Témoignages

 

kiye2022
 
La passion du Christ, source de grâces et véritable remède à nos épreuves quotidiennes.(Une réflexion du Père KIYE M. Vincent dans le cadre de l'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°35) 
Texte:
 (Mc 14, 1—15, 47)
Bien-aimés dans le Seigneur, quels sentiments nous habitent souvent lorsque nous lisons et écoutons le récit de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ ? Sommes-nous un jour, posés la question de savoir, pourquoi l'Eglise nous propose-t-elle cette lecture du récit de la passion du Christ chaque année ? Quel sens a-t-elle pour notre vie de foi et quelle théologie peut-on dégager de ce récit ?  C'est ce à quoi nous voulons répondre sous ces lignes. Parlant de la passion du Christ comme source des grâces et remède à nos épreuves quotidiennes. Car, comme Notre Seigneur Jésus-Christ, chaque jour qui passe, au cours des semaines, des mois ou des années, nous sommes parfois aussi victimes de trahison, des fausses accusations ou des complots. Comment tenir devant tout cela ? La relecture de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ peut, à cet effet, constituer un véritable remède à nos épreuves quotidiennes. S'y référant, nous pouvons relever trois caractéristiques majeures de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ:
*La persévérance : c’est le fait de résister, de durer dans ce que vous faites ou dans un état. C’est une vertu qui nous dispose à la résistance devant les épreuves de la vie parce que nous savons que celui qui nous a appelés à l’existence ne nous abandonnera jamais, en raison de son plan de salut sur chacun de nous. Jésus en effet n’a pas démissionné de sa mission de berger, de Messie au moment de l’épreuve, ni abandonner ses amis « Si donc c’est moi que vous vous cherchez, laissez aller ceux-ci » Jn 18, 8 Il aurait exposé ses amis dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait, mais il a préféré les protéger jusqu’au bout. Il a ainsi persévéré parce qu’il avait une nette conscience de l’amour dont le Père l’aime et il savait que Dieu  son Père ne l’abandonnera point. Voilà pourquoi il avait pleinement confiance en lui. Il enlève ainsi à une épreuve endurée dans la foi, le pouvoir de nuisance pour en faire chemin de grâces et de maturation.
*La confiance en Dieu : C’est une assurance, une hardiesse…le sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre. On ne peut se fier qu’à quelqu’un qui est crédible, qui accomplit ce qu’il dit. Faire confiance à une personne, c’est se sentir en sécurité dans la relation, c’est s’attendre à ce que ses comportements envers nous soient bienveillants et restent prévisibles. Dieu n’en a jamais cessé de faire preuve depuis le premier jour de notre existence.
*Le sens du pardon : c’est tenir une offense, une faute pour nulle et renoncer soit, au plan personnel à en tirer vengeance, soit au plan institutionnel, à poursuivre et punir les responsables. A la suite d’une trahison ou d’une infidélité, il est souvent difficile de pardonner. La déception et la souffrance sont tellement fortes qu’il est impossible de quitter l’état de la colère et de la haine. Pourtant, pardonner permet de se sentir plus léger et de retrouver le chemin de l’apaisement pour mieux avancer.  Les derniers instants de Jésus en croix en sont une illustration : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » .L’endurance dans les épreuves conduit à la résurrection. Une telle force d’esprit, un tel degré de confiance en Dieu ne pouvait que le rendre incompatible à la réalité terrestre des pécheurs, des rancuniers. Ainsi, la terre ne pouvait pas l’absorber sinon l’éjecter. Il ressuscita.
CONCLUSION GENERALE
Notre vie en société et/ou en communauté n’est jamais un fleuve tranquille. Elle est faite des hauts et des bas, des joies et des peines et souvent confrontée à des inattendus. Chaque jour qui passe, chaque instant de notre vie nous nous confrontons à des réalités qui, souvent nous plongent dans le doute ou dans le désespoir. Nous nous décourageons et perdons toute espérance ainsi que le goût de vivre. Nous ne croyons plus en la providence. Ce sont des épreuves de la vie que nous devons inscrire dans la dynamique de notre existence à la suite du Christ crucifié, lui qui n’avait commis aucun péché. Sous ce regard, les épreuves de la vie deviennent pour nous, une école de vie qui nous dispose à l’imitation du Christ et nous fait passer de la mort à la vie avec lui. Ces épreuves endurées dans la foi à l’exemple du Christ, deviennent pour nous source des grâces et chemin de maturation humaine. C’est pourquoi nous confirmons que « La passion du Christ est une source de grâces et véritable remède à nos épreuves quotidiennes» (Mc 14, 1—15, 47).
Le Seigneur soit avec vous ! 
 
