Bacongo, choisi par Alassane Ouattara pour succéder à Bictogo au RHDP

Désigné secrétaire exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, le député-maire de Koumassi est un fidèle du chef de l’État, et compte parmi les membres les plus « politiques » de l’entourage présidentiel.

Par  - à Abidjan
Mis à jour le 7 septembre 2022 à 17:06
 
 
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Ibrahim Cissé Bacongo. © Twitter / Ibrahim Cissé Bacongo.
 

1. Successeur de Bictogo

Après le décès d’Amadou Soumahoro au mois de mai dernier, la désignation d’Adama Bictogo pour le remplacer au perchoir a de facto laissé une place vacante au secrétariat exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Pour occuper cette fonction-clé, la nomination de plusieurs personnalités a été envisagée par le président ivoirien Alassane Ouattara et a été discutée avec certains caciques du parti, dont Kandia Camara, ministre des Affaires étrangères et vice-présidente du parti, et Adama Bictogo.

Mamadou Touré, ministre de la Jeunesse et actuel porte-parole adjoint du parti, figurait en bonne place. Cela aurait permis de symboliser le rajeunissement du parti, mais le chef de l’État ne souhaitait pas qu’un membre du gouvernement occupe ce poste. Le ministre-conseiller auprès du président, Ibrahim Cissé Bacongo, qui avait fait savoir son intérêt pour le poste, lui a donc été préféré. Il a été désigné secrétaire exécutif, le 12 août.

2. Modéré

En choisissant Bacongo comme secrétaire exécutif, Ouattara s’assure d’avoir l’un de ses proches les plus politiques à la tête d’un organe stratégique du parti. La nomination de celui-ci en tant que conseiller spécial du président, chargé des affaires politiques avec rang de ministre, à la fin de juillet 2021, n’avait rien d’anodine : elle est en effet intervenue un peu plus d’un mois après le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, le 17 juin de la même année, et avant que le dialogue politique ne s’ouvre, au mois de décembre suivant. Or, Ibrahim Cissé Bacongo est jugé plus modéré que d’autres caciques du RHDP, et donc plus à même de discuter avec l’opposition.

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3. Réorganisation

En tant que conseiller spécial du président, il a eu, avec d’autres leaders du RHDP, pour mission de restructurer le parti afin de préparer les élections locales de 2023 et la présidentielle de 2025. En février dernier, à l’issue de cette réorganisation, Alassane Ouattara avait désigné Gilbert Koné Kafana, maire de Yopougon et ministre des Relations avec les institutions, à la tête du directoire. Un poste vacant depuis le décès d’Amadou Gon Coulibaly, en 2020. La nouvelle équipe avait notamment pour mission de rapprocher les cadres de la base.

Désormais secrétaire exécutif, Bacongo aura donc la charge, aux côtés de Gilbert Koné Kafana, de préparer le parti pour les prochaines échéances électorales. Au lendemain de l’élection des secrétaires départementaux du RHDP, il travaillera notamment à renforcer l’implantation du parti sur le territoire.

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4. Tensions

Si Kafana et Bacongo sont tous deux des hommes de dossiers, ce sont aussi, chacun dans leur style, de fortes personnalités. Des tensions sont déjà apparues entre le secrétaire exécutif et le patron du directoire au cours de réunions où les discussions ont parfois été houleuses. Une atmosphère qui pousse certains cadres du RHDP à la prudence quant au fonctionnement du parti et à l’évolution de cette relation.

5. Juriste

Né le 8 mars 1955 à Mankono, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, Ibrahim Cissé Bacongo, a effectué ses études de droit à l’université de Toulouse, en France, où il a obtenu un diplôme d’études supérieures spécialisées en droit des affaires en 1988 et un doctorat en 1990. De retour en Côte d’Ivoire, il a enseigné pendant une dizaine d’années à la faculté de droit de l’université Félix Houphouët-Boigny, jusqu’en 2001, tout en travaillant en parallèle dans des cabinets d’avocats.

6. Porte-plume

Si Bacongo n’est pas un membre fondateur du Rassemblement des républicains (RDR), aujourd’hui devenu le RHDP, il se définit tout de même comme « un militant de la première heure ». Avant même de rejoindre le parti et de devenir le directeur de cabinet de l’un de ses fondateurs, Djéni Kobina – venu des rangs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) –, Bacongo s’était fait remarquer par ses éditoriaux et prises de position dans la presse. À chaque attaque contre Alassane Ouattara, il n’hésitait pas à prendre la plume.

 

Ibrahim Cissé Bacongo © Twitter / Ibrahim Cissé Bacongo.

 

Ibrahim Cissé Bacongo © Twitter / Ibrahim Cissé Bacongo.

 

ll a publié Si c’était à refaire… Chronique d’un parcours, un recueil qui compile, en deux tomes, ses chroniques sur l’actualité politique ivoirienne de ces trente dernières années. Dans la toute première, datée de 1995, il donne son avis sur le débat autour du vote des étrangers.

7. Ouattara et lui

Il avance deux raisons pour expliquer son engagement politique : la qualité de la gestion d’Alassane Ouattara lorsque celui-ci était Premier ministre d’Houphouët-Boigny et les conditions de son départ en 1993. « Lorsqu’il est parti de la Primature après avoir fait l’objet d’une volée de bois verts, sous prétexte qu’il rechignait à rendre le pouvoir à celui qui en était l’héritier, [Ouattara] a fait l’objet de toutes sortes de méchancetés, d’injustice et d’ingratitude », se souvient-il. Et d’ajouter : « Pour le reste, je me suis retrouvé dans le parti comme engagé dans un combat pour ma propre survie. La notion d’ivoirité a été un véritable point de bascule. »

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Ce n’est cependant qu’en 1998 qu’a lieu le premier tête-à-tête entre les deux hommes. Ouattara, alors directeur adjoint du FMI, avait invité Bacongo à son domicile de Blockhauss, à Abidjan, et voulait s’entretenir au sujet d’un article de ce dernier sur les pays pauvres très endettés (PPTE). Leur échange durera plus d’une heure et marquera le début d’une relation à la fois politique et fraternelle, aux dires de Bacongo.

8. Certificat de nationalité

En 2002, c’est Bacongo qui a été chargé de se rendre à Dimbokro, dans le centre du pays, pour obtenir le précieux certificat prouvant la nationalité ivoirienne du futur président. Au fil des années, Bacongo est devenu un poids lourd du RDR, puis du RHDP et un membre de l’entourage du président. Il a occupé plusieurs portefeuilles ministériels, dont celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de 2005 à 2014.

Cité dans un scandale de détournement de fonds destinés à la rénovation d’universités et devenu la cible de manifestations d’étudiants, Bacongo a toujours clamé son innocence dans cette affaire. Il a ensuite été ministre de la Fonction publique de 2014 à 2016, avant de se voir confier un dossier très sensible par le président : la réforme constitutionnelle.

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9. Architecte de la Constitution

En février 2016, Ouattara nomme Bacongo conseiller spécial en charge des affaires juridiques. Ce dernier est alors l’un des principaux architectes du projet de Constitution. Celle-ci avait été adoptée malgré un appel au boycott de l’opposition, faisant entrer le pays dans la IIIe République. Parmi les principaux changements apportés par le projet de nouvelle Constitution, l’évacuation du concept d’« ivoirité », la création d’un poste de vice-président et d’un Sénat, l’institutionnalisation de la Chambre des rois et des chefs traditionnels, ainsi que l’extension du domaine de compétence du Conseil économique et social à l’environnement.

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Si, comme certains cadres de son parti, Bacongo avait affirmé que cette nouvelle Constitution ne permettait pas au président de briguer un troisième mandat, il est ensuite revenu sur ses propos dans un long texte publié sur Facebook en 2020, pour expliquer qu’il ne s’agissait « ni plus, ni moins que d’un avis susceptible d’avis contraires ».

10. Maire de Koumassi

Depuis son élection en tant que maire de l’une des communes les plus peuplées d’Abidjan en 2018, puis, en mars 2021, de député de la circonscription de Koumassi, Bacongo travaille à atteindre l’objectif annoncé dans son slogan de campagne : « Koumassi autrement, c’est possible ».