 
Spécial Jeudi Saint : Pourquoi la ceinture aux reins, les sandales aux pieds et le bâton à la main ? (Une réflexion du Père KIYE M. Vincent, Mafr) 
Textes du jour :
1ère lecture: Ex 12, 1-8.11-14 
2ème lecture : 1 Co 11, 23-26
Évangile : Jn 13, 1-15
« Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main.» (Ex 12, 1-8.11-14) 
Bien-aimés dans le Seigneur, recevez nos salutations fraternelles depuis la paroisse de Nioro du Sahel dans le diocèse de Kayes au Mali 
Frères et sœurs en Christ, ce jeudi 14 avril, nous commémorons la Sainte Cène, le dernier repas que notre Seigneur Jésus partagea avec ses disciples avant de quitter ce monde vers le Père. Un repas qui trouve ses origines déjà dans l'ancien Testament comme nous le révèle le livre de l'Exode qui nous est proposé comme première lecture du jour. Mais pourquoi Jésus avait souhaité partager un dernier repas avec ses disciples ? Que représente ce repas pour nous aujourd'hui ? 
De façon lapidaire, la tradition retient de ce jour de jeudi Saint, l'origine des deux sacrements: l'ordre et l'eucharistie. Lorsque nous recourons à l'Évangile, le sens de ce repas y apparaît clairement.  Nous y lisons l'expression de l'amour inconditionnel des siens. Saint Jean commence par dire: "Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu’au bout." Et cela comment ?  poursuit-il, "Au cours du repas... se lève de table, dépose son vêtement,
et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture."
Frères et sœurs en Christ, Jésus pose ici, des gestes déjà prédis dans le livre de l'Exode, liés aux reins, aux pieds et aux mains. S'y référant, le Seigneur nous demande encore aujourd'hui, de manger la pâques, la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds, le bâton à la main.Quelle théologie se dégage derrière ces prescriptions pascales ?
1. Les reins symbolisent l'endurance des disciples. Accepter de vivre ou de manger la pâques du Seigneur avec lui, n'est jamais une mince affaire. Cela exige de l'endurance devant les épreuves comme le Seigneur Lui-même. D'où, il nous faut serrer nos reins. C'est un chemin d'endurance que le Seigneur nous a tracé. Car les épreuves sont multiples: trahison, reniement, l'ingratitude etc. 
 2. Les sandales aux pieds (pour l'annonce de ce que nous avons vu et entendu de notre Seigneur Jésus-Christ) : la pâques du Seigneur fait de nous des témoins de ce que nous avons vécu avec lui, surtout pendant les 40 jours d'endurance devant les épreuves. Après avoir fait l'expérience de la victoire du bien sur le mal, du pardon de nos bourreaux et de la prière pour ceux qui nous haïssent, et tout cela avec la grâce que Dieu accorde à ceux qui s'abandonnent à lui et comptent sur lui, le temps du témoignage a sonné. Annonçons les merveilles de celui qui a pardonné sans chercher à se venger, de celui qui a prié pour ses bourreaux et qui a donné sa joue à ceux qui le frappaient. Ce chemin nous conduit droit à la victoire sur la mort. Imitons son exemple.
3. Le bâton à la main est le symbole du commandement, non pas d'un prince envers ses vaisseaux mains d'un berger qui guide le troupeau; le symbole du serviteur, que Jésus renchérit dans l'évangile par le geste d'essuyer les pieds: "il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture." Soyons de ces bergers qui prennent le bâton de guide et non de prince même si l'ingratitude est inévitable de la part des brebis à guider. 
Comme nous pouvons le voir, tout ce qu'évoque la liturgie du Jeudi Saint se résume par l'amour du cœur de Dieu. Seul l'amour donne de persévérer dans le témoignage du service. C'est cet amour que nous célébrons aujourd'hui que nous exprimons dans le sacrement de l'ordre et de l'eucharistie. Vivre l'amour sous cette forme là et dans ce même esprit, fait de nous des véritables disciples du Christ. Et Saint Paul conclut en disant : "chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur,
jusqu’à ce qu’il vienne."
Le Seigneur soit avec vous !
 