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En plus de changer l’image de la commune, le maire espère y développer des pôles d’activités en regroupant les professionnels dans des lieux dédiés. Il a multiplié les opérations controversées de déguerpissement de commerces installés sur la voie publique et dégagé les artères principales de la ville. Il a également fait de l’assainissement et de la sécurité ses priorités.

Au Burkina Faso, le Balai citoyen s'inquiète de l'arrestation d'un de ses leaders

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Ce lundi 5 septembre, Ollo Mathias Kambou, membre de la coordination nationale de l'organisation, a participé à une émission de radio portant sur le bilan du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) au pouvoir. Selon le Balai citoyen, il a été enlevé en ville peu après l'enregistrement de l'émission, par des hommes en civil.

L'organisation explique avoir retrouvé la trace d’Ollo Mathias Kambou au service de recherches de la gendarmerie à Ouagadougou, sans savoir ce qu'on lui reprochait.

Des méthodes dénoncées par Zinaba Rasmané, responsable de l'organisation au sein de la coordination nationale du Balai citoyen. « Ces genres d’arrestation cavalières ne sont pas du fait des Républiques qui se respectent (...) On est porté de penser que c’est une manière de casser le rythme de la mobilisation aujourd’hui des masses populaires par rapport à tout ce que nous voyons en termes de ratés dans la gouvernance. Cet acte n’est pas un acte anodin. Il fait suite à d’autres actes qui nous rappellent encore que nous devons nous mobiliser pour les libertés individuelles et collectives dans ce pays. Cet acte nous rappelle encore que les voix discordantes vis-à-vis du régime ne sont pas très bien appréciées et très bien écoutées. Pour ces raisons-là, nous pensons qu’aucune intimidation ne peut entamer la longue marche de notre peuple vers la libération, vers la liberté. Et pour cela, nous sommes confiants et nous sommes mobilisés, et nous restons galvanisés pour la suite à donner et pour que déjà, notre camarade soit libre, mais surtout que ceux qui ont brûlé ces actes-là répondent devant notre peuple et devant les juridictions en la matière ».

Les voix discordantes vis-à-vis du régime ne sont pas très bien appréciées et très bien écoutées

Zinaba Rasmané, responsable à la coordination nationale du Balai citoyen

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Mali: Bouaré Fily Sissoko écrit au président Goita pour être jugée rapidement

 

Cela fait un an qu'elle est emprisonnée à Bamako, Bouaré Fily Sissoko, vient d'adresser une lettre ouverte au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. L'ancienne ministre de l'Économie avait été arrêtée en, même temps que l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, puis placée sous mandat de dépôt dans le cadre d'une enquête de la justice malienne sur deux dossiers sulfureux : celui de l'achat de l'avion présidentiel et celui des contrats d'équipements militaires surfacturés.

Elle ne demande pas de grâce présidentielle, ni aucune faveur ou mesure d'exception. Bouaré Fily Sissoko s'adresse au président de transition, le colonel Assimi Goïta, en tant que « recours ultime » pour que la procédure qui la vise « puisse connaître un dénouement rapide ». En clair, pour que le procès qui l'attend puisse enfin se tenir.

L'ancienne ministre juge « difficile à comprendre » son maintien en détention provisoire depuis un an et estime que l'attente « se prolonge sans raison évidente objective ». Et de rappeler que tous les rapports d'audits, procès-verbaux d'enquête et autres pièces administratives ou comptables nécessaires « sont disponibles ». Bouaré Fily Sissoko rappelle d'ailleurs avoir versé elle-même tous les documents dont elle disposait, et s'être montrée disponible « à comparaître à tout moment » devant la Justice, et cela, avant même son arrestation, alors que le poste qu'elle occupait à l'Uemoa lui conférait une immunité dont elle n'a pas cherché à jouir.

« Livrer sa part de vérité »

Bouaré Fily Sissoko explique vouloir « livrer sa part de vérité » et « sortir blanchie de tout soupçon » afin que « [ses] enfants [...] puissent toujours marcher la tête haute » au Mali. Elle assure s'être toujours évertué à mettre « la transparence » au cœur de son action et cite en exemple ses déclarations de bien, « toujours déposées dans les délais » au cours de son parcours dans la fonction publique de 2000 à 2015.