 
Spécial vendredi Saint: Fais de tes épreuves de la vie présente, une coupe que le Père t'a donnée de boire pour la vie éternelle. ( Une réflexion du Père Vincent KIYE, Mafr) 
Texte du jour:
 Jean 18, 1---19,42
« Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » (Jn 18, 11)
Frères et sœurs en Christ, nous pouvons lire l'entièreté du récit de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ,   cependant il est mieux de nous arrêter sur un verset, sur une parole ou une attitude qui retient le plus notre attention et peut déclencher en nous, le processus de conversion c'est-à-dire une nouvelle façon de voir les choses, une nouvelle façon de lire ou de comprendre nos épreuves de la vie présente bref, pour changer notre façon de vivre. C'est ce que nous avons toujours fait lors de nos méditations que vous recevez au quotidien. 
Aujourd'hui, nous voulons nous arrêter sur le verset 11 du 18ème chapitre de l'évangile de Saint Jean qui nous est proposé comme récit de la passion de ce soir. Dans ce verset, nous y lisons une soumission et un abandon total à la volonté de Dieu, comme expression d'une confiance indéfectible et d'une foi authentique en Dieu. Cette attitude de notre Seigneur Jésus-Christ nous interpelle chaque fois que nous nous lementons devant les épreuves de la vie. Quelle est notre attitude lorsque le mariage traîne à venir pendant que l'âge avance? Lorsque nous croupissons dans le chômage, pas de boulot alors que beaucoup de ceux avec qui nous avions fait l'école roulent des grosses bagnoles? Quelle est notre attitude devant la maladie, surtout lorsqu'elle prend du temps à guérir ?  Avec quel moral endurons-nous les fausses accusations ou les calomnies, les trahisons et autres situations angoissantes, jalousie, sabotage et critiques destructives ? 
Ce verset nous apprend à inscrisre tout cela dans la dynamique de la volonté du Père comme le fit le Christ.  Et si tu fais de ta situation présente, cette coupe que le Père t'a donnée de boire, cette épreuve ne te détruira pas. Au contraire, elle te conduira tout droit à la gloire du dimanche de pâques. 
Oui chers frères et sœurs en Christ, nos épreuves quotidiennes peuvent être des coupes que le Père a disposé pour nous, pour nous conduire également à la gloire. Peut-être que si tu étais marié (e) ce partenaire te detournerait du chemin de la vie, de Dieu. Peut-être que ton boulot ou cette santé de fer que tu regrette, te créerait des problèmes plus graves que le chômage, plus grave que la maladie qui te retient au lit. Et pour t'en épargner, Dieu a voulu que tu sois tel que tu es pour sa plus grande gloire. Ainsi dira Saint Ignace de Loyola : " préférer la mort à la survie, la maladie à la santé si cela m'amène à atteindre la fin pour laquelle j'ai été créé: la célébration de la majesté divine". 
Dans notre méditation de ce vendredi Saint, demandons la grâce de toujours nous remettre à la prescience de Dieu et confions-lui jour après jour, toutes nos personnes et tous nos projets de vie. A lui la gloire pour les Siècles des siècles siècles, Amen. 
Le Seigneur soit avec vous ! 
 
 
 La résurrection du Christ comme  conséquence de l’excellence de son humanité (Une réflexion du Père KIYE M. Vincent, Mafr)
Textes du jour :
Première Lecture : Actes 10, 34, 37–43
Deuxième Lecture : Colossiens 3, 1–4 
Évangile : Jean 20, 1–9
 « ‘Il fallait’ qu’il ressuscite d’entre les morts ! » (Jean 20,9)
Oh, que c’est audacieux, cette affirmation ! A-t-il vraiment tort ce disciple, de l’affirmer ainsi? Rappelons-nous que c’est un témoin direct qui a accompagné le Seigneur jusqu’au pied de la croix.
 Bien aimés dans le Seigneur, aujourd’hui est un jour de joie parce que nous célébrons la fête de Pâques, un événement unique en son genre dans notre foi chrétienne. A la différence de la Pâque juive, celle des Chrétiens célèbre la résurrection du Christ, c’est-à-dire la victoire de la vie sur la mort, posant ainsi, des bases de l’espérance chrétienne en la résurrection des morts. Ainsi dira Saint Paul, si le Christ n’est pas ressuscité, vaine alors est notre foi. Quiconque vit dans le Christ et avec lui, sera lui aussi victorieux sur la mort comme son Maître le Christ. Voilà l’objet de notre joie en ce jour. C’est notre foi, c’est la foi de toute l’Eglise. Oui, chaque année nous célébrons Pâques. Quel sens cette fête a pour nous réellement au de-là de célébrer la victoire du Christ sur la mort ?
 Frères et sœurs en Christ, depuis cette nuit nous avions repris un refrain, disant Alléluia, le Seigneur est vraiment ressuscité des morts. Oui, nous célébrons la vie sur la mort. Fêter Pâques c’est retenir une chose fondamentale dans notre vie. Et cette chose fondamentale est que ceux qui croient en Dieu de tout leur coeur, de toute leur force, ceux qui endurent les contradictions, les épreuves de la vie présente sans murmurer contre qui que ce soit mais les yeux tournés vers Dieu comme le fit Jésus-Christ, peu importe les difficultés de la vie qu’ils rencontreront, ils seront eux aussi victorieux comme le Seigneur Jésus-Christ. De même que Dieu a délivré son Christ de la mort, il délivrera également ceux qui croient en lui et qui lui adressent leurs prières jour et nuit.
Oui, depuis la création Dieu a tant aimé le monde et l’homme en particulier comme nous l’avions entendu la nuit. Malgré les déceptions de l’homme, Dieu lui est resté fidèle. Il lui a envoyé plusieurs prophètes pour lui révéler le secret de son amour et par là, le ramener vers lui. Par-dessus tout et en ces temps qui sont les derniers il nous a envoyé son propre Fils Jésus-Christ, l’expression parfaite de son amour. Nous l’avons livré et tué. Mais voilà qu’aujourd’hui c’est le troisième jour que Dieu l’a ressuscité des morts. L’évangile de ce jour nous rapporte que « Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient à la tombe très tôt le matin, quand il fait encore noir, et elle voit que la pierre a été retirée du tombeau. Alors elle part en courant et arrive chez Simon-Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait. Et elle leur dit : — “Le Seigneur a été enlevé de la tombe et nous ne savons pas où on l’a mis.” » (Jn 20, 1-2)
Les disciples Pierre et Jean sortent aussitôt et vont à la tombe. Ils voient les choses comme Marie le leur avait dit. Saint Jean termine le récit en disant : « ‘il fallait’ qu’il ressuscite d’entre les morts ! » Il se rappela ainsi, la somme des biens que cet homme fit au milieu et devant eux ; il se rappela la qualité de son humanité, la qualité d’une vie toute donnée pour les autres et conclut qu’il allait  ressusciter.
Voilà l’héritage de pâques. Voilà la leçon que nous pouvons tirer de la résurrection du Christ. Le corps d’un tel homme distingué par la qualité de son humanité ne pouvait guère connaître la corruption du tombeau. Il fallait qu’il ressuscite des morts. Il en va de même pour tout chrétien qui marche à la suite du Christ, cet homme toujours en quête de la volonté du Père et tout donné pour le bien-être de tous. Quiconque imite son exemple de vie, en travaillant pour la promotion d’une nouvelle humanité, est déjà victorieux sur la mort. Amen
Le Seigneur soit avec vous!
Père KIYE Mizumi Vincent, Mafr
Paroisse de Nioro du Sahel, diocèse de Kayes
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Whatsapp : (+223) 72 65 74 82
  
 
 
 
 
 
 

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Burkina Faso : une religieuse marianiste américaine enlevée par un groupe armé 

Les faits 

Sœur Suellen Tennyson, une religieuse de la communauté des sœurs marianistes de Sainte-Croix de Yalgo, une paroisse située à 100 km de la ville de Kaya (région du centre-nord), dans le diocèse de Kaya, a été enlevée par un groupe armé dans la nuit du 4 au 5 avril. L’enlèvement a été confirmé par Mgr Théophile Naré, évêque de Kaya.