À ce sujet, l'ancienne ministre « regrette que l'institution judiciaire ne mette pas souvent l'accent » sur la présomption d'innocence dont elle est pourtant censée bénéficier, et déplore être « jetée en pâture ».

Elle a un mot pour ses co-détenues de la prison pour femmes de Bollé, à Bamako, dont elle décrit la « détresse » – certaines attendent depuis plus de deux ans d'être présentées à un juge d'instruction – et un autre pour l'administration pénitentiaire à qui elle « rend hommage ».

Hommage à Soumeylou Boubeye Maïga

Elle en a aussi un pour l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, mort en détention après de multiples demandes d'évacuation sanitaire restées vaines. En mars, la femme de Soumeylou Boubeye Maïga avait, elle aussi, adressé une lettre ouverte au chef de la Transition, le suppliant de laisser son mari partir se soigner et s'engageant ce qu'il revienne comparaître. Soumeylou Boubeye Maïga était finalement mort, détenu, trois semaines plus tard.

Bouaré Fily Sissoko « s'incline pieusement » devant sa mémoire sans formuler aucun reproche aux autorités de transition, mais en rappelant simplement être « préoccupée » par le temps pris par la procédure qui la vise, « notamment au regard de son âge, 67 ans, et de l'espérance de vie très limitée dans nos pays ».

Sénégal : Mame Aby Seye, l’atout de Macky Sall pour renforcer la souveraineté économique

LE PORTRAIT ÉCO DE LA SEMAINE. Nommée il y a six mois à la tête de la Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), cette quadragénaire est mandatée par le président pour soutenir les secteurs capables de réduire la dépendance du pays aux importations.

Mis à jour le 31 août 2022 à 16:17
 
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Mame Aby Seye a pris la direction de la DER/FJ (Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes ). © Global Mind Consulting

 

Avant de prendre la direction de la Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ) en mars 2022, cette docteure en sociologie et démographie a fait ses premières armes dans les compotes de fruits. Outre ce poste de responsable des études marketing en France pour la marque d’agroalimentaire Andros, cette passionnée – et diplômée – d’urbanisme a aussi œuvré au sein d’une ONG, puis de l’agence publique sénégalaise pour des projets domaniaux.

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Revenue au pays en 2015 pour intégrer la Caisse des dépôts et consignation comme cheffe de projet, elle est repérée en 2019 par le président Macky Sall qui lui confie la direction du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), un poste qui fait d’elle une technocrate en vue au sein de l’administration.

« Calme et conventionnelle »

En mars, alors que le charismatique Papa Amadou Sarr est brutalement remercié après un discours appelant à plus d’égalité femmes-hommes au Sénégal, qui a choqué certaines consciences locales, c’est à nouveau à Mame Aby Seye que le président pense. La nouvelle ministre hérite alors d’une institution qui, malgré son jeune âge – elle a été créée en 2018 –, incarne désormais une forme de modèle de développement au sein de la sous-région.

MA NOMINATION EST UN SIGNE DE CONFIANCE REDONNÉE À L’INSTITUTION

Ce nouveau profil au ton plus polissé que son prédécesseur veut éviter de nouvelles polémiques tout en incarnant la continuité d’une institution soutenue par la plus haute administration : « Ma nomination est un signe de confiance redonnée à l’institution », assure celle qui, lorsque nous la rencontrons en marge du salon VivaTech de Paris en juin, se réfère régulièrement à ses fiches pour nous répondre.

« Elle est calme, très structurée et a tous les atouts opposés de son prédécesseur. Elle calcule bien ses apparitions et ses prises de positions, et se repose beaucoup sur son équipe, tout en ne s’affichant que lorsqu’il le faut », observe un entrepreneur sénégalais. « Avec Mame Aby Seye, nous avons affaire à une directrice générale plus conventionnelle que Papa Amadou Sarr », tranche un bénéficiaire historique de la DER/FJ.