  • Kamboissoa Samboé (à Ouagadougou), 
Burkina Faso : une religieuse marianiste américaine enlevée par un groupe armé
 
Depuis quelques années, le diocèse de Kaya a été la cible de plusieurs attaques attribuées aux groupes armés terroristes (photo d’illustration : des soeurs prient à Ouagadougou).OLYMPIA DE MAISMONT/AFP

C’est un communiqué de Mgr Théophile Naré, évêque de Kaya, dans le centre-nord du Burkina Faso, daté du 5 avril, qui a officialisé la triste nouvelle. « Des hommes armés non identifiés ont visité la communauté des religieuses de la paroisse de Yalgo, dans le diocèse de Kaya, écrit Mgr Naré. Ils ont enlevé la sœur Suellen Tennyson, de la congrégation des Sœurs marianites de Sainte-Croix. Âgée de 83 ans et de nationalité américaine, elle est en service à Yalgo depuis octobre 2014. La sœur Suellen Tennyson a été amenée vers une destination inconnue par ses ravisseurs qui, avant de partir, ont vandalisé des salles, saboté le véhicule de la communauté qu’ils ont tenté d’emporter. »

 

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Photo de la religieuse enlevée

 

« Sous le choc »

Yalgo est le chef-lieu du département de Yalgo, situé dans la province du Namentenga, dans la région du Centre-Nord au Burkina Faso, à plus de 100 km de Kaya, chef-lieu du diocèse de Kaya. C’est dans cette cité qu’est située la communauté des Sœurs marianistes de Sainte-Croix sur la paroisse Sainte-Famille-de-Nazareth de Yalgo, fondée le 14 janvier 2012. La sœur Suellen Tennyson y vivait depuis 2014.

→ ANALYSE. Au Burkina Faso, un nouveau ministère dédié aux cultes

En poste dans cette communauté paroissiale depuis plusieurs années, elle est bien connue dans la paroisse puisqu’elle gère un centre de santé. « Elles sont cinq dans la communauté, dont trois sœurs et deux filles. Elles sont encore sous le choc en ce moment, après l’enlèvement de la sœur qui est âgée », a confié Mgr Théophile Naré, évêque du diocèse de Kaya, sollicité par La Croix Africa.

L’évêque a aussi exprimé ses inquiétudes : « Nous sommes tous inquiets », a-t-il confié. « En une nuit, tout peut basculer. Tout le monde est sous le choc, ils sont venus et ont enlevé la sœur. On ne connaît pas encore la dynamique. »

Les autres membres de la communauté évacuées

Mgr Théophile Naré, qui s’est entretenu avec les autres membres de la communauté de la religieuse enlevée, a ajouté qu’elles doivent quitter Yalgo pour éviter les traumatismes. « Il faut s’assurer qu’elles arrivent saines et sauves à Kaya », a expliqué Mgr Naré, qui s’est inquiété de la distance à parcourir, soit plus d’une centaine de kilomètres.

Le diocèse de Kaya a été la cible de plusieurs attaques attribuées aux groupes armés terroristes. Le 12 mai 2019, la paroisse de Dablo, dans ce diocèse, avait été prise d’assaut par un groupe armé qui a tué le père Simeon Niampa et cinq autres fidèles pendant la messe.

→ RELIRE. Burkina Faso : un prêtre enlevé dans le Nord, près de la frontière malienne

En mars 2019, le père Joël Yougbaré, curé de la ville de Djibo, avait également été enlevé sur l’axe Bottogui-Djibo (Nord-Est). Il n’a, à ce jour, pas encore été retrouvé. Mais c’est la première fois qu’une religieuse est enlevée au Burkina Faso depuis le début, en 2015, de la crise sécuritaire qui a fait 2 000 morts et 1 800 000 de déplacés à la date du 4 avril 2022.

Bénin : Ayôdélé, au nom de la mère

Par  - Envoyé spécial
Mis à jour le 3 avril 2022 à 10:18
 

 

La chanteuse béninoise Ayôdélé. © Yanick Folly pour JA

Devenue incontournable sur la scène musicale béninoise, l’interprète et percussionniste enchaîne les concerts et prépare la sortie d’un premier album. À seulement 21 ans, elle a déjà une belle carrière. Portrait.

On dirait une scène de La Strada, de Fellini. Dans la cour de la modeste maison familiale à Calavi, pas très loin de la célèbre université, une jeune femme, pieds nus, chante en frappant sur son tam-tam. Des poules passent en dodelinant de la tête. Gloria Jemima Lawson, alias Ayôdélé (“joie dans la maison”, en yorouba), est une petite boule d’énergie, solaire. « Elle souriait déjà à la naissance », confirme son père.  

En tournée dès l’âge de 5 ans

Pourtant, la vie n’a pas toujours souri à Gloria Jemima Lawson. Elle n’est encore qu’une enfant quand sa mère meurt sous ses yeux en donnant le jour à sa sœur cadette. « Comme j’avais une belle voix, mon père m’a pris dans son orchestre. À l’âge de cinq ans, je partais déjà en tournée avec lui », raconte la jeune femme. « Les gens la réclamaient dès qu’on entrait sur scène », se souvient son père, guitariste et compositeur d’origine togolaise.  

La jeune artiste, qui chante aussi à la messe le dimanche, n’a que huit ans lorsqu’elle écrit ses propres textes qui parlent d’enfants, d’amitié et d’amour du prochain. À treize ans, elle compose un titre en hommage à sa mère et, deux ans plus tard, crée une ONG pour la promotion de l’art et la culture afin de soutenir les personnes défavorisées. Elle la baptise Ayôdélé, qui devient son nom de scène. « L’an dernier, j’ai récolté des dons pour l’orphelinat où ma petite sœur a été accueillie après le décès de ma mère. Malheureusement il n’existait plus, mais j’ai offert les dons à un autre orphelinat. »

J’AI ÉTÉ INITIÉE TRÈS TÔT ; GAMINE, JE FAISAIS DANSER LES ESPRITS

Ayôdélé ouvre la porte de son studio d’enregistrement aux murs tapissés de boîtes à œufs. Edison Konfo, son directeur artistique, qu’elle considère comme son grand frère, prépare le micro. « Il a rejoint l’orchestre de mon père en tant que bassiste et, très tôt, c’est lui qui m’a coachée et m’a incitée à continuer dans la musique. Il était très proche de ma mère, il m’a protégée », confie-t-elle.

Un tam-tam qui parle 

Ayôdélé s’assied et se met à chanter en frappant sur un ogbon, un instrument symbole de joie, dont la percussion provoque la transe chez les adeptes du vaudou. « C’est un talking drum, un tam-tam qui parle, explique-t-elle. On en joue dans les couvents vaudous pour communiquer avec les morts. Normalement, les femmes ne doivent pas y toucher mais moi, j’ai été initiée très tôt à Porto-Novo – certains disent que c’était dans le ventre de ma mère – et, gamine, je faisais danser les esprits. »

JE VEUX ÊTRE MOI-MÊME, IMPOSER MON STYLE, JE NE VEUX RESSEMBLER À PERSONNE

Dans son panthéon musical intérieur, il y a surtout les divas de la chanson africaine : la frêle et touchante Togolaise Bella Bellow et la grande Miriam Makeba bien-sûr. « Toutes ces femmes ont influencé mon caractère et ma musique mais je veux être moi-même, imposer mon style. Je ne veux ressembler à personne », prévient la jeune artiste dont la musique est un mélange de rythmes yorouba et de sonorités plus urbaines.  

Elle a reçu le deuxième prix Découvertes RFI en 2017, pour son titre Kpakpato et depuis, sa carrière s’accélère. Elle enchaîne les spectacles et, après de nombreux singles et EP, Ayôdélé prépare la sortie de son premier album à 21 ans.

En nous raccompagnant au portail, elle ajoute : « Au fait, je n’ai encore jamais chanté en public la chanson dédiée à ma mère… La thérapie est longue. » 

Alioune Ndiaye (Orange) : « Wave, ce sont 20 000 emplois détruits au Sénégal »

Mis à jour le 1 avril 2022 à 19:57
 

 

Alioune Ndiaye, directeur général d’Orange Middle East and Africa, à Paris le 1er avril 2022. © Vincent Fournier pour JA.

 

Grand invité de l’économie RFI/Jeune Afrique, le patron d’Orange en Afrique et au Moyen Orient commente l’arrivée de la fintech américaine en Afrique de l’Ouest, répond aux critiques sur le prix de l’Internet et salue le rôle positif de l’équipementier chinois Huawei sur le continent. 