Microfinance et agriculture

L’entrepreneuriat numérique et l’emploi des jeunes ont été les premiers chantiers de la DER/FJ lors de sa création. Quatre ans plus tard, voici que l’organe se diversifie dans la microfinance et l’agriculture, des secteurs identifiés comme prioritaires pour garantir la souveraineté économique et alimentaire du pays de la teranga.

LA CRISE RUSSO-UKRAINIENNE, L’INFLATION GÉNÉRALISÉE AJOUTÉE À L’IMPACT DU COVID-19, NOUS OBLIGE À REVOIR NOS PRIORITÉS

« La crise russo-ukrainienne, l’inflation généralisée ajoutée à l’impact du Covid-19, nous oblige à revoir nos priorités, confirme Mame Aby Seye. On nous demande de redéfinir une stratégie notamment sur les produits de substitution à l’importation, comme le mil ou le sorgho, et de renforcer des chaînes de valeur locales », développe-t-elle.

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Jusqu’ici, la DER/FJ a contribué à la formalisation de 2 452 micros, petites et moyennes entreprises (TPME) de secteurs divers et financé 415 start-up ayant reçu une enveloppe totale de 9 millions d’euros via le Projet d’appui et de valorisation des initiatives entrepreneuriales (Pavie) des femmes et des jeunes. Ce programme phare, soutenu par la BAD et l’AFD, permettrait, d’ici à 2023, de créer 154 000 emplois dont la moitié bénéficieraient à des femmes. « On parle déjà d’un Pavie II », confie Mame Aby Seye, convaincue que le Sénégal bénéficie désormais d’un climat des affaires favorable et qui pourra attirer de nouveaux bailleurs privés.

En parallèle, un programme d’allocation de nanocrédit a bénéficié à 93 000 petits commerçants dont 50 % de commerçantes, représentant un volume de crédit alloué de 23 millions d’euros pour un taux de remboursement de 86 %, selon les chiffres présentés par la déléguée générale à l’entrepreneuriat rapide.

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Fin mars, un fonds supplémentaire d’appui à l’accélération des start-up sénégalaises (FSPI) de 2 millions d’euros (dont la moitié est apporté par la coopération française) a été lancé pour soutenir la croissance des jeunes pousses et la création de réseau d’investisseurs locaux. « L’idée est d’accompagner plus de 116 projets dans neuf régions du Sénégal, ainsi que d’implanter 14 pôles d’incubation », précise Mame Aby Seye, dont l’une des missions est aussi de décentraliser l’action de la DER/FJ afin de toucher l’ensemble des territoires. « Nous espérons trouver d’autres bailleurs pour élargir ce projet et doubler cette dotation », indique-t-elle.

Futur grand incubateur à Diamniadio

Outre un investissement d’1,2 million d’euros pour la création du D-Hub – un espace de 1 000 mètres carrés dédiés aux porteurs de projet et entrepreneurs, installé au Point E à Dakar –, la construction du Centre Mohammed Bin Zayed pour l’innovation et l’entrepreneuriat fait aussi partie des projets que Mame Aby Seye aura à finaliser dans les prochains mois. « Nous devrions réceptionner cet espace situé au sein du parc technologique de Diamniadio d’ici à dix-huit mois », remarque la déléguée générale.

Financé à hauteur de 12 milliards de F CFA par Abu Dhabi (soit un peu plus de 18 millions d’euros) pour un coût total de 18 milliards de F CFA, le bâtiment de 30 000 mètres carrés est conçu pour être la vitrine internationale de la DER/FJ et pour accueillir des start-up étrangères souhaitant se lancer au Sénégal, voire dans la sous-région. À l’instar de La Factory, fondée par le Marocain Mehdi Alaoui, d’ores et déjà hébergée au sein du D-Hub.

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Pour renforcer cette dimension internationale. Les équipes de la DER/FJ ont lancé en février dernier, un « fonds diaspora » dans lequel les Sénégalais de l’étranger pourront investir ou bénéficier de financements afin de revenir entreprendre dans le pays. « Le fonds est déjà doté de 4,5 millions d’euros apportés par la DER/FJ. Nous souhaitons lever 45 millions d’euros d’ici à cinq ans », conclut Mame Aby Seye.

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)