Depuis 2018, Alioune Ndiaye est le DG d’Orange Middle-East and Africa (Omea), qui regroupe les 18 filiales du groupe français en Afrique et au Moyen-Orient. Si, sur le continent, Orange n’a concrétisé ces dernières années ni la grande fusion envisagée avec Airtel et MTN, ni son entrée sur le marché éthiopien, l’ex-patron de Sonatel conserve en interne une grosse côte. Sous sa direction, le chiffre d’affaires du holding est passé de 5,1 milliards d’euros à presque 6,4 milliards en 2021. Et c’est aujourd’hui, et de loin, le premier contributeur à la croissance d’Orange.

À quelques jours de l’arrivée de Christel Heydemann au poste de directrice générale en remplacement de Stéphane Richard, le Sénégalais est le grand invité de l’économie Jeune Afrique-RFI, émission diffusée le 2 avril sur RFI. Retrouvez les moments forts de l’interview réalisé avec Bruno Faure.

Jeune Afrique : Au moment où la gouvernance du groupe est bouleversée par la démission forcée de son PDG, Stéphane Richard, votre départ est-il d’actualité ?

Alioune Ndiaye : J’ai eu la chance dans ma carrière d’avoir toujours pu fixer le moment de la sortie. Et j’avais effectivement prévu de quitter mon poste cette année. Mais il y a l’arrivée d’une nouvelle directrice générale le 4 avril, d’un nouveau président en mai, et nous sommes en discussion pour trouver la manière dont je peux accompagner le groupe pendant cette phase de transition.

Le reproche revient constamment chez les consommateurs quand on leur parle des opérateurs télécoms, ils trouvent trop cher les prix des communications, d’Internet…

Orange fait tous les efforts pour que le prix soit le plus accessible possible. Les Nations unies considèrent que l’accès à Internet est abordable en Afrique quand le prix du gigaoctet est inférieur à 2 % du revenu brut. L’ensemble des opérateurs étaient en moyenne à 13,2 % en 2016, on est passé à 4,2 % en 2019. Concernant Orange, nous sommes dans 18 pays. Dans neuf d’entre eux, notre prix moyen est déjà inférieur à 2 % et dans tous nos pays les prix continuent à baisser.

IL Y A TOUJOURS EU UNE PRESSION FISCALE QUE NOUS CONSIDÉRONS COMME UN PEU FORTE

L’augmentation des cours du pétrole, mais aussi les tensions sur le marché du blé, conséquences de la guerre en Ukraine, accentuent l’inflation partout dans le monde et y compris en Afrique. Les gouvernements cherchent des marges de manœuvre. Tous veulent éviter des mouvements de contestation sociale. Cela alimente-t-il la pression fiscale sur le secteur télécom ?

Nous avons toujours connu une pression fiscale un peu forte, avec jusqu’à 30 ou 40 % de notre chiffre d’affaires prélevé par l’État. Cette tendance est parfois alimentée par les institutions internationales. Le dialogue avec les gouvernements doit permettre d’établir un cadre fiscal et réglementaire plus prévisible, plus équilibré et adaptable à l’évolution rapide de notre industrie.

Vous le dites en des termes diplomatiques, cela vous met-il en colère ?

Ce n’est pas de la colère, c’est une conviction profonde. Le Mali, quoiqu’on en dise, a adopté un niveau de fiscalité raisonnable. Au départ, il n’y avait même pas de taxe sur le chiffre d’affaires spécifique au secteur télécoms, alors que maintenant elle atteint 6 ou 7 % dans chacun de nos pays. À moyen terme, les gouvernements qui font le pari d’un niveau de taxes supportable en fixant des obligations d’investissement adoptent un modèle plus vertueux, car ils ne brident pas le développement du secteur. Au Mali, nous sommes le premier contribuable et c’est l’un des pays où l’on génère le plus de revenus pour l’État.

Dans le plan quinquennal Engage 2025, dévoilé en 2019, Orange a annoncé viser sur le continent 900 millions d’euros de revenus issus de l’activité mobile money. Mais cette prévision date d’avant l’arrivée de la start-up Wave, qui secoue les marchés ouest-africains en cassant les prix.

Orange Money est un véritable succès. Lancé en 2018 dans 17 pays, on dénombre 70 millions de comptes ouverts et 400 000 points de ventes. Il reste encore un formidable potentiel dans ce domaine. En Afrique subsaharienne, 80 % des personnes ne disposent pas de compte bancaire. Évidemment, quand il y a autant de potentiel, cela attire d’autres investisseurs. L’arrivée de fintechs sur ce marché est tout à fait normale et nous aide à nous améliorer aussi.

ORANGE A DÉCIDÉ DE SE BATTRE SUR SES MARCHÉS : NOUS AVONS DIVISÉ NOTRE PRIX PAR TROIS OU QUATRE, DÉVELOPPÉ DES APPLICATIONS POUR ÊTRE AUSSI DIGITAL QUE WAVE

Le modèle de Wave est disruptif parce qu’il est financé par des fonds de capital-risque, peu attachés à la rentabilité à court terme. Ils investissent de l’argent en espérant que la start-up arrivera à prendre tout le marché et qu’à ce moment-là ils pourront revendre leur part en récupérant 10 ou 15 fois leur mise initiale. Cela ressemble au modèle d’Amazon : on brûle du cash – cela a duré plus de dix ans pour le site d’e-commerce – en espérant tuer la concurrence.

Orange a décidé de se battre sur ses marchés : nous avons divisé notre prix par trois ou quatre, développé des applications pour être aussi digital que Wave. Mais il ne faut pas que nos clients pensent que nous aurions pu le faire avant.

Pour quelle raison ?

Avec Orange Money, Orange a créé des dizaines de milliers d’emplois grâce au réseau de distributeurs que nous avons développé pour amener nos services au plus près de nos clients. La moitié du chiffre d’affaires leur revenait. Wave leur a fait perdre 50 % de leurs revenus. Quelque 20 000 emplois ont été détruits au Sénégal, on en perdra peut-être autant ailleurs. C’est la raison pour laquelle cette disruption ne pouvait pas venir d’Orange.

SANS LES ÉQUIPEMENTIERS CHINOIS, LA PÉNÉTRATION D’INTERNET EN AFRIQUE NE SERAIT PAS LA MÊME

C’est une confrontation dont on parle moins avec le Covid-19 et la guerre en Ukraine aussi, mais le duel entre les États-Unis et la Chine n’est pas terminé. L’un des perdants à ce jour, dans le secteur des télécoms, c’est l’équipementier chinois Huawei, avec une chute de près de 30 % de son chiffre d’affaires en 2021. En Afrique, avez-vous réorienté une partie de vos achats vers d’autres fournisseurs ?

Notre stratégie sur le continent en matière de relations avec les équipementiers a toujours été de veiller à ne pas être dépendant de l’un d’entre eux. C’est pour cette raison qu’au début des années 2000, nous avons intégré Huawei. Aujourd’hui, le groupe chinois dispose de peut-être 65 à 70 % de parts de marché en Afrique, mais en partant de zéro il y a vingt ans.

Quand ils sont arrivés sur les marchés, les prix ont baissé de 40 %. Sans les équipementiers chinois, la pénétration d’internet en Afrique ne serait pas la même. Cela dit, la règle reste identique : on ne veut pas être dépendant d’un seul équipementier, il faut donc tout faire pour préserver sur le continent un marché pour des équipementiers autres que Huawei.

En matière de stabilité politique, l’Afrique n’est pas vraiment une assurance tout risque. En 2011, vous avez connu les Printemps arabes en Tunisie, en Égypte. Aujourd’hui, ce sont les coups d’État au Mali, en Guinée, au Burkina Faso. Comment gérez-vous vous cette question, en tant qu’investisseur ?  

Entre 2009 et 2018, Orange a connu une croissance moyenne annuelle de son revenu en Afrique de 4,2 %. Jamais elle n’a été négative sur cette décennie. C’est un continent où il y a pourtant eu les Printemps arabes, la dévaluation de 90 % de la livre égyptienne, la crise de la zone Uemoa [Union économique et monétaire ouest-africaine], les événements en Côte d’Ivoire… Malgré tout, notre activité africaine a montré sa résilience. Et c’est encore vrai ces dernières années. En 2019, notre croissance était 6,2 %, de 4,2 % en 2020 – malgré le Covid-19 et la récession –, et à deux chiffres l’an dernier. Ceci dit, les coups d’État posent des problèmes de sécurité. Mais leur impact économique n’est pas le plus important.

 

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